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	<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005</title>
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		<dc:date>2025-09-04T13:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Schwartz, Henri Maler</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Introduction de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt;, publi&#233; aux &#233;ditions Syllepse en 2005.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Sur-les-medias-.html" rel="directory"&gt;Sur les m&#233;dias&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L96xH150/medias-en_campagne-37258.jpg?1756992247' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, Acrimed a publi&#233; au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je publie ici l'introduction, suivie des liens aux chapitres publi&#233;s par Acrimed&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Des m&#233;dias d&#233;savou&#233;s, mais toujours dominants&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, la construction europ&#233;enne, puis le projet de &#171; Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#187; (TCE) ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un traitement &#171; exemplaire &#187; dans les m&#233;dias dominants : &#224; plusieurs voix, certes, mais (presque) &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Quand vint le 29 mai 2005 : avec pr&#232;s de 55% des suffrages exprim&#233;s, une nette majorit&#233; des Fran&#231;ais rejetait le projet. Vu du c&#244;t&#233; de la minorit&#233; des patrons de presse, &#233;ditorialistes, et &#171; experts &#187; qui occupent le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique, le bilan est rapidement tir&#233; : non seulement l'&#233;chec de leur engagement forcen&#233; en faveur de l'adoption du Trait&#233; n'aurait pas infirm&#233; l'excellence de leur travail, mais il aurait confirm&#233; son innocuit&#233;. La preuve, disent-ils, devenus soudainement modestes, que notre pouvoir est limit&#233;, c'est qu'il s'est r&#233;v&#233;l&#233; apparemment sans effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment&#8230; Car, parmi d'autres &#171; pouvoirs &#187; sur lesquels nous reviendrons, les m&#233;dias disposent de celui de se faire oublier ou, plus exactement, d'entretenir l'amn&#233;sie sur leurs &#339;uvres pass&#233;es quand celles-ci ne co&#239;ncident pas avec les contes et l&#233;gendes du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui se souvient par exemple de la campagne du r&#233;f&#233;rendum de Maastricht, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier objet de ce livre est donc de proposer un aide-m&#233;moire : pour que celles et ceux qui, journalistes inclus, ont eu &#224; subir l'omnipr&#233;sence et l'arrogance de l'oligarchie qui tr&#244;ne au sommet de l'espace m&#233;diatique&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; n'oublient pas. Et ne n&#233;gligent pas, s'ils sont tent&#233;s de le faire, d'en tirer quelques cons&#233;quences&lt;strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le 6 juin 2005, l'association Acrimed (Action-Critique-M&#233;dias) adressait une &#171; Lettre ouverte &#224; la gauche de gauche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sign&#233;e, pour le Collectif d'Animation d' Acrimed,, par Patrick Champagne, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sous le titre &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lettre-ouverte-a-la-gauche-de-gauche-Les-medias-desavoues-Et-maintenant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les m&#233;dias d&#233;savou&#233;s ? Et maintenant ? &#187;&lt;/a&gt;, on pouvait lire ceci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La critique du r&#244;le des &#8220;grands m&#233;dias&#8221; pendant et apr&#232;s le vote du 29 mai 2005 ne devrait pas rester sans suites. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Rarement (du moins dans un pass&#233; r&#233;cent) la contestation de l'ordre m&#233;diatique dominant aura &#233;t&#233; aussi forte qu'elle le fut &#224; l'occasion de la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rarement (mais beaucoup moins...), le pluralisme d&#233;mocratique aura &#233;t&#233; aussi ouvertement et cyniquement bafou&#233; par les grand m&#233;dias, publics ou priv&#233;s, que leurs chefferies &#233;ditoriales ont tent&#233; de mobiliser en faveur du Trait&#233; Constitutionnel. Au m&#233;pris non seulement des &#233;lecteurs, mais aussi de journalistes enr&#244;l&#233;s, bon gr&#233; mal gr&#233; (et non sans fortes r&#233;sistances comme en t&#233;moigne l'appel lanc&#233; par des personnels du secteur public), dans une campagne qui n'est pas la leur et, en tout cas, pas digne des m&#233;tiers de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrogance des &#233;ditorialistes et chroniqueurs multicartes, des pr&#233;sentateurs d'&#233;mission et des contr&#244;leurs d'antenne, des experts en tous genres et des tenanciers toutes cat&#233;gories qui occupent l'espace m&#233;diatique et en contr&#244;lent l'acc&#232;s s'est exprim&#233;e sans aucune retenue. Se r&#233;servant le monopole de &#171; la raison &#187;, face &#224; des opposants auxquels ils n'accordent que des passions, de pr&#233;f&#233;rence, les plus basses et les desseins les plus inavouables, ils se sont attribu&#233;s du m&#234;me coup le monopole de la &#171; p&#233;dagogie &#187;. Aveugl&#233;s par leur propre domination, ils se tiennent pour l&#233;gitimes parce qu'ils proclament qu'ils le sont. Peu leur importe le d&#233;saveu massif dont ils ont fait l'objet. Apr&#232;s le vote, ils continuent, cyniquement, sans vergogne et toute hargne dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun a pu v&#233;rifier tout cela et le dossier r&#233;uni par Acrimed le confirme amplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette situation n'est pas nouvelle. En 1995, pour ne pas remonter plus loin, les m&#234;mes s'&#233;taient mobilis&#233;s contre des gr&#233;vistes &#171; irresponsables &#187;, &#171; incultes &#187; et &#171; dangereux &#187;. En 2003, les m&#234;mes ont r&#233;cidiv&#233;, exhibant leur morgue et leur m&#233;pris. Faut-il une fois pass&#233;s les moments fort de la mobilisation, remiser notre r&#233;volte et n'avoir pour seule ambition que de tenter, non sans cynisme nous aussi, de nous servir des m&#233;dias dominants sans contester leur domination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est que trop &#233;vident qu'&lt;strong&gt;une telle domination, parce qu'elle s'exerce en permanence, doit faire l'objet d'une vigilance, d'une critique et d'une action permanentes. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Les enjeux sont d'importance. Certes, le pouvoir que les m&#233;dias dominants s'attribuent est moins grand qu'ils le pr&#233;tendent ou qu'ils le voudraient : les lecteurs, les auditeurs, les t&#233;l&#233;spectateurs ne sont pas des &#233;ponges qui absorbent n'importe quoi ou des chiots que l'on peut dresser &#224; volont&#233;. Le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum vient de le confirmer. Mais le pouvoir des grands m&#233;dias reste exorbitant lorsqu'il s'exerce sans partage (ou si peu). Le pluralisme est une question de principe et non d'opportunit&#233;. C'est pourquoi s'il ne faut pas leur reconna&#238;tre plus de puissance qu'ils n'en ont, il ne faut pas la m&#233;sestimer et accepter les abus de pouvoir dont ils sont responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils se rassurent : nul ne conteste la libert&#233; d'expression des prescripteurs d'opinion pris un &#224; un, bien que les nuances qui les distinguent n'affectent gu&#232;re leur consensus. Mais comment ne pas constater que, pris dans leur grande majorit&#233;, ils d&#233;tiennent un quasi-monopole qui s'exerce au m&#233;pris du d&#233;bat d&#233;mocratique dont ils se croient les g&#233;rants ou les propri&#233;taires ? Quand les m&#233;dias, pris dans leur ensemble, s'expriment &#224; plusieurs voix certes, mais dans le m&#234;me sens, ils sont &lt;strong&gt;les&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;acteurs d'un pluralisme an&#233;mi&#233; et d'une d&#233;mocratie mutil&#233;e&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le m&#234;me le &#171; d&#233;ficit d&#233;mocratique &#187;, comme on dit, qui &#224; la fois affecte la repr&#233;sentation politique et s'&#233;tend aux m&#233;dias dominants, notamment parce que leurs formes d'appropriation et de financement, leurs hi&#233;rarchies r&#233;dactionnelles et leurs orientations &#233;ditoriales contribuent &#224; les transformer en instruments de campagnes politiques &#224; sens unique. Si le secteur public de l'audiovisuel est le premier concern&#233;, il n'est pas le seul : le &#171; d&#233;calage &#187; (pour utiliser un terme pudique) entre, d'une part, un espace m&#233;diatique livr&#233; &#224; une domination pratiquement sans partage des tenants du lib&#233;ralisme, plus ou moins social, et, d'autre part, la diversit&#233; sociale, culturelle et politique de leurs publics, est devenu patent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc l'ordre m&#233;diatique existant lui-m&#234;me qui doit &#234;tre transform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel qui, au printemps 1996, a donn&#233; naissance &#224; notre association et demeure au fondement de son action, d&#233;clarait d&#233;j&#224; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Persuad&#233;s que la d&#233;mocratie court un grand risque quand la population est priv&#233;e de la possibilit&#233; de se faire entendre et comprendre dans les grands m&#233;dias, en particulier lorsque la situation sociale est tendue et la n&#233;cessit&#233; du d&#233;bat plus vive ; Persuad&#233;s que l'exigence de d&#233;mocratie dans les m&#233;dias est d&#233;terminante dans la lutte pour instaurer une soci&#233;t&#233; respectueuse de l'&#233;galit&#233; effective des droits de toutes et de tous ; Nous d&#233;non&#231;ons :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; l'appropriation de la plupart des grands m&#233;dias par les puissances financi&#232;res et politiques qui s'en servent sans compter pour permettre &#224; &#034;ceux d'en haut&#034; d'imposer leurs valeurs et leurs d&#233;cisions &#224; &#034;ceux d'en bas&#034; ;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; l'h&#233;g&#233;monie des discours convenus et conformes, parfois &#224; plusieurs voix mais toujours &#224; sens unique (sur Maastricht, la monnaie unique, les gr&#232;ves, les plans Jupp&#233;, etc.) ; &lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;les multiples d&#233;rives de l'information que nombre de journalistes sont les premiers &#224; constater et &#224; condamner (transformation de l'information en spectacle et du spectacle en information) ; &lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; la subordination fr&#233;quente des journalistes &#224; une logique qui les prive peu &#224; peu de leur ind&#233;pendance r&#233;dactionnelle et les transforme en simples auxiliaires d'une machine dont les priorit&#233;s &#233;chappent aux exigences de l'information. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a chang&#233; depuis, bien au contraire. L'appel concluait : &#171; &lt;i&gt;Une population en &#233;tat d'ex-communication permanente, un pays qui ne peut plus (se) communiquer par le moyen des m&#233;dias, et c'est la d&#233;mocratie qui d&#233;p&#233;rit.&lt;/i&gt; &#187; Cela demeure aujourd'hui, s'agissant des &#171; grands m&#233;dias &#187;, notre conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez dire que la question des m&#233;dias est une question politique, ne serait-ce que pour cette raison : leurs &#233;checs n'emp&#234;chent pas ces m&#233;dias de rester dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir dont ils disposent, certes, n'est ni uniforme, ni &#233;crasant : il diff&#232;re selon les m&#233;dias et ne s'exerce pas m&#233;caniquement sur des &#171; consommateurs &#187; passifs. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'UN &#171; pouvoir &#187;, mais de plusieurs : pouvoir de cons&#233;cration ou de stigmatisation (des individus ou des groupes sociaux), pouvoir de r&#233;v&#233;lation ou d'occultation (des faits et des analyses dissimul&#233;s &#224; la connaissance publique), pouvoir de probl&#233;matisation (des questions et des solutions l&#233;gitimes), etc.&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;De surcro&#238;t, ces pouvoirs multiples dont les effets varient selon les m&#233;dias et leurs publics ne s'exercent pas isol&#233;ment et sans partage. Le &#171; pouvoir des m&#233;dias &#187; n'est pas autonome, mais d&#233;pend de leurs relations &#224; d'autres pouvoirs, &#233;conomiques et politiques, dont le microcosme m&#233;diatique est plus ou moins d&#233;pendant. Les r&#233;seaux des pr&#233;tendues &#171; &#233;lites &#187; &#233;conomiques, politiques et m&#233;diatiques ne sont que la forme la plus apparente de proximit&#233;s sociales et d'interd&#233;pendances structurelles dont les configurations et l'intensit&#233; peuvent varier sans&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#234;tre remises en cause. En raison, notamment, de leurs origines sociales, de leurs parcours scolaires et des conditions de leur recrutement, les journalistes les plus influents peuvent bien ne pas ob&#233;ir imm&#233;diatement aux ordres d'un gouvernement ou de leurs employeurs et pourtant &#234;tre spontan&#233;ment ajust&#233;s &#224; leurs exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible autonomie du champ journalistique &#224; l'&#233;gard des pouvoirs &#233;tablis permet de comprendre pourquoi, en d&#233;pit de quelques conflits, la connivence des journalistes politiques dominants avec les repr&#233;sentants politiques majoritaires s'impose &#171; naturellement &#187; sans &#234;tre toujours intentionnelle (et il importe finalement assez peu de savoir si elle l'est vraiment). L'ing&#233;rence directe peut &#234;tre l'exception (et laisser le champ libre aux discours sur l'ind&#233;pendance des journalistes) et la subordination sociale et culturelle demeurer n&#233;anmoins la r&#232;gle. Sans &#234;tre m&#233;canique, la soumission des m&#233;dias aux puissances financi&#232;res et aux logiques &#233;conomiques peut s'exercer d'autant plus efficacement qu'elle demeure souvent peu visible. &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;C'est pourquoi les liens &#233;troits qu'entretiennent les m&#233;dias tels qu'ils sont avec le monde social tel qu'il est rendent solidaires la question politique de leur n&#233;cessaire transformation et la question politique plus globale des n&#233;cessaires transformations &#233;conomiques, sociales et politiques de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir les obstacles qu'ils dressent, plut&#244;t que de sp&#233;culer sur les effets de persuasion unilat&#233;raux et indiff&#233;renci&#233;s que l'ordre m&#233;diatique existant produirait par sa seule action, mieux vaut s'arr&#234;ter deux des influences majeures qu'exercent ces m&#233;dias tout &#224; la fois dominants et assujettis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re repose sur leur pouvoir d'accr&#233;ditation de leur propre r&#244;le et donc&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;d'intimidation de celles et ceux qui, croyant &#224; la puissance que les m&#233;dias s'attribuent, contribuent &#224; la conforter : pouvoir d'intimidation des &#233;crivains, des cr&#233;ateurs, des chercheurs qui qu&#233;mandent la faveur des m&#233;dias dans l'espoir de faire conna&#238;tre leurs &#339;uvres ; et surtout des forces collectives, des militants et de leurs porte-parole qui pr&#233;f&#232;rent trop souvent ne pas trop importuner les m&#233;dias et leurs tenanciers, dans l'espoir qu'ils se fassent l'&#233;cho de leurs propositions et de leurs les actions et favoriser ainsi leur popularisation. Pourtant, la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 l'a montr&#233;, des avanc&#233;es et des victoires sont possibles sans les m&#233;dias et malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me influence exerc&#233;e par les m&#233;dias consiste dans leur pouvoir de l&#233;gitimation de certaines visions du monde qui p&#232;se en cons&#233;quence sur la mani&#232;re dont sont construits les d&#233;bats publics et les enjeux politiques. Au point que, &#224; les entendre, les seules lunettes adapt&#233;es &#224; la compr&#233;hension et aux transformations souhaitables de la soci&#233;t&#233; devraient &#234;tre n&#233;o-lib&#233;rales, avec, il est vrai, diverses moutures et montures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien que les m&#233;dias exercent donc pas un, mais des pouvoirs, ceux-ci participent, pour la plupart, d'une m&#234;me domination : une domination id&#233;ologique ou, mieux, symbolique qui s'exerce souvent &#224; l'insu de ceux qui la subissent, m&#234;me quand ils lui r&#233;sistent. Et m&#234;me quand ils la battent en br&#232;che comme on a pu le voir, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; l'occasion de la campagne r&#233;f&#233;rendaire sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Personne n'est &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; et d&#233;finitivement immunis&#233; contre cette domination, dont notre &#171; m&#233;mento &#187; se propose moins d'en analyser les &#171; m&#233;canismes &#187; que d'en parcourir quelques figures : les simulacres d' &#171; &#233;quit&#233; &#187;, de &#171; p&#233;dagogie &#187; et de &#171; d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite, sur le site d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vous avez dit &#171; &#233;quit&#233; ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vous avez dit &#171; p&#233;dagogie &#187; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vous avez dit &#171; d&#233;mocratie &#187; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et apr&#232;s ? D'autres m&#233;dias pour un autre monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier que nous pr&#233;sentons ici a &#233;t&#233; coordonn&#233; et mis en forme par Henri Maler et Antoine Schwartz. Compos&#233; pour l'essentiel &#224; partir d'extraits remani&#233;s des quelques 60 articles publi&#233;s sur le site d'Acrimed pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, il n'existerait pas sans l'activit&#233; collective de notre association et les contributions individuelles de ses membres, ainsi que celles de nos correspondants et de l'&#233;quipe du journal &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;. Sauf pr&#233;cision, tous les articles mentionn&#233;s sont disponibles dans leur version int&#233;grale sur notre site o&#249; ils sont parus au cours m&#234;me de la campagne et quelques jours apr&#232;s le vote. Se reporter &#224; leur pr&#233;sentation : &#171; Le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, les m&#233;dias et le d&#233;bat d&#233;mocratique &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1950.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.acrimed.org/article1950.html&lt;/a&gt;)&lt;strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui se souvient par exemple de la campagne du r&#233;f&#233;rendum de Maastricht, qui avait donn&#233; lieu aux m&#234;mes d&#233;s&#233;quilibres, aux m&#234;mes exc&#232;s ? D&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque pourtant, le CSA devait admettre qu'au cours de l'&#233;t&#233; 1992, &lt;i&gt;&#171; le &#8216;&#8216;oui'' avait dispos&#233; d'un temps d'antenne sup&#233;rieur au &#8216;&#8216;non'' : 46 % de plus sur TF1, 53 % sur Antenne 2, 191 % sur France 3 &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 08.09.92).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sign&#233;e, pour le Collectif d'Animation d' Acrimed,, par Patrick Champagne, Henri Maler et Aline Pailler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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