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	<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>L'&#201;cole et l'&#201;tat - P&#232;lerinage en Balladurie (1994)</title>
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		<dc:date>2020-08-17T08:52:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Ecole </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; propos du mythe de l'&#233;cole &#233;galitaire et des tentatives de mise en cause de l'&#233;cole la&#239;que.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Ecole-+.html" rel="tag"&gt;Ecole &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L108xH150/arton59-b3999.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article, r&#233;dig&#233; au printemps 2014 et publi&#233; dans le n&#176;21 de la revue Futur ant&#233;rieur paru en septembre, revient, apr&#232;s coup, sur mythe de l'&#233;cole &#233;galitaire et sur les tentatives par le gouvernement Balladur (bri&#232;vement rappel&#233;es en post-scriptum de l'article) de soutenir l'Ecole priv&#233;e au d&#233;triment de l'&#233;cole la&#239;que.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant que le temps n'efface sur le bitume le pas des syndicats enseignants d&#233;sunis et alors que l'offensive sur le SMIC-jeunes re&#231;oit la riposte qu'elle m&#233;rite - avant que des crises nouvelles, peut-&#234;tre plus violentes, ne viennent rappeler que rien n'est r&#233;gl&#233;, quelques probl&#232;mes soulev&#233;s par la manifestation pour la d&#233;fense de l'&#201;cole publique (l'une des plus grandes de l'histoire de ce si&#232;cle) m&#233;ritent qu'on s'y arr&#234;te . Par exemple, celles-ci : &#171; La question de l'Ecole est fich&#233;e au c&#339;ur de la R&#233;publique : que fait-elle &#224; cette endroit ? La question de la religion revient au c&#339;ur de l'&#201;tat : pourquoi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps, b&#233;ni par les nostalgiques, o&#249; la R&#233;publique, pour se doter d'une Nation, s'imposa une &#201;cole la&#239;que, ind&#233;pendante de l'Eglise, mais adoss&#233;e &#224; l'&#201;tat : une Ecole destin&#233;e &#224; la normalisation des conflits sociaux et &#224; la neutralisation des conflits id&#233;ologiques. La fable de l'&#233;galit&#233; des chances lui tenait lieu d'&#233;vangile de l'&#233;galit&#233; des &#226;mes, et la fiction d'une neutralit&#233; respectueuse des familles permettait de promouvoir le mythe du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;cole de la R&#233;publique, pourtant, ne fut pas seulement ce Th&#233;&#226;tre &#233;rig&#233; par la Raison d'&#201;tat : sur ses tr&#233;teaux se joua longtemps un r&#233;pertoire &#233;galitaire qui favorisa parfois les progr&#232;s, fragiles et discontinus, d'une triple d&#233;mocratisation - scolaire, sociale, politique. L'&#201;cole la&#239;que ne fut pas seulement cette Eglise destin&#233;e &#224; produire un consensus mollasson : sous ses vo&#251;tes retentirent, sous la conduite d'un corps enseignant acquis &#224; la devise r&#233;publicaine, des id&#233;aux dans lesquels il arriva m&#234;me que les lib&#233;raux et les conservateurs soient contraints de se draper. Ce potentiel d&#233;mocratique permit qu'on confond&#238;t l'&#201;cole publique avec son mythe. Ce potentiel d&#233;mocratique est en panne ou en crise, et le mythe, lentement, se dissipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de l'&#233;cole &#233;galitaire ne r&#233;siste pas &#224; la prolongation de la scolarit&#233; qui devait le sauver. L'&#201;cole fut et reste gare de triage qui ent&#233;rine et reconduit les in&#233;galit&#233;s sociales. Elle les ent&#233;rine : derri&#232;re l'Ecole unique op&#232;rent, mais dans la plus grande opacit&#233;, des m&#233;canismes de s&#233;lection inchang&#233;s, dont l'opacit&#233; m&#234;me accro&#238;t la violence. Les in&#233;galit&#233;s entre des fili&#232;res donn&#233;es pour &#233;quivalentes et des &#233;tablissements donn&#233;s pour identiques deviennent vertigineuses. L'absence de s&#233;lection officielle favorise les formes de s&#233;lection les plus sauvages : la fiction de l'&#233;galit&#233; ne fonctionne, plus que jamais, qu'en marge des in&#233;galit&#233;s. L'&#201;cole les reconduit : &#224; une extr&#233;mit&#233;, l'exclusion scolaire est imm&#233;diatement sanctionn&#233;e par l'exclusion sociale ; &#224; l'autre extr&#233;mit&#233;, la promotion scolaire est largement d&#233;valu&#233;e par la pr&#233;carit&#233; de son d&#233;bouch&#233; social. Les deux sorties du syst&#232;me scolaire d&#233;bouchent directement sur des impasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la prolongation de la scolarit&#233; et l'&#233;l&#233;vation moyenne des niveaux d'instruction dissimulent une translation globale du syst&#232;me qui reconduit les m&#234;mes distributions, mais &#224; partir de niveaux d'&#233;tudes plus &#233;lev&#233;s. Et l'interminable adolescence promise aux plus chanceux ne fait qu'accro&#238;tre, pour leur plus grand nombre, les incertitudes de l'existence. L'&#233;largissement des composantes intellectuelles des apprentissages et l'accroissement du nombre de leurs b&#233;n&#233;ficiaires ne fait qu'&#233;largir le foss&#233; entre l'extension du capital scolaire et la pr&#233;carit&#233; du destin social de ses b&#233;n&#233;ficiaires. Foss&#233; d'autant plus perceptible que les mutations du travail et l'extension de ses formes immat&#233;rielles approfondissent le divorce entre une instruction enferm&#233;e dans le temps scolaire et la formation coextensive au temps professionnel. L'&#201;cole qui, en g&#233;n&#233;ral, n'&#233;tait ajust&#233;e aux exigences de la reproduction sociale que par un d&#233;sajustement partiel voit sa relative autonomie ne satisfaire ni la perp&#233;tuation du syst&#232;me ni sa transformation : elle est au bord de l'implosion et peut le rester longtemps, mais non sans explosion, comme le montrent d&#233;j&#224; les regains de mobilisation de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les contradictions nouvelles se d&#233;veloppent en m&#234;me temps que la crise intensifie des contradictions anciennes. L'&#201;cole de l'&#233;galit&#233; des chances est l'Ecole de la derni&#232;re chance : une ultime et faible esp&#233;rance de diff&#233;rer ou d'infl&#233;chir le destin social. Et par temps de crise, l'&#201;cole-promesse de promotion est, pour un nombre toujours croissant de jeunes, l'&#201;cole-refuge contre l'exclusion : un abri pr&#233;caire et provisoire. Mais l'exclusion n'est pas abolie quand elle est enferm&#233;e dans les murs de l'&#233;cole, et la promotion est d'autant moins garantie qu'elle doit composer avec cette exclusion. Les &#233;l&#232;ves les mieux dot&#233;s en esp&#233;rances sociales doivent coexister avec ceux qui n'en ont presque aucune. Pour rem&#233;dier &#224; l'&#233;chec scolaire quand elle menace d'exclusion sociale et pour garantir la r&#233;ussite sociale quand elle para&#238;t compromise par la mis&#232;re scolaire, l'&#201;cole priv&#233;e offre ses services aux consommateurs d'&#201;cole et l'&#201;tat offre ses services &#224; l'&#201;cole priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;cole priv&#233;e, on le sait, est, pour l'essentiel l'&#201;cole de l'&#201;glise catholique. Mais son corps glorieux habite un corps mortel. Sa vocation c&#233;leste est prisonni&#232;re de sa fonction terrestre. Du ciel, elle re&#231;oit la mission d'&#233;vang&#233;liser toutes les &#226;mes, quand la terre lui r&#233;clame de favoriser l'&#233;lection de quelques-uns. Prise en &#233;tau entre le producteur de valeurs sacr&#233;es et les consommateurs de valeurs profanes, elle ne sait plus vraiment comment concilier la pure loi de la saintet&#233; et la dure loi du march&#233;. Car les clients de l'&#201;cole priv&#233;e sont des consommateurs peu catholiques. Ils attendent de celle-ci, alternativement ou conjointement, qu'elle soit l'&#201;cole du dernier recours, l'&#201;cole du premier concours et l'Ecole du sacr&#233; secours : une Assurance scolaire, un Placement boursier et un Sacrement divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat, interventionniste quoique lib&#233;ral, bien qu'il ne sache pas non plus &#224; quels saints se vouer, s'est m&#234;l&#233; de ces d&#233;chirements int&#233;rieurs, mais en poursuivant ses propres fins : le gouvernement a tent&#233; de se servir de la question de l'&#201;cole priv&#233;e comme d'un b&#233;lier pour parvenir &#224; une mise en concurrence syst&#233;matique des &#233;tablissements scolaires. Cet enjeu d&#233;passe, et de loin, la seule question des &#233;coles priv&#233;es : faute de pouvoir affronter le surinvestissement &#233;galitaire de l'&#233;cole, le gouvernement essaie de le contourner ; faute de pouvoir ajuster par leur &#233;mancipation le travail et la formation, le gouvernement cherche &#224; d&#233;manteler l'&#201;cole publique et &#224; d&#233;truire les garanties salariales. Et ses premiers &#233;checs sur le terrain de l'&#201;cole ne font sans doute que reporter de nouvelles tentatives. Et cela d'autant plus que les enjeux ne sont pas seulement scolaires, mais politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le mythe de l'&#233;cole r&#233;publicaine ne r&#233;siste pas &#224; la crise de la R&#233;publique. Une crise rampante sans doute, mais aigu&#235;, puisqu'elle cumule une crise de d&#233;limitation, une crise de repr&#233;sentation, une crise de l&#233;gitimation. La crise de l'&#201;tat-nation fond&#233; sur une souverainet&#233; unique et indivisible (qu'elle prenne, selon les pays, une forme centralis&#233;e, f&#233;d&#233;rale ou conf&#233;d&#233;rale) atteint la R&#233;publique &#224; la fran&#231;aise. La crise de la repr&#233;sentation qui, pour une part d&#233;coule de la pr&#233;c&#233;dente, atteint les valeurs de citoyennet&#233; coul&#233;e dans l'id&#233;al r&#233;publicain. La crise de l&#233;gitimation de l'&#201;tat est par cons&#233;quent la premi&#232;re et la plus apparente. Comment l'&#201;cole de la R&#233;publique pourrait-elle &#233;chapper &#224; l'&#233;branlement des valeurs r&#233;publicaines quand elles restent soud&#233;es &#224; l'&#201;tat ? Question qui appelle des analyses nouvelles qu'on ne tentera pas ici. Qu'il suffise de constater que les enjeux politiques, pour les gouvernements, devinrent chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets scolaires se doublent d'une qu&#234;te morale... Press&#233; de satisfaire une client&#232;le avide de d&#233;jouer les pi&#232;ges de l'&#201;cole publique, la majorit&#233; de la Balladurie parlementaire a cru un instant qu'elle pourrait accoucher de ce monstre : une miniature de d&#233;mocratie chr&#233;tienne. Le combat contre les r&#233;gimes r&#233;put&#233;s communistes tenait lieu, pour le lib&#233;ralisme, de fondement de ses propres valeurs : ses remparts lui tenaient lieu de fondations. Renvoy&#233; &#224; la crise du capitalisme comme &#224; sa propre crise, le lib&#233;ralisme est en panne de l&#233;gitimit&#233;. Aussi ne doit-on pas s'&#233;tonner s'il est &#224; la recherche de son accomplissement dans une jungle habill&#233;e en Disneyland et en qu&#234;te de ses fondements du c&#244;t&#233; d'une &#233;vang&#233;lisation de ses turpitudes. Qu&#234;te d'autant plus n&#233;cessaire et d&#233;risoire qu'elle tente de combattre les nouvelles alliances de l'ethnicit&#233; et de la religiosit&#233;, avec les armes des identit&#233;s imaginaires, nationales et religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion, suppl&#233;ment d'&#226;me, se propose, une fois encore comme &#034;l'esprit d'un monde sans esprit, le c&#339;ur d'un monde sans c&#339;ur&#034;. Dans un contexte international marqu&#233; par des conjonctions nouvelles entre lib&#233;ralisme et obscurantisme, le Pape, &#224; d&#233;faut de d&#233;tenir celles du Paradis, pr&#233;tend d&#233;tenir les cl&#233;s de la chambre nuptiale o&#249; se consommerait le mariage entre l'id&#233;ologie du profit et la religion de l'amour. Reste un dernier verrou - le rationalisme - que l'&#201;glise tente de faire sauter. Quitte &#224; trouver au socialisme d'hier un petit air chr&#233;tien. Et derri&#232;re l'offensive contre l'&#201;cole la&#239;que se profile une offensive contre la tentative s&#233;culaire de donner toutes ses chances &#224; la Raison. Les &#233;checs de cette tentative nous ont d&#233;niais&#233;s : la Raison peut trahir ses propres id&#233;aux. Surtout quand elle attend du March&#233; et/ou de l'&#201;tat sa cons&#233;cration. Plus ou moins &#233;pic&#233;e, la religion vient alors &#224; leur secours. S'il en est ainsi c'est parce que le christianisme, pr&#233;cis&#233;ment quand la religion devient une affaire priv&#233;e, est la religion officielle du lib&#233;ralisme. Marx et Tocqueville convergent sur ce point. Le premier en concluait que l'&#201;tat d&#233;mocratique est l'&#201;tat chr&#233;tien accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de restauration prennent alors tout leur sens, m&#234;me s'il s'agit d'un pur non-sens. Mais pour en conjurer les p&#233;rils, il ne suffira pas de d&#233;fendre l'Ecole la&#239;que et r&#233;publicaine. Quand il s'agit de penser pour les proposer des formes de socialit&#233; qui ne se confondent pas avec l'oppression et des formes de Pouvoir public qui ne se confondent pas avec l'&#201;tat : ainsi un service unifi&#233; d'&#233;ducation pourrait &#234;tre affranchi de toutes les mises en tutelle - par l'&#201;tat et/ou le March&#233;. Utopie ? Utopie... (H.M)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;center ***&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S Bref rappel du contexte. &lt;/strong&gt; Le 16 janvier 1994, des centaines de milliers de personnes manifestent &#224; Paris &#224; l'appel du CNAL (Comit&#233; National d'Action La&#239;que) pour d&#233;fendre l'&#201;cole publique contre le projet de financement public des investissements d'infrastructure dans les &#233;coles priv&#233;es : un projet qui, pour l'essentiel, &#233;choue. Peu de temps apr&#232;s, un puissant mouvement contre la cr&#233;ation d'un &#171; SMIC-jeunes &#187; - le contrat d'insertion professionnelle (CIP) - contraint &#201;douard Balladur &#224; d&#233;cider son retrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Lettre ouverte : &#171; D&#233;magogie contre p&#233;dagogie &#187; (1993)</title>
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		<dc:date>2015-09-07T12:25:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Ecole </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, puisque c'est la rentr&#233;e des classes.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L103xH150/arton1-be1f4.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions en novembre 1993. Et comme d'autres enseignants, j'ai re&#231;u un &#233;pais dossier, sign&#233; du Minist&#232;re de l'Education nationale et du groupe AXA, intitul&#233; &#171; Les ann&#233;es lyc&#233;e &#187;. Une agence en communication &#8211; Darjeeling &#187; - &#233;tait charg&#233;, je cite, du&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;i&gt;&#171; suivi op&#233;rationnel &#187;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Quelle op&#233;ration ? &lt;i&gt;&lt;i&gt;&#171; Demander &#224; quinze personnalit&#233;s phares du monde des lettres, des articles et du spectacle, de la science du sport, de l'&#233;conomie de retourner dans leur lyc&#233;e d'origine pour y rencontrer les lyc&#233;ens d'aujourd'hui et r&#233;pondre &#224; leurs questions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Avec que objectif officiel ? C'est ce qu'on pourra lire plus loin.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Sollicit&#233; en ma &#171; qualit&#233; &#187; d'ancien enseignant de M.C. Solaar, je d&#233;cidais alors d'assortir mon ob&#233;issance d'une lettre ouverte. Une derni&#232;re pr&#233;cision : Fran&#231;ois Bayrou &#233;tait alors Ministre de l'&#201;ducation nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en professeur soucieux de remplir sa fonction le moins mal possible que j'ai accept&#233; de contribuer &#224; la pr&#233;paration d'une rencontre entre les &#233;l&#232;ves de la classe de terminale o&#249; j'enseigne la philosophie et l'un de &#171; mes &#187; anciens &#233;l&#232;ves, M.C. Solaar, dont la personnalit&#233; est des plus attachantes et la cr&#233;ativit&#233; indiscutable. Laisser circuler un peu d'air frais &#224; l'int&#233;rieur des &#233;tablissements publics n'a jamais fait de mal &#224; personne. Mais c'est en bon petit soldat de l'Education Nationale, que je me suis pr&#234;t&#233;, ce faisant, &#224; une op&#233;ration d&#233;magogique, sans grand danger il est vrai, mais symptomatique de la conception que M. Bayrou se fait de &#171; l'Ecole de France &#187;. Tant vaut l'objectif, tant vaut la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif ? &lt;i&gt;&lt;i&gt;&#171; Transmettre aux lyc&#233;ens inquiets pour leur avenir des rep&#232;res et des valeurs d'exemples &#224; travers les t&#233;moignages de personnalit&#233;s qui illustrent concr&#232;tement la possibilit&#233; d'atteindre un objectif malgr&#233; les obstacles &#224; franchir. Montrer &#224; travers leur parcours que tout est possible, rien n'est jou&#233; d'avance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; Voil&#224; pourquoi quinze personnalit&#233;s vont &#224; la rencontre des &#233;l&#232;ves d'une classe de terminale de leur lyc&#233;e d'origine. Quant aux autres &#233;l&#232;ves, patience : AXA veille sur tous. Eux aussi b&#233;n&#233;ficieront de cette p&#233;dagogie par l'exemple o&#249; des saints, mais la&#239;cs (dont la valeur n'est pas en cause ici) ont pour charge de leur indiquer le chemin des cieux, mais r&#233;duits &#224; cette modeste gargote : &lt;i&gt;&lt;i&gt;Un&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; objectif... Gardons-nous de pr&#233;ciser lequel : l'ANPE s'en chargera. Gardons-nous de pr&#233;ciser comment : les statistiques de l'&#233;chec scolaire, des handicaps sociaux, des parcours bris&#233;s sont soigneusement gard&#233;es &#224; l'abri des regards candides. De cette fa&#231;on, il sera ais&#233; de montrer que &#171; cent pour cent des gagnants ont jou&#233; &#187;. Op&#233;ration de magie sociale qui permet au pouvoir politique de se d&#233;fausser de ses responsabilit&#233;s en mati&#232;re d'Education et de se d&#233;guiser en narrateur de contes de f&#233;e : les berg&#232;res finissent toujours par trouver leurs princes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la m&#233;thode. L'ensemble de l'op&#233;ration est &#171; sponsoris&#233;e &#187; par les &lt;i&gt;Assurances AXA&lt;/i&gt;, et deux journaux : &lt;i&gt;&lt;i&gt;Phosphore&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;. Qu'on se rassure : il s'agit d'un pur m&#233;c&#233;nat. Ils n'ont aucun int&#233;r&#234;t particulier &#224; d&#233;fendre ! Leurs motivations p&#233;dagogiques sont purement la&#239;ques ! M. Bayrou en discutait sans doute &#224; la tribune qu'il partageait, &#224; l'occasion d'une Conf&#233;rence de Presse commune, avec le P.D.G d'AXA... universellement connu pour ses responsabilit&#233;s &#233;ducatives. Peut-&#234;tre m&#234;me est-il intervenu comme &#171; consultant &#187; quand il fut question d'abroger la loi Falloux. En tout cas, le partenariat n'est pas vain : des rencontres entre personnalit&#233;s et lyc&#233;ens doivent na&#238;tre un dossier sp&#233;cial et exclusif du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; et un livre diffus&#233; &lt;i&gt;&lt;i&gt;gratuitement&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; &#224; pr&#232;s d'un million d'exemplaires &#224; tous les &#233;l&#232;ves et professeurs de terminale. Pas de m&#233;c&#233;nat sans mise en spectacle. Il est vrai qu'une information objective, permettant d'&#233;valuer des chances et des obstacles r&#233;els, serait d'une lecture r&#233;barbative, m&#234;me si sa diffusion est gratuite ! On aurait m&#234;me besoin des enseignants et des conseillers d'orientation pour les expliquer. Tout cela serait terriblement... scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration de marketing, destin&#233;e &#224; la promotion de ses organisateurs (et non de M.C. Solaar qui a pris de multiples pr&#233;cautions...), intervient dans le contexte de l'abrogation de la loi Falloux. La&#239;cit&#233; signifie : ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de tous les pouvoirs, ouverture &#224; tous les savoirs ; tous les pouvoirs, mais en sachant les distinguer pour les tenir &#224; distance, - et tous les savoirs, mais en sachant les distinguer pour pouvoir les discuter. M. Bayrou traduit : d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de tous les lobbies officiels et fermeture &#224; l'&#233;gard de toutes les opinions priv&#233;es ; mise en concurrence de tous les &#233;tablissements dans la plus parfaite des in&#233;galit&#233;s et mise en tutelle de l'Ecole publique par la plus sournoise des hi&#233;rarchies. Au lieu de soustraire l'Ecole aux injonctions du march&#233;, du spectacle, de la client&#232;le, on la soumet cyniquement &#224; leurs exigences. Au lieu d'ouvrir l'Ecole &#224; la diversit&#233; des opinions et &#224; la multiplicit&#233; des savoirs (y compris en mati&#232;re de religion), on l'enferme dans la neutralisation morose des d&#233;bats d'id&#233;es et la normalisation de savoirs indiff&#233;renci&#233;s, au nom de laquelle &#171; savoir se vendre &#187; &#233;quivaut &#224; &#171; savoir penser &#187;. Devrons-nous nous &#233;tonner si, un jour, il nous est demand&#233; d'enseigner l'astrologie (en faisant silence sur les conceptions religieuses), d'animer des ateliers de d&#233;magogie (en taisant les conceptions sociales et politiques), de dispenser une p&#233;dagogie sponsoris&#233;e (en r&#233;citant les le&#231;ons de la philosophie de la r&#233;ussite) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans attendre la r&#233;ponse, je retourne dans ma salle de classe, pour proposer &#224; mes &#233;l&#232;ves m&#233;dus&#233;s (et r&#226;leurs : encore un devoir !), le sujet suivant : &#171; Un philosophe officiel de l'Etat balladurien d&#233;clare : &lt;i&gt;&lt;i&gt;&#8220;Les succ&#232;s de quelques-uns montrent que pour tous, tout est possible, rien n'est jou&#233; d'avance&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;. Qu'en pensez-vous ? &#187; Je ne d&#233;sesp&#232;re pas de voir des adolescents lucides, dont on tente de se jouer, sourire devant tant de na&#239;vet&#233;. J'esp&#232;re les aider &#224; d&#233;couvrir quelle est la diff&#233;rence entre un slogan d&#233;magogique et une r&#232;gle &#233;thique. Mais la meilleure copie ne sera pas publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler, enseignant de philosophie&lt;br&gt;
Lyc&#233;e de *** (94)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; n&#176;1578, 24 f&#233;vrier 1994&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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