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	<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>&#201;mancipation I. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (1) </title>
		<link>https://henri-maler.fr/Emancipation-I-Democratie-revolution-emancipation-1.html</link>
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		<dc:date>2022-06-09T05:46:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la domination politique - la dictature - du prol&#233;tariat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; propos du livre de Jacques Texier : &lt;i&gt;R&#233;volution et d&#233;mocratie chez Marx et Engels&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Marx-communisme-utopie-.html" rel="directory"&gt;Marx, communisme, utopie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Karl-Marx-+.html" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-la-domination-politique-la-dictature-du-proletariat-+.html" rel="tag"&gt;Marx et la domination politique - la dictature - du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L87xH150/arton70-10d51.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='87' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette contribution a &#233;t&#233; publi&#233;e dans un cahier intitul&#233; &lt;i&gt;&#201;mancipation &lt;/i&gt;et sous-titr&#233;&lt;i&gt; Petits essais de marxologie tatillonne en marge de quelques bouquins r&#233;cemment parus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suppl&#233;ment &#224; Critique communiste, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voir enfin d'article les circonstances et le sommaire de sa publication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du livre de Jacques Texier : &lt;i&gt;R&#233;volution et d&#233;mocratie chez Marx et Engels&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actuel Marx Confrontation, PUF, 1998 (existe d&#233;sormais au format Kindlel). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Cher Jacques,&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Je me suis propos&#233; dans les pages que j'ai r&#233;dig&#233;es en compagnie de ton livre (dont je mentionne les pages entre parenth&#232;ses) d'engager une discussion : certainement pas de dresser un inventaire des divergences qui, si elles existent, ne peuvent appara&#238;tre qu'au terme (toujours provisoire) d'un &#233;change. Il m'est d'autant plus facile de ne pas pr&#233;juger d'&#233;ventuelles divergences que non seulement j'ai beaucoup appris en te lisant (ce qui n'est d&#233;j&#224; pas mal&#8230;), mais je suis assez convaincu des quatre id&#233;es-forces de ton livre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le rapport probl&#233;matique entre d&#233;mocratie et r&#233;volution, particuli&#232;rement quand la r&#233;volution sociale est inscrite dans le processus de r&#233;volution permanente&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'importance de la distinction (du &#171; clivage &#187;) entre le continent et le monde anglo-saxon ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'importance des &#171; innovations &#187; d'Engels ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'ampleur des modifications introduites par l'interpr&#233;tation de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il me semble que Marx et Engels ne sont pas parvenus &#224; penser de fa&#231;on satisfaisante les formes de la domination politique du prol&#233;tariat et les formes de l'&#233;mancipation sociale. Ce ne sont &#233;videmment pas les d&#233;faillances des &#171; solutions &#187; propos&#233;es que je mets en question (et encore moins leur inactualit&#233; &#233;ventuelle), mais la fa&#231;on m&#234;me de poser les questions qui, si nous devions la reconduire, risquerait de nous abandonner &#224; nos impasses. Bref, la question que je te soumets est la suivante : avec quel Marx nous est-il encore possible de penser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand je dis Marx, j'entends bien, comme toi, Marx-Engels. Les ambigu&#239;t&#233;s ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce qui suit, il m'arrive souvent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- de reprendre (&#224; ma fa&#231;on et sans toujours le signaler) ce que tu dis toi-m&#234;me : c'est &#233;videmment le moyen de m'approprier ton commentaire et non de te l'opposer selon une technique fort en usage qui consiste &#224; r&#233;p&#233;ter ce que dit un auteur, comme si on l'avait d&#233;couvert sans lui, et de faire valoir cette r&#233;p&#233;tition comme une objection. &lt;br class='manualbr' /&gt;- de remettre en chantier mes propres tentatives d'&#233;claircissement ant&#233;rieures : c'est bien s&#251;r un effort de les poursuivre et de les rectifier et non de t'opposer une v&#233;rit&#233; qui serait d&#233;pos&#233;e dans mes &#339;uvres incompl&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auxquelles je me permets de te renvoyer - m&#234;me si je ne suis plus tout &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;I. La question initiale : D&#233;mocratie et R&#233;volution&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une pens&#233;e fonci&#232;rement d&#233;mocratique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue avoir &#233;t&#233; initialement d&#233;rout&#233; par ton interrogation sur le caract&#232;re d&#233;mocratique ou pas de la pens&#233;e de Marx : l'alternative que tu exposes entre des interpr&#233;tations dont les pr&#233;suppos&#233;s m&#233;thodologiques eux-m&#234;mes me semblent inconciliables me semble peu pertinente. Non que cette confrontation soit sans int&#233;r&#234;t, bien &#233;videmment. Mais toute tentative d'arbitrage suppose une clarification conceptuelle et une clarification historique que je ne trouve pas toujours nettement indiqu&#233;es dans ton livre. On peut en effet soulever deux questions ou cette m&#234;me question sous deux angles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#192; quel concept de la d&#233;mocratie mesurer la pens&#233;e de Marx ? S'agit-il du concept marxien de d&#233;mocratie ? Il faudrait alors qu'il soit relativement stabilis&#233; : ce qui est loin d'&#234;tre s&#251;r. Ou s'agit-il d'un concept import&#233; de l'ext&#233;rieur ? Il faudrait alors qu'il soit identifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, me semble-t-il, fait travailler deux concepts distincts de la d&#233;mocratie : un concept philosophique et un concept politique qui reposent tous deux sur le principe de la souverainet&#233; du peuple. Selon le premier concept, la d&#233;mocratie, comprise comme autod&#233;termination du peuple, se confond avec l'essence communautaire de l'homme qui s'accomplit avec la vraie d&#233;mocratie : c'est lui qui est &#224; l'&#339;uvre dans le manuscrit de 1843 (&lt;i&gt;Critique du droit politique h&#233;g&#233;lien&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions sociales, 1980.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ainsi que dans la lettre &#224; Ruge de mai 1843&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx-Engels, Correspondance, t. 1, &#201;ditions sociales,1978, p. 290-296.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon le second concept, la d&#233;mocratie d&#233;signe une forme d'&#201;tat qui, dans le cas de l'&#201;tat repr&#233;sentatif moderne, conjugue le suffrage universel et la supr&#233;matie du pouvoir l&#233;gislatif qui en est issu. C'est cette d&#233;mocratie que vise Marx, je crois, quand, dans le manuscrit de 1843, il parle de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#192; quelle perspective historique mesurer cette &#233;valuation ? Aux formes de l'&#201;tat repr&#233;sentatif que Marx rencontre en 1842-1848 ou &#224; celles auxquelles son exp&#233;rience th&#233;orico-politique le confronte apr&#232;s 1848 ? Le contexte historique est en effet - comme tu le soulignes &#224; plusieurs reprises - d&#233;cisif. Et il n'est pas toujours possible d'&#233;tablir avec toute la clart&#233; souhaitable &#224; quelle d&#233;mocratie historiquement situ&#233;e il fait r&#233;f&#233;rence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut cependant retenir les caract&#232;res sont ceux que tu recenses p. 37.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, je crois que pour mesurer Marx &#224; lui-m&#234;me, en une sorte de lecture interne, il faut parcourir syst&#233;matiquement son travail &#171; dans le sens de la marche &#187; (comme tu le fais pp. 301-304). Je partirai cependant, pour suivre ton texte, des th&#232;ses de 1847-1848 (quitte &#224; remonter la chronologie pour tenter de les &#233;clairer)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. D&#233;mocratie et domination politique du prol&#233;tariat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels soutiennent, dans les &#233;crit de 1847-1848, que la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie est appel&#233;e &#224; co&#239;ncider, directement ou indirectement, avec la domination politique du prol&#233;tariat. Ils ne se bornent pas, du moins dans un premier temps, &#224; affirmer que la premi&#232;re est favorable &#224; la seconde, mais que la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie rend la domination du prol&#233;tariat &lt;i&gt;in&#233;luctable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Del&#224;, au moins, deux questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Premi&#232;re question : Qu'est-ce qui permet d'affirmer que la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie peut co&#239;ncider avec la conqu&#234;te de la domination politique du prol&#233;tariat ?&lt;br class='manualbr' /&gt;- Deuxi&#232;me question, donc : Qu'est-ce qui permet d'affirmer que la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; co&#239;ncider avec la conqu&#234;te de la domination politique du prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Une cons&#233;quence possible de la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; la premi&#232;re question est comprise dans deux affirmations li&#233;es, que l'on peut cependant distinguer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La conqu&#234;te de la d&#233;mocratie consiste d'abord (et m&#234;me essentiellement) dans la conqu&#234;te du suffrage universel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette conqu&#234;te est tr&#232;s t&#244;t comprise par Marx comme essentiellement r&#233;volutionnaire. Dans la &lt;i&gt;Critique du droit politique h&#233;g&#233;lien&lt;/i&gt; (que tu cites p. 15, note 4), l'exigence du suffrage universel co&#239;ncide avec l'exigence de dissolution conjointe de l'&#201;tat politique et de la soci&#233;t&#233; civile : une dissolution qui ferait place &#224; la &#171; vraie d&#233;mocratie &#187;. Dans la lettre &#224; Ruge de septembre 1843, la g&#233;n&#233;ralisation du syst&#232;me repr&#233;sentatif (je comprends : par l'extension du droit de suffrage) &#233;quivaut &#224; son d&#233;passement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx Engels, Correspondance, t.1 &#233;ditions sociales, , 1978, p. 299.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref, la transformation de la soci&#233;t&#233; en une v&#233;ritable &#171; communaut&#233; &#187; : celle de l'&#201;tat d&#233;mocratique (par opposition &#224; l'&#201;tat politique), comme on peut le lire dans la lettre &#224; Ruge de mai 1843&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance t.1, op.cit., p. 291.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette d&#233;mocratie-l&#224; ne tardera pas, au prix de modifications notables, &#224; prendre le nom de communisme. Dans cette perspective en effet l'&#233;mancipation politique n'est qu'une forme partielle de l'&#233;mancipation, mais que sa g&#233;n&#233;ralisation co&#239;ncide avec l'exigence de cette &#233;mancipation humaine (&lt;i&gt;Sur la Question juive&lt;/i&gt;), avant m&#234;me qu'il soit question de la domination du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La conqu&#234;te du suffrage universel - et plus g&#233;n&#233;ralement de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative - est favorable &#224; la domination du prol&#233;tariat (d&#232;s qu'il est question de celle-ci). Cette th&#232;se reste relativement constante, m&#234;me si Marx et Engels seront amen&#233;s &#224; pr&#233;ciser que le suffrage universel doit &#234;tre assorti des conditions sans lesquelles ce suffrage serait illusoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question des conditions du suffrage universel, je me r&#233;f&#232;re ici aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ce sens conqu&#234;te de la d&#233;mocratie et domination politique du prol&#233;tariat sont li&#233;es, voire &#233;quivalentes. Tel est le sens, comme tu le rel&#232;ves, des positions de Marx et d'Engels de 1845 &#224; 1848 (p. 32-36, 302-304) et cela reste, pour l'essentiel inchang&#233; de 1848 &#224;1852 au moins (p. 309-316). : Marx et Engels ne cesseront de soutenir que la d&#233;mocratie (ou la R&#233;publique d&#233;mocratique) est la forme la plus favorable &#224; la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que la d&#233;mocratie soit favorable n'implique pas que la domination du prol&#233;tariat soit, avec sa conqu&#234;te, in&#233;luctable. C'est pourtant une th&#232;se qu'il arrive &#224; Marx et Engels de soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. Une cons&#233;quence n&#233;cessaire de la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te de la d&#233;mocratie, quels que soient les moyens auxquels elle doive recourir, ne vise pas seulement &#224; conqu&#233;rir les conditions les plus favorables &#224; la domination du prol&#233;tariat, elle rend cette domination in&#233;luctable. C'est la th&#232;se que Marx et Engels soutiennent avant les r&#233;volutions de 1848 : &#171; Dans tous les pays civilis&#233;s la d&#233;mocratie a pour cons&#233;quence n&#233;cessaire la domination du prol&#233;tariat et cette domination est la premi&#232;re condition de toutes les mesures communistes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Engels, &#171; Les communistes et K. Heinzen &#187;, 3 et 4 octobre 1847 (que Texier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution &#171; commencera par &#233;tablir une Constitution d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire directement ou indirectement, la domination politique du prol&#233;tariat &#187;. &#171; C'est-&#224;-dire &#187; doit se comprendre non seulement comme une &#233;quivalence, mais comme une n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable. C'est ce que confirme l'hypoth&#232;se la moins favorable : quand la domination r&#233;sultera &#171; indirectement &#187; de la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie : &#171; Ce qui n&#233;cessitera peut-&#234;tre une seconde lutte, mais ne peut se terminer que par la victoire du prol&#233;tariat &#187; (Engels, &lt;i&gt;Les Principes du communisme&lt;/i&gt;, 1847&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Texier cite p. 44-45 et p.304.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#234;me th&#232;se que l'on retrouve plus tardivement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi la question des formes de domination politique du prol&#233;tariat ne peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ce qui concerne le monde anglo-saxon, certains textes sugg&#232;rent que la conqu&#234;te du suffrage universel mettrait la classe ouvri&#232;re en position favorable (p. 314-315). D'autres sont plus affirmatifs : &#171; (&#8230;) suffrage universel est &lt;i&gt;synonyme&lt;/i&gt; de pouvoir politique pour la classe ouvri&#232;re d'Angleterre (&#8230;) Son r&#233;sultat &lt;i&gt;in&#233;vitable&lt;/i&gt; y est la supr&#233;matie politique de la classe ouvri&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les chartistes &#187;, New York Daily Tribune,, 25 ao&#251;t 1852. Cit&#233; par Texier p.22.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ce qui concerne le continent, ou du moins la France, les articles r&#233;unis sous le titre &lt;i&gt;Ls luttes de classe en France&lt;/i&gt;, ne laissent aucun doute sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;nonc&#233;s sont, me semble-t-il, sous-tendus par deux autres th&#232;ses (qui courent dans les textes de 1843 &#224; 1852, au moins) :&lt;br class='manualbr' /&gt;- selon la premi&#232;re, la monarchie constitutionnelle et/ou la r&#233;publique censitaire est la forme ad&#233;quate et ultime de la domination bourgeoise, notamment parce que cette forme d'&#201;tat r&#233;serve le pouvoir &#224; la bourgeoisie (et r&#233;alise ainsi une ad&#233;quation entre l'&#201;tat et la classe dominante) &lt;br class='manualbr' /&gt;- selon la seconde, la d&#233;mocratie est incompatible avec la domination bourgeoise, parce qu'elles sont intrins&#232;quement contradictoires, ainsi que Marx tente de le montrer dans &lt;i&gt;Les luttes de classe en France&lt;/i&gt; (p.311).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re conclusion provisoire&lt;/i&gt;. Ce que je veux sugg&#233;rer est relativement simple. Marx est pour son temps un grand penseur de la d&#233;mocratie. Mais s'il ne pose pas initialement la question des formes d&#233;mocratiques sp&#233;cifiquement ajust&#233;es &#224; la domination politique du prol&#233;tariat, ce n'est pas seulement par ce qu'il n'a pas encore pris la mesure de l'obstacle constitu&#233; par la machine bureaucratique (rectification de 1872), c'est parce qu'une m&#234;me conception de l'histoire le conduit &#224; penser &#224; la fois qu'une seule forme d'&#201;tat est pleinement ad&#233;quate &#224; la domination bourgeoise et qu'il n'y a pas lieu de r&#233;fl&#233;chir particuli&#232;rement &#224; la forme politique de l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat. J'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il me semble ind&#233;niable que la pens&#233;e de Marx est prisonni&#232;re des illusions de la R&#233;volution permanente, telle qu'il la pense apr&#232;s 1848 et des impr&#233;cisions du concept de dictature du prol&#233;tariat. C'est sur cette double but&#233;e que selon toi (si je t'ai bien compris) viendrait &#233;chouer provisoirement la pens&#233;e d&#233;mocratique de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. D&#233;mocratie et R&#233;volution permanente &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la r&#233;volution permanente, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de ton (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela arrive souvent dans l'&#339;uvre de Marx et Engels, l'id&#233;e de r&#233;volution permanente appliqu&#233;e au passage de la domination de la bourgeoisie &#224; la domination du prol&#233;tariat appara&#238;t avant que la notion ne prenne cette signification. C'est ce que tu sugg&#232;res, si j'ai bien compris, quand tu cites (p. 321), le texte d'Engels qui envisage, en Allemagne et en France, la succession de deux luttes. Mais, outre les probl&#232;mes que tu analyses, deux autres que tu ne mentionnes pas (sauf distraction de ma part) m&#233;ritent qu'on si arr&#234;te : &lt;br class='manualbr' /&gt;- Quelle est la modalit&#233; de l'encha&#238;nement entre les deux &#233;tapes de la r&#233;volution ou de la transcroissance de la r&#233;volution ?&lt;br class='manualbr' /&gt;- Quel est le statut du concept de r&#233;volution permanente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. Une encha&#238;nement in&#233;vitable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sous le concept de R&#233;volution permanente l'on d&#233;signe l'encha&#238;nement de deux &#233;tapes relativement distinctes ou la transcroissance de la premi&#232;re dans la seconde, cet encha&#238;nement et cette transcroissance sont compris comme in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me que le concept de r&#233;volution permanente ne soit transpos&#233; de son &#171; usage historiographique &#187; &#224; son &#171; usage politique &#187;, la cause est entendue, du moins en ce qui concerne l'Allemagne. D&#232;s 1844, dans &lt;i&gt;l'Introduction &#224; la critique du droit politique h&#233;g&#233;lien&lt;/i&gt;, la th&#232;se de l'impossibilit&#233; d'une r&#233;volution purement politique en Allemagne, en raison de l'impuissance de la bourgeoisie, permet de postuler que le prol&#233;tariat prendra directement en charge l'&#233;mancipation humaine. La signification attribu&#233;e au soul&#232;vement des tisserands sil&#233;siens conforte cette affirmation. Et quand en 1847, Engels pr&#233;sente la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie comme une n&#233;cessit&#233; qui m&#232;ne, dans ce m&#234;me pays, indirectement &#224; la domination du prol&#233;tariat, il ne fait, me semble-t-il, que prolonger la th&#232;se ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeux sont faits : la r&#233;volution permanente traduit l'incapacit&#233; de la bourgeoisie soit de conqu&#233;rir la d&#233;mocratie soit d'asseoir sa domination sous cette forme d'&#233;tat. Et cette &#233;quivoque est confort&#233;e par la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Strat&#233;gie politique ou processus historique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de permet de l'entrevoir : la r&#233;volution permanente n'est pas le concept d'une strat&#233;gie politique, mais le concept d'un processus historique. La r&#233;volution permanente n'est pas une strat&#233;gie : non seulement le terme de &#171; strat&#233;gie &#187; est absent du vocabulaire de Marx (comme il l'est &#224; son &#233;poque du vocabulaire politique), mais la perspective correspondante est comme neutralis&#233;e. La notion de r&#233;volution permanente n'est pas celui d'une strat&#233;gie requise, mais d'une histoire promise. L'imp&#233;ratif strat&#233;gique est d&#233;vor&#233; par la n&#233;cessit&#233; historique. La r&#233;volution permanente est l'objet d'une &#171; d&#233;claration &#187; (p. 322) et non d'une prescription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me conclusion provisoire&lt;/i&gt; : Si le probl&#232;me sur lequel tu fais porter tout le poids de ton argumentation - le devenir des institutions d&#233;mocratiques conquises lors du premier moment - reste irr&#233;solu, c'est, me semble-t-il, parce que la n&#233;cessit&#233; historique qui se porte garant de l'unit&#233; du processus dispense de le poser. Expression de la n&#233;cessit&#233; historique et d&#233;claration de son processus, la r&#233;volution permanente est porteuse d'un contenu qui trouvera sa forme, et non d'un objectif qui exige de la penser : la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. D&#233;mocratie et dictature du prol&#233;tariat &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la dictature du prol&#233;tariat, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de dictature du prol&#233;tariat, aussi rare que soit son emploi, fonctionne dans une si grande vari&#233;t&#233; de registres qu'il y tout lieu de douter qu'il soit un v&#233;ritable concept. C'est une formule alg&#233;brique redoutable susceptible de recevoir (chez Marx d&#233;j&#224;, pour ne rien dire de la post&#233;rit&#233;) les significations les plus diverses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le flou qui r&#232;gne ici dans l'&#339;uvre de Marx et Engels n'a rien d'artistique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques, sous forme - une fois encore - de deux questions : &lt;br class='manualbr' /&gt;- Quel est le statut du concept de dictature du prol&#233;tariat ?&lt;br class='manualbr' /&gt;- Quelle est la signification du concept de dictature du prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1. Concept strat&#233;gique ou concept t&#233;l&#233;ologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est d'admettre que le statut de la perspective de la dictature du prol&#233;tariat est loin d'&#234;tre limpide puisque ce concept se pr&#233;sente &#224; la fois comme un concept strat&#233;gique (qui renvoie &#224; un objectif indispensable) et comme un concept t&#233;l&#233;ologique (qui renvoie &#224; un avenir in&#233;luctable)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut lire dans ton livre des exemples de cette dualit&#233; des &#233;nonc&#233;s entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il indique une cible et certifie qu'elle sera atteinte. Comment et sous quelle forme ? Cela devient &#233;videmment secondaire, surtout, quand on se demande, comme tu le fais, quelle est la compr&#233;hension exacte de ce concept ambigu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2. Concept &#171; substantiel &#187; ou concept &#171; nu &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la fois un concept distinctif (qui oppose &#224; la signification ultime de la domination politique de la bourgeoisie la signification transitoire de la domination politique du prol&#233;tariat) et un concept normatif (qui renvoie aux conditions d'exercice de la domination politique du prol&#233;tariat). Du moins est-ce ainsi que je comprends la distinction que tu proposes (p. 22, 143, 327-328) entre le concept substantiel (qui renvoie au contenu socio-politique de cette domination) et le concept nu (qui renvoie &#224; sa modalit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concept - le concept &#171; substantiel &#187; - se laisse potentiellement rabattre sur celui de supr&#233;matie ou de domination politique que l'on trouve dans le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; et dans d'autres textes (p. 22). Mais il laisse ouverte au moins une alternative : domination exclusive ou pas ? Le second concept &#8211; le concept &#171; nu &#187; - referme cette alternative (note 19 p. 40) : Que serait une &lt;i&gt;dictature&lt;/i&gt; exerc&#233;e conjointement par plusieurs classes ? Mais il en ouvre au moins deux autres : dictature centralis&#233;e ou pas ? Dictature violente ou non ? Entre ces deux &#171; p&#244;les &#187;, un usage pol&#233;mique. Ainsi dans &lt;i&gt;Les luttes de classe en France&lt;/i&gt;, le concept de dictature du prol&#233;tariat est &#224; plusieurs reprises associ&#233;/oppos&#233; &#224; celui de dictature de la bourgeoisie. Le terme de dictature semble alors d&#233;signer une domination exclusive et la notion de &#171; dictature de classe &#187; appel&#233; &#224; rendre compte de la domination exclusive d'une classe contre toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Troisi&#232;me conclusion provisoire&lt;/i&gt; : Le &#171; concept &#187; de dictature du prol&#233;tariat ne propage que de maigres lueurs. Mais cela ne tient pas seulement, me semble-t-il, &#224; sa propre obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la n&#233;cessit&#233; historique qui se porte garant de l'&#233;tablissement de la dictature du prol&#233;tariat laisse ouvertes toutes les possibilit&#233;s s'agissant de son contenu pr&#233;cis, il n'y pas lieu de s'&#233;tonner qu'elle dispense de s'interroger pr&#233;cis&#233;ment et pr&#233;alablement sur la forme que pourrait prendre cette dictature. De l&#224; des impr&#233;cisions qui ne seront jamais totalement dissip&#233;es, non seulement sur les modalit&#233;s d'exercice, mais surtout sur la forme et le contenu de cette dictature :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- sur la forme : apr&#232;s les textes ant&#233;rieurs aux r&#233;volutions de 1848 qui pr&#233;cisent que la forme de la domination politique (et non de la dictature) sont des formes d&#233;mocratiques, il faut attendre &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; (qui pourtant ne parle pas de dictature) pour que la forme soit enfin &#233;voqu&#233;e et l' &#171; Introduction &#187; d'Engels de 1891 pour qu'une forme soit attribu&#233;e explicitement &#224; la dictature du prol&#233;tariat ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- sur le contenu : dans tous les cas, il semble bien que le contenu de cette forme d&#233;signe la classe politiquement dominante et non son &#339;uvre d'&#233;mancipation sociale, &#224; l'exception notable cette fois de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; (o&#249; le concept lui-m&#234;me est absent) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- sur la forme d'un contenu : dans tous les cas le &#171; concept &#187; n'est jamais connect&#233; directement au contenu social de la transformation r&#233;volutionnaire et tr&#232;s tardivement &#224; son contenu politique (ou institutionnel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendons-nous bien, une fois encore : ce qui est en question, ce ne sont pas des approximations ou des erreurs d'appr&#233;ciation, mais la structure d'une argumentation qui rend difficilement pensable ce qu'elle s'efforce de penser.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;II. La question d&#233;cisive : La forme de la domination politique&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Ta question initiale - que deviennent les conqu&#234;tes de l'&#233;tape d&#233;mocratique lors de la phase ult&#233;rieure ? - gagne &#233;videmment en consistance (du moins, &#224; mes yeux) quand, apr&#232;s l'avoir rappel&#233;e, tu pr&#233;cises : &#171; La question, c'est que, avec ou sans violence, il importe qu'on sache quelle est la forme politique du bouleversement socialiste &#187; (p. 164). D&#232;s lors que le probl&#232;me est formul&#233; en ces termes, je peux mettre mon travail &#224; l'&#233;preuve du tien (et r&#233;ciproquement) et relancer ma propre r&#233;flexion. Sans annexions forc&#233;es : du moins je le crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit donc le point de d&#233;part suivant : la question de la d&#233;mocratie chez Marx d&#233;pend moins de la question des modalit&#233;s de la r&#233;volution (ou de la prise du pouvoir) - violente ou pacifique - que de la question des formes d'exercice de la domination politique (ou de la dictature) du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se posent alors les questions suivantes : Les r&#233;ponses de Marx-Engels sont-elles satisfaisantes ? Sinon, pourquoi ? Et plus pr&#233;cis&#233;ment : quelles sont les apories ou les but&#233;es de leur mode de raisonnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu soutiens qu'il existe chez Marx une v&#233;ritable pens&#233;e des institutions. Mais force est de constater, me semble-t-il, que si l'on trouve chez Marx une analyse critique des institutions de l'&#201;tat moderne (et des outils qui permettraient d'approfondir et de pr&#233;ciser cette analyse), il n'en va pas de m&#234;me en ce qui concerne les formes d'exercice de la domination politique du prol&#233;tariat et des formes politiques de l'&#233;mancipation sociale. &#192; deux r&#233;serves pr&#232;s (si l'on excepte les quelques indications que l'on peut trouver dans les textes contemporains du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;), deux tentatives d&#233;cisives, il est vrai : l'analyse de la Commune de Paris ; les propositions d'Engels sur la R&#233;publique d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or non seulement ces analyses sont tardives, mais elles demeurent fort probl&#233;matiques. Elles sont tardives : tu en conviens toi-m&#234;me quand tu &#233;cris que &#171; le vide formel catastrophique qu'on reproche au marxisme en mati&#232;re d'institutions politiques a disparu &#187; (p. 162) &#8230; en 1891. Elles sont probl&#233;matiques : et cela tient moins &#224; leur impr&#233;cision ou &#224; leur inach&#232;vement (p. 162), qu'&#224; la place qui leur est accord&#233;e et &#224; la structure de l'argumentation qui les sous-tend. Tu mentionnes toi-m&#234;me les probl&#232;mes (il est difficile de te prendre en flagrant d&#233;lit de n&#233;gligence&#8230;), mais il me semble que tu ne leur accordes pas toute l'importance qu'ils m&#233;ritent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions se posent alors :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pourquoi la question des formes politiques de la dictature du prol&#233;tariat sont-elles si longtemps n&#233;glig&#233;es ?&lt;br class='manualbr' /&gt;- Dans quelle mesure cette question, quand elle est trait&#233;e, l'est-elle de fa&#231;on ad&#233;quate ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Quand le contenu l'emporte sur la forme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. La forme longtemps n&#233;glig&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;Les embard&#233;es de la critique de l'utopie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;tecter dans la critique des utopies par Marx, deux critiques des anticipations de l'avenir, souvent enchev&#234;tr&#233;es, mais potentiellement distinctes : une critique de l'anticipation imaginaire du contenu (en l'absence des conditions historiques qui le rendent r&#233;alisable) et une critique de l'anticipation doctrinaire des formes (quand ces formes sont prescrites en dehors du mouvement historique qui pourrait les faire na&#238;tre). Tout le poids de la critique de Marx porte pr&#233;cis&#233;ment sur ces prescriptions doctrinaires, qu'il s'agisse des formes sociales de l'&#233;mancipation ou sur des formes politiques de l'&#233;mancipation sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les anticipations utopiques, Cong&#233;dier, op.cit. ,pp. 145-167.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'invention doctrinaire individuelle, Marx oppose imm&#233;diatement la production historique immanente : du m&#234;me coup la d&#233;tection th&#233;orique des formes possibles devient une exigence subalterne et l'invention collective de ces formes un processus impensable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le &#171; court-circuit &#187; op&#233;r&#233; par Marx dans sa critique de l'invention et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout ce passe comme si Marx se laissait emporter par sa critique (l&#233;gitime) de formes utopiques du socialisme et du communisme au-del&#224; de ce qu'exige cette critique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tu mentionnes toi-m&#234;me deux des textes o&#249; le refus de l'anticipation semble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette remarque serait insuffisante, si on ne la rapportait pas &#224; une seconde &#233;quivoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;La tentation de la promesse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx tente de d&#233;montrer la n&#233;cessaire possibilit&#233; du communisme (la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution, de la dictature du prol&#233;tariat, de la transition et du communisme), en c&#233;dant &#224; la tentation d'en promettre la n&#233;cessaire effectivit&#233; : il s'agit d'une &#233;quivoque majeure, lourde de cons&#233;quences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'ai beaucoup donn&#233; &#171; , comme dirait notre ami Artous, pour relever et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier de celle-ci : si l'histoire se porte garant de ce que l'action des hommes (et non l'histoire elle-m&#234;me) &#8230; ne manquera pas d'accomplir, il devient secondaire de r&#233;fl&#233;chir aux formes de cet avenir promis et inutile, voire n&#233;faste d'en attribuer la pr&#233;paration et l'accomplissement &#224; une invention collective des acteurs de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire tut&#233;laire, port&#233;e par une dialectique de la r&#233;alisation de l'essence, travaille d'abord dans le sens de la domination bourgeoise, dont Marx et Engels ne cessent de scruter la forme ad&#233;quate et ultime. Il est vrai qu'ils ne cessent de s'interroger sur la trajectoire, diff&#233;renci&#233;e selon les pays, des formes de domination politique de la bourgeoisie : les formes d'&#201;tat propres &#224; cette domination. Mais quelle que soit la pertinence - et elle est grand e- de leurs analyses concr&#232;tes de ces formes de domination, elle est souvent prisonni&#232;re d'une conception de l'histoire qui en mine la f&#233;condit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut se borner, me semble-t-il, &#224; relever comme l'effet de simples &#171; flirts &#187; avec la dialectique h&#233;g&#233;lienne, l'insistance d'une th&#233;matique de la forme ad&#233;quate et ultime de la domination politique de la bourgeoisie o&#249; celle-ci, parvenue &#224; son terme et &#224; son comble, pr&#233;parerait d'elle-m&#234;me son renversement. Or tout se passe comme si Marx et Engels ne cessaient de tenter de rep&#233;rer cette forme ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- D&#232;s le manuscrit de 1843 (&lt;i&gt;la Critique du droit politique h&#233;g&#233;lien&lt;/i&gt;) , Marx con&#231;oit l'&#201;tat repr&#233;sentatif moderne comme la forme ultime de l'ali&#233;nation politique et la R&#233;publique comme la n&#233;gation de l'ali&#233;nation dans le cadre de l'ali&#233;nation. En cons&#233;quence, la monarchie constitutionnelle et/ou la R&#233;publique censitaire est bien le comble de l'ali&#233;nation et de l'ad&#233;quation de l'&#201;tat &#224; la domination bourgeoisie : au point que la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie politique ou de la R&#233;publique d&#233;mocratique, en niant cette ali&#233;nation et cette ad&#233;quation, sera ult&#233;rieurement pr&#233;sent&#233;e comme forme le cadre de la domination du prol&#233;tariat ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Puis, comme le montrent certaines formulations que tu rel&#232;ves, Marx et Engels pensent la R&#233;publique d&#233;mocratique comme la forme ad&#233;quate et ultime de la domination bourgeoise et, donc parce qu'elle est ultime, la forme ad&#233;quate &#224; la bataille ultime entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie (p. 101, 105-108) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Enfin, l'Empire appara&#238;t comme la forme ultime de la domination bourgeoisie qui voit se dresser face &#224; elle son antith&#232;se : la Commune de Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que cette figure du raisonnement - l'anticipation du contenu de l'&#233;mancipation qui dispense d'anticiper sur les formes qui permettraient de l'accomplir - ne correspond qu'&#224; une provisoire de la pens&#233;e de Marx-Engels, comme le sugg&#232;re Engels (p. 161). Mais on en trouve l'expression tr&#232;s tardivement, bien au-del&#224; des rectifications d'Engels, ainsi que tu le rel&#232;ves toi-m&#234;me (p. 154-155) quand Engels reprend &#224; son compte l'affirmation de Bovio selon laquelle &#171; la nuova sotanza, la nuova idea si creera da stessa la forma et la produrra dal proprio fondo &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Engels, &#171; Le socialisme en Allemagne &#187;, 1892, article que Texier analyse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. La forme enfin trouv&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;De la forme enfin trouv&#233;e &#8230; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mes yeux, le point le plus discutable de ton livre, du point de vue m&#234;me des questions que tu soul&#232;ves, tient, me semble-t-il, dans le d&#233;faut de prise en compte d&#233;taill&#233;e de l'analyse de Marx dans &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt;. J'y reviendrai plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte g&#233;nial - adjectif r&#233;serv&#233; &#224; un usage tr&#232;s s&#233;lectif - est en m&#234;me temps, &#224; mes yeux, un texte paradoxal : Marx pense enfin la forme politique de l'&#233;mancipation du travail, mais sur fond d'une argumentation qui la rend impensable, puisque cette forme surgit comme une antith&#232;se de la forme r&#233;put&#233;e ultime de la domination bourgeoise (et de la mont&#233;e en puissance de la bureaucratie) : l'Empire. L&#224; encore, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un simple &#171; flirt &#187; avec la dialectique &#8230; ou alors c'est un flirt tr&#232;s pouss&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Convoiter, op.cit., p. 249-252.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;&#8230; &#192; la forme introuvable&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que Marx, apr&#232;s 1872, n'a pas poursuivi le travail entrepris avec l'analyse de la Commune de Paris. 1872-1885 : 13 ans de silence sur la forme de la domination politique du prol&#233;tariat, c'est long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu rel&#232;ves toi-m&#234;me que dans la &lt;i&gt;Critique du programme de Gotha&lt;/i&gt; la forme enfin trouv&#233;e &#171; n'est pas rappel&#233;e &#187; (p. 143). En revanche, si tu soulignes la port&#233;e de la question soulev&#233;e par Marx sur les fonctions de l'&#201;tat qui se maintiendront dans une soci&#233;t&#233; communiste, tu omets de signaler que Marx, dans ce m&#234;me texte, se refuse &lt;i&gt;explicitement&lt;/i&gt; &#224; se prononcer sur ces fonctions, comme il se refuse &lt;i&gt;explicitement&lt;/i&gt; &#224; se prononcer sur les formes de la dictature du prol&#233;tariat (p. 144)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Convoiter, op.cit. ,p. 252-254&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces refus me semblent fond&#233;s sur une conception de l'histoire qui, sous couvert d'asc&#232;se anti-utopique, laisse sans doute &#171; ouvert le champ des possibles &#187;, mais un &#171; champ des possibles &#187; trop ouvert, y compris aux pires d'entre eux (note 8, p. 172).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Quand la forme est enfin red&#233;couverte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si toutes les remarques qui pr&#233;c&#232;dent ne sont pas totalement d&#233;nu&#233;es de fondement, elles incitent &#224; infl&#233;chir quelque peu les interrogations sur les &#171; innovations &#187; d'Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;crirais plus aujourd'hui exactement ce que j'&#233;crivais en 1992 avant de t'avoir lu. Aux &#171; d&#233;robades de Marx &#187; ne succ&#232;dent pas, &#224; proprement parler, les &#171; reculades d'Engels &#187; sur lesquelles je m'interrogeais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Convoiter, op.cit., p. 254-256.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : plut&#244;t &#171; deux pas en avant, un pas en arri&#232;re &#187;. En effet, ce que ton commentaire invite &#224; comprendre, ce sont plut&#244;t des tentatives d'Engels de penser une tactique politique qui ne soit pas imm&#233;diatement index&#233;e sur une n&#233;cessit&#233; historique in&#233;luctable et de r&#233;fl&#233;chir &#224; des formes politiques ad&#233;quates sans se d&#233;fausser sur une promesse de mariage al&#233;atoire entre la perspective g&#233;n&#233;rale de l'&#233;mancipation et les circonstances historiques particuli&#232;res. Force est de constater qu'Engels pose - enfin ! - les probl&#232;mes d'une strat&#233;gie et d'une tactique ajust&#233;es &#224; des circonstances historiques saisies &#224; un niveau suffisant de g&#233;n&#233;ralit&#233;, et non &#224; une histoire g&#233;n&#233;reuse qui, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre automate, remplirait des fonctions tut&#233;laires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce passe comme si Engels tentait de relever le d&#233;fi suivant : comment repenser la forme de la domination politique du prol&#233;tariat dans un cadre th&#233;orique et historique diff&#233;rent de celui que Marx mettait en &#339;uvre dans &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. D'une R&#233;publique d&#233;centralis&#233;e &#224; l'autre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs rectifications jalonnent la red&#233;couverte de la forme de la dictature du prol&#233;tariat. Je commence par une rectification que je crois d&#233;cisive et que tu ne mentionnes pas comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;La rectification de 1884 (pp. 246-248) &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte Marx &lt;/i&gt;affirmait d&#233;j&#224; que &#171; le renversement de la R&#233;publique parlementaire contient en germe le triomphe de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui &#171; perfectionne d'abord le pouvoir parlementaire, pour pouvoir le renverser ensuite &#187; et qui &#171; ce but une fois atteint, (&#8230;) perfectionne le pouvoir ex&#233;cutif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, &#201;ditions sociales, p. 124.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, dans &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; poursuit dans le droit fil de ce raisonnement en affirmant que le r&#233;gime imp&#233;rial est &#171; la seule forme de gouvernement possible &#224; une &#233;poque o&#249; la bourgeoisie avait d&#233;j&#224; perdu - et la classe ouvri&#232;re n'avait pas encore conquis - la capacit&#233; de gouverner la nation &#187;. Ainsi, &#171; le r&#233;gime imp&#233;rial est (&#8230;) la forme ultime de ce pouvoir d'&#201;tat &#187; que la soci&#233;t&#233; bourgeoise a fait na&#238;tre et qui a permis &#224; la bourgeoisie d'asservi le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'instauration de la IIIe R&#233;publique et sa stabilisation mettent en &#233;vidence des ressources insoup&#231;onn&#233;es. La bourgeoisie semble avoir plus d'un tr&#233;sor politique dans son sac. La R&#233;publique parlementaire n'appara&#238;t plus comme une forme d'&#201;tat transitoire. Engels pr&#233;sente alors l'Empire comme une exception &#224; la r&#232;gle : ce raisonnement n'est gu&#232;re convaincant, mais il a au moins l'avantage de replacer la IIIe R&#233;publique dans une histoire moins &#171; dialectique &#187; et plus ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;La rectification de 1885 ?&lt;/i&gt; (p. 111-113)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rectification de 1885 invite &#224; r&#233;&#233;valuer la th&#232;se de la poursuite par la R&#233;volution fran&#231;aise de &#171; l'&#339;uvre commenc&#233;e par la monarchie absolue &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 18 Brumaire, op.cit., p. 125.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle est en effet d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quitte &#224; me montrer plus tatillon que n&#233;cessaire, je crois utile de signaler qu'il n'est pas tout &#224; fait exact qu'Engels &#171; r&#233;vise compl&#232;tement &#187; la th&#232;se ant&#233;rieure &#187;. (p. 110). En effet, c'est dans le cours m&#234;me de la r&#233;daction de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; que l'on peut suivre une s&#233;rieuse &#233;volution, en deux essais de r&#233;daction avant la r&#233;daction finale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Guerre civile en France 1871, Editions sociales, 1972. Cette &#233;dition est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je r&#233;sume, au lieu de citer int&#233;gralement comme il faudrait le faire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le premier essai de r&#233;daction pr&#233;sente la constitution d'un appareil d'&#201;tat centralis&#233; comme l'&#339;uvre de la monarchie absolue et affirme que la premi&#232;re r&#233;volution fran&#231;aise a poursuivi l'&#339;uvre entreprise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op.cit., p. 209-210.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le second essai de r&#233;daction souligne au contraire que la R&#233;volution fran&#231;aise, en balayant les places fortes locales du f&#233;odalisme, &#171; &lt;i&gt;pr&#233;para socialement&lt;/i&gt; le terrain pour la superstructure d'un pouvoir d'&#201;tat centralis&#233; (&#8230;) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op.cit., p. 257, C'est moi qui souligne.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;- La r&#233;daction finale reprend &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me id&#233;e mais, au lieu d'effacer le r&#244;le du premier Empire (comme dans les versions pr&#233;c&#233;dentes), elle souligne que &#171; l'&#233;difice de l'&#201;tat moderne fut &lt;i&gt;&#233;difi&#233;&lt;/i&gt; sous le premier Empire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op.cit., p. 39. C'est moi qui souligne..&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;cision n'annule en rien la valeur de la &#171; rectification &#187; d'Engels : elle permet au contraire de cerner ce qui fait son originalit&#233; : une &#233;bauche d'analyse des formes d'auto-administration pendant la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c)&lt;i&gt; La rectification de 1891&lt;/i&gt; (p. 127-136)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que pour prendre la mesure de cette &#171; rectification &#187;, il faut commencer par indiquer l'importance qu'il faut accorder &#224; l' &#187; Introduction &#187; &#224; &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt;, r&#233;dig&#233;e la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;L' &#171; Introduction &#187; &lt;/i&gt;&#224; &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur la question qui nous occupe, trois points doivent &#234;tre signal&#233;s (que tu ne mets pas assez en valeur, me semble-t-il, dans ton propre commentaire, pp. 142). D'abord, l'effacement de la dialectique des formes d'&#201;tat propos&#233;e par Marx est &#8211; implicitement &#8211; confirm&#233;. Ensuite, l'insistance sur la destruction de l'ancien appareil d'&#201;tat et les mesures antibureaucratiques reprend, ne serait-ce que partiellement l'analyse de Marx. Enfin, la mise en parall&#232;le de la f&#233;d&#233;ration des communes et de la f&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives esquiss&#233;e par Marx est sugg&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel semble donc sauvegard&#233;. Mieux : la d&#233;marche d'Engels, s'agissant des &#201;tats-Unis, me para&#238;t beaucoup plus tranch&#233;e que tu ne l'indiques. Je la lis ainsi : m&#234;me dans la R&#233;publique d&#233;mocratique la plus d&#233;centralis&#233;e et la moins militaris&#233;e, la bureaucratie politique est tellement envahissante qu'elle doit &#234;tre neutralis&#233;e/abolie par l'adoption de deux mesures essentielles retenues par la Commune de Paris : le suffrage universel appliqu&#233; &#224; toutes les responsabilit&#233;s, la r&#233;tribution limit&#233;e des &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;La critique du programme d'Erfurt&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;e &#224; l' &#171; Introduction &#187;, la &lt;i&gt;critique du programme d'Erfurt&lt;/i&gt; appara&#238;t comme notablement en retrait. Aucune des innovations de la Commune, &#224; commencer par celles qu'Engels met en valeur la m&#234;me ann&#233;e, ne figure dans cette critique : ni les mesures antibureaucratiques sp&#233;cifiques de la Commune, ni la mise en parall&#232;le de la f&#233;d&#233;ration des communes et de la f&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives. Que signifie alors la r&#233;f&#233;rence exclusive &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise ? Elle prolonge et conforte sans doute la rectification de 1885 qui lui a ouvert la voie, mais relativise du m&#234;me coup la nouveaut&#233; et la port&#233;e de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre ce retrait ? Deux explications sont concevables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une explication tactique : le retrait se justifierait par les particularit&#233;s de la situation allemande et les t&#226;ches sp&#233;cifiques des communistes allemands. En Allemagne et pour les communistes de ce pays, l'&#233;tablissement d'une R&#233;publique d&#233;mocratique constituerait un progr&#232;s d&#233;cisif, du moins si cette R&#233;publique r&#233;pondait aux deux conditions pos&#233;es par Engels : &#171; la revendication de la concentration de tout le pouvoir politique dans les mains de la repr&#233;sentation du peuple &#8221;, la d&#233;centralisation sur le mod&#232;le de la R&#233;volution fran&#231;aise. Mais l'absence de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la Commune de Paris ne peut pas s'expliquer uniquement par le sens des opportunit&#233;s et de la tactique, la prudence ou le r&#233;alisme. Reste alors une seconde explication&lt;br class='manualbr' /&gt;- une explication th&#233;orique : la sous-estimation de la port&#233;e strat&#233;gique du &#171; mod&#232;le &#187; de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conclusion provisoire&lt;/i&gt; : Tout se passe comme si, paradoxalement, la rectification de 1872 &#233;tait &#224; la fois renforc&#233;e et affaiblie par les rectifications d'Engels. Elle est renforc&#233;e dans la mesure o&#249; la n&#233;cessit&#233; de briser la machine bureaucratique de l'&#201;tat est confirm&#233;e, sans qu'il soit n&#233;cessaire de faire r&#233;f&#233;rence &#224; l'Empire (et &#224; son antith&#232;se ultime) ; elle est affaiblie dans la mesure o&#249; la R&#233;publique de 1792 et la Commune de Paris sont donn&#233;es comme essentiellement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu de la rectification est &#224; la fois historique et th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur le plan historique, tout se passe comme si Engels inscrivait la Commune de Paris comme terme d'une p&#233;riode historique ouverte par la R&#233;volution fran&#231;aise, alors que Marx dans &lt;i&gt;La Guerre Civile en France&lt;/i&gt; la pr&#233;sente comme ouverture d'une nouvelle p&#233;riode historique. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Sur le plan th&#233;orique, tout se passe comme si Engels inscrivait la Commune de Paris dans une logique d'ach&#232;vement de la R&#233;volution fran&#231;aise, alors que Marx l'inscrit dans une logique de mont&#233;e en puissance de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Cette rectification th&#233;orique &#233;quivaut &#224; une op&#233;ration &#224; somme nulle (ou &#224; un jeu de qui perd gagne) : ce qui est gagn&#233; en rupture avec la dialectique tut&#233;laire d'une R&#233;volution poussant &#224; son comble une ali&#233;nation politique avant de se poser en antith&#232;se de sa propre n&#233;gation est partiellement perdu au &#171; b&#233;n&#233;fice &#187; d'une histoire lin&#233;aire qui efface la sp&#233;cificit&#233; des insurrections prol&#233;tariennes du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confrontation entre les deux textes de 1891 laisse penser que la 1&#232;re R&#233;publique et la Commune sont &#233;quivalentes par leur forme comme par leur contenu : toutes deux sont des formes de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. 2. Des formes &#233;quivalentes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique communale et la R&#233;publique d&#233;mocratique &#171; d&#233;bureaucratis&#233;e &#187; apparaissent d&#232;s lors comme deux formes &#233;quivalentes, mais tr&#232;s exactement dans la mesure o&#249; la Commune est pens&#233;e comme une variante de la R&#233;publique d&#233;mocratique inaugur&#233;e sous la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des formes d'auto-administration pendant la R&#233;volution est confirm&#233;e, semble-t-il, par l'historiographie contemporaine. Et, bien qu'Engels ne recoure pas &#224; cette hypoth&#232;se, il est vraisemblable qu'une certaine continuit&#233; dans la composition de classe de la Commune et dans l'esprit des Communards permette de pr&#233;senter la Commune elle-m&#234;me comme une reprise de la R&#233;volution fondatrice. La r&#233;interpr&#233;tation de la Commune de Paris comme confirmation/ach&#232;vement de l'&#339;uvre de la R&#233;volution est sans doute partiellement ad&#233;quate historiquement, mais laisse perdre la nouveaut&#233; de l'exp&#233;rience de la Commune. L&#224; o&#249; Marx tente de penser une forme nouvelle du pouvoir public, Engels parle de donner une forme nouvelle au vieux pouvoir d'&#201;tat (p. 125)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, rien ne justifie qu'Engels puisse &#233;crire, sans autre pr&#233;cision significative, que la R&#233;publique d&#233;mocratique est &#171; la forme sp&#233;cifique de la dictature du prol&#233;tariat, comme l'a montr&#233; la grande R&#233;volution fran&#231;aise &#187;, surtout si l'on ne retient du &#171; mod&#232;le &#187; de la 1&#232;re R&#233;publique que la d&#233;centralisation administrative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour faire bonne mesure, la confrontation avec le texte de 1847 montre que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelle est, en effet, cette R&#233;publique d&#233;bureaucratis&#233;e &#224; laquelle songe Engels ? Force est de constater, si l'on s'en tient aux extraits que tu cites, qu'Engels met en avant l'autonomie administrative qui r&#233;sulte d'une d&#233;centralisation de l'appareil d'&#201;tat. (p. 124-125). Il en va de m&#234;me des textes suivants (p.134-135). C'est encore le rapport centralisation/d&#233;centralisation qui vient au premier plan dans la pr&#233;face de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; (p. 140)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marx, si la Commune est &#171; la forme enfin trouv&#233;e &#187; - une formule qui pr&#234;te &#224; discussion - c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle ne se borne pas &#224; r&#233;activer des formes anciennes. C'est pour cette raison qu'il renouvelle une critique d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;e dans &lt;i&gt;La Sainte Famille&lt;/i&gt; et reprise, sous une autre forme, dans &lt;i&gt;Le 18 Brumaire&lt;/i&gt; : &#171; C'est en g&#233;n&#233;ral le sort des formations historiques enti&#232;rement nouvelles d'&#234;tre prises &#224; tort pour la r&#233;plique des formes anciennes (&#8230;) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples qui suivent cette citation sont multiples et Marx ne se r&#233;f&#232;re que partiellement &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise ; mais c'est pour sugg&#233;rer pr&#233;cis&#233;ment que la Commune est irr&#233;ductible &#224; la d&#233;centralisation girondine. Au regard des connaissances historiques dont fait &#233;tat Engels (et du savoir historique acquis depuis), c'est peu. D'autres aspects de la R&#233;volution fran&#231;aise pourraient plaider en faveur de la th&#232;se d'une reprise par la Commune d'une exp&#233;rience ant&#233;rieure. Marx p&#234;cherait-il par ignorance ? C'est possible, mais je crois plut&#244;t que s'il ne r&#233;f&#232;re pas le sens de la Commune &#224; la p&#233;riode de la R&#233;volution fran&#231;aise, c'est notamment parce qu'il essaie de cerner la nouveaut&#233; de la Commune ou, plus exactement, ce qui fait sa nouveaut&#233; : elle n'est pas seulement une forme d&#233;centralis&#233;e de la R&#233;publique d&#233;mocratique, mais la forme d&#233;mocratique de la R&#233;publique sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la &#171; rectification &#187; d'Engels menace d'engloutir quelques particularit&#233;s de la Commune que Marx essaie de mettre en &#233;vidence. Parmi les principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- D'abord la Commune est &#224; la fois la forme de la prise du pouvoir et la forme de son exercice : elle est la &#171; forme positive de la R&#233;volution contre l'Empire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Guerre civile en France, op.cit., premier essai de r&#233;daction, p. 208.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; la forme sous laquelle la classe ouvri&#232;re prend le pouvoir politique (&#8230;) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op.cit., deuxi&#232;me essai de r&#233;daction, p. 256.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ensuite, la Commune n'est pas une simple forme d'administration : elle n'est pas n'importe quel &#171; gouvernement du peuple par lui-m&#234;me &#187;, mais souligne Marx &#171; le peuple agissant pour lui-m&#234;me et par lui-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;op.cit., premier essai de r&#233;daction, p. 192.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Enfin, elle est la forme politique de l'&#233;mancipation du travail : une forme politique ajust&#233;e &#224; son contenu social, au moins potentiel. Cette &#233;mancipation dont Marx d&#233;crit les premi&#232;res mesures ; ce contenu social dont il pr&#233;sente la forme comme une libre f&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives. Ce dernier point me semble le plus important : ce qui fait la force de l'analyse de Marx, c'est qu'il essaie dans ce texte (et pour la premi&#232;re fois) de penser &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt; la forme ad&#233;quate de la domination politique de la classe ouvri&#232;re et la forme ad&#233;quate de son &#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on tenir pour &#233;quivalentes l'exp&#233;rience de la 1&#232;re R&#233;publique et l'exp&#233;rience de la Commune ? Il existe de s&#233;rieuses raisons d'en douter. Mais ce qui est certain (&#224; mes yeux...), c'est que le soubassement th&#233;orique de la r&#233;flexion d'Engels est en retrait par rapport aux aspects les plus f&#233;conds du texte de Marx, en d&#233;pit de la dialectique illusoire qui le menace de caducit&#233;. En tout cas la r&#233;flexion d'Engels sur les formes de la dictature du prol&#233;tariat ne repose pas sur des fondements assur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3. Une &#233;nigme r&#233;solue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'en convaincre ais&#233;ment quand on constate que, non seulement l' &#171; innovation audacieuse &#187; de 1891 ne r&#232;gle pas compl&#232;tement la question, mais surtout qu'elle n'exclut pas les r&#233;gressions ult&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;Elle ne r&#232;gle pas compl&#232;tement la question&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la pr&#233;tendue forme sp&#233;cifique de la dictature de prol&#233;tariat comme le contenu social auquel elle se rapporte sont fort peu sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Une forme sp&#233;cifique qui l'est fort peu : Engels, dans la &lt;i&gt;Critique du programme d'Erfurt&lt;/i&gt;, ne se borne pas &#224; prendre pour r&#233;f&#233;rence la forme de la 1&#232;re R&#233;publique : il tente de d&#233;couvrir la g&#233;n&#233;ralit&#233; de cette forme sp&#233;cifique. Non seulement il se r&#233;f&#232;re &#224; la 1&#232;re R&#233;publique fran&#231;aise et &#224; l'Am&#233;rique qui, selon lui, ont d&#233;montr&#233; &#171; comment on peut se passer de la bureaucratie &#187;, mais confirme cette d&#233;monstration par son extension, comme le &#171; montrent encore aujourd'hui le Canada, l'Australie et les autres colonies anglaises &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Critique du programme d'Erfurt, &#201;ditions sociales, p. 105.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De proche en proche, c'est une version faible de la bureaucratie (limit&#233;e aux autorit&#233;s qui &#233;manent du gouvernement central) et donc de la d&#233;bureaucratisation qu'Engels est amen&#233; &#224; pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si Engels prend soin de distinguer la R&#233;publique d&#233;mocratique contemporaine de la &#171; grande R&#233;volution fran&#231;aise &#187; et la &#171; R&#233;publique fran&#231;aise d'aujourd'hui &#187; - &#171; l'Empire sans empereur &#187; -, il pr&#233;sente cependant cette derni&#232;re comme la forme la plus favorable &#224; une transition pacifique et graduelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Critique du programme d'Erfurt, op.cit., p. 105 et 101.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : ce n'est plus le contenu de la d&#233;bureaucratisation, mais son processus qui tend &#224; perdre toute sp&#233;cificit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Un contenu sp&#233;cifique qui l'est fort peu : Engels n'h&#233;site pas &#224; pr&#233;senter la 1&#232;re R&#233;publique (au m&#234;me titre que la Commune) comme la forme sp&#233;cifique de la dictature du prol&#233;tariat. Sans doute, cette id&#233;e n'est-elle pas totalement nouvelle, ainsi que tu le rappelles, sous la plume d'Engels. Mais elle est historiquement et th&#233;oriquement fort douteuse et, en tout cas, fort co&#251;teuse. La domination &#233;ph&#233;m&#232;re de la Montagne et l'incursion, plus fragile encore, des &#171; sans-culottes &#187; ne livrent quand m&#234;me pas le contenu socio-politique d'une forme qui a pr&#233;valu plus longtemps. En tout cas, &#224; la diff&#233;rence notable de la Commune de Paris, ce n'est pas cette forme m&#234;me qui se pr&#233;sentait comme la forme de l'&#233;mancipation du travail ! Que dire alors de cette forme qui transcende &#224; ce point tout contenu socio-politique sp&#233;cifique que l'on peut la rep&#233;rer, en dehors de tout processus r&#233;volutionnaire, dans les R&#233;publiques constitu&#233;es du monde anglo-saxon o&#249; elles sont les formes de l'exploitation du travail et de l'oppression des peuples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;Elle n'exclut pas les r&#233;gressions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive ainsi qu'Engels laisse entendre que le prol&#233;tariat peut exercer sa domination sans briser si peu que ce soit l'ancien appareil d'&#201;tat et/ou que la domination politique du prol&#233;tariat trouvera n&#233;cessairement sa forme : Ou il s'emparera d'une forme toute faite, ou il d&#233;couvrira une forme promise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- la forme toute faite : &#171; La r&#233;publique, vis-&#224;-vis du prol&#233;tariat, ne diff&#232;re de la monarchie qu'en ceci qu'elle est la forme politique &lt;i&gt;toute faite&lt;/i&gt; pour la faite pour la domination du prol&#233;tariat &#187; (p. 147). Tu n'esquives pas la difficult&#233;. Mais cet &#233;loge de la IIIe R&#233;publique est pour le moins &#233;tonnant. Tu opposes, &#224; juste titre, ce texte &#224; la formulation de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt;, mais ton commentaire me semble &#224; peine moins &#171; laxiste &#187; que le texte de la lettre (p. 148-149) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- la forme promise : &#171; la nuova sotanza, la nuova idea si creera da stessa la forma et la produrra dal proprio fondo &#187;. (p. 156 et 388), selon l'affirmation de Bovio qu'Engels reprend &#224; son compte. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la r&#233;ponse d'Engels &#224; Giovanni Bovio (un texte que tu m'as fait d&#233;couvrir&#8230;) est un mod&#232;le de r&#233;ponse &#8230; &#224; c&#244;t&#233; de la question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette fa&#231;on d'&#233;luder la question pos&#233;e ressemble d'ailleurs beaucoup &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je crois qu'il faut &#234;tre plus s&#233;v&#232;re (th&#233;oriquement, s'entend) que tu ne l'es (p. 155-157) quand tu fais &#233;tat d' &#171; une certaine insatisfaction &#187; : les motifs que tu invoques (et que je partage) nous renvoient, une fois encore aux embard&#233;es d'une critique de l'utopie qui se pr&#233;vaut d'une conception de l'histoire irrecevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conclusion provisoire&lt;/i&gt; - Il n'est que partiellement vrai que &#171; dans les derni&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle, Engels red&#233;couvre l'importance de la forme, en politique tout particuli&#232;rement &#187; (p. 344).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, parce qu'il n'est pas s&#251;r que cette d&#233;couverte soit vraiment une red&#233;couverte : cela supposerait que dans une p&#233;riode ant&#233;rieure cette r&#233;flexion sur les formes (&#224; l'exception remarquable de la Commune de Paris) ait &#233;t&#233; amorc&#233;e. C'est encore ce que tu laisses entendre quand tu dis qu'ils transforment profond&#233;ment leur th&#233;orie de la forme &#233;tatique n&#233;cessaire &#224; l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat (p. 126) : ce n'est, &#224; la rigueur admissible, que si l'on consid&#232;re que le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; et les textes qui l'entourent proposaient avec la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie une v&#233;ritable th&#233;orie de la forme &#233;tatique n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, parce qu'il n'est pas s&#251;r qu'elle se fonde sur un bilan compl&#232;tement satisfaisant des racines th&#233;oriques des n&#233;gligences ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* La question cruciale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui en derni&#232;re analyse - et par-del&#224; les motifs d&#233;j&#224; invoqu&#233;s - fait probl&#232;me ? C'est, me semble-t-il, que la forme politique de la domination du prol&#233;tariat est ou devrait &#234;tre en m&#234;me temps la forme politique de son &#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle forme de &lt;i&gt;domination&lt;/i&gt; (politique) peut &#234;tre une forme d'&lt;i&gt;&#233;mancipation &lt;/i&gt;(sociale) ? &#192; cette question l'histoire ne r&#233;pond pas, car l'histoire est muette. Et elle restera en d&#233;pit de toutes nos tentatives de la faire bavarder sans recours &#224; la th&#233;orie. En revanche, les voies d&#233;sastreuses emprunt&#233;es par l'histoire relancent, comme le montre ton bouquin, nos interrogations. Voici celles par lesquelles je termine ici : Pourquoi Marx et Engels ne parviennent-ils pas &#224; poser dans leur juste rapport la question du contenu et des formes de la R&#233;volution sociale et la question (seconde) de ses moyens ? Pourquoi Marx et Engels ne sont-ils pas parvenus &#224; penser &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt; les formes politiques et les formes sociales de l'&#233;mancipation ? N'est-ce pas parce qu'il y a quelque chose qui cloche dans leur fa&#231;on m&#234;me de poser et d'aborder ces questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS&lt;/strong&gt; (2022&lt;/strong&gt; : Jacques Texier est d&#233;c&#233;d&#233; le 13 janvier 2011. Je veux dire ici, par-del&#224; la qualit&#233; de son activit&#233; th&#233;orique, quel amical interlocuteur il fut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;source&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; &lt;/source&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler,&lt;i&gt; &#201;mancipation - Petits essais de marxologie tatillonne en marge de quelques bouquins r&#233;cemment parus&lt;/i&gt;, suppl&#233;ment &#224;&lt;i&gt; Critique communiste&lt;/i&gt;, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques textes r&#233;unis sous ce titre n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s, initialement, en vue d'une publication, mais en vue d'une discussion, au sein d'un groupe de travail - &#171; D&#233;mocratie et &#233;mancipation sociale &#187; - dont l'activit&#233; a permis de pr&#233;parer une journ&#233;e d'&#233;tude en juin 2001 : les contributions parues dans la revue &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt; rendent compte de cette journ&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis&#232;re la marxologie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
I. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (1) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos du livre de Jacques Texier : &lt;i&gt;R&#233;volution et d&#233;mocratie chez Marx et Engels.&lt;/i&gt; Ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (2) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos de l'ouvrage d'Antoine Artous, &lt;i&gt;Marx, l'&#201;tat et la politique&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Emancipation-II-Democratie-revolution-emancipation-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici-m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. D&#233;mocratie et appropriation sociale (1) : &lt;br class='autobr' /&gt;
Forme politique de la domination du prol&#233;tariat et formes sociales de l'&#233;mancipation chez Marx et Engels. &lt;a href=&#034;http://athena.henri-maler.fr/Emancipation-III-Democratie-et-appropriation-sociale-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici-m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. D&#233;mocratie et appropriation sociale (2) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos du livre d'Yves Salesse, &lt;i&gt;R&#233;formes et R&#233;volution : Propositions pour une gauche de gauche&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Emancipation-IV-Democratie-et-appropriation-sociale-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici-m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suppl&#233;ment &#224; &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt;, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Actuel Marx Confrontation, PUF, 1998 (existe d&#233;sormais au format Kindlel). Je renvoie en g&#233;n&#233;ral aux pages correspondantes, m&#234;me quand il s'agit de textes de Marx et Engels. &#192; quelques exceptions pr&#232;s qui, sauf indication contraire, se r&#233;f&#232;rent &#224; la derni&#232;re &#233;dition parues aux &#201;ditions sociales..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quand je dis Marx, j'entends bien, comme toi, Marx-Engels. Les ambigu&#239;t&#233;s ou les contradictions qui percent ou s'affichent dans leurs propos ne peuvent pas &#234;tre mis au compte d'une divergence majeure entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auxquelles je me permets de te renvoyer - m&#234;me si je ne suis plus tout &#224; fait d'accord avec moi-m&#234;me - , ne serait-ce que pour all&#233;ger ce texte d&#233;j&#224; fort long&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Cong&#233;dier l'utopie ? L'utopie selon Karl Marx&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 1994 ; &lt;i&gt;Convoiter l'impossible. L'utopie avec Marx malgr&#233; Marx&lt;/i&gt;, Albin Michel, 1995. Abr&#233;viations : respectivement, &lt;i&gt;Cong&#233;dier&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Convoiter&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions sociales, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx-Engels, Correspondance, t. 1, &#201;ditions sociales,1978, p. 290-296.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut cependant retenir les caract&#232;res sont ceux que tu recenses p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de ton livre : p. 24, 32-46, 54-57. Sur le r&#244;le du suffrage universel dans la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants : note 4, p. 15, 22, 25, 309-316.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx Engels, Correspondance, t.1 &#233;ditions sociales, , 1978, p. 299.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Correspondance t.1, op.cit., p. 291.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;Sur la question des conditions du suffrage universel, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de ton livre : p. 22, 67-73 + notes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &#171; Les communistes et K. Heinzen &#187;, 3 et 4 octobre 1847 (que Texier traduit et cite partiellement p. 38-39).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que Texier cite p. 44-45 et p.304.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi la question des formes de domination politique du prol&#233;tariat ne peut pas &#234;tre correctement pos&#233;e si on ne l&#232;ve pas l'&#233;quivoque qui p&#232;se sur la n&#233;cessit&#233; des institutions d&#233;mocratiques : s'agit-il des conditions les plus favorables &#224; la domination politique du prol&#233;tariat &#8230;(p.69) ou des conditions qui la rendent in&#233;luctable (sans m&#234;me qu'il soit souhaitable d'en penser et d'en transformer les formes) ? Telle est l'ambigu&#239;t&#233; majeure du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; (et des textes qui l'entourent).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les chartistes &#187;, &lt;i&gt;New York Daily Tribune&lt;/i&gt;,, 25 ao&#251;t 1852. Cit&#233; par Texier p.22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la r&#233;volution permanente, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de ton livre : p. 16, 17, 46-48, 319-323.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la dictature du prol&#233;tariat, je me r&#233;f&#232;re ici aux passages suivants de ton livre : p.16, 17-18, 85, 325-326&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le flou qui r&#232;gne ici dans l'&#339;uvre de Marx et Engels n'a rien d'artistique, d'autant qu'il s'accro&#238;t quand on tente de le dissiper en s'appuyant sur la distinction entre le continent et le monde anglo-saxon (comme tu le signales, notamment p. 22).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut lire dans ton livre des exemples de cette dualit&#233; des &#233;nonc&#233;s entre l'indispensable et l'in&#233;luctable, voir respectivement p. 23 d'une part et p. 22, 39, 45. Voir &lt;i&gt;Convoiter&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; pp. 231-232 (et Antoine Artous , &lt;i&gt;Marx, l'&#201;tat et la politique, &lt;/i&gt;&#233;ditions Syllepse, p. 277-278).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les anticipations utopiques, &lt;i&gt;Cong&#233;dier&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.cit. ,&lt;/i&gt;pp. 145-167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le &#171; court-circuit &#187; op&#233;r&#233; par Marx dans sa critique de l'invention et sur ses cons&#233;quences : &lt;i&gt;Cong&#233;dier, op.cit.,&lt;/i&gt; p.196 et &lt;i&gt;Convoiter, op.cit.,&lt;/i&gt; p. 339-341. Curieusement, la notion m&#234;me d'invention revient avec insistance sous ta plume, alors que Marx la r&#233;cuse. D'abord, quand tu &#233;voques, &#224; propos des innovations politiques d'Engels, l'invention d'une nouvelle tactique (p. 102, 103, 104) ; ensuite quand tu &#233;voques l'invention des formes politiques (p. 124, 163, 164). Je crois que, malgr&#233; Marx, Texier a raison&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tu mentionnes toi-m&#234;me deux des textes o&#249; le refus de l'anticipation semble porter trop loin (p. 19-20), mais je ne comprends pas quelles cons&#233;quences tu en tires exactement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; J'ai beaucoup donn&#233; &#171; , comme dirait notre ami Artous, pour relever et analyser cette &#233;quivoque et ses cons&#233;quences. Sur l'&#233;quivoque elle-m&#234;me voir par ex. &lt;i&gt;Convoiter,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op.cit., &lt;/i&gt;p. 151-182. Tu rel&#232;ves toi-m&#234;me (ce n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres du r&#244;le attribu&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; historique), que le finalisme historique que pr&#233;suppose l'id&#233;e d'une classe in&#233;luctablement conduite &#224; remplir une mission conforme &#224; son essence mine le discours de Marx et Engels. (p. 70-71, p. 86-87). Comme preuve &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt;, d'une &#233;quivoque (qui existe chez Marx lui-m&#234;me), le texte remarquable d'Engels (que tu m'as fait conna&#238;tre) o&#249; il tente de la lever &#8211; parce qu'il en mesure les effets politiquement d&#233;sastreux - &#224; propos des tendances n&#233;cessaires de l'histoire (p. 75-82)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &#171; Le socialisme en Allemagne &#187;, 1892, article que Texier analyse pages 153-163. La citation de Bovio figure p. 156 et p. 388.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Convoiter&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.cit., &lt;/i&gt;p. 249-252.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Convoiter, &lt;/i&gt; &lt;i&gt;op.cit. ,&lt;/i&gt;p. 252-254&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Convoiter,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op.cit., &lt;/i&gt;p. 254-256.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte&lt;/i&gt;, &#201;ditions sociales, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le 18 Brumaire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Guerre civile en France 1871&lt;/i&gt;, Editions sociales, 1972. Cette &#233;dition est &#171; accompagn&#233;e des travaux pr&#233;paratoires de Marx &#187; et donc des deux essais de r&#233;daction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; p. 209-210.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; p. 257, C'est moi qui souligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; p. 39. C'est moi qui souligne..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour faire bonne mesure, la confrontation avec le texte de 1847 montre que l'on peut justifier l'existence d'une dictature du prol&#233;tariat sous la 1&#232;re R&#233;publique, tant&#244;t par la centralisation &#224; laquelle elle aurait eu recours (1847), tant&#244;t par la d&#233;centralisation (1891). Tu rel&#232;ves les textes correspondants, sans relever l'&#233;tonnante plasticit&#233; de l'interpr&#233;tation qui reste la m&#234;me sous des signes totalement oppos&#233;s. Comment d&#232;s lors affirmer qu'Engels &#171; ne fait que reprendre une vieille id&#233;e &#187; ? (p. 133).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Guerre civile en France, op.cit.,&lt;/i&gt; premier essai de r&#233;daction, p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; deuxi&#232;me essai de r&#233;daction, p. 256.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;op.cit&lt;/i&gt;., premier essai de r&#233;daction&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; p. 192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Critique du programme d'Erfurt&lt;/i&gt;, &#201;ditions sociales, p. 105.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Critique du programme d'Erfurt, op.cit.,&lt;/i&gt; p. 105 et 101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette fa&#231;on d'&#233;luder la question pos&#233;e ressemble d'ailleurs beaucoup &#224; la r&#233;ponse du m&#234;me Engels sur le sens de la dialectique de la n&#233;gation de la n&#233;gation expos&#233;e dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt; : dans &lt;i&gt;l'Anti-D&#252;ring,&lt;/i&gt; il multiplie les tentatives d'explications qui finissent par s'annuler&#8230;C'est du moins ce que je crois : &lt;i&gt;Convoiter&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op.cit., &lt;/i&gt;p. 176-180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;mancipation II. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (2)</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Emancipation-II-Democratie-revolution-emancipation-2.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://henri-maler.fr/Emancipation-II-Democratie-revolution-emancipation-2.html</guid>
		<dc:date>2022-06-09T05:40:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la domination politique - la dictature - du prol&#233;tariat</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; propos de l'ouvrage d'Antoine Artous, &lt;i&gt;Marx, l'&#201;tat et la politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Marx-communisme-utopie-.html" rel="directory"&gt;Marx, communisme, utopie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Lectures-+.html" rel="tag"&gt;Lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Karl-Marx-+.html" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-la-democratie-25-+.html" rel="tag"&gt;Marx et la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-le-deperissement-de-l-Etat-+.html" rel="tag"&gt;Marx et le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/arton71-b2c51.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette contribution a &#233;t&#233; publi&#233;e dans un cahier intitul&#233; &lt;i&gt;Emancipation &lt;/i&gt;et sous-titr&#233;&lt;i&gt; Petits essais de marxologie tatillonne en marge de quelques bouquins r&#233;cemment parus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suppl&#233;ment &#224; Critique communiste, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voir en fin d'article les circonstances et le sommaire de de sa publication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de l'ouvrage d'Antoine Artous, &lt;i&gt;Marx, l'&#201;tat et la politique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Syllepse, 1999. Sauf indication contraire, les renvois aux &#339;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;Cher Tony, &lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;J'ai lu ton livre (dont je mentionne les pages entre parenth&#232;ses) en m'imposant les m&#234;mes &#171; r&#232;gles &#187; que celles que j'ai &#233;voqu&#233;es en pr&#233;ambule du texte que j'ai consacr&#233; au livre de Jacques Texier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici-m&#234;me&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : engager une discussion sans pr&#233;juger d'&#233;ventuelles divergences politiques ; mettre mes fragments d'analyse &#224; l'&#233;preuve des tiens (et r&#233;ciproquement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il existe des recoupements avec les th&#232;mes abord&#233;s &#224; l'occasion de la discussion du livre de Texier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je n'y reviens que pour r&#233;sumer mon propos ant&#233;rieur, pr&#233;ciser ou compl&#233;ter. J'ajoute que j'ai choisi de discuter ton bouquin en me limitant &#224; la fin et en ne convoquant ce qui pr&#233;c&#232;de que dans la mesure o&#249; tu le r&#233;investis dans la quatri&#232;me partie : au-del&#224; du capitalisme. J'ai parfois compl&#233;t&#233; par des remarques sur tes autres contributions : &#171; Emancipation sociale et formes politiques. Quelques &#233;l&#233;ments pour poursuivre la discussions &#187; (ESFP) et &#171; Sur la repr&#233;sentation politique &#187; (SRP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Pr&#233;ambule : histoire et strat&#233;gie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du capitalisme : le communisme. Comment atteindre cet &#171; au-del&#224; &#187; ? Marx - je commence par des banalit&#233;s- tente de fonder l'encha&#238;nement de multiples n&#233;cessit&#233;s : n&#233;cessit&#233; de la lutte politique de classes, n&#233;cessit&#233; de la conqu&#234;te politique du pouvoir, n&#233;cessit&#233; de la dictature du prol&#233;tariat, n&#233;cessit&#233; de la transition au communisme, n&#233;cessit&#233; de deux phases du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quelles n&#233;cessit&#233;s s'agit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes apparemment d'accord, pour reprendre tes propres termes, sur l'existence d'une &#171; tendance &#224; dissoudre le moment strat&#233;gique dans le simple d&#233;voilement d'une n&#233;cessit&#233; historique &#187; (ESFP)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est aux &#233;quivoques des &#233;nonc&#233;s de Marx sur la n&#233;cessit&#233; historique que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et cela vaut aussi bien pour la transformation de la lutte &#233;conomique en lutte politique que pour la poursuite de la lutte des classes jusqu'&#224; la dictature du prol&#233;tariat et pour la p&#233;riode de transition que couvre cette dictature. Quelques remarques compl&#233;mentaires cependant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; N&#233;cessit&#233; de la lutte politique de classes. Tu soutiens qu'il existe chez Marx un &#171; changement de statut de la lutte politique &#187;. J'avoue ne pas percevoir ce changement. Il me semble qu'il faut distinguer deux questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- la question de la lutte pour l'&#233;mancipation politique qui, depuis la lettre &#224; Ruge de septembre 1843 ou &lt;i&gt;Sur la question juive&lt;/i&gt; au moins, est toujours pr&#233;sent&#233;e par Marx comme un moment n&#233;cessaire de la lutte pour l'&#233;mancipation sociale, alors que l'&#233;mancipation politique est comprise comme une forme inachev&#233;e de l'&#233;mancipation humaine ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- la question de la lutte politique pour la conqu&#234;te du pouvoir qui, depuis les &lt;i&gt;Gloses marginales critiques sur l'article de Ruge&lt;/i&gt;, est comprise comme un &#171; moment constitutif &#187;, pour reprendre ta propre expression, de la lutte pour l'&#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux aspects sont &#233;troitement li&#233;s, sans qu'il y ait, du moins &#224; mes yeux, le moindre &#171; changement de statut de la lutte politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; N&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution permanente et de la dictature du prol&#233;tariat. Tu commences par &#233;tablir que le concept de dictature du prol&#233;tariat d&#233;signe un objectif strat&#233;gique et que le concept de r&#233;volution permanente (provisoirement associ&#233; au pr&#233;c&#233;dent) d&#233;signe un processus historique (p. 277-280). On peut douter d'un tel d&#233;doublement. Je crois au contraire que la port&#233;e strat&#233;gique du concept de dictature du prol&#233;tariat est lourdement grev&#233;e par sa pr&#233;sentation comme issue in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; N&#233;cessit&#233; de la transition (sous dictature du prol&#233;tariat). Tu ne te prononces pas directement sur cette question, mais je crois n&#233;cessaire de pr&#233;ciser deux points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Marx n'&#233;voque qu'une seule transition : la transition au communisme pour lequel il distingue deux phases. Mais la premi&#232;re phase est d&#233;j&#224; communiste. Ce n'est pas une simple querelle de mots (transition, phase) mais une question de fond. La th&#233;orie de la double transition, en particulier quand on isole sous le nom de socialisme une &#233;tape interm&#233;diaire dot&#233;e de caract&#232;res stables (et de surcro&#238;t r&#233;alisable dans un seul pays) est une &#171; innovation &#187; th&#233;orique fort dangereuse.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Marx est fort discret sur les t&#226;ches politiques sp&#233;cifiques de cette phase de transition. Sans doute parce que la n&#233;cessit&#233; historique se porte garant de leur accomplissement. Si la transition est une transition vers la premi&#232;re phase du communisme, c'est le communisme de cette premi&#232;re phase qui comme vis&#233;e strat&#233;gique (et non comme fatalit&#233; historique, une fois encore) doit orienter la transition. Acceptons avec Marx et Engels d'&#234;tre prudents sur les recettes destin&#233;es aux marmites de l'avenir : on peut au moins indiquer quels plats on envisage de faire cuire. Acceptons, avec Marx et Engels, de laisser l'histoire ouverte aux al&#233;as et aux circonstances : on peut au moins indiquer &#224; quoi les circonstances peuvent &#234;tre favorables ou d&#233;favorables et, pour faire face aux obstacles, quels projets ces obstacles peuvent compromettre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que la domination politique du prol&#233;tariat doive compter avec ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une transition aveugle sur son but immanent ne rendrait gu&#232;re tr&#232;s lucide : ne resteraient que des tactiques sans strat&#233;gie, au mieux borgnes, au pire aveugles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re remarque pr&#233;alable : L&#233;nine, plus que tout autre, s'est efforc&#233; de donner une consistance strat&#233;gique aux indications de Marx sur le parti communiste, la lutte politique, la dictature du prol&#233;tariat, la socialisation de la production, la transition au communisme. Ce qui ne signifie nullement &#8211; cela devrait aller de soi &#8211; que cette strat&#233;gie ait &#233;t&#233; ad&#233;quate. Mais de quels outils disposons-nous pour en juger ? Evidemment pas d'un code de proc&#233;dure mis &#224; la disposition du tribunal de l'histoire que l'on &#233;rige &#224; la h&#226;te une fois la d&#233;faite av&#233;r&#233;e. Une strat&#233;gie ad&#233;quate n'est pas n&#233;cessairement une strat&#233;gie victorieuse. Encore faut-il, en revanche, tenter d'&#233;valuer en quoi et comment une strat&#233;gie peut concourir &#224; la d&#233;faite de ceux qui la mettent en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc &#224; examiner - en reprenant le fil de ton livre - ce qui se passe au-del&#224; de la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Retours sur la dictature de prol&#233;tariat et d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Sur la Commune et la dictature du prol&#233;tariat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir retenu l'interpr&#233;tation strat&#233;gique de la dictature du prol&#233;tariat qui est, en d&#233;pit des ambigu&#239;t&#233;s des textes de Marx, la seule recevable, tu passes directement &#224; l'examen de la port&#233;e de l'analyse marxienne de la Commune comme &#171; nouvelle forme de repr&#233;sentation du corps social &#187; (p. 280-285, r&#233;sum&#233; dans SRP, p. 10-11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Sur la Commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historicit&#233; de &lt;i&gt;La Guerre Civile en France&lt;/i&gt; une fois reconnue, tu fais valoir, &#224; son propos, deux n&#233;gligences des commentateurs :&lt;br class='manualbr' /&gt;- la n&#233;gligence de la &#171; nature de la structure territoriale de base &#187; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- la n&#233;gligence du &#171; nouveau mode de repr&#233;sentation politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point s'&#233;claire par le second qui est d'abord mis en discussion. Tu soutiens que la Commune n'est pas seulement une forme d'auto-administration d&#233;centralis&#233;e (comme la R&#233;publique girondine ou le &#171; self-government &#187; anglais), mais une &#171; r&#233;organisation de l'espace socio-politique &#224; travers une nouvelle forme de repr&#233;sentation du corps social &#187; (p. 281-282). Ainsi, la critique de l'ind&#233;pendance de l'&#201;tat n'est pas seulement une critique de l'excroissance bureaucratique, mais aussi une critique de la repr&#233;sentation politique moderne. Mais, sur ce dernier versant, les le&#231;ons de la Commune ont pour effet ou pour r&#233;sultat, non d'esquisser une forme de d&#233;mocratie directe, mais de d&#233;tecter un nouveau mode de repr&#233;sentation (p. 282)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels en sont, de ce point de vue et selon toi, les principaux caract&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- D'abord, ce &#171; gouvernement de la classe ouvri&#232;re &#187; repose sur &#171; une base territoriale unifi&#233;e socialement &#187;. La cons&#233;quence, pour toi, est imm&#233;diate : l'espace d&#233;fini par l'exercice du suffrage universel reposant sur cette homog&#233;n&#233;it&#233; sociale est d'embl&#233;e en rupture avec l'abstraction politique moderne. (p. 282-283) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ensuite, ce nouveau mode de repr&#233;sentation prend la forme d'un syst&#232;me pyramidal qui permet, selon des modalit&#233;s sp&#233;cifiques, d' &#171; assurer la pr&#233;sence de l'unit&#233; socio-politique de base en tant que telle dans le mouvement de la repr&#233;sentation, au sein de la pyramide elle-m&#234;me &#187;, notamment par l'exercice du mandat imp&#233;ratif (p. 283).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai, comme tu le soulignes, que la structure pyramidale de la repr&#233;sentation que Marx &#233;voque dans son analyse de la Commune n'a gu&#232;re attir&#233; l'attention des commentateurs. Mais ton interpr&#233;tation ne me para&#238;t pas compl&#232;tement satisfaisante. Pour deux ordres de raison :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier motif d'insatisfaction : tu pr&#234;tes &#224; Marx des arguments et des conceptions qui me semblent &#233;trangers &#224; son texte et &#224; sa d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Il est vrai que la Commune est une forme politique territoriale. Mais Marx ne dit nulle part que si elle constitue une forme ad&#233;quate &#224; l'&#233;mancipation du travail, c'est parce qu'elle repose sur une base sociale homog&#232;ne ou relativement homog&#232;ne. C'est peut &#234;tre un fait. Mais ce fait n'est pas invoqu&#233; comme tel (voir SRP, p. 11).&lt;br class='manualbr' /&gt;- Il est vrai que la Commune est une forme politique qui contribue &#224; r&#233;sorber la s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat. Mais il me semble que l'id&#233;e d'un &#171; encastrement du politique dans le social &#187; est &#233;trang&#232;re &#224; Marx et, en tout cas, fort &#233;quivoque. Ce que tu vises ainsi serait plus rigoureusement exprim&#233;, me semble-t-il, sous la forme suivante : la repr&#233;sentation n'est plus la repr&#233;sentation abstraite (obtenue par abstraction) des individus isol&#233;s (et domin&#233;s) de la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise, mais la repr&#233;sentation concr&#232;te des producteurs associ&#233;s. Ou du moins tend &#224; le devenir, d&#232;s lors que la soci&#233;t&#233; devient une soci&#233;t&#233; o&#249; tous sont producteurs et, &#224; ce titre, &#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me motif d'insatisfaction : ta pr&#233;sentation de la rupture introduite/rep&#233;r&#233;e par Marx ne me para&#238;t pas aussi claire que tu le dis. Je crois qu'il faut distinguer deux fils dans ton argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#192; suivre le premier, la rupture se situerait essentiellement au niveau de &lt;i&gt;la forme politique de la repr&#233;sentation&lt;/i&gt; : la structure pyramidale du pouvoir. Tu pr&#233;sentes la forme du f&#233;d&#233;ralisme de la Commune telle que Marx l'analyse comme une &#171; rupture avec la repr&#233;sentation politique moderne &#187;. (Voir &#233;galement SRP, p. 5-7, 10-11). La structure pyramidale du pouvoir, dont seul le premier &#233;chelon repose sur l'&#233;lection au suffrage universel, est en rupture avec les formes historiquement prises avec la repr&#233;sentation politique moderne. Si cette structure pyramidale fait probl&#232;me, ce n'est pas seulement en raison du sort limit&#233; qu'elle r&#233;serve au suffrage direct, mais surtout parce que la rupture fondamentale ne se situe pas &#224; ce seul niveau, mais dans l'articulation les formes de la domination politiques appel&#233;es &#224; devenir le &#171; pouvoir public &#187; des producteurs associ&#233;s et les formes de socialisation, essentiellement coop&#233;ratives, appel&#233;es &#224; r&#233;aliser l'association des producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_- &#192; suivre le second fil de ton argumentation, en revanche, la rupture se situerait pr&#233;cis&#233;ment au niveau du &lt;i&gt;contenu social de l'&#233;mancipation&lt;/i&gt; (et donc de la &#171; repr&#233;sentation &#187;) : l'association des producteurs, pr&#233;cis&#233;ment. La rupture consiste alors dans le fait, comme tu l'&#233;cris dans une de tes contributions (SRP p. 5-7), que la &#171; repr&#233;sentation directe &#187; du social &lt;i&gt;se traduit, entre autres&lt;/i&gt;, par la structure pyramidale du pouvoir &#187; (soulign&#233; par moi). Mais, justement, ce que Marx n'&#233;claire pas, c'est le rapport qui existe entre la Commune et les coop&#233;ratives, entre la f&#233;d&#233;ration des communes de bases et la f&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives, entre la forme du pouvoir public et la forme de l'appropriation sociale. S'agit-il d'une seule et m&#234;me forme, comme le pr&#233;conise le mutuellisme proudhonien que tu invoques &#224; ce propos ? Ou s'agit-il de formes distinctes, comme on peut le penser d&#232;s lors que le pouvoir public n'a pas seulement pour fonction de coordonner la production et la r&#233;partition et d'absorber, du niveau local au niveau international, la mise en &#339;uvre de la production socialis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il ne me semble pas que l'essentiel de la rupture tienne &#224; la forme de repr&#233;sentation adopt&#233;e ou trouv&#233;e. La rupture avec la repr&#233;sentation politique d&#233;pend de son rapport avec l'association des producteurs. Autrement dit, quand la repr&#233;sentation est reconduite &#224; un pr&#233;suppos&#233; social nouveau, elle change de sens et devient simple proc&#233;dure : la repr&#233;sentation politique fait place &#224; la d&#233;l&#233;gation contr&#244;l&#233;e. Voir plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'analyse de Marx laisse ouvertes plusieurs questions et notamment celles-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La domination politique du prol&#233;tariat doit-elle se passer du suffrage universel ? Autrement dit, doit-elle r&#233;server le droit de vote aux seuls producteurs ? La question est d'importance, car il ne revient pas au m&#234;me de pr&#233;senter la limitation du droit de suffrage et d'&#233;ligibilit&#233; comme une mesure d'exception (dict&#233;e par les exigences de la lutte contre les repr&#233;sentants des anciennes classes dominantes) ou d'une mesure de transition (adopt&#233;e pour reconduire d'embl&#233;e l'&#233;lection &#224; un statut de producteur &#224; vocation universelle) : ce qui me para&#238;t pour le moins fort p&#233;rilleux. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Les formes politiques de la domination du prol&#233;tariat doivent-elles &#234;tre identiques aux formes de son &#233;mancipation sociale ? En d'autres termes, les formes communales-r&#233;publicaines sont-elles ou non distinctes des formes coop&#233;ratives ? Le pouvoir public en g&#233;n&#233;ral se confond-il avec l'association de producteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu poursuis ton travail de d&#233;chiffrement, en soulignant que l'analyse de Marx, en d&#233;pit de la rupture qu'elle introduit avec &#171; la probl&#233;matique moderne de la repr&#233;sentation politique &#187;, va conna&#238;tre un &#171; destin peu compr&#233;hensible &#187;, dont t&#233;moigne l'&#233;volution d'Engels (p. 283-284). Reste alors &#224; examiner les &#171; suites &#187; au sein de la 2e Internationale et dans l'&#339;uvre de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. De Marx &#224; L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu tentes alors d'&#233;clairer par les circonstances historiques le sort que L&#233;nine r&#233;serve au texte de Marx : L&#233;nine &#171; ne rend pas compte de ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; du syst&#232;me de repr&#233;sentation d&#233;crit pas Marx &#187;. Sa lecture rel&#232;ve de &#171; ce que l'on pourrait appeler un radicalisme d&#233;mocratique &#187;. (p. 285-287). Mais, second volet de cette lecture, L&#233;nine comprend les fonctions de l'&#201;tat comme des fonctions &#233;conomiques qui ne prennent pas en compte l'existence du despotisme d'usine. (p. 287-288).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis tu examines les particularit&#233;s du pouvoir des soviets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le syst&#232;me des soviets, voir &#233;galement SRP, p. 7, 11-12.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. (&#8230;) Parenth&#232;ses, pour marquer l'inach&#232;vement, et non la d&#233;robade !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Sur le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce point, je ne suis pas rigoureusement l'ordre de ton expos&#233;.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;matique du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat - de l'&#201;tat politique ou &#201;tat de classe, de l'&#201;tat politique s&#233;par&#233; ou &#201;tat de la bourgeoisie - est une th&#233;matique constante dans l'&#339;uvre de Marx. Condition et cons&#233;quence de l'&#233;mancipation humaine, ce d&#233;p&#233;rissement d&#233;signe un processus dont l'abolition de l'&#201;tat serait la cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. Un point aveugle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat est &#224; la fois un point focal et un point aveugle. Tu soutiens qu'il s'agit surtout d'un point aveugle. Et tu recours, sauf erreur de ma part, &#224; deux arguments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le premier argument repose sur la structure th&#233;orique de l'argumentation : en recourant &#224; une analyse transhistorique de l'&#201;tat, Marx et Engels manqueraient - au moins partiellement - ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de l'&#201;tat moderne et donc, si je t'ai bien compris, ce qui est ind&#233;passable dans cet &#201;tat.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le second argument repose sur une contradiction majeure de l'argumentation : le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat pr&#233;sent&#233; comme &#233;quivalent au passage du gouvernement des hommes &#224; l'administration des choses serait technocratique et passerait par pertes et profit l'analyse du despotisme d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, je crois que la perspective transhistorique fait effectivement probl&#232;me : moins peut-&#234;tre parce qu'elle tend &#224; dissoudre l'analyse sp&#233;cifique de l'&#201;tat moderne, mais surtout parce qu'elle pr&#233;sente la n&#233;cessit&#233; du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat comme un r&#233;sultat n&#233;cessaire, dans le cadre d'une analyse qui conjoint une n&#233;cessit&#233; logique (si l'&#201;tat est n&#233; de la division de la soci&#233;t&#233; en classe, la suppression de cette division engendre logiquement la disparition de l'&#201;tat) et une n&#233;cessit&#233; dialectique o&#249; se lit une version affaiblie de la dialectique de la n&#233;gation et de sa n&#233;gation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les effets de la &#171; &#171; th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat &#187;, pour reprendre son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tout cas, je souscris &#224; la question que tu poses : comment comprendre le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat, non en fonction d'une approche transhistorique (et tautologique) sur l'&#201;tat et l'existence des classes, mais en fonction &#171; des tendances et contradictions pr&#233;sentes au sein m&#234;me du capitalisme &#187; (p. 295). ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le second point, je crois &#233;galement que l'on ne peut que souscrire &#224; ton argumentation s'agissant de la p&#233;nombre technocratique qui enveloppe l'id&#233;e d'une administration des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quand &#171; le pouvoir public perd son caract&#232;re politique &#187;, cela ne saurait impliquer, en toute rigueur, qu'il &#171; fait place &#224; l'administration des choses &#187; ou &#224; &#171; l'administration de la production &#187; (p. 291-292)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Quand la coop&#233;rative assure partiellement la rel&#232;ve de la repr&#233;sentation, il devient indispensable de prendre en compte les effets de la division du travail ? (p. 292-293).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai simplement qu'il me semble que l'on peut radicaliser ton analyse. Ce qui n'est pas pens&#233; dans le processus de d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat, c'est non seulement son rapport avec le d&#233;p&#233;rissement du despotisme d'usine, mais &#233;galement avec l'ensemble des rapports et des techniques de pouvoir qui sous-tendent l'existence de l'&#201;tat et son r&#244;le (et qui menacent pas cons&#233;quent de reconduire les rapports de domination). L'apport de Foucault sur ce point est d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, c'est au rapport entre la forme de la domination politique appel&#233;e &#224; se transformer en pouvoir public et la forme de l'&#233;mancipation appel&#233;e &#224; se r&#233;aliser en association des producteurs que nous sommes renvoy&#233;s. &#192; ce titre, m&#234;me si je ne suis pas totalement convaincu par ta pr&#233;sentation, il faut reprendre ta comparaison des formulations divergentes de Marx et Engels : entre celles qui reposent sur &#171; l'&#233;quivalence entre &#233;tatisation et disparition de l'&#201;tat &#187; et celles qui distinguent la r&#233;organisation sur une base locale (les coop&#233;ratives) et &#171; la centralisation des moyens de production &#187; (p. 294-295).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est cette reprise que je propose dans l' &#171; essai &#187; qui suit cette lecture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, comme dans le chapitre pr&#233;c&#233;dent, tu examines les &#171; suites &#187; de la question du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat chez L&#233;nine et dans la r&#233;volution russe (p. 297-309). (&#8230;) Parenth&#232;ses, pour marquer l'inach&#232;vement, et non la d&#233;robade !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question d&#233;cisive : faut-il, en raison des obscurit&#233;s de la perspective du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat (et de son renversement d&#233;sastreux dans le cours de la r&#233;volution russe) renoncer &#224; cette perspective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Un point focal &#8211; Clarification pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx nous a laiss&#233; en h&#233;ritage et surtout en jach&#232;re des analyses et des concepts inachev&#233;es, &#233;quivoques et parfois peu acceptables. &#192; nous de poursuivre, de remettre en culture et de faire le tri. Mais ce travail se heurte d'embl&#233;e &#224; une difficult&#233;, somme toute banale, qui est cependant la source des plus grandes confusions : faire la part entre le vocabulaire et les concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire de Marx est parfois devenu pour nous peu utilisable, alors m&#234;me que les conceptions correspondantes peuvent s'av&#233;rer valides et/ou f&#233;condes. Ainsi, quand Marx distingue &#171; l'&#201;tat politique &#187; (ou, plus bri&#232;vement encore, l'&#201;tat) et le &#171; pouvoir public &#187;, nous risquons, &#224; tout moment, de charger ces termes d'un contenu (d'un &#171; d&#233;not&#233; &#187; ou d'un &#171; connot&#233; &#187;, pour faire plus chic) qui alt&#232;re leur concept. Pouvoir &#171; public &#187; laisse penser que son antonyme est un pouvoir ou un espace &#171; priv&#233; &#187;, comme le sont la famille ou la propri&#233;t&#233;, alors que pour Marx ce pouvoir &#171; public &#187; s'oppose d'abord &#224; l'&#201;tat politique et repose sur le d&#233;passement de la soci&#233;t&#233; civile-bourgeoise, domin&#233;e par l'int&#233;r&#234;t &#171; priv&#233; &#187;. Mais avec l' &#171; &#201;tat politique &#187;, l'affaire ne se pr&#233;sente pas mieux. Sans l'adjectif, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat sugg&#232;re que la soci&#233;t&#233; est imm&#233;diatement rendue &#224; elle-m&#234;me, dans une parfaite immanence : cette tentation existe chez Marx, mais seulement &#224; l'&#233;tat de (coupable&#8230;) tentation. Avec l'adjectif, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat politique, laisse penser que c'est le politique, comme instance ou pratique de coordination de la vie sociale qui dispara&#238;t : cette tentation qui renvoie cette coordination &#224; une simple administration &#171; des choses &#187; existe chez Marx, mais une fois encore seulement &#224; l'&#233;tat de (coupable&#8230;) tentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant - et c'est le plus important - les conceptions elles-m&#234;mes sont (relativement) claires. L'&#201;tat d&#233;signe l'institution qui exerce des fonctions sociales diverses, mais prises dans le rapport de domination entre les gouvernants et les gouvern&#233;s. &#171; Politique &#187; est l'adjectif qui correspond &#224; ce rapport de domination et le distingue, du moins en droit, des autres relations d'oppression et/ou d'exploitation sociales. Cet &#201;tat ou &#201;tat politique peut cristalliser ou exercer le rapport de domination sous deux formes : sous la forme d'une intrication (voire m&#234;me d'une fusion) entre le rapport de domination politique et les rapports d'oppression sociale, soit sous forme d'une s&#233;paration &#224; la fois entre d'une part les acteurs institutionnels du rapport de domination et le rapport de domination lui-m&#234;me et d'autre part les rapports d'oppression ou d'exploitation proprement sociales : tel est l'&#201;tat politique s&#233;par&#233;, non par parce qu'il existe une institution particuli&#232;re, mais parce que les acteurs du rapport de gouvernement et ce rapport de gouvernement sont s&#233;par&#233;s des acteurs et des rapports d'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment garder, quitte &#224; les mettre en discussion, les conceptions sans entretenir la confusion s&#233;mantique ? On pourrait mettre &#231;a aux voix. Je d&#233;cide de fa&#231;on autocratique de garder provisoirement les termes sans perdre de vue les conceptions correspondantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Vers une r&#233;vision ?&lt;/strong&gt; &#8211; C'est que l'ensemble de tes remarques convergent en direction d'une critique et d'une r&#233;vision fondamentales : la n&#233;cessit&#233; de faire droit - contre Marx lui-m&#234;me - &#224; une conception de l'&#201;tat moderne qui permette de repenser les rapports entre d&#233;mocratie et &#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Retours sur l'&#201;tat moderne et la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce qui suit, guid&#233; par le seul souci de relever d'&#233;ventuelles &#233;quivoques et de v&#233;rifier notre compr&#233;hension r&#233;ciproque, je prends le risque d'adopter une pr&#233;sentation un tantinet &#171; scolaire &#187; (et d'enfoncer peut-&#234;tre des portes ouvertes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Ali&#233;nation et abstraction politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partage (&#224; ma fa&#231;on, bien s&#251;r), quelques arguments fondamentaux de ta lecture du manuscrit de 1843 , dit &#171; manuscrit de Kreuznach &#187; : &lt;i&gt;Critique du droits politique h&#233;g&#233;lien&lt;/i&gt;. Mais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. De l &#8216;ali&#233;nation &#224; l'abstraction politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de l'abstraction politique, dans les premiers textes de Marx, est prise dans une probl&#233;matique de l'ali&#233;nation inspir&#233;e par Feuerbach. Est-ce une raison suffisante pour l'abandonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;Ali&#233;nation et abstraction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait le cas si Marx - comme le laissent penser certains commentateurs - se bornait &#224; reconduire la probl&#233;matique de Feuerbach et pensait l'ali&#233;nation comme un simple produit de l'ali&#233;nation de la conscience et/ou comme un simple ph&#233;nom&#232;ne d&#233;nu&#233; de consistance. Or pour Marx l'ali&#233;nation est comprise d'embl&#233;e comme le processus et le r&#233;sultat du devenir &#233;tranger de l'activit&#233; sociale des sujets r&#233;els, socialement d&#233;finis, et des produits de cette activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ali&#233;nation culmine dans l'abstraction qui caract&#233;rise l'&#201;tat moderne. Mais cette abstraction qui domine les hommes n'est pas une simple fum&#233;e. L'abstraction est pens&#233;e par Marx comme un processus et un r&#233;sultat dot&#233;s d'une efficace qui lui est propre. Du m&#234;me coup, la vie imaginaire du citoyen est une forme de sa vie r&#233;elle. Et cette abstraction r&#233;elle - imaginaire parce qu'elle est r&#233;elle - se v&#233;rifie par les deux traits qui caract&#233;risent l'&#201;tat moderne : la repr&#233;sentation et la bureaucratie. En cons&#233;quence, Marx analyse la repr&#233;sentation politique, non comme une d&#233;l&#233;gation de volont&#233;s individuelles, mais comme une organisation de la soci&#233;t&#233; civile-bourgeoise. Une organisation par et dans la s&#233;paration, constitutive - au sens fort - de l'&#201;tat politique moderne. La forme politique d'un contenu. Jusque-l&#224;, il me semble que je me tiens au plus pr&#232;s de ce que tu &#233;cris dans son bouquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose alors est la suivante : Cette s&#233;paration/abstraction peut-elle &#234;tre surmont&#233;e, et comment ? Et, dans la foul&#233;e (si j'ose dire&#8230;), la repr&#233;sentation politique moderne peut-elle &#234;tre /doit-elle &#234;tre abolie ? Si j'ai bien compris, ta r&#233;ponse est la suivante : elle doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e, mais non supprim&#233;e ; le moment de l'abstraction politique doit &#234;tre maintenu et refondu. Et c'est l&#224;, me semble-t-il, que les choses se compliquent. Pourquoi ? Parce que, pour des raisons politiquement compr&#233;hensibles, tu prends le risque d'oublier en cours de route ce que tu exposes toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;Abstraction et abstraction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute mise en &#233;quivalence - dans un rapport d'&#233;galit&#233; et d'in&#233;galit&#233; - repose sur une abstraction pens&#233;e ou r&#233;elle. En ce premier sens, qui est aussi un sens faible, l'abstraction politique est une mise en &#233;quivalence des &#234;tres humains en qualit&#233; de citoyens, abstraction faite de toutes leurs particularit&#233;s personnelles et sociales. Les droits politiques &#233;gaux et leur exercice sont la r&#233;alisation de cette abstraction. Leur universalisation, sous la forme notamment du suffrage universel, est l'universalisation de cette abstraction r&#233;elle. En ce sens, il existe un &#171; moment n&#233;cessaire de l'abstraction dans la d&#233;termination de la citoyennet&#233; &#187;. Ou, ce qui revient (presque) au m&#234;me, il est clair que &#171; l'abstraction citoyenne est un moment constitutif de la d&#233;mocratie &#187;. (SRP, p. 8 et p. 9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas cette abstraction-l&#224; ou plut&#244;t l'abstraction sous cette forme g&#233;n&#233;rale que vise Marx quand il critique l'abstraction politique : c'est, plus exactement et plus fortement, l'abstraction sous sa forme sp&#233;cifiquement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstraction politique n'existe comme telle - comme &#233;galisation r&#233;elle, mais abstraite ou comme communaut&#233; r&#233;elle, mais illusoire - que par et dans son opposition avec le pr&#233;suppos&#233; dont elle est issue &#8211; dont l'&#201;tat politique s'abstrait : la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf erreur de ma part, l'abstraction n'est pas seulement telle parce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ce deuxi&#232;me sens, qui est le sens fort du concept marxien, l'abstraction politique est une mise en &#233;quivalence qui s'abstrait de son pr&#233;suppos&#233; &lt;i&gt;et s'oppose &#224; lui&lt;/i&gt;. Elle est proprement politique en raison de la s&#233;paration qui la produit et de la contradiction qui en r&#233;sulte. Le propos de Marx est de d&#233;passer cette contradiction. Elle est proprement politique dans l'exacte mesure o&#249; elle s'abstrait de son pr&#233;suppos&#233; sans l'abolir. Le propos de Marx est de viser &#224; l'abolition du pr&#233;suppos&#233; de l'abstraction, et &lt;i&gt;en ce sens&lt;/i&gt; d'en finir avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus exactement, la critique de l'abstraction politique est indissociable de la critique de l'&#233;mancipation politique : ce qui est encore latent dans le manuscrit de 1843 devient explicite dans &lt;i&gt;Sur la question juive&lt;/i&gt;. Les limites de l'&#233;mancipation politique sont inscrites dans son incapacit&#233; d'agir sur son pr&#233;suppos&#233;. Mieux : l'&#233;mancipation politique se confond avec le maintien de son pr&#233;suppos&#233;. &#171; C'est parce que l'individu n'est pas libre que la soci&#233;t&#233; s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; cette abstraction d'elle-m&#234;me que constitue l'abstraction politique. Avec l'abrogation politique du cens, non seulement la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'est pas abolie, elle est elle-m&#234;me pr&#233;suppos&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question juive, &#233;ditions, Aubier, p. 71-77.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'abstraction politique ainsi comprise n'est pas une simple mise en &#233;quivalence mais l'effet d'une dissociation r&#233;elle, d'une scission (Spaltung) entre l'&#201;tat politique et la soci&#233;t&#233; civile. Et c'est comme expression philosophique de ce processus d'abstraction que Marx cite et critique Rousseau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question juive, op.cit., p. 122-123. De m&#234;me, l'abstraction marchande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'abstraction politique, l'&#201;tat s'abstrait de son pr&#233;suppos&#233; : la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise. Il pr&#233;sente une communaut&#233; illusoire, mais r&#233;elle de citoyens abstraits qui pr&#233;suppose l'absence de toute communaut&#233; v&#233;ritable ou - ce qui revient au m&#234;me- l'existence de la guerre de tous contre tous. Une communaut&#233; politique qui repose sur le d&#233;chirement civil. Mais il ne faut pas oublier en cours de route que c'est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment de la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise que l'&#201;tat s'abstrait, comme tu le soulignes fort justement dans ton article de &lt;i&gt;L'Homme et la Soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; : &#171; Ce mouvement d'abstraction qui caract&#233;rise la politique moderne est &#224; prendre aux deux sens du terme : l'&#201;tat se s&#233;pare (s'abstrait) de la soci&#233;t&#233; civile et produit l'abstraction du citoyen &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Artous, &#171; Marx, L'&#201;tat moderne et la sociologie de l'&#201;tat &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce processus d'abstraction est indissociable de son pr&#233;suppos&#233;. Et c'est ce processus (plus que l'&#201;tat moderne) qui &#171; produit &#187; le citoyen abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalisation de cette abstraction r&#233;elle n'est pas vide de contenu et, en ce sens tr&#232;s &#233;troit, formelle ou purement formelle. Elle est la forme d'un contenu, mais d'un contenu qui r&#233;side en dehors d'elle : la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise. Le d&#233;passement de cette abstraction r&#233;elle ou de cette universalit&#233; abstraite ne peut pas s'effectuer par la r&#233;alisation d'un universel concret &#171; incarn&#233; &#187; (SRP, p. 9, ESFP, p.2), si par l&#224; on entend la figure du prol&#233;tariat ( quand Marx lui fera r&#233;f&#233;rence). En revanche, l'association du prol&#233;tariat, &#224; condition de ne pas la comprendre comme l'universalisation de la condition de prol&#233;taire (reconduisant le salariat et l'exploitation) est bien le fondement d'une r&#233;sorption de l'abstraction/s&#233;paration constitutive de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalisation de l'abstraction politique sous la forme de l'universalisation du droit de suffrage est-elle, pour Marx en 1843, &#171; synonyme de dissolution de la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise au profit de la &#171; vraie d&#233;mocratie &#187; ? (ESFP). Les formulations de Marx sur ce point sont tr&#232;s ambigu&#235;s ( l'une affirme une dissolution de fait, l'autre l'exigence de cette dissolution), et en tout cas provisoires. L'universalisation du droit de suffrage est &#171; la contradiction non cach&#233;e &#187;, et donc l'exigence de sa dissolution : tr&#232;s exactement, l'exigence d'une r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment de l'abstraction (au sens faible) ne peut pas &#234;tre supprim&#233;, mais la forme politique de cette abstraction (au sens fort) est bien appel&#233; &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. De l'abstraction &#224; la repr&#233;sentation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le processus d'abstraction caract&#233;ristique de l'&#201;tat politique moderne est un processus d'abstraction de la soci&#233;t&#233; civile-bourgeoise : une communaut&#233; imaginaire (mais r&#233;elle) qui r&#233;sulte du d&#233;chirement de la soci&#233;t&#233; civile et donc de l'absence de v&#233;ritable communaut&#233; sociale, celle- l&#224; m&#234;me que Marx dans le manuscrit de 1843 et dans une lettre de la m&#234;me &#233;poque d&#233;signe comme &#171; d&#233;mocratie v&#233;ritable &#187; ou r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;i&gt;De la contradiction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y insister : Marx ne se borne pas &#224; enregistrer la s&#233;paration de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat (comme Hegel), mais il la pr&#233;sente comme une &lt;i&gt;contradiction&lt;/i&gt; (&#224; la fois expos&#233;e et d&#233;ni&#233;e par Hegel). Et la critique de Hegel par Marx peut-&#234;tre pr&#233;sent&#233;e ainsi : Hegel tente de surmonter cette s&#233;paration par des m&#233;diations qui reconduisent la contradiction sans la r&#233;soudre. La repr&#233;sentation politique des corporations est exemplaire de cette tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e. La repr&#233;sentation politique moderne, qui pousse l'abstraction &#224; son comble (et dont le suffrage universel est l'expression) vaut reconnaissance de cette contradiction irr&#233;solue : la revendication du suffrage universel se pr&#233;sente alors comme exigence de d&#233;passement de cette contradiction : d&#233;passement de l'ali&#233;nation dans le cadre de l'ali&#233;nation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manuscrit de 1843 et lettre &#224; Ruge de septembre 1843.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ce sens, d'ailleurs le combat pour la R&#233;publique d&#233;mocratique comme forme la plus favorable &#224; la lutte du prol&#233;tariat prolonge pour une large part ces premi&#232;res indications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;i&gt;De la superstition&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la critique de Marx franchit un pas suppl&#233;mentaire (qui tire les cons&#233;quences des critiques ant&#233;rieures) avec la critique de la superstition politique dans &lt;i&gt;Sur la question juive&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation politique - l'abstraction-repr&#233;sentation moderne - est prisonni&#232;re de son pr&#233;suppos&#233; : la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise. La superstition politique consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; croire que la volont&#233; politique arc-bout&#233;e aux formes modernes de l'&#201;tat (et donc aux formes modernes de la repr&#233;sentation) peut soit constituer une forme d'&#233;mancipation ultime doit s'en remettre aux formes d'&#201;tat qui r&#233;sultent de la soci&#233;t&#233;-civile bourgeoise pour transformer, voire r&#233;volutionner celle-ci. Bref, l'&#201;tat moderne qui r&#233;sulte de l'abstraction et constitue cette abstraction m&#234;me ne peut agir r&#233;ellement sur son pr&#233;suppos&#233;. C'est donc d'un m&#234;me mouvement qu'il convient de d&#233;passer la forme moderne de l'abstraction et la soci&#233;t&#233;-civile dont elle r&#233;sulte. De cela, si je t'ai bien compris, tu peux ais&#233;ment convenir : hic Rhodus, hic salta. Je doute fort que Marx et Engels nous proposent les moyens ad&#233;quats &#224; ce franchissement. Mais ils n'&#233;ludent pas le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question devient alors : quelle est la forme de repr&#233;sentation ad&#233;quate &#224; l'&#233;mancipation sociale qui ne reconduise pas l'abstraction propre &#224; la soci&#233;t&#233; civile-bourgeoise ? Car il y a repr&#233;sentation et repr&#233;sentation&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Repr&#233;sentation et repr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que, pour Marx, une forme quelconque de repr&#233;sentation est n&#233;cessaire en un sens tr&#232;s pr&#233;cis : contrairement &#224; une simplification abusive, Marx n'oppose &lt;i&gt;jamais &lt;/i&gt;&#224; la d&#233;mocratie repr&#233;sentative une hypoth&#233;tique d&#233;mocratie directe, du moins s'agissant de la forme de domination politique du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. Rousseau ou Marx ?- De la repr&#233;sentation abstraitement-universelle &#224; la repr&#233;sentation concr&#232;tement- particularis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de l'ali&#233;nation politique dans les &#233;crits de 1843-1844 est nettement diff&#233;rente et d&#233;marqu&#233;e de celle de Rousseau. Rousseau critique dans la repr&#233;sentation une ali&#233;nation des volont&#233;s individuelles. Marx critique dans la repr&#233;sentation une ali&#233;nation de l'homme g&#233;n&#233;rique &#8211; de l'essence sociale de l'homme. Quand Rousseau critique la repr&#233;sentation comme impensable s&#233;paration entre l'homme et sa volont&#233;, Marx la critique comme r&#233;elle s&#233;paration entre l'homme social et le citoyen. Ali&#233;nation de la volont&#233; ou ali&#233;nation de la socialit&#233; : la diff&#233;rence est d&#233;cisive. En effet, la critique de Rousseau se r&#233;sout dans le concept de volont&#233; g&#233;n&#233;rale ; la critique de Marx dans la perspective de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule d&#233;mocratie directe pensable avec Marx (mais &#224; contresens d'autres mod&#232;les de socialisation de la production pr&#233;sents dans son &#339;uvre) est la d&#233;mocratie de la production &#224; l'&#339;uvre dans les coop&#233;ratives, pour peu qu'elles se g&#233;n&#233;ralisent et se f&#233;d&#232;rent apr&#232;s la prise du pouvoir. &lt;i&gt;Mais cela change tout&lt;/i&gt; : car le maintien d'un &#171; pouvoir public &#187; - f&#251;t-il repr&#233;sentatif - n'est plus fond&#233; alors sur le d&#233;chirement de la soci&#233;t&#233; civile ; il n'est plus &#224; proprement parler une abstraction de ce d&#233;chirement. Il ne se pr&#233;sente pas comme l'universel en acte, mais comme moment particulier, reconnu et reconnaissable comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2.Tocqueville ou Marx ?- De la repr&#233;sentation comme contradiction &#224; la repr&#233;sentation comme proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx critique la repr&#233;sentation politique parce qu'elle reconduit la s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233;-civile et l'&#201;tat et l'organise. Autrement dit, la repr&#233;sentation politique reconduit la domination qui est impliqu&#233;e dans cette s&#233;paration. Mais il ne critique pas toute forme de &#171; repr&#233;sentation &#187;. L&#224; nous rencontrons les obstacles s&#233;mantiques qui obscurcissent la clarification conceptuelle. Le terme de repr&#233;sentation reconduit le sens associ&#233; &#224; la repr&#233;sentation politique. Bien que le terme de d&#233;l&#233;gation soir connot&#233; n&#233;gativement comme d&#233;l&#233;gation/accaparement du pouvoir, c'est peut-&#234;tre celui qui est le moins mauvais pour marquer la rupture entre des d&#233;put&#233;s et des d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation politique n'a jamais &#233;t&#233; ni en droit ni en fait un simple &#171; reflet &#187; du peuple et de sa souverainet&#233;. Ni en droit : la plupart des conceptions th&#233;oriques de la repr&#233;sentation en font un m&#233;canisme de s&#233;lection qui, intentionnellement ou pas, se traduisent par l'attribution de fonction de domination. Ni en fait : parce que la repr&#233;sentation remplit largement le r&#244;le que ses th&#233;oriciens lui attribuent : s&#233;lectionner les gouvernants et donc les dominants. Et c'est ce r&#244;le qui d&#233;cide aussi bien de la nature du mode de d&#233;signation (l'&#233;lection plut&#244;t que le tirage au sort), que du mode de fonctionnement. La repr&#233;sentation politique est la forme de cons&#233;cration/dissimulation de la s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est repr&#233;sent&#233; politiquement &#8211; le citoyen abstrait &#8211; est construit par le m&#233;canisme m&#234;me de la repr&#233;sentation politique. Ce qui est repr&#233;sent&#233; ce n'est jamais, l'individu concr&#232;tement socialis&#233; - les individus socialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait une &#171; repr&#233;sentation &#187; non- politique ? Ce ne serait plus, &#224; proprement parler une &#171; repr&#233;sentation &#187;, dont les r&#232;gles de formation et de fonctionnement (le suffrage et le parlement) requi&#232;rent, voire fa&#231;onnent les &#171; repr&#233;sent&#233;s &#8221;. Ce serait une exposition du peuple : une mise sur sc&#232;ne de sa volont&#233;. Une auto-d&#233;termination ou, plus exactement, un moment particulier de son auto-d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstraction de la repr&#233;sentation change de sens avec la r&#233;appropriation. La repr&#233;sentation cesse d'&#234;tre l'expression et la mise en forme d'une contradiction irr&#233;solue, mais une proc&#233;dure de d&#233;signation. Une modalit&#233; particuli&#232;re de l'auto-d&#233;termination du peuple qui a ressaisi ou qui est en train de ressaisir le contr&#244;le de la socialisation, notamment par la r&#233;appropriation des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La double s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat et entre les travailleurs et les moyens de production ne peut pas &#234;tre totalement supprim&#233;e : la soci&#233;t&#233; reposant enti&#232;rement sur elle-m&#234;me et le travailleur individuel recouvrant imm&#233;diatement la propri&#233;t&#233; de ses moyens de production. En revanche, le moment d&#233;mocratique du pouvoir public peut devenir un moment particulier de la communaut&#233; v&#233;ritable. Et cette communaut&#233; v&#233;ritable peut &#234;tre b&#226;tie autour de l'appropriation collective des moyens (et des conditions) de la production. Plus exactement l'association des producteurs ressoude les travailleurs et les moyens de production et se donne une d&#233;termination particuli&#232;re sous la forme d'un pouvoir public qui en est l'&#233;manation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? C'est une autre affaire. ..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler,&lt;i&gt; &#201;mancipation - Petits essais de marxologie tatillonne en marge de quelques bouquins r&#233;cemment parus, &lt;/i&gt;suppl&#233;ment &#224; &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt;, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques textes r&#233;unis sous ce titre n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s, initialement, en vue d'une publication, mais en vue d'une discussion, au sein d'un groupe de travail - &#171; D&#233;mocratie et &#233;mancipation sociale &#187; - dont l'activit&#233; a permis de pr&#233;parer une journ&#233;e d'&#233;tude en juin 2001 : les contributions parues dans la revue &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt; rendent compte de cette journ&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis&#232;re la marxologie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
I. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (1) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos du livre de Jacques Texier : &lt;i&gt;R&#233;volution et d&#233;mocratie chez Marx et Engels. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Emancipation-I-Democratie-revolution-emancipation-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. D&#233;mocratie, r&#233;volution, &#233;mancipation (2) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos de l'ouvrage d'Antoine Artous, &lt;i&gt;Marx, l'Etat et la politique. &lt;/i&gt;Ci-dessus.&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
III. D&#233;mocratie et appropriation sociale (1) : &lt;br class='autobr' /&gt;
Forme politique de la domination du prol&#233;tariat et formes sociales de l'&#233;mancipation chez Marx et Engels. &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Emancipation-III-Democratie-et-appropriation-sociale-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. D&#233;mocratie et appropriation sociale (2) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos du livre d'Yves Salesse, &lt;i&gt;R&#233;formes et R&#233;volution&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Propositions pour une gauche de gauche&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Emancipation-IV-Democratie-et-appropriation-sociale-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suppl&#233;ment &#224; &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt;, revue trimestrielle de la LCR, mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions Syllepse, 1999. Sauf indication contraire, les renvois aux &#339;uvres de Marx et Engels se r&#233;f&#232;rent &#224; la derni&#232;re &#233;dition parue aux &#201;ditions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir ici-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est aux &#233;quivoques des &#233;nonc&#233;s de Marx sur la n&#233;cessit&#233; historique que l'on peut rapporter les &#233;quivoques sur la temporalit&#233; historique. Tu soulignes &#224; plusieurs reprises que Marx semble prisonnier d'une conception lin&#233;aire du processus et de la temporalit&#233; historiques. J'en suis d'accord, mais il me semble que non seulement ce n'est pas la seule repr&#233;sentation qui existe chez Marx, mais surtout que sur ce versant, les &#233;nonc&#233;s d&#233;pendent de la structure de l'argumentation et notamment des figures de la dialectique qu'elle met en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que la domination politique du prol&#233;tariat doive compter avec ses adversaires, seuls les na&#239;fs ou les cyniques qui croient aux r&#233;volutions sans tentatives de contre-r&#233;volution (quand ils se pr&#233;sentent comme des r&#233;volutionnaires) ou aux r&#233;formes sans contre-r&#233;formes (quand ils s'avouent plus ouvertement r&#233;formistes) excluent &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; toute contrainte et toute violence. Ce sont les m&#234;mes qui non seulement croient que le mouvement est tout, mais qui rangent les voiles par vent contraire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le syst&#232;me des soviets, voir &#233;galement SRP, p. 7, 11-12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce point, je ne suis pas rigoureusement l'ordre de ton expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les effets de la &#171; &#171; th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat &#187;, pour reprendre son expression, voir quelques indications pr&#233;cieuses de Jean Robelin. Jean Robelin, &lt;i&gt;Marxisme et socialisation&lt;/i&gt;, M&#233;ridiens-Klincksieck, 1989, chap. II et III, pp. 127-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est cette reprise que je propose dans l' &#171; essai &#187; qui suit cette lecture du livre d'Antoine Artous., sous le titre &#171; D&#233;mocratie et appropriation sociale (1) &#187;. Voir ici-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf erreur de ma part, l'abstraction n'est pas seulement telle parce qu'elle exclut un particulier parmi d'autres, mais parce qu'elle est abstraction du particulier comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sur la question juive&lt;/i&gt;, &#233;ditions, Aubier, p. 71-77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sur la question juive, op.cit&lt;/i&gt;., p. 122-123. De m&#234;me, l'abstraction marchande et l'abstraction juridique ne sont pas de simples mises en &#233;quivalence, mais des processus r&#233;els indissociable de leurs pr&#233;suppos&#233;s. Le glissement du &#8220; sens fort &#8221; au &#8220; sens faible &#8221; de la notion d'abstraction est, ici encore, la source de dangereux contresens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Artous, &#171; &lt;i&gt;Marx, L'&#201;tat moderne et la sociologie de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, in &lt;i&gt;L'Homme et la soci&#233;t&#233;, &lt;/i&gt;n&#176; 136-137, 2000. Figures de l' &#171; auto-&#233;mancipation &#187; sociale, p. 115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manuscrit de 1843 et lettre &#224; Ruge de septembre 1843.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marx et la d&#233;mocratie</title>
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		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et la domination politique - la dictature - du prol&#233;tariat</dc:subject>
		<dc:subject>Marx et le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour une d&#233;mocratie sans r&#233;volution ? Pour une d&#233;mocratie sans domination ? Pour une domination sans d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Marx-communisme-utopie-.html" rel="directory"&gt;Marx, communisme, utopie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Karl-Marx-+.html" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-la-democratie-25-+.html" rel="tag"&gt;Marx et la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-la-domination-politique-la-dictature-du-proletariat-+.html" rel="tag"&gt;Marx et la domination politique - la dictature - du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Marx-et-le-deperissement-de-l-Etat-+.html" rel="tag"&gt;Marx et le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/arton30-5b417.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'article suivant a &#233;t&#233; publi&#233; en 2003, sous le titre &#171; Marx, la d&#233;mocratie, le communisme &#187; dans un ouvrage collectif : &lt;i&gt;Marxisme et d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les cahiers de critique communiste, &#233;ditions Syllepse, d&#233;cembre 2003.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Il fait r&#233;f&#233;rence, pour commencer, &#224; une contribution d'Antoine Artous intitul&#233;e &#171; D&#233;mocratie et &#233;mancipation sociale &#187;, publi&#233;e dans le m&#234;me ensemble de textes [&lt;a href=&#034;http://athena.henri-maler.fr/ecrire/?exec=article&amp;id_article=30&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]. Bien qu'il se tienne dans les limites fort &#233;troites de la marxologie et comporte des interpr&#233;tations que je ne maintiendrais pas toutes aujourd'hui, je le publie ici plus de quinze ans plus tard tel qu'il est paru. (mai 2019)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marx et la d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans les limites d'une contribution centr&#233;e sur l'h&#233;ritage th&#233;orique laiss&#233; par Marx (sans aborder par cons&#233;quent le lourd h&#233;ritage l&#233;gu&#233; par l'histoire ult&#233;rieure, mon propos visera, grossi&#232;rement, &#224; r&#233;pondre &#224; la question suivante : comment, m&#234;me &#224; titre posthume, raser la barbe de Marx sans lui trancher la gorge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, l'argumentation d'Antoine Artous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une contribution d'Antoine Artous intitul&#233;e &#171; D&#233;mocratie et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; revient &#224; ceci : Marx aurait reconnu le sens de la citoyennet&#233; d&#233;mocratique, mais n'en aurait pas tir&#233; toute les cons&#233;quences ; il aurait aggrav&#233; son cas et le n&#244;tre par la perspective confuse du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat et le moment p&#233;rilleux de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Sur l'&#233;mancipation politique : pour une d&#233;mocratie sans r&#233;volution ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, la d&#233;mocratie n'est-elle pas plus bourgeoise par essence ou destination que la domination bourgeoise ou le march&#233; ne sont d&#233;mocratiques par nature et par vocation : sous sa forme moderne, la d&#233;mocratie est porteuse d'une &#233;mancipation politique et d'un exc&#233;dent utopique dont nous devons h&#233;riter. Encore convient-il de marquer nettement les limites de cet h&#233;ritage. Quelles sont pour Marx la port&#233;e et les limites de la citoyennet&#233; d&#233;mocratique ? Pourquoi Marx critique-t-il l'&#233;mancipation politique qu'il consid&#232;re cependant comme &#171; un grand progr&#232;s &#187; ? Autrement dit, pourquoi critique-t-il l'abstraction et la repr&#233;sentation politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation politique repose sur l'&#233;galit&#233; des citoyens. Comme toute &#233;galit&#233;, celle-ci suppose que l'on fasse abstraction des toutes les autres diff&#233;rences et in&#233;galit&#233;s. En ce premier sens, qui est aussi un sens faible, l'abstraction politique est une mise en &#233;quivalence des &#234;tres humains en qualit&#233; de citoyens, abstraction faite de toutes leurs particularit&#233;s personnelles et sociales. Les droits politiques &#233;gaux et leur exercice sont la r&#233;alisation de cette abstraction. La g&#233;n&#233;ralisation de ces droits - leur universalisation - sous la forme notamment du suffrage universel, est l'universalisation de cette abstraction r&#233;elle. En ce sens, l'abstraction citoyenne est un moment constitutif de la d&#233;mocratie et le suffrage universel ne devrait souffrir d'aucune restriction, m&#234;me sous couvert d'exercer la dictature du prol&#233;tariat. Disons-le clairement et une fois pour toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'abstraction politique n'est pas une simple mise en &#233;quivalence : elle est l'effet d'une dissociation r&#233;elle &#8211; une scission &#8211; entre la soci&#233;t&#233; civile-bourgeoise et l'&#201;tat. Cette s&#233;paration est constitutive de l'&#233;mancipation politique et marque &#171; un grand progr&#232;s &#187;. Mais Marx ne se borne pas &#224; enregistrer une s&#233;paration : il met en valeur une &lt;i&gt;contradiction&lt;/i&gt;. L'abstraction politique &#8211; l'&#233;galit&#233; citoyenne &#8211; repose sur le d&#233;chirement de la soci&#233;t&#233; civile, o&#249; s'affronte des int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes que Marx comprend, de plus en plus pr&#233;cis&#233;ment, comme l'effet de la division de la soci&#233;t&#233; en classes, reposant &#224; son tour sur la s&#233;paration entre les producteurs et les moyens de production. En ce deuxi&#232;me sens, qui est le sens fort du concept marxien, l'abstraction politique est une mise en &#233;quivalence qui s'abstrait de son pr&#233;suppos&#233; - la soci&#233;t&#233; bourgeoise - &lt;i&gt;et qui s'oppose &#224; lui&lt;/i&gt;. En ce sens, aussi existante soit-elle, la communaut&#233; reste une communaut&#233; imaginaire : une communaut&#233; qui est abstraite parce qu'elle repose sur l'absence de communaut&#233; v&#233;ritable. Le propos de Marx est de viser &#224; l'abolition du pr&#233;suppos&#233; de l'abstraction, et &lt;i&gt;en ce sens&lt;/i&gt; d'en finir avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation politique n'est pas seulement une &#233;mancipation inachev&#233;e qu'il faudrait &lt;i&gt;compl&#233;ter&lt;/i&gt; par une &#233;mancipation sociale. L'&#233;mancipation politique pr&#233;suppose la soci&#233;t&#233; bourgeoise : &#171; C'est parce que l'individu n'est pas libre que la soci&#233;t&#233; s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; cette abstraction d'elle-m&#234;me que constitue l'abstraction politique. &#187; Mais, poursuit Marx, &#171; Avec l'abrogation politique du cens, non seulement la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'est pas abolie, elle est elle-m&#234;me pr&#233;suppos&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la Question Juive, Ed. Aubier, p.71-77.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autrement dit, l'universalisation du droit de suffrage parach&#232;ve l'abstraction politique met &#224; nu la contradiction entre &#233;galit&#233; citoyenne et d&#233;chirement social : elle est &#171; la contradiction non cach&#233;e &#187;, qui porte en elle l'exigence de la dissolution de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : tr&#232;s exactement, l'exigence d'une r&#233;volution sociale que Marx pr&#233;sente tout d'abord comme r&#233;alisation de la &#171; vraie d&#233;mocratie &#187;, avant de lui donner le nom de communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de la repr&#233;sentation politique suit le m&#234;me chemin que la critique de l'abstraction politique. Marx critique la repr&#233;sentation politique parce qu'elle reconduit et organise la s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233; bourgeoise et l'&#201;tat. Autrement dit, la repr&#233;sentation politique reconduit la domination et l'exploitation qui sont impliqu&#233;e dans cette s&#233;paration et donc la contradiction entre &#233;galit&#233; citoyenne et in&#233;galit&#233;s de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons un moment la lettre du texte de Marx. La repr&#233;sentation politique n'a jamais &#233;t&#233; ni en droit ni en fait un simple &#171; reflet &#187; du peuple et de sa souverainet&#233;. Ni en droit : la plupart des conceptions th&#233;oriques de la repr&#233;sentation en font un m&#233;canisme de s&#233;lection qui, intentionnellement ou pas, se traduit par l'attribution de fonctions de domination. Ni en fait : parce que la repr&#233;sentation remplit largement le r&#244;le que ses th&#233;oriciens lui attribuent : s&#233;lectionner les gouvernants et donc les dominants. Et c'est ce r&#244;le qui d&#233;cide aussi bien de la nature du mode de d&#233;signation (l'&#233;lection plut&#244;t que le tirage au sort) que du mode de fonctionnement. La repr&#233;sentation politique est la forme de cons&#233;cration/dissimulation de la s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233; bourgeoise et l'&#201;tat et de l'opposition entre communaut&#233; citoyenne et antagonisme social. Les repr&#233;sent&#233;s sont alors construits pas le m&#233;canisme de la repr&#233;sentation, comme des hommes qui, expropri&#233;s dans leur majorit&#233; du contr&#244;le de leur propre vie sociale, sont invit&#233;s &#224; choisir ceux qui ent&#233;rinerons cette expropriation. Cela n'implique nullement l'absence de toute forme de repr&#233;sentation dans une soci&#233;t&#233; affranchie de la division de la soci&#233;t&#233; en classe. Mais cette repr&#233;sentation change alors de sens et de fonction : l'&#233;galit&#233; entre les citoyens repose sur leur &#233;galit&#233; en qualit&#233; de producteurs : des producteurs qui donnent mandat &#224; certains d'entre eux de les repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;mancipation sociale est la condition de la communaut&#233; d&#233;mocratique v&#233;ritable Comment y parvenir ? C'est la question la plus lourde, on le sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenons pour acquis qu'il n'est pas d'&#233;mancipation sociale sans &#171; conqu&#234;te du pouvoir &#187; ou de la conqu&#234;te de la domination politique par la majorit&#233; des domin&#233;s. Se pose alors la question suivante : Quel pouvoir ? Cette question se d&#233;double imm&#233;diatement : quelle forme de domination politique pendant une p&#233;riode de transition (de transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;) ? Quelle forme de pouvoir public au terme de cette transition ? &#192; cette double question, la r&#233;ponse peut tenir dans une simple formule : un pouvoir d&#233;mocratique de bout en bout. Mais cela n'efface pas la n&#233;cessit&#233; de distinguer les deux aspects du probl&#232;me pos&#233; : Quelle d&#233;mocratie &#224; l'horizon d'une soci&#233;t&#233; transform&#233;e ? Quelle d&#233;mocratie au c&#339;ur du processus de transformation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question re&#231;oit, venue de Marx et Engels, une r&#233;ponse simple, en apparence : une soci&#233;t&#233; sans classes (ce qui ne veut pas dire sans conflits) serait une soci&#233;t&#233; sans &#201;tat (ce qui ne veut pas dire sans pouvoir public). Et cette r&#233;ponse est soutenue par la perspective du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat : une perspective qui est &#224; la fois un point aveugle et un point focal de la th&#233;orie de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Sur le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat : pour une d&#233;mocratie sans domination&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette question, la suite de ce texte est une version abr&#233;g&#233;e d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;La th&#233;matique du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat &#8211; de l'&#201;tat politique ou &#201;tat de classe, de l'&#201;tat politique s&#233;par&#233; ou &#201;tat de la bourgeoisie &#8211; est une th&#233;matique constante dans l'&#339;uvre de Marx. Faut-il, en raison des obscurit&#233;s de la perspective du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat (et de son renversement d&#233;sastreux dans le cours de la r&#233;volution russe) renoncer &#224; cette perspective ? Car ces obscurit&#233;s existent bel et bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de critiquer la s&#233;paration entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat &#8211; entre in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;galit&#233; citoyenne - on peut lui opposer l'esquisse et/ou la perspective d'une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement restitu&#233;e &#224; elle-m&#234;me : parce qu&#8216;elle aurait aboli toute forme de distinction entre organisation sociale et institution publique et/ou parce qu'elle a remplac&#233; le gouvernement des hommes par l'administration des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tentations existent chez Marx. Mais, d&#232;s 1843, il prend soin, d&#232;s 1843, de distinguer la fin de l'&#201;tat politique de la suppression pure et simple de toute constitution et donc de toute institution publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Critique du droit politique h&#233;g&#233;lien, Editions sociales, 1980, p. 69-70.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et devenu communiste, il soutiendra, comme on va le voir, qu'un &#171; pouvoir public &#187; demeure n&#233;cessaire. Quant &#224; la p&#233;nombre technocratique qui enveloppe la notion d' &#171; administration des choses &#187;, elle n'est pour une part que l'ombre r&#233;trospectivement port&#233;e par les fantastiques r&#233;alisations de l'&#201;tat stalinien sur des conceptions qui, aussi ambigu&#235;s soient-elles, n'en sont pas la simple pr&#233;figuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent cependant les pi&#232;ges du vocabulaire. Que signifie la fin de l'&#201;tat politique (voire de l'&#201;tat tout court) ? Sans l'adjectif, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat sugg&#232;re que la soci&#233;t&#233; est imm&#233;diatement rendue &#224; elle-m&#234;me. Avec l'adjectif, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat politique, laisse penser que c'est le politique, comme instance ou pratique de coordination de la vie sociale qui dispara&#238;t. Il reste que les id&#233;es de Marx sont claires. L'&#201;tat d&#233;signe l'institution qui exerce des fonctions sociales diverses, mais prises dans le rapport de domination entre les gouvernants et les gouvern&#233;s. &#8220; Politique &#8221; est l'adjectif qui correspond &#224; ce rapport de domination et le distingue, du moins en droit, des autres relations d'oppression et/ou d'exploitation sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi Marx peut &#233;crire que dans une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e des classes et de leur antagonisme &#171; il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mis&#232;re de la Philosophie, Editions sociales, 1942, p. 178.-179.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du m&#234;me coup, l'effacement du pouvoir politique ou de l'&#201;tat politique ainsi entendus n'impliquent ni logiquement ni historiquement que tout pouvoir public disparaisse, mais seulement que &#171; le pouvoir public perd alors son caract&#232;re politique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx-Engels, Manifeste du parti communiste, &#233;dition bilingue, Ed. Sociales, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile pour autant de dissimuler l'embarras o&#249; nous mettent ce vocabulaire sp&#233;cifique et les interpr&#233;tations abusives auxquelles il ouvre la voie. Sans doute Marx en &#233;tait-il lui-m&#234;me conscient, puisque, dans &lt;i&gt;La Critique du Programme de Gotha&lt;/i&gt;, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat est pr&#233;sent&#233; comme une transformation de l'&#201;tat, d&#233;barrass&#233; de sa fonction de domination. Face &#224; la revendication confuse de l'&#201;tat libre, Marx r&#233;plique : &#034;La libert&#233; consiste &#224; &lt;i&gt;transformer&lt;/i&gt; l'&#201;tat, organisme qui s'est mis au-dessus de la soci&#233;t&#233;, en un organisme enti&#232;rement subordonn&#233; &#224; elle&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Critique de Programme de Gotha, Editions sociales, p.42&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Transformer l'&#201;tat c'est se proposer de le maintenir en quelque fa&#231;on, et non de le faire ou de le voir dispara&#238;tre totalement ; de subordonner l'&#201;tat &#224; la soci&#233;t&#233;, et non de le dissoudre dans la soci&#233;t&#233; : autrement dit de supprimer l'&#201;tat comme institution de domination et non l'&#201;tat comme pouvoir public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat ne signifie plus alors que d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat de classe, comme institution dominante et comme instrument de domination. Et l'effacement du caract&#232;re politique de l'&#201;tat ne signifie rien d'autre que la fin de la politique comme domination et non la fin de toute politique. Que serait alors un pouvoir public ainsi affranchi ? Une d&#233;mocratie sans domination de classe, mais non sans institutions publiques (et, en un autre sens, &#233;tatiques), une d&#233;mocratie sans politique de classe, mais non sans d&#233;lib&#233;ration conflictuelle (et donc politique). Le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat est alors synonyme d'expansion d&#233;mocratique de la politique. Que signifie, au fond, la perspective du d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat ? Le d&#233;p&#233;rissement des institutions et des fonctions de l'&#201;tat attach&#233;es au maintien d'un ordre social fond&#233; sur la division de la soci&#233;t&#233; en classes : le d&#233;p&#233;rissement des institutions et des fonctions de l'&#201;tat qui d&#233;pendent de son r&#244;le de verrou des rapports d'exploitation et du rapport de domination. Mais en m&#234;me temps le maintien d'un &#8220; pouvoir public &#8221; d&#233;mocratiquement constitu&#233; et contr&#244;l&#233; : &lt;i&gt;une d&#233;mocratie sans domination&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit, dira-t-on, mais comment ? C'est alors que le b&#226;t blesse &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert d'ouvrir une perspective strat&#233;gique pr&#233;sentant le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat comme une cible, il arrive que Marx et Engels pr&#233;sentent ce d&#233;p&#233;rissement (ou cette &#8220; extinction &#8221;) comme l'effet la r&#233;alisation d'une promesse : le processus de d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat s'effectue &#171; in&#233;vitablement &#187; et &#171; naturellement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les origines de la famille, de la propri&#233;t&#233; et de l'Etat, Editions sociales, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans doute Marx, dans &lt;i&gt;La Guerre Civile en France&lt;/i&gt; (1871) reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique de briser la vieille machine d'&#201;tat et de la remplacer par de nouvelles formes de &#171; pouvoir public &#187;, dont la Commune fournit l'esquisse comme &#171; forme enfin trouv&#233;e de l'&#233;mancipation du travail &#187; Mais sous couvert de critiquer l'invention doctrinaire des formes de l'avenir, Marx laisse penser que le contenu du communisme, une fois attest&#233; par le mouvement historique, trouvera de lui-m&#234;me les formes de son accomplissement. Marx lui-m&#234;me soul&#232;ve cette question, quand il indique, comme on l'a vu, qu'il s'agit de &#171; &lt;i&gt;transformer&lt;/i&gt; l'&#201;tat, organisme qui s'est mis au-dessus de la soci&#233;t&#233;, en un organisme enti&#232;rement subordonn&#233; &#224; elle &#187;. Mais que signifie cette transformation de l'&#201;tat ? &#034;Quelle transformation subira l'&#201;tat dans une soci&#233;t&#233; communiste ? Autrement dit : quelles fonctions sociales s'y maintiendront analogues aux fonctions actuelles de l'&#201;tat ? &#8221;. Or Marx se refuse obstin&#233;ment &#224; esquisser des r&#233;ponses, ne serait-ce que pour la raison suivante : &#171; &lt;i&gt;Seule la science peut r&#233;pondre &#224; cette question&lt;/i&gt;... &#187;. Fort bien, mais que dira la Science et quand ? &#192; ces questions, nulle r&#233;ponse, puisque, nous dit-on, elles n'ont pas d'actualit&#233; politique : &#171; Le programme n'a pas &#224; s'occuper (...) de l'&#201;tat futur dans la soci&#233;t&#233; communiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Critique de Programme de Gotha, Editions sociales, p.42.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Position compr&#233;hensible, &#224; la rigueur, dans le contexte o&#249; Marx &#233;crit, mais d&#233;sormais intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins peut-on planter quelques jalons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes d&#233;mocratiques d'une soci&#233;t&#233; transform&#233;e &#8211; les formes d&#233;mocratiques du communisme dans sa premi&#232;re phase &#8211; constituent la vis&#233;e d'un processus. Cette vis&#233;e est celle d'une d&#233;mocratie de citoyens-producteurs, librement associ&#233;s pour tenter de ma&#238;triser en commun (collectivement) leur propre vie sociale. Dans une telle soci&#233;t&#233;, les &#234;tres humains sont &#233;gaux en tant que citoyens et &#233;gaux en tant que producteurs : &#233;gaux en tant que citoyens parce qu'ils sont &#233;gaux en tant que producteurs. L'&#233;galit&#233; citoyenne n'est plus seulement cette communaut&#233; qui aussi r&#233;elle qu'elle soit demeure imaginaire tant que l'&#233;galit&#233; citoyenne s'oppose &#224; une in&#233;galit&#233; sociale, dont elle est l'abstraction. Mais l'expansion d&#233;mocratique ne se confond pas avec une quelconque absorption du &#171; public &#187;par le &#171; social &#187;. Il faut alors en tirer quelques les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; &#233;mancip&#233;e, les distinctions et les in&#233;galit&#233;s entre les individus ne prennent plus la forme d'une division de la soci&#233;t&#233; en classes et en partis qui expriment, plus ou moins directement, cette division. En revanche, les divisions entre les producteurs-citoyens ne sont nullement abolis : le pluralisme et la conflictualit&#233; d&#233;mocratiques, rendus sans doute plus fluides demeurent in&#233;vitables et souhaitables. Autant dire que le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat est une lubie p&#233;rilleuse si l'on ne pr&#233;cise pas les formes que peuvent rev&#234;tir ce pluralisme et cette conflictualit&#233; d&#233;mocratiques. Ce qui renvoie &#224; une seconde question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; &#233;mancip&#233;e la s&#233;paration entre les producteurs et les citoyens ne prend plus la forme d'une &lt;i&gt;opposition&lt;/i&gt; entre une communaut&#233; imaginaire (mais nullement inexistante) et une soci&#233;t&#233; d&#233;chir&#233;e qui rend impossible l'existence d'une communaut&#233; effective. En revanche, la &lt;i&gt;distinction&lt;/i&gt; entre les hommes en qualit&#233;s de producteurs et les hommes en qualit&#233; de citoyens se maintient : parce que la sph&#232;re d'activit&#233; du pouvoir public ne se limite pas &#224; la gestion de l'activit&#233; productive et le domaine d'intervention du citoyen est plus &#233;tendu que le domaine d'intervention du producteur. Autant dire que la citoyennet&#233; d&#233;mocratique n'est pas soluble dans l'autogestion et que le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat de classe ne signifie nullement l'abolition de toute forme de repr&#233;sentation : on peut tout au plus agir pour que l'&#233;lection des repr&#233;sentants au suffrage universel et proportionnel direct sans restriction ne consacre plus la s&#233;lection des dominants et la d&#233;possession des domin&#233;s et se traduise par une repr&#233;sentation non plus abstraite, mais concr&#232;te (puisqu'elle repose sur l'abolition des in&#233;galit&#233;s de classes ) de producteurs-citoyens. Autant dire &#233;galement que le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat n'implique nullement la confusion entre les formes directes de l'appropriation sociale et les formes politiques de la citoyennet&#233;. Il convient alors de franchir un pas de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; &#233;mancip&#233;e, la d&#233;mocratie n'est pas concevable sans appropriation sociale : une appropriation sociale des moyens de production, d'&#233;change et de communication qui suppose la combinaison d'une appropriation publique (qui ne se confond pas avec l'appropriation directe et privative des producteurs de chaque entreprise ou branche d'activit&#233;) et d'une appropriation directe (qui rev&#234;t n&#233;cessairement des formes autogestionnaires). Penser les formes de cette combinaison n'est pas une mince affaire. Mais aucune appropriation sociale n'est concevable sans d&#233;mocratie. Autant dire que si le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat doit reposer sur une double autod&#233;termination du peuple (o&#249; toutes et tous interviennent et en tant que producteurs et en tant que citoyens). Autant dire que chacune d'elle, dans la production et dans la cit&#233;, suppose &#224; la fois la distinction et l'exercice le plus direct possible des fonctions d&#233;lib&#233;ratives et ex&#233;cutives. Ce qui suppose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'adoption du f&#233;d&#233;ralisme fond&#233; sur deux piliers : la libre f&#233;d&#233;ration des organes distincts du pouvoir des producteurs et du pouvoir des citoyens ; la libre d&#233;termination du principe de subsidiarit&#233; qui permet de confier le traitement des probl&#232;mes au niveau que requiert leur solution ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la stricte subordination des fonctions ex&#233;cutives aux fonctions d&#233;lib&#233;ratives, par la mise en &#339;uvre du double principe d'&#233;ligibilit&#233; et de r&#233;vocabilit&#233; des repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques cons&#233;quences sont encore vagues, &#233;videmment, mais les formes d&#233;mocratiques d'une soci&#233;t&#233; transform&#233;e, m&#234;me simplement esquiss&#233;es, devraient permettre de pr&#233;ciser les contours des formes d&#233;mocratiques n&#233;cessaires &#224; la transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Sur la dictature du prol&#233;tariat : pour une domination sans d&#233;mocratie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes d&#233;mocratiques de transition &#8211; les formes d&#233;mocratiques de la transformation sociale &#8211; sont ou doivent &#234;tre des formes de &lt;i&gt;domination&lt;/i&gt; (politique) et d'&lt;i&gt;&#233;mancipation&lt;/i&gt; (sociale). Toutes les contradictions d'une p&#233;riode de transition se concentrent dans l'opposition entre ces deux termes. Comment une forme de domination peut-elle &#234;tre une forme d'&#233;mancipation ? Comment une forme de domination peut-elle &#339;uvrer &#224; son d&#233;passement ? Tout semble tenir, entre d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat et dictature du prol&#233;tariat, dans ce d&#233;doublement insurmontable : &#224; l'horizon, une d&#233;mocratie sans domination ; en transition, une domination sans d&#233;mocratie. Trou noir qui menace d'engloutir toute tentative d&#8216;&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'objectif est bien d'ajuster des formes de d&#233;mocratie n&#233;cessaires &#224; l'&#233;mancipation (et donc &#224; l'appropriation sociale), force est de commencer par la question d&#233;cisive : s'agit-il de parachever la r&#233;volution d&#233;mocratique par de simples r&#233;formes ou de &#171; transformer l'&#201;tat &#187; par une r&#233;volution d&#233;mocratique ? S'agit-il de compl&#233;ter la d&#233;mocratie repr&#233;sentative par un suppl&#233;ment de d&#233;mocratie participative ou de transformer radicalement les formes existantes de la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le terme de r&#233;volution, je ne vise pas ici les modalit&#233;s de la &#171; conqu&#234;te du pouvoir &#187;, mais l'ensemble des transformations n&#233;cessaires &#224; l'&#233;mancipation sociale. Je ne vise pas seulement l'&#339;uvre institutionnelle d'un pouvoir constituant, mais &lt;i&gt;la subversion pratique de l'ensemble des rapports de pouvoir qui reconduisent les rapports de domination.&lt;/i&gt; En tout cas : pas d'appropriation sociale sans r&#233;volution d&#233;mocratique ; mais pas d'&#233;mancipation sociale sans domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les formes d&#233;mocratiques de la domination politique n&#233;cessaire &#224; l'appropriation sociale ? Quelle d&#233;mocratie ? Une d&#233;mocratie conseilliste ? Une d&#233;mocratie parlementaire ? Une d&#233;mocratie participative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut pr&#233;voir exactement quelles formes prendra la d&#233;mocratie &#233;ruptive qui p&#233;riodiquement vient troubler, voire subvertir la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, ou combattre frontalement les r&#233;gimes autoritaires de toutes natures. Et Marx, on le sait, avait d&#233;couvert dans la Commune et ses principaux caract&#232;res &#171; une forme politique tour &#224; fait susceptible d'expansion &#187;, &#171; la forme politique enfin trouv&#233;e qui permettait l'&#233;mancipation &#233;conomique du travail &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, La guerre civile en France&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il n'existe aucune raison de douter que de telles formes r&#233;appara&#238;tront et qu'elles joueront &#224; un r&#244;le d&#233;cisif. Que peut-on entrevoir &#224; leur propos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'exp&#233;rience comme la th&#233;orie invitent &#224; maintenir une distinction de principe entre les formes coop&#233;ratives et les formes territoriales de la d&#233;mocratie &#233;ruptive : entre les formes sous lesquels les producteurs s'emparent du contr&#244;le de la production et les formes sous lesquels les domin&#233;s exercent leur pouvoir constituant. Ce sont deux formes d'autod&#233;termination des producteurs-citoyens dont la confusion &#233;ventuelle ne devrait &#234;tre que provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on ne saurait cantonner &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; les formes territoriales d'auto-&#233;mancipation dans le r&#244;le d'un contre-pouvoir qui, sous couvert de compl&#233;ter les limites du pouvoir &#233;tabli ou de contrebalancer ses abus, consacrerait comme l&#233;gitime n'importe quel pouvoir existant (et cela quel qu'en soit le type). Toutes les &#233;quivoques de la notion de d&#233;mocratie participative se concentrent sur ce point : participation qui laisse durablement intactes les formes parlementaires de la domination politique ou non ? Une d&#233;mocratie participative qui se pr&#233;senterait, non pas provisoirement, mais d&#233;finitivement comme la forme enfin trouv&#233;e de la r&#233;novation de la d&#233;mocratie parlementaire, se proposerait comme le suppl&#233;ment d'&#226;me de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et par cons&#233;quent, une r&#233;volution d&#233;mocratique doit inventer ses propres formes de repr&#233;sentation. Quelles que soient les voies de passage, il faut, me semble-t-il, marquer nettement la diff&#233;rence entre le simple maintien (ou la simple r&#233;activation) d'une forme parlementaire&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;solidaire du gouvernement repr&#233;sentatif (s&#233;lectif, centralis&#233;, bureaucratique) et l'instauration d'une nouvelle forme de repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire que l'avenir des formes d'auto-organisation ne d&#233;pend pas ou pas seulement de la p&#233;rennit&#233; de la mobilisation qui les porte et/ou de leur capacit&#233; &#224; r&#233;soudre les contradictions qu'elles doivent affronter, mais de l'ampleur et de la profondeur du pouvoir constituant qu'elles sont en mesure d'exercer. Mais c'est dire aussi que la domination politique n&#233;cessaire &#224; l'&#233;mancipation sociale ne saurait se pr&#233;senter par principe comme une forme de domination exclusive, impos&#233;e sur de simples crit&#232;res sociaux : la ci-devant dictature du prol&#233;tariat quand elle fait fi des contraintes d&#233;mocratiques qui sont impos&#233;es &#224; l'auto-&#233;mancipation du prol&#233;tariat lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source &lt;/strong&gt; : &#171; Marx, la d&#233;mocratie, le communisme &#187;, dans &lt;i&gt;Marxisme et d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Les cahiers de critique communiste, &#233;ditions Syllepse, d&#233;cembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les cahiers de critique communiste, &#233;ditions Syllepse, d&#233;cembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans une contribution d'Antoine Artous intitul&#233;e &#171; D&#233;mocratie et &#233;mancipation sociale &#187;, publi&#233;e dans le m&#234;me ensemble de textes. La lecture de cette contribution n'est pas indispensable &#224; la compr&#233;hension de ce qui suit (note de 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sur la Question Juive&lt;/i&gt;, Ed. Aubier, p.71-77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette question, la suite de ce texte est une version abr&#233;g&#233;e d'une contribution ant&#233;rieure : &lt;a href=&#034;http://www.henri-maler.fr/Retour-critique-sur-le-deperissement-de-l-Etat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une d&#233;mocratie sans domination. Retour critique sur le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Critique du droit politique h&#233;g&#233;lien, Editions sociales, 1980, p. 69-70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mis&#232;re de la Philosophie&lt;/i&gt;, Editions sociales, 1942, p. 178.-179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx-Engels, &lt;i&gt;Manifeste du parti communiste&lt;/i&gt;, &#233;dition bilingue, Ed. Sociales, 1972, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Critique de Programme de Gotha&lt;/i&gt;, Editions sociales, p.42&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les origines de la famille, de la propri&#233;t&#233; et de l'Etat&lt;/i&gt;, Editions sociales, p. 182. Ou encore &lt;i&gt;Anti-D&#252;hring&lt;/i&gt;, op.cit., p. 317, soulign&#233; par moi).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Critique de Programme de Gotha&lt;/i&gt;, Editions sociales, p.42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx&lt;i&gt;, La guerre civile en France&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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