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	<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Michel Foucault : une politique de l'insoumission</title>
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		<dc:date>2024-10-09T20:42:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;bellion, insoumission</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Michel-Foucault-+.html" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Rebellion-insoumission-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;bellion, insoumission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L149xH150/foucault_une_politique-1e695.jpg?1728506538' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avertissement. L'article ci-dessous est une &#233;bauche, r&#233;dig&#233;e en 1997, de l'un des chapitres d'un ouvrage que je voulais consacrer &#224; la pens&#233;e de Michel Foucault. Ce projet a &#233;t&#233; laiss&#233; &#224; l'abandon (en raison de la part prise, jusqu'en 2015, parmi mes activit&#233;s, par l'animation de l'association Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;bauche r&#233;unit de tr&#232;s abondantes citations qu'une r&#233;daction d&#233;finitive aurait r&#233;sum&#233;es. Ces mat&#233;riaux sont presque exclusivement puis&#233;s dans la collection des &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, publi&#233;s par les &#233;ditions Gallimard, parce que ces textes comportent plus que d'autres des prises de position ouvertement politiques. Ils devaient &#234;tre compl&#233;t&#233;s par d'autres r&#233;f&#233;rences (et par l'apport d'ouvrages consacr&#233;s &#224; Michel Foucault). Cette &#233;bauche, enfin, n'a subi que des modifications de forme destin&#233;es &#224; le rendre (&#224; peu pr&#232;s) lisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectif : suivre les m&#233;andres et les apories d'une pens&#233;e en laissant provisoirement les objections en retrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre l'intol&#233;rable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des opinions politiques, Foucault, comme n'importe qui, en eut sans doute : de fort diverses et de tr&#232;s variables. Pour int&#233;ressante qu'elle soit, cette question de biographie ne nous int&#233;resse pas ici. Foucault ne s'exprime jamais publiquement sur ses choix partisans ou &#233;lectoraux. Cette r&#233;serve est moins l'effet d'une ind&#233;termination personnelle que d'une abstention r&#233;fl&#233;chie. Voudrions nous savoir comment il se situe ? Il refuse de se situer. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De philosophie politique, Foucault n'en expose aucune : ce qu'il entend par philosophie et ce qu'il comprend de la politique le lui interdisent. Le projet d'une philosophie politique doit &#234;tre abandonn&#233;e aux professionnels du fondement ultime de l'ordre politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des engagement politiques, Foucault en eu de nombreux, plus ou moins intenses. Des parti-pris et des actions que retracent ses biographes, tous guid&#233;s par ce qu'il jugeait intol&#233;rable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Didier Eribon, Michel Foucault, Le Livre de poche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous y reviendrons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de strat&#233;gie politique, Foucault n'en pr&#233;conise gu&#232;re : quand on refuse d'&#234;tre proph&#232;te, on ne s'improvise pas strat&#232;ge. Pourtant, le relev&#233; cartographique du champ de bataille permet mettre &#224; l'&#233;preuve des options possibles. Mais, pour qui s'en tient &#224; son parcours proprement th&#233;orique, il faut reconna&#238;tre que Foucault n'est gu&#232;re prodigue quand il s'agit de disposer des balises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs disposent au moins d'un point de d&#233;part. Avant 1970, Foucault indique quelle critique il mobilise et quelle politique il refuse. Il critique des pr&#233;suppos&#233;s philosophiques de la gauche fran&#231;aise et r&#233;cuse toute politique fond&#233;e sur ces pr&#233;suppos&#233;s ou nimb&#233;e de cette philosophie : en un mot l'humanisme moderne. Sous le terme d'humanisme, ce qu'il a en vue, c'est notamment l'id&#233;e selon laquelle &#171; la fin du politique est de &lt;i&gt;produire du bonheur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui &#234;tes-vous professeur Foucault &#187;, entretien avec P Carus, septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui demande-t-on, par quel mouvement, il se sent &#171; &lt;i&gt;le plus attir&#233; en tant que structuraliste&lt;/i&gt; &#187;, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas si l'on peut directement r&#233;pondre ainsi. Disons seulement que le structuralisme doit s'&#233;loigner de toute attitude politique qui peut &#234;tre reli&#233; aux vieilles valeurs lib&#233;rales et humanistes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, entretien avec I. Lindung, mars 1968, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'insister : &lt;i&gt;&#171; Je crois (&#8230;) que le structuralisme doit pouvoir donner &#224; toute action politique un instrument politique un instrument analytique qui est sans doute indispensable, La politique n'est pas n&#233;cessairement livr&#233; &#224; l'ignorance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, art. cit., , p. 658.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, contre l'humanisme et en r&#233;ponse &#224; Sartre : &lt;i&gt;&#171; (&#8230;) nous refusons ces politiques de la docte ignorance qui &#233;taient celle je crois de ce que l'on appelait l'engagement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault r&#233;pond &#224; Sartre &#187;, entretien avec J.P. Elkabach,, mars 1968, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;/i&gt; &#187; . &#171; On &#187; ? Sartre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, c'est en de&#231;&#224; de ses principaux ouvrages (mais non sans liens avec eux) que Foucault expose, au fil des textes r&#233;unis dans ses &lt;i&gt;Dit et &#233;crits&lt;/i&gt;, une politique de l'insoumission qui prend pour cible l&lt;i&gt;'intol&#233;rable&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inacceptable, intol&#233;rable. Ces vocables pars&#232;ment les Dits et &#233;crits : t 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette politique fait office de fondement de ces actions et prises de positions militantes &#8211; ses engagements -que l'on n&#233;gligera ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais refuser l'intol&#233;rable, ce n'est pas prescrire des rem&#232;des. C'est, du c&#244;t&#233; de la th&#233;orie, probl&#233;matiser le sens du conflit et du c&#244;t&#233; de la pratique l' intensifier.. Face &#224; l'intol&#233;rable, les prescriptions menacent d'&#234;tre superficielles et les proph&#233;ties illusoires. Une politique de la r&#233;volte invite &#224; respecter la singularit&#233; qui s'insurge et &#224; d&#233;couvrir la complexit&#233; de l'affrontement. Voil&#224; pourquoi Foucault se m&#233;fie des programmes et se d&#233;fie des solutions, au point m&#234;me de s'interdire de proposer des r&#233;formes. N'est-ce pas cependant au b&#233;n&#233;fice d'une nouvelle politique de la r&#233;forme ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Une politique de la r&#233;forme ? La r&#233;forme est-elle souhaitable ?&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Foucault affirme conjointement que le refus de proposer des r&#233;formes est motiv&#233; par une saine m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du pouvoir et que la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des r&#233;formes est inspir&#233;e par une critique fauss&#233;e du r&#233;formisme. La critique de Foucault est une critique &#224; double foyer : une critique du r&#233;formisme comme pratique critique et, selon sa propre expression une &#171; critique du r&#233;formisme comme pratique politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une critique du r&#233;formisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault critique dans le r&#233;formisme une vis&#233;e et une m&#233;thode. La vis&#233;e est celle du traitement des sympt&#244;mes. La m&#233;thode est celle des r&#233;formes octroy&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme comme vis&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme, en fin de compte, est un traitement des sympt&#244;mes : il s'agit de gommer les cons&#233;quences tout en faisant valoir le syst&#232;me auquel on appartient, m&#234;me si cela veut dire qu'on doit le dissimuler&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conversation avec Michel Foucault &#187;, publi&#233;e en avril 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;. Voil&#224; pourquoi le Groupe d'information sur les prisons (GIP)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; le 8 f&#233;vrier 1971 &#224; la suite d'un manifeste sign&#233; par Jean-Marie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tournera d&#233;lib&#233;r&#233;ment le dos &#224; toute forme de r&#233;formisme. Ainsi, les enqu&#234;tes qui prolongent les intol&#233;rances &#224; l'intol&#233;rable - les &lt;i&gt;&#171; enqu&#234;tes-intol&#233;rance&lt;/i&gt; &#187; comme celles sur les prisons - &#171; &lt;i&gt;ne sont pas destin&#233;es &#224; am&#233;liorer, &#224; adoucir, &#224; rendre plus supportable un pouvoir oppressif&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; &#224; Enqu&#234;te sur vingt prisons, 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 195.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit de donner la parole aux d&#233;tenus. En cons&#233;quence : &lt;i&gt;&#171; Notre propos n'est pas de faire &#339;uvre de sociologue ni de r&#233;formisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je per&#231;ois l'intol&#233;rable &#187;, entretien publi&#233; en juillet 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que Foucault distingue des vari&#233;t&#233;s solidaires d'am&#233;nagement : l'humanisme et le r&#233;formisme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour simplifier, l'humanisme consiste &#224; vouloir changer le syst&#232;me id&#233;ologique sans toucher &#224; l'institution ; le r&#233;formisme &#224; changer l'institution sans toucher le syst&#232;me id&#233;ologique. L'action r&#233;volutionnaire se d&#233;finit au contraire comme un &#233;branlement simultan&#233; de la conscience et de l'institution ; ce qui suppose qu'on s'attaque aux rapports de pouvoir dont elles sont l'instrument, l'armature, l'armure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par-del&#224; le Bien et le Mal &#187;, entretien, Actuel, , novembre 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux vis&#233;es de l'humanisme et du r&#233;formisme s'opposent les luttes radicales :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes, les prisonniers, les soldats du contingent, les malades des h&#244;pitaux, les homosexuelles ont entam&#233; en ce moment une lutte sp&#233;cifique contre la forme particuli&#232;re de pouvoir, de contrainte, de contr&#244;le qui s'exerce sur eux. De telles luttes font partie actuellement du mouvement r&#233;volutionnaire, &#224; condition qu'elles soient radicales, sans compromis ni r&#233;formisme, sans tentative pour am&#233;nager le m&#234;me pouvoir avec tout au plus un changement de titulaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, 1972, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 315.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; La critique des objectifs fait corps avec une critique des m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme comme m&#233;thode&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault conteste dans le r&#233;formisme la politique des r&#233;formes prescrites et des r&#233;formes octroy&#233;es. Aux r&#233;formes prescrites, Foucault oppose les transformations impos&#233;es. C'est le rapport entre critique et transformation qui doit &#234;tre red&#233;fini :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme, ce n'est jamais que le r&#233;sultat d'un processus dans lequel il y a conflit, affrontement, lutte r&#233;sistance... Se dire d'entr&#233;e de jeu : quel est donc la r&#233;forme que je vais pouvoir faire ? Ce n'est pas pour l'intellectuel, je crois un objectif &#224; poursuivre. Son r&#244;le, puisque pr&#233;cis&#233;ment il travaille dans l'ordre de la pens&#233;e, c'est de voir jusqu'o&#249; la lib&#233;ration de la pens&#233;e peut arriver &#224; rendre ces transformations assez urgentes pour qu'on ait envie de les faire, et assez difficiles &#224; faire pour qu'elles s'inscrivent profond&#233;ment dans le r&#233;el. Il s'agit de rendre les conflits plus visibles, de les rendre plus essentiels que de simples affrontements d'int&#233;r&#234;ts ou de simples blocages institutionnels. De ces conflits, de ces affrontements doit sortir un nouveau rapport de forces dont le profil provisoire sera une r&#233;forme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Est-il donc important de penser ? &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 181.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si des r&#233;formes doivent &#234;tre obtenues, elles ne doivent pas avoir pour pr&#233;alables des propositions positives d'un th&#233;oricien, mais sur la contestation de ceux qui sont directement concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me p&#233;nal, en vigueur depuis le Code p&#233;nal de 1810, doit &#234;tre transform&#233;, d&#233;clare Foucault. &lt;i&gt;&#171; Maintenant je crois qu'il faut toute une r&#233;forme du code, une r&#233;forme en profondeur. Nous avons besoin d'un nouveau Beccaria, d'un nouveau Bertin, Je n'ai pas du tout la pr&#233;tention d'&#234;tre un nouveau Beccaria ou Bertin, car ce n'est pas &#224; un th&#233;oricien de faire la r&#233;forme des &#201;tats. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors comment r&#233;former ? : &lt;i&gt;&#171; Ceux-l&#224; m&#234;mes sur qui p&#232;se cette justice sans doute injuste, c'est &#224; ceux-l&#224; m&#234;mes de prendre en main la r&#233;forme et la refonte de la justice&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un probl&#232;me m'int&#233;resse depuis longtemps... &#187;, 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la radicalit&#233; de la contestation d&#233;pend la profondeur des transformations :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Depuis dix bonnes ann&#233;es, s'est instaur&#233; en France - mais dans d'autres pays aussi un d&#233;bat &#224; voix multiples. Certains s'en impatientent : ils aimeraient que l'institution propose d'elle-m&#234;me, et au milieu du silence des profanes, sa propre r&#233;forme. Il est bon qu'il n'en soit pas ainsi. Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face, in R. Knobelpiess, QHS : Quartier de haute s&#233;curit&#233;, 1980, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux r&#233;formes octroy&#233;es, Foucault oppose les victoires obtenues. Le r&#233;formisme selon Foucault ne consiste pas, &#224; proprement parler, dans l'obtention de r&#233;formes, mais dans la m&#233;thode de lutte adopt&#233;e pour les obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on oppose &#224; Foucault que les prisonniers en r&#233;volte d&#233;posaient des revendications strictement mat&#233;rielles qui ne remettaient pas en question l'institution p&#233;nitentiaire elle-m&#234;me, il r&#233;plique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Il faut faire attention. Souvent, on nous dit, c'est du r&#233;formisme. Mais en fait le r&#233;formisme se d&#233;finit par la mani&#232;re dont on obtient ce que l'on veut, ou on cherche &#224; l'obtenir. &#192; partir du moment o&#249; on l'impose par la force, par la lutte, par la lutte collective, par l'affrontement politique, ce n'est pas une r&#233;forme, c'est une victoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le monde est un grand asile &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 443.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est cette critique du r&#233;formisme qui court en filigrane de l'&#233;loge des luttes contre le quotidien des jeux de pouvoir. Car, dans ces luttes, &lt;i&gt;&#171; il s'agit non plus d'affrontements &#224; l'int&#233;rieur des jeux, mais de r&#233;sistances aux jeux et de refus du jeu lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, conf&#233;rence donn&#233;e le 27 avril (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;Dans les luttes dont je viens de parler&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;il ne s'agit pas du tout de r&#233;formisme, puisque le r&#233;formisme a pour r&#244;le de stabiliser un syst&#232;me de pouvoir au bout d'un certain nombre de changements, alors que dans toutes ces luttes, il s'agit de la d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir, d'une d&#233;stabilisation apparemment sans fin&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on, doit-on, passer du stade de la critique au stade de la proposition ? &#171; &lt;i&gt;Ma position, c'est qu'on n'a pas &#224; proposer. Du moment qu'on &#171; &#8220;propose&#8221; &#187;, on propose un vocabulaire, une id&#233;ologie, qui ne peuvent avoir que des effets de domination&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, 1977, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 348.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans le m&#234;me article o&#249; il dispense la critique de formuler des propositions, Foucault invite la critique &#224; s'avancer sur ce terrain. Pourquoi Foucault a-t-il accept&#233; de r&#233;pondre &#224; des questions relatives &#224; la r&#233;forme du droit p&#233;nal ? &#171; &lt;i&gt;Finalement je suis un peu irrit&#233; par une attitude, qui d'ailleurs a &#233;t&#233; la mienne longtemps et &#224; laquelle je ne souscris plus actuellement, qui consiste &#224; dire :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nous notre probl&#232;me, c'est de d&#233;noncer et de critiquer ; qu'ils se d&#233;brouillent avec leur l&#233;gislation et leur r&#233;formes. Cela ne me para&#238;t pas une attitude juste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, art. cit., t. 3, p. 360.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, &#171; &lt;i&gt;Il ne faut surtout pas que la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;forme serve de chantage pour r&#233;duire et stopper l'exercice de la critique. Il ne faut en aucun cas &#233;couter ceux qui vous disent : &#8220;Ne critiquez pas, vous qui n'&#234;tes pas capables de faire une r&#233;forme &#8221;. Ce sont l&#224; des propos de cabinets minist&#233;riels&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde du 20 mai 1978 &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 31-32.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plut&#244;t, il faut refuser le partage en deux temps, entre critique et r&#233;forme ainsi que le partage des t&#226;ches entre le critique radical et le r&#233;formateur prudent :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; [..].il n'y a pas un temps pour la critique et un temps pour la r&#233;forme, il n'y a pas ceux qui ont &#224; faire la critique et ceux qui ont &#224; transformer le r&#233;el, ceux qui sont enferm&#233;s dans une radicalit&#233; inaccessible et ceux qui sont bien oblig&#233;s de faire des concessions au r&#233;el. En fait je crois que dans le travail de transformation profonde ne peut se faire que dans l'air libre et toujours agit&#233; d'une critique permanente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Est-t-il donc important de penser ? &#187;, 1981, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 181.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le voit : la critique du r&#233;formisme ne se confond pas avec le refus de r&#233;formes. Foucault affirme conjointement que le refus de proposer isol&#233;ment des r&#233;formes est motiv&#233; par une saine m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du pouvoir et que la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des r&#233;formes peut &#234;tre inspir&#233;e par une critique fauss&#233;e du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une politique de la r&#233;forme ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault esquisse ainsi une politique de la r&#233;forme qui r&#233;cuse des argument en d&#233;faveur des r&#233;formes. La critique du r&#233;formisme ne se fonde ni sur l'impossibilit&#233;, ni sur la nocivit&#233; des r&#233;formes : impossibilit&#233; de la r&#233;forme car nous serions pi&#233;g&#233;s, nocivit&#233; de la r&#233;forme car elle serait r&#233;cup&#233;r&#233;e. La r&#233;forme est toujours possible et souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Impossibilit&#233; des r&#233;formes ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances ne sont pas n&#233;cessairement pi&#233;g&#233;es par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#232;s qu'il y a un rapport de pouvoir, il y a une possibilit&#233; de r&#233;sistance. Nous ne sommes jamais pi&#233;g&#233;s par le pouvoir : on peut toujours en modifier l'emprise, dans des conditions d&#233;termin&#233;es et selon une strat&#233;gie d&#233;termin&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ou encore : &lt;i&gt;&#171; Je n'effectue pas mes analyses pour dire : voil&#224; comment sont les choses, vous &#234;tes pi&#233;g&#233;s. Je ne dis ces choses que dans la mesure o&#249; cela permet de les transformer&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Th&#233;atrum philosophicum &#187;, , article dans Critique, novembre 1970, 1970, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le travail qu'on a &#224; faire, c'est un travail de probl&#233;matisation et de perp&#233;tuelle reprobl&#233;matisation. Ce qui bloque la pens&#233;e, c'est d'admettre implicitement ou explicitement une forme de reprobl&#233;matisation, et de chercher une solution qui puisse se substituer &#224; celle qu'on accepte. Or, si le travail de la pens&#233;e a un sens - diff&#233;rent de celui qui consiste &#224; r&#233;former les institutions et les codes -, c'est de reprendre &#224; la racine la fa&#231;on dont les hommes probl&#233;matisent leur comportement (leur activit&#233; sexuelle, leur pratique punitive, leur attitude &#224; l'&#233;gard de la folie, etc.). Il arrive que les gens prennent cet effort de reprobl&#233;matisation comme un &#8220; antir&#233;formisme &#8221;, reposant sur un pessimisme du genre &#171; rien ne changera &#187;. C'est tout le contraire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 612.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et ce changement ne d&#233;savoue nullement l'obtention de r&#233;formes, au nom des effets nocifs qu'elles auraient sur la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Nocivit&#233; des r&#233;formes ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du r&#233;formisme n'a pas pour contrepartie l'adoption d'un certain gauchisme. Au contraire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut distinguer la critique du r&#233;formisme comme pratique politique de la critique d'une pratique politique par le soup&#231;on qu'elle peut donner lieu &#224; une r&#233;forme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187; , entretien avec Jacques Ranci&#232;re, Les R&#233;voltes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il faut d&#233;jouer la double phobie de la r&#233;forme et de la r&#233;cup&#233;ration, solidaires de certaines ivresses dialectiques. La critique du r&#233;formisme ne doit pas &#234;tre confondue avec la phobie de la r&#233;forme, &lt;i&gt;&#171; fr&#233;quente&lt;/i&gt; - d&#233;clare Foucault - &lt;i&gt;dans les groupes d'extr&#234;me-gauche &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phobie de la r&#233;forme repose sur la phobie de la r&#233;cup&#233;ration : c'est, en fait &lt;i&gt;&#171; une phobie de la r&#233;plique r&#233;formiste chez l'adversaire &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187;, art. cit., p. 426..&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette double phobie des r&#233;formes et de la r&#233;cup&#233;ration explique la &lt;i&gt;&#171; propension &#224; l'&#233;chec &#187;&lt;/i&gt; des &#171; &lt;i&gt;pr&#233;tendus partis d'extr&#234;me-gauche&lt;/i&gt; &#187; : &lt;i&gt;&#171; D&#232;s que quelque chose r&#233;ussit et se r&#233;alise, ils s'&#233;crient que c'est r&#233;cup&#233;r&#233; par le syst&#232;me &#233;tabli ! Bref, ils se mettent dans la position de n'&#234;tre jamais r&#233;cup&#233;r&#233;s, autrement dit, il est toujours n&#233;cessaires qu'ils subissent un &#233;chec &#187;&lt;/i&gt;. &#192; cette posture, Foucault oppose la volont&#233; de r&#233;ussir dans &lt;i&gt;&#171; la lutte contre le pouvoir quotidien &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sexualit&#233; et politique &#187;, 1978, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 529-530.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de &lt;i&gt;&#171; d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir&lt;/i&gt; &#187; s'inscrit-elle pour autant dans la perspective d'une r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Une politique de la r&#233;volution ? La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ?&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la l&#233;gende, Foucault n'a jamais pr&#233;tendu que les r&#233;sistances contre les micro-pouvoirs &#233;taient destin&#233;es &#224; se substituer aux luttes contre l'exploitation et contre la domination. Tout au plus a-t-il soutenu que les premi&#232;res &#233;taient appel&#233;es &#224; devenir dominantes. Il n'a jamais soutenu que les gu&#233;rillas ponctuelles contre les rapports de pouvoir devaient se substituer &#224; la perspective strat&#233;gique de leur g&#233;n&#233;ralisation. Tout au plus - mais c'est d&#233;j&#224; beaucoup - exclut-t-il qu'une telle strat&#233;gie puisse &#234;tre confi&#233;e, pour &#234;tre pens&#233;e et mise en &#339;uvre, &#224; un quelconque &#233;tat-major. Foucault n'abandonne pas la perspective d'une r&#233;volution. Tout au plus incite-t-il, sans l'avoir fait lui-m&#234;me - et peut &#234;tre sans l'avoir cru possible - &#224; repenser son concept et son contenu. Car si la r&#233;volution est possible, est-elle d&#233;sirable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Critique de la r&#233;volution : La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait, constate Foucault en avril 1976, que dans les pays europ&#233;ens la r&#233;volution n'est plus d&#233;sir&#233;e par les masses, et que le stalinisme a puissamment contribu&#233; &#224; son discr&#233;dit. Mais si Foucault commence par constater que la r&#233;volution a cess&#233; d'&#234;tre d&#233;sirable, c'est pour assigner comme t&#226;che &#224; l'intellectuel de la rendre d&#233;sirable &#224; nouveau : &#171; &lt;i&gt;&#192; mon avis, le r&#244;le de l'intellectuel aujourd'hui doit &#234;tre de r&#233;tablir pour l'image de la r&#233;volution le m&#234;me taux de d&#233;sirabilit&#233; que celui qui existait au XIXe si&#232;cle (...) de restituer &#224; la r&#233;volution autant de charmes qu'elle en avait au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le savoir comme crime &#187;, avril 1976, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 85-86.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Resterait alors &#224; savoir comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Relancer la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, un an plus tard, en mars 1977, Foucault avoue ne plus savoir si la r&#233;volution est d&#233;sirable : la t&#226;che de l'intellectuel n'est donc plus de la rendre d&#233;sirable, mais de savoir si elle l'est. &#171; &lt;i&gt;D&#233;sirez-vous la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &#187;, lui demande-t-on. R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas de r&#233;ponse&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Mais je crois, si vous voulez, que faire de la politique autrement que politicienne, c'est essayer de savoir avec le plus d'honn&#234;tet&#233; possible si la r&#233;volution est d&#233;sirable. C'est explorer cette terrible taupini&#232;re o&#249; la politique risque de dispara&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les processus qui ont &#171; &lt;i&gt;ramen&#233; au c&#339;ur des pr&#233;occupations contemporaines la question des Lumi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, figure particuli&#232;rement &#171; &lt;i&gt;l'histoire m&#234;me d'une &#8220;r&#233;volution &#187; dont l'espoir avait &#233;t&#233;, depuis la fin du XVIIIe si&#232;cle, port&#233; par tout un rationalisme auquel on est en droit de se demander quelles part il a pu avoir dans les effets de despotisme o&#249; cet espoir s'est &#233;gar&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Introduction par Michel Foucault &#187;, 1978, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 433.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suppose un retour sur les Lumi&#232;res qui incite &#224; revenir &#224; la fa&#231;on dont Kant avait abord&#233; la question. Pour Kant lui-m&#234;me la question &#171; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ? &#187; d&#233;pend de cette autre question que lui posait l'actualit&#233; &#171; Qu'est-ce que c'est que la r&#233;volution &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ces deux questions : &#8220; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ? Qu'est-ce que la R&#233;volution ?&#8221; sont les deux formes sous lesquelles Kant a pos&#233; la question de sa propre actualit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, Extrait du cours du 5 janvier 1983, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce sont ces deux questions dont Foucault souligne l'insistance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les deux questions &#171; &#8220; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ?&#8221; et &#8220;Que faire de la volont&#233; de r&#233;volution ?&#8221; &#187; d&#233;finissent &#224; elles seules le champ d'interrogation philosophique qui porte sur ce que nous sommes dans &lt;strong&gt;notre actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, art. cit., p. 687. Soulign&#233; par moi.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Que faire de la volont&#233; de r&#233;volution ? Faut-il la soutenir ou la dissuader ? Faut-il relancer la r&#233;volution ou renoncer &#224; la r&#233;volution ? .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault, on le voit, loin de commencer par exclure toute perspective r&#233;volutionnaire, accepte, au moins provisoirement, d'en pr&#233;server l'horizon. Mais sous certaines conditions, inspir&#233;es par le bilan de la r&#233;volution russe et confort&#233;es par l'analytique du pouvoir. Si la R&#233;volution est d&#233;sirable, c'est &#224; la condition de ne pas rester chevill&#233;e &#224; l'&#201;tat, mise &#224; l'abri d'une philosophie de l'histoire ; &#224; condition de ne pas &#234;tre suspendue &#224; une programme et comprise comme un itin&#233;raire qui balise tous les conflits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, Le Nouvel Observateur, 9 Mai 1977, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;volution souhaitable est une r&#233;volution qui ne se concentre pas sur la seule prise du pouvoir d'&#201;tat. Telle est au premier chef la le&#231;on de la r&#233;volution russe quand elle est tir&#233;e, en 1975, &#224; partir de l'analytique du pouvoir :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne pr&#233;tends pas du tout que l'appareil d'&#233;tat ne soit pas important, mais il me semble que parmi toutes les conditions qu'on doit r&#233;unir pour ne pas recommencer l'exp&#233;rience sovi&#233;tique, pour que le processus r&#233;volutionnaire ne s'ensable pas, l'une des premi&#232;re chose &#224; comprendre, c'est que le pouvoir n'est pas localis&#233; dans l'appareil d'&#233;tat et que rien ne sera chang&#233; dans la soci&#233;t&#233; si les m&#233;canismes de pouvoir qui fonctionnent en dehors des appareils d'&#233;tat, au-dessous d'eux, &#224; c&#244;t&#233; d'eux, &#224; un niveau beaucoup plus infime, quotidien, ne sont pas modifi&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoir et corps &#187;, entretien de juin 1975, Quel corps ?, septembre-octobre&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En effet, souligne Foucault, dans un texte que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, on peut &#171; &lt;i&gt;parfaitement concevoir des r&#233;volutions qui laissent intactes, pour l'essentiel, les relations de pouvoir qui avaient permis &#224; l'Etat de fonctionner&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, juin 1976, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 151.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l&#224; cette le&#231;on :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les r&#233;volutionnaires authentiques, s'emparer du pouvoir signifie s'emparer d'un tr&#233;sor qui se trouve dans les mains d'une classe, pour la livrer &#224; une autre classe, en l'occurrence au prol&#233;tariat. Je crois que c'est ainsi qu'on con&#231;oit la r&#233;volution et la prise du pouvoir. Observez alors l'Union sovi&#233;tique. Nous avons l&#224; un r&#233;gime o&#249; les relations de pouvoir dans la famille, dans la sexualit&#233;, dans les usines, dans les &#233;coles restent les m&#234;mes. Le probl&#232;me est de savoir si nous pouvons, dans le r&#233;gime actuel, transformer &#224; des niveaux microscopiques - &#224; l'&#233;cole, dans la famille - les relations de pouvoir, de telle sorte que, quand il y aura une r&#233;volution politico-&#233;conomique, nous ne nous trouvions pas, apr&#232;s, les m&#234;mes relations de pouvoir que nous trouvons maintenant. C'est le probl&#232;me de la r&#233;volution culturelle en Chine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La v&#233;rit&#233; et les formes juridiques &#187;, (mai 1973), Dits et &#233;crits, t. 2, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Pourtant, comme nous l'avons relev&#233;, &#224; peine Foucault vient-il de tracer &#224; grands traits les conditions d'une r&#233;volution d&#233;sirable, que la question est relanc&#233;e. Non plus : comment rendre la r&#233;volution d&#233;sirable ou quelle r&#233;volution serait d&#233;sirable. Mais, une fois encore, la r&#233;volution est-elle seulement d&#233;sirable ? N'est-il pas pr&#233;f&#233;rable d'y renoncer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Renoncer &#224; la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;sirez-vous la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &#187;, demande-t-on &#224; Foucault. Celui-ci commence par r&#233;pondre en soulignant l'enjeu de la question :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[...] sur ce versant de l'histoire, o&#249; la r&#233;volution doit revenir et n'est pas encore venue, nous posons la m&#234;me question : &#171; &#8220; Qui sommes-nous, nous qui sommes en trop, en ce temps ou ne passe pas ce qui devrait se passer ? &#8220;. Toute la pens&#233;e moderne, comme toute la politique, a &#233;t&#233; command&#233;e par la question de la r&#233;volution. (...) Si la politique existe depuis le XIXe si&#232;cle, c'est parce qu'il y a eu la R&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question de notre actualit&#233; co&#239;ncide jusqu'&#224; un certain point avec la question de la r&#233;volution, car politique et r&#233;volution menacent de dispara&#238;tre conjointement, comme on l'a d&#233;j&#224; signal&#233; : &lt;i&gt;&#171; Faire de la politique autrement que politicienne, c'est essayer de savoir avec le plus d'honn&#234;tet&#233; possible si la r&#233;volution est d&#233;sirable. C'est explorer cette terrible taupini&#232;re o&#249; la politique risque de dispara&#238;tre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 3, p. 267.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Resterait alors &#224; savoir de quelle disparition il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition du monopole de la r&#233;volution ? Telle est l'hypoth&#232;se que Foucault &#233;met en avril 1978 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Assiste-t-on, en cette fin du XXe si&#232;cle, &#224; quelque chose qui serait la fin de l'&#226;ge de la r&#233;volution ? Ce genre de proph&#233;tie, ce genre de condamnation me para&#238;t un peu d&#233;risoire. Nous sommes peut-&#234;tre en train de vivre la fin d'une p&#233;riode historique qui, depuis 1789-1793, a &#233;t&#233;, au moins pour l'Occident, domin&#233;e par le monopole de la r&#233;volution, avec tous les effets de despotisme conjoints, que cela pouvait impliquer, sans que pour autant cette disparition du monopole de la r&#233;volution signifie une revalorisation du r&#233;formisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, 27 avril 1978 &#224; Tokyo, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour Foucault, on l'a vu, les luttes n'ont pas pour r&#244;le de revaloriser le r&#233;formisme : elles ont pour enjeu et pour effet une &#171; &lt;i&gt;d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir, d'une d&#233;stabilisation apparemment sans fin.&lt;/i&gt; &#187; Mais la signification de ces luttes ne peut plus &#234;tre d&#233;gag&#233;e en fonction de la perspective de la R&#233;volution. L'enjeu des r&#233;sistances est &#171; &lt;i&gt;tout &#224; fait diff&#233;rent de celui que visent les luttes r&#233;volutionnaires et qui m&#233;ritent au moins autant que celles-ci d'&#234;tre qu'on les prenne consid&#233;ration&lt;/i&gt; &#187;. Alors que sous le nom de R&#233;volution depuis le XIXe si&#232;cle, &#171; &lt;i&gt;ce que vient les partis et les mouvements qu'on appelle r&#233;volutionnaires, c'est essentiellement ce qui concerne le pouvoir &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art cit., Dits et &#233;crits, t. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition d'un monopole ou disparition tout court ? Foucault prend acte de la disparition de l'id&#233;e de r&#233;volution. &#192; une question portant sur l'avenir de l'eurocommunisme, il r&#233;pond : &#171; la question importante ne se pose pas quant &#224; son avenir, mais quant &#224; l'avenir et au th&#232;me de la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis 1789, l'Europe a chang&#233; en fonction de l'id&#233;e de r&#233;volution. L'histoire europ&#233;enne a &#233;t&#233; domin&#233;e par cette id&#233;e. C'est exactement cette id&#233;e-l&#224; qui est en train de dispara&#238;tre en ce moment &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Michel Foucault et le zen : s&#233;jour dans un temple zen &#187;, Japon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend alors que l'enjeu s'est sans doute d&#233;finitivement d&#233;plac&#233; : &#171; Ces luttes d&#233;centr&#233;es par rapport aux principes, aux primats, aux privil&#232;ges de la r&#233;volution ne sont pas pour autant des ph&#233;nom&#232;nes de circonstances, qui ne seraient li&#233;es qu'&#224; des conjoncture particuli&#232;re. Elles visent une r&#233;alit&#233; historique qui existe d'une mani&#232;re qui n'est peut-&#234;tre pas apparente mais est extr&#234;mement solide dans la soci&#233;t&#233; occidentale depuis des si&#232;cles et des si&#232;cles. Il me semble que ces luttes visent une des structures mal connues, mais essentielles de nos soci&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, avril 1978 &#224; Tokyo, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence le pouvoir pastoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de la r&#233;volution, semble-t-il, s'est effac&#233;e : les r&#233;sistances s&#233;ditieuses contre les &#171; disciplines &#187;, contre la soci&#233;t&#233; de normalisation, contre le biopouvoir ont, semble-t-il, trouv&#233; leur cible, et l'option politique de Foucault son fondement : contemporaine de l'inflexion th&#233;orique qui, succ&#233;dant &#224; &lt;i&gt;La Volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;, conduit Foucault &#224; analyser la &#171; gouvernementalit&#233; &#187;, cette inflexion politique incite Foucault &#224; reporter la perspective de la r&#233;volution sur les r&#233;sistances (ou le soul&#232;vement) contre la gouvernementalit&#233; : une politique de la s&#233;dition contre la rationalit&#233; politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la question de la r&#233;volution est relanc&#233;e par le soul&#232;vement des Iraniens contre le chah. Si la r&#233;volution n'est pas d&#233;sirable, le soul&#232;vement est-il soutenable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#201;loge du soul&#232;vement : Le soul&#232;vement est-il soutenable ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'ao&#251;t 1978, Foucault se met &#224; l'&#233;tude de l'Iran o&#249; il effectue un premier voyage en septembre, bient&#244;t suivi d'un second en novembre. De ces voyages, rendront compte plusieurs articles, tr&#232;s controvers&#233;s. Pourtant, si l'issue de l'&#233;v&#233;nement semble d&#233;mentir la lucidit&#233; de l'analyse, celle-ci ne d&#233;roge jamais aux exigences de la rigueur philosophique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herv&#233; Malagola, &#171; Foucault en Iran &#187;, in Michel Foucault, Les jeux de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais surtout, la singularit&#233; du soul&#232;vement iranien donne &#224; Foucault l'occasion de r&#233;fl&#233;chir &#224; la diff&#233;rence sp&#233;cifique entre r&#233;volution et soul&#232;vement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soul&#232;vement (index) : Dits et &#233;crits, t. 3, p. 130, 749 &#171; Une interview de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault reprend ici le fil d'une r&#233;flexion sur l'importance des &#171; soul&#232;vements populaires &#187; qui, avant la R&#233;volution fran&#231;aise, associaient la pl&#232;be marginalis&#233;e et s&#233;ditieuse, avant que, au cours du XIXe si&#232;cle, le syndicalisme ouvrier ne doive, &#171; &lt;i&gt;afin de se faire reconna&#238;tre, se dissocier de tous les groupes s&#233;ditieux&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de la prison d'Attica &#187;, 1974, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 534.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle analyse ouvrait la voie &#224; une opposition entre soul&#232;vement et r&#233;volution. Mais cette opposition devient explicite &#224; l'occasion du soul&#232;vement des Iraniens contre le chah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La singularit&#233; de ce soul&#232;vement ne permet pas de le penser dans les termes classiques d'une r&#233;volution : on n'y reconna&#238;t ni la dynamique des contradictions, des luttes de classes ou grands affrontement sociaux, ni la dynamique politique imprim&#233;e par une force politique dirigeante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 744.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette singularit&#233; ne peut s'expliquer seulement par les difficult&#233;s &#233;conomiques : &#171; L'&#226;me du soul&#232;vement &#187; est surtout la volont&#233; de se changer soi-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#192; la limite, toute difficult&#233; &#233;conomique &#233;tant donn&#233;e, reste encore &#224; savoir pourquoi il y a des gens qui se l&#232;vent et qui disent : &#231;a ne va plus. En se soulevant, les Iraniens disaient - et c'est peut-&#234;tre cela l'&#226;me du soul&#232;vement : il nous faut changer, bien s&#251;r, ce r&#233;gime et nous d&#233;barrasser de cet homme, il nous faut changer ce personnel corrompu, il nous faut changer tout dans le pays, l'organisation politique, le syst&#232;me &#233;conomique, la politique &#233;trang&#232;re. Mais surtout, il nous faut changer nous-m&#234;mes. Il faut que notre mani&#232;re d'&#234;tre, notre rapport aux autres, &#224; l'&#233;ternit&#233;, &#224; Dieu, etc., soient compl&#232;tement chang&#233;, et il n'y aura de r&#233;volution r&#233;elle qu'&#224; la condition de ce changement radical dans notre exp&#233;rience. Je crois que c'est l&#224; o&#249; l'islam a jou&#233; un r&#244;le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 3, p. 748.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre soul&#232;vement et r&#233;volution prend alors un nouveau relief que Foucault rel&#232;ve &#224; l'occasion de la mort de Maurice Clavel qui intervient dans le contexte du soul&#232;vement iranien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;chappe &#224; l'histoire, c'est l'instant, la fracture, le d&#233;chirement, l'interruption (...). La r&#233;volution s'organise selon toute une &#233;conomie int&#233;rieure du temps : des conditions, des promesses, des n&#233;cessit&#233;s ; elle loge donc dans l'histoire, y fait son lit et finalement s'y couche. Le soul&#232;vement, lui, coupant le temps, dresse les hommes &#224; la verticale de leur terre et de leur humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vivre autrement le temps &#187;, 30 avril-6 mai 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse est confirm&#233;e et d&#233;velopp&#233;e, avec cette pr&#233;cision d&#233;cisive : les soul&#232;vements ont &#233;t&#233;, en quelque sorte, &#171; colonis&#233;s &#187; par la perspective de la r&#233;volution. Une r&#233;volution vraiment d&#233;sirable ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les soul&#232;vements appartiennent &#224; l'histoire. Mais d'une certaine mani&#232;re lui &#233;chappe (...) Parce qu'il est ainsi &#171; hors d'histoire et dans l'histoire, parce que chacun y joue &#224; la vie, &#224; la mort, on comprend pourquoi les soul&#232;vements ont pu trouver si facilement dans les formes religieuses leur expression et leur dramaturgie (...) Vint l'&#226;ge de la &#171; &#8220; r&#233;volution&#8221; &#187;. Depuis deux si&#232;cle, celle-ci a surplomb&#233; l'histoire, organis&#233; notre perception du temps, polaris&#233; les espoirs. Elle a constitu&#233; un gigantesque effort pour acclimater le soul&#232;vement &#224; l'int&#233;rieur d'une histoire rationnelle et ma&#238;trisable : elle lui a donn&#233; une l&#233;gitimit&#233;, elle a fait le tri de ses bonnes et de ses mauvaises formes, elle a d&#233;fini les lois de son d&#233;roulement ; elle lui a fix&#233; des conditions pr&#233;alables, des objectifs et des mani&#232;res de s'achever. On a m&#234;me d&#233;fini la profession de r&#233;volutionnaire. En rapatriant ainsi le soul&#232;vement, on a pr&#233;tendu le faire appara&#238;tre dans sa v&#233;rit&#233; et l'amener jusqu'&#224; son terme r&#233;el. Certains diront que le soul&#232;vement s'est trouv&#233; colonis&#233; par la Realpolitik. D'autres qu'on lui a ouvert la dimension d'une histoire rationnelle. Je pr&#233;f&#232;re la question que Horkheimer posait autrefois, question na&#239;ve, et un peu fi&#233;vreuse : &#8220; Mais est-elle donc si d&#233;sirable, cette r&#233;volution ? &#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Inutile de se soulever ? &#187;, 11-12 mai 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement iranien relance donc, en 1979, les questions pos&#233;es en 1977 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je r&#234;ve de l'intellectuel destructeur des &#233;vidences et des universalit&#233;s, celui qui rep&#232;re et indique dans les inerties et les contraintes du pr&#233;sent les points de faiblesse, les ouvertures, les lignes de forces, celui qui sans cesse se d&#233;place, ne sait pas au juste o&#249; il sera et ce qu'il pensera demain, car il est trop attentif au pr&#233;sent ; celui qui contribue, l&#224; o&#249; il est de passage, &#224; poser la question de savoir si la r&#233;volution, &#231;a vaut la peine, et laquelle (je veux dire quelle r&#233;volution et quelle peine), &#233;tant entendu que seuls peuvent y r&#233;pondre ceux qui acceptent de risquer leur vie pour la faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe Roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les m&#234;mes questions demeurent : La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ? Quelle r&#233;volution est d&#233;sirable ? Vaut-il la peine et quelle peine de viser la r&#233;volution ? Ne nous h&#226;tons pas de conclure que laiss&#233;es en suspens par Foucault lui-m&#234;me, ces questions auraient disparu de notre actualit&#233; avec l'effondrement des communismes stalinis&#233;s. Il reste que Foucault laissera ces questions ouvertes, comme si elles devaient le rester &#224; jamais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, s'il existe une politique selon Foucault - puisque lui-m&#234;me se d&#233;fendait d'en pr&#233;coniser une - c'est une politique de la r&#233;volte : une politique de la s&#233;dition que Foucault lui-m&#234;me n'a cess&#233; de pratiquer : du soutien aux prisonniers &#224; celui des travailleurs polonais.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Une politique de l'insoumission ?&lt;/h2&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Il faut le redire : de la radicalit&#233; de la contestation d&#233;pend la profondeur des transformations. Et le redire encore : &#171; &lt;i&gt;Depuis dix bonnes ann&#233;es s'est instaur&#233; en France - mais dans d'autres pays aussi un d&#233;bat &#224; voix multiples. Certains s'en impatientent : ils aimeraient que l'institution propose d'elle-m&#234;me, et au milieu du silence des profanes, sa propre r&#233;forme. Il est bon qu'il n'en soit pas ainsi. Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les racines de l'insoumission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Foucault, du moins dans ses &#233;crits de 1971 &#224; 1976, l'acteur privil&#233;gi&#233; de cette r&#233;volte - de la politique de la s&#233;dition dont il constate l'existence et qu'il soutient &#224; l'occasion sans la prescrire - c'est la pl&#232;be - la pl&#232;be s&#233;ditieuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault qui la mentionne (&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187; (Sur L' (&#8230;)&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La pl&#232;be s&#233;ditieuse&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de la pl&#232;be est identifi&#233;e, avant qu'elle soit nomm&#233;e : &#171; &lt;i&gt;...au fond, ce dont le capitalisme a peur, &#224; tort ou &#224; raison, depuis 89, depuis 48, depuis 70, c'est de la s&#233;dition, de l'&#233;meute : les gars qui descendent dans la rue avec leurs couteaux et leurs fusils, qui sont pr&#234;ts &#224; l'action directe et violente&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, Dits et &#233;crits, t.2 p. 334.&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une chose nous a frapp&#233;s, si l'on &#233;voque l'histoire politique r&#233;cente. Personne ou presque ne parle plus de la manifestation des Alg&#233;riens du 17 octobre 1971. Ce jour-l&#224; et les jours suivants, des policiers ont tu&#233; dans la rue et jet&#233; dans la Seine pour les noyer environ deux cents Alg&#233;riens. En revanche, on parle toujours des neufs morts de Charonne o&#249; se termina, le 8 f&#233;vrier 1962, une manifestation contre l'O.A.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis cela signifie qu'il y a toujours un groupe humain, dont les limites varient, &#224; la merci de autres. Au XIXe si&#232;cle, on appelait ce groupe les classes dangereuses. Aujourd'hui, c'est encore la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a la population des bidonvilles, celle des banlieues surpeupl&#233;es, les immigr&#233;s et tous les marginaux, jeunes et adultes. Rien d'&#233;tonnant si on retrouve surtout ceux-l&#224; devant les cours de justice ou derri&#232;re les barreaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enqu&#234;te sur les prisons : brisons les barreaux du silence &#187;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est cette pl&#232;be - ou cette partie de la pl&#232;be - qui a &#233;t&#233; longtemps s&#233;par&#233;e du prol&#233;tariat. Avant la R&#233;volution fran&#231;aise, souligne Foucault, les &#171; soul&#232;vements populaires &#187; associaient la pl&#232;be marginalis&#233;e et s&#233;ditieuse. Mais, d&#233;plore Foucault, au cours du XIXe si&#232;cle, &#171; &lt;i&gt;le syndicalisme ouvrier... dut, afin de se faire reconna&#238;tre, se dissocier de tous les groupes &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;s&#233;ditieux &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et adopter une moralit&#233; qui &#171; eut valeur de contrat de mariage entre le prol&#233;tariat et la petite-bourgeoisie... de 1848 jusqu'&#224; Zola et Jaur&#232;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la prison d'Attica &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 534.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; l'occasion de l'intervention du G.I.P, Foucault croit pouvoir constater &lt;i&gt;&#171; une premi&#232;re retrouvaille, une r&#233;conciliation entre une partie du prol&#233;tariat et la partie non int&#233;gr&#233;e de la population marginale &#187;&lt;/i&gt; et un retour politique de la pl&#232;be : &#171; &lt;i&gt; [&#8230;] l'&#233;tonnant, c'est que les couches marginales violentes de la population pl&#233;b&#233;ienne reprennent leur conscience politique. Par exemple, ces bandes de jeunes, dans les banlieues dans certains quartiers de Paris, pour lesquels leur situation de d&#233;linquance et leur existence marginales prennent une signification politique &lt;/i&gt; &#187;. Et Foucault de donner des exemples de cette conscience li&#233;e &#224; &lt;i&gt;&#171; l'apparition de nouveaux pl&#233;b&#233;iens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 303.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes dans les prisons ont donc ce sens : &#171; Ce&lt;/i&gt; que les r&#233;voltes dans les prisons mettent en question, ce ne sont pas des d&#233;tails, avoir ou non la t&#233;l&#233;vision, ou l'autorisation de jouer au football, mais, au contraire, le statut de pl&#233;b&#233;ien marginal dans la soci&#233;t&#233; capitaliste. Le statut de paum&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 2, p. 306.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la pl&#232;be ? Foucault - qui souscrit &#224; l'analyse selon laquelle la logique productiviste de Marx le conduisait n&#233;cessairement &#224; se d&#233;sint&#233;resser du sous-prol&#233;tariat - s'efforce d'en tracer les contours. Il propose de comprendre le clivage entre le prol&#233;tariat et le sous-prol&#233;tariat, comme une coupure : &#171; [&#8230;]&lt;i&gt; il y a dans la masse globale de la pl&#232;be une coupure entre le prol&#233;tariat et la pl&#232;be non prol&#233;taris&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;une&lt;i&gt; &#171; coupure dont le capitalisme a besoin &lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, Dits et &#233;crits, t.2 p. 334.&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et d'appeler &#224; une nouvelle rencontre, pour que &#171; &lt;i&gt; il puisse y avoir entre un prol&#233;tariat qui n'a absolument pas l'id&#233;ologie de la pl&#232;be et une pl&#232;be qui n'a absolument pas les pratiques sociales du prol&#233;tariat, autre chose qu'une rencontre de conjoncture &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, art. cit., t.2 p. 336. Foucault (&#8230;)&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la pl&#232;be ? L'&#233;volution de Foucault sur ce point est manifeste : &#224; une tentative d'identifier sa consistance sociale fait suite une rectification qui permet de la d&#233;signer comme un fait g&#233;n&#233;alogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective sociologique, Foucault propose de d&#233;signer comme pl&#232;be l'effet tout &#224; la fois conjugu&#233; et divis&#233; des rapports d'exploitation et des rapports de pouvoir. Dans une perspective analytique, Foucault se d&#233;gage de la tentation de substantifier la pl&#232;be par une analytique des effets de pouvoirs : il y a &#171; de la pl&#232;be &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de substantifier le pouvoir et la r&#233;sistance au pouvoir est une constante de l'analytique du pouvoir et des r&#233;sistances. Le pouvoir n'est pas substance : &#171; &lt;i&gt;Le pouvoir n'est pas substance. Il n'est pas non plus un myst&#233;rieux attribut dont il faudrait fouiller les origines. Le pouvoir n'est qu'un type particulier de relations entre individus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Omnes et singulatim &#187;, 1981, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 160.&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &#171; Le pouvoir, comment s'exerce-t-il ? &#187;, telle est la question. La poser plut&#244;t que toute autre, ce n'est en rien transformer le pouvoir en &#171; une substance myst&#233;rieuse &#187;, au contraire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 232.&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser de fa&#231;on plus explicite au pouvoir, ce n'&#233;tait pas du tout pour faire du pouvoir quelque chose comme une substance ou comme une fluide plus ou moins mal&#233;fique qui se r&#233;pandrait dans le corps social&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'intellectuel et les pouvoirs &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 750.&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance n'est pas substance : &#171; &lt;i&gt;[&#8230;] cette r&#233;sistance dont je parle n'est pas une substance. Elle n'est pas ant&#233;rieure au pouvoir qu'elle contre. Elle lui est coextensive et absolument contemporaine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H. L&#233;vy, mars 1977, Dits et &#233;crits, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la pl&#232;be non plus n'est pas une substance : &#171; &lt;i&gt;Prendre ce point de vue de la pl&#232;be (...) je ne pense pas que cela puisse se confondre avec un n&#233;opopulisme qui substantifierait la pl&#232;be ou un nouveau lib&#233;ralisme qui enchanterait les droits primitifs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, entretien avec Jacques Ranci&#232;re, Les r&#233;voltes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, donc, Foucault semble donner &#224; la pl&#232;be la consistance sociale d'un sujet. Mais Foucault se rectifie lui-m&#234;me : l'analytique du pouvoir qui interdit de substantifier le pouvoir et les r&#233;sistances interdit d'attribuer aux r&#233;sistances un sujet substantifi&#233; : la pl&#232;be est moins une cat&#233;gorie sociale que l'&#233;chapp&#233;e de tous les rapports de pouvoir : cible de l'exercice du pouvoir et foyer de sa contestation ; produit de ses techniques et faille de sa reproduction ; tout &#224; la fois point d'appui, point de focalisation, point de r&#233;sistance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut sans doute pas concevoir la &#171; pl&#232;be &#187; comme le fond permanent de l'histoire, l'objectif final de tous les assujettissements, le foyer jamais tout &#224; fait &#233;teint de toutes les r&#233;voltes. Il n'y a sans doute pas de r&#233;alit&#233; sociologique de la &#171; pl&#232;be &#187;. Mais il y a toujours quelque chose dans le corps social, dans les classes, dans les groupes, dans les individus eux-m&#234;mes qui &#233;chappe d'une certaine fa&#231;on aux relations de pouvoir ; quelque chose qui en est non point la mati&#232;re premi&#232;re plus ou moins docile ou r&#233;tive, mais qui est le mouvement centrifuge, l'&#233;nergie inverse, l'&#233;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La &#187; pl&#232;be n'existe sans doute pas, mais il y a &#171; de la &#187; pl&#232;be. Il y a de la pl&#232;be dans les corps, et dans les &#226;mes, il y en a dans les individus, il y en a dans la bourgeoisie, mais avec une extension, des formes, des &#233;nergies, des irr&#233;ductibilit&#233;s diverses. Cette part de pl&#232;be, c'est moins l'ext&#233;rieur par rapport aux relations de pouvoir, que leur limite, leur envers, leur contrecoup ; c'est ce qui r&#233;pond &#224; toute avanc&#233;e du pouvoir par un mouvement pour s'en d&#233;gager ; c'est donc ce qui motive tout nouveau d&#233;veloppement des r&#233;seaux de pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5. &#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t.3 p. 421- 422.&#034; id=&#034;nh68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette figure &#233;nigmatique, soul&#232;ve autant de questions qu'elle en r&#233;sout. Mais est-elle plus &#233;nigmatique que certaines images du prol&#233;tariat ? Pourtant, cette figure elle-m&#234;me semble se dissoudre : Foucault cesse bient&#244;t d'y faire r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'acteur ou du sujet des r&#233;sistances n'en demeure pas moins pos&#233;e. En effet, si l'on peut concevoir l'existence de strat&#233;gies sans strat&#232;ge ni sujet, du point de vue de la lutte, la question se pose diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rel&#232;ve J.-A. Miller, &lt;i&gt;&#171; La question : &#8220; Qui combat ? et contre qui&#8221; se pose n&#233;cessairement. Tu ne peux &#233;chapper ici &#224; la question du ou plut&#244;t des sujets (...) Enfin, qui sont pour toi les sujets qui s'opposent ? &#187;.&lt;/i&gt; R&#233;ponse de Foucault : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est qu'une hypoth&#232;se, mais je dirais : tout le monde &#224; tout le monde. Il n'y a pas, imm&#233;diatement donn&#233;s, de sujets dont l'un serait le prol&#233;tariat et l'autre la bourgeoisie. Qui lutte contre qui ? Nous luttons tous contre tous. Et il y a toujours quelque chose en nous qui lutte contre autre chose en nous &#187;&lt;/i&gt;. Et Miller d'en tirer la cons&#233;quence : &lt;i&gt;&#171; (...) en d&#233;finitive, l'&#233;l&#233;ment premier et dernier, ce sont les individus ? &#187;. &lt;/i&gt;Et Foucault de reprendre : &#171; &lt;i&gt;Oui, les individus, et m&#234;me les sous individus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le jeu de Michel Foucault &#187;, juillet 1977, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 310-311&#034; id=&#034;nh69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dissolution du sujet ou de l'acteur des r&#233;sistance n'est pas encore parvenue &#224; son terme. mais, d&#232;s que les rapports de pouvoir sont pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finis par une action sur des actions possibles, circonscrivant une libert&#233; qu'ils fa&#231;onnent et sur laquelle ils prennent appui, l'effacement de la pl&#232;be dans le discours de Foucault ne laisse plus que l'image probl&#233;matique de la part de libert&#233; m&#233;nag&#233;e par les relations de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La libert&#233; insoumise&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'exercice du pouvoir se d&#233;finit moins comme une relation entre des partenaires ou des sujets que comme un mode d'action : &#171; un mode d'action de certains sur certains autres &#187;, &#171; une action sur l'action, sur des actions &#233;ventuelles, ou actuelles, futures ou pr&#233;sentes &#187;., &#171; un ensemble d'action sur des actions possibles &#187;. Dans la mesure o&#249; ce mode d'action ne prend pas pour cible le corps de l'autre, mais son action, il se distingue de la violence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 236-237.&#034; id=&#034;nh70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Destin&#233; &#224; &#171; conduire des conduites, le pouvoir est moins de l'ordre de l'affrontement que de l'ordre du gouvernement. D&#232;s lors, dans l'exercice du pouvoir ainsi caract&#233;ris&#233;, on &#171; inclut un &#233;l&#233;ment important : celui de la libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 4, p. 237,&#034; id=&#034;nh71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La relation de pouvoir et l'insoumission de la libert&#233; ne peuvent donc &#234;tre s&#233;par&#233;es. Le probl&#232;me central du pouvoir n'est pas celui de la &#171; servitude volontaire &#187; (...) : au c&#339;ur de la relation de pouvoir, la &#171; provoquant sans cesse, il y a la r&#233;tivit&#233; du vouloir et l'intransivit&#233; de la libert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 238.&#034; id=&#034;nh72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans la libert&#233; des sujets que s'enracine la possibilit&#233; des r&#233;sistances : &lt;strong&gt;&#171; s'il est vrai&lt;/strong&gt; que, au c&#339;ur des relations de pouvoir et comme condition permanente de leur existence, il y a une &#171; insoumission &#187; et des libert&#233;s essentiellement r&#233;tives, il n'y a pas de relations de pouvoir sans r&#233;sistance, sans &#233;chappatoire ou fuite, sans retournement &#233;ventuel ; toute relation de pouvoir implique donc, au moins de fa&#231;on virtuelle, une strat&#233;gie de lutte (...)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 242.&#034; id=&#034;nh73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;strong&gt; &#187; &#171; &lt;/strong&gt; Cela veut dire que, dans les relations de pouvoir, il y a forc&#233;ment possibilit&#233; de r&#233;sistance, car s'il n'y avait pas de possibilit&#233; de r&#233;sistance - de r&#233;sistance violente, de fuite, de ruse, de strat&#233;gies qui renversent la situation -, il n'y aurait pas du tout de relations de pouvoir. (...) s'il y a des relations de pouvoir &#224; travers tout le champ social, c'est parce qu'il y a de la libert&#233; partout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations de pouvoir ainsi entendues sont omnipr&#233;sentes et in&#233;vitables. Elles sont omnipr&#233;sentes : &lt;i&gt;(.. s'il y a des relations de pouvoir &#224; travers tout le champ social, c'est parce qu'il y a de la libert&#233; partout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles sont in&#233;vitables : &lt;i&gt;&#171; Vivre en soci&#233;t&#233;, c'est, de toute fa&#231;on, vivre de mani&#232;re qu'il soit possible d'agir sur les actions les uns des autres. Une soci&#233;t&#233; &#034;sans relations de pouvoir&#034; ne peut &#234;tre qu'une abstraction &#187;[&lt;/i&gt;[&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 239.]].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations de pouvoir ainsi entendues ne sont pas intrins&#232;quement mauvaises : &#171; Le pouvoir n'est pas le mal. Le pouvoir, c'est des jeux strat&#233;giques. On sait bien que le pouvoir n'est pas le mal ! Prenez par exemple les relations sexuelles ou amoureuses : exercer du pouvoir sur l'autre, dans une esp&#232;ce de jeu strat&#233;gique ouvert, o&#249; les choses pourront se renverser, ce n'est pas le mal ; cela fait partie aussi de l'amour, de la passion, du plaisir sexuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront alors les cibles de l'insoumission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les cibles de l'insoumission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'abolir les relations de pouvoir, mais d'en am&#233;nager l'exercice. Il s&#8216;agit d'en critiquer et d'en contrecarrer les dangers :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je ne cherche pas &#224; dire que tout est mauvais, mais que tout est &lt;i&gt;dangereux&lt;/i&gt; - ce qui n'est pas exactement la m&#234;me chose que ce qui est mauvais. Si tout est dangereux, alors nous avons toujours quelque chose &#224; faire. Donc ma position ne conduit pas &#224; l'apathie, mais au contraire &#224; un hypermilitantisme pessimiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1983, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 386.&#034; id=&#034;nh77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Foucault de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; Je crois que le choix &#233;thico-politique que nous devons faire tous les jours, c'est de d&#233;terminer quel est le principal danger. &#187;&lt;/i&gt;. Et, s'appuyant sur l'ouvrage de Robert Castel consacr&#233; &#224; l'histoire du mouvement antipsychiatrique - &lt;i&gt;La Gestion des risques&lt;/i&gt; - Foucault souligne que les dangers se sont d&#233;plac&#233;s des h&#244;pitaux psychiatriques aux nouvelles formes de soins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, art. cit., t. 4, p. 386.&#034; id=&#034;nh78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aucune solution n'est d&#233;finitive, les dangers se d&#233;placent avec chaque d&#233;placement du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O&#249; sont les dangers ? &#187;. Telle est la question que Foucault retourne contre les procureurs qui accusent d'irresponsabilit&#233; tous ceux qui avaient soutenu Knobelpiess&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vous &#234;tes dangereux &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 524.&#034; id=&#034;nh79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune r&#233;forme de la punition, par exemple une r&#233;forme qui g&#233;n&#233;raliserait les amendes au lieu de multiplier les emprisonnement, n'est exempte de danger :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien n'est jamais stable. D&#232;s lors qu'il s'agit, &#224; l'int&#233;rieur d'une soci&#233;t&#233;, d'une institution de pouvoir, tout est dangereux. Il est quelque chose de p&#233;rilleux. En exer&#231;ant le pouvoir, ce n'est pas au mal qu'on touche mais &#224; une mati&#232;re dangereuse, c'est-&#224;-dire dont le m&#233;susage est toujours possible et peut avoir des cons&#233;quences n&#233;gatives plus ou moins graves&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview de Michel Foucault &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 694.&#034; id=&#034;nh80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces dangers, le plus important est sans nul doute celui de voir les rapports de pouvoir se transformer en rapports de domination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domination : (absent de l'index) : Dits et &#233;crits, t. 4, p. 243, 589, 711, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Contrecarrer la domination&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en effet distinguer &#171; &lt;i&gt;les relations de pouvoir comme jeux strat&#233;giques entre les libert&#233;s - jeux strat&#233;giques qui font que les uns essaient de d&#233;terminer la conduite des autres, &#224; quoi les autres r&#233;pondent en essayant de ne pas laisser d&#233;terminer leur conduite ou en essayant de d&#233;terminer en retour la conduite des autres - et les &#233;tats de domination, qui sont ce qu'on appelle d'ordinaire le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 728.&#034; id=&#034;nh82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre relations de pouvoir et rapports de domination est malais&#233;e. Elle pourtant est n&#233;cessaire, m&#234;me si elle menace cependant d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;un peu verbale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dits et &#233;crits, t. 4, p. 589.&#034; id=&#034;nh83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais &#224; la diff&#233;rence des relations de pouvoir qui sont mobiles et r&#233;versibles, les &#233;tats de dominations sont rigides et asym&#233;triques. Sans &#234;tre n&#233;cessairement annul&#233;, l'espace de la libert&#233; est notablement r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans de tr&#232;s nombreux cas, les relations de pouvoir sont fix&#233;es de telle sorte qu'elles sont perp&#233;tuellement asym&#233;triques et que la marge de libert&#233; est extr&#234;mement limit&#233;e. Pour prendre un exemple, sans doute tr&#232;s sch&#233;matique, dans la structure conjugale traditionnelle de la soci&#233;t&#233; du XVIIIe et du XIXe si&#232;cle, on ne peut pas dire qu'il n'y avait que le pouvoir de l'homme : la femme pouvait faire tout un tas de choses : le tromper, lui soutirer de l'argent, se refuser sexuellement. Elle subissait cependant un &#233;tat de domination, dans la mesure o&#249; tout cela n'&#233;tait finalement qu'un certain nombre de ruses qui n'arrivaient jamais &#224; renverser la situation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 720-721.&#034; id=&#034;nh84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Que faire face &#224; ces &#233;tats de domination ? Comment s'en affranchir quand ils existent ? Comment les &#233;viter quand ils menacent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, comment s'en affranchir ? Si les relations de pouvoir reposent sur la libert&#233; et appellent son exercice, les &#233;tats de domination suppose une lib&#233;ration. &lt;i&gt;&#171; L'exercice des pratiques de libert&#233; n'exige-t-elle pas un certain degr&#233; de lib&#233;ration ?&lt;/i&gt; &#187;, demande-t-on &#224; Foucault. &#171; &lt;i&gt;Oui, absolument&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond ce dernier avant de pr&#233;ciser que &#171; &lt;i&gt;la lib&#233;ration est parfois la condition politique et historique pour une pratique de la libert&#233;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit., t. 4, p. 710-711 (soulign&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, comment les &#233;viter ? Le pouvoir n'est pas le mal, comme le montre l'exemple des relations amoureuses, mentionn&#233; plus haut. Et Foucault de poursuivre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Prenons aussi quelque chose qui a &#233;t&#233; l'objet de critiques souvent justifi&#233;es : l'institution p&#233;dagogique. Je ne vois pas o&#249; est le mal dans la pratique de quelqu'un qui, dans un jeu de v&#233;rit&#233; donn&#233;, sachant plus qu'un autre, lui dit ce qu'il faut faire, lui apprend, lui transmet un savoir, lui communique des techniques ; le probl&#232;mes est plut&#244;t de savoir comment on va &#233;viter dans ces pratiques - o&#249; le pouvoir ne peut pas ne pas jouer et o&#249; il n'est pas mauvais en soi - les effets de domination qui vont faire qu'un gosse sera soumis &#224; l'autorit&#233; arbitraire et inutile d'un instituteur, un &#233;tudiant sous la coupe d'un professeur autoritaire, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit, p. 727.&#034; id=&#034;nh86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment les &#233;viter en effet ? R&#233;ponse de Foucault : &lt;i&gt;&#171; Je crois qu'il faut poser ce probl&#232;me en termes de r&#232;gles de droit, de techniques rationnelles de gouvernement et d'&lt;/i&gt;&#234;thos&lt;i&gt;, de pratique de soi et de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem..&#034; id=&#034;nh87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pratiques de libert&#233; sont donc &#224; la fois la garantie des jeux de pouvoirs contre les &#233;tats de domination, et la fin ultime de toute lib&#233;ration de ces &#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#234;me glissement affecte, au fil des textes, l'ensemble du r&#233;seau conceptuel du discours de Foucault. La distinction mieux &#233;tablie entre rapports de pouvoir et rapports de domination semble renvoyer &#224; des moments diff&#233;rents de constitution et d'action, ainsi que les r&#244;les respectifs d'une libert&#233; insoumise et d'une pl&#232;be s&#233;ditieuse. Et, du m&#234;me coup, les cibles des r&#233;sistances se dispersent sur toute la surface de la soci&#233;t&#233;, pour ne se concentrer, quand elles se concentrent, que sur le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mettre en question le gouvernement.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d&#233;signe chez Foucault, en dehors de l'usage commun qu'il pr&#233;serve in&#233;vitablement, le mode d'action propre &#224; l'exercice du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;placements successifs de l'analytique du pouvoir, les modifications incessantes de l'analyse des relations de pouvoir et des luttes qui s'inscrivent dans ces relations, ne sont pas sans effets sur les cibles que l'analytique semble en mesure non seulement de d&#233;crire, mais de d&#233;signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances prennent pour cibles le biopouvoir s'insurgent contre le pouvoir qui prend la vie pour objet Foucault, dans &lt;i&gt;La Volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt; le laissait d&#233;j&#224; entrevoir : &#171; Ce qui est revendiqu&#233; et sert d'objectif, c'est la vie &#187;. Et de pr&#233;ciser, dans un contexte politique o&#249; la question des droits de l'homme retrouve une nouvelle vigueur : &lt;i&gt;&#171; C'est la vie beaucoup plus que le droit qui devient l'enjeu des luttes politiques, m&#234;me si celles-ci se formulent &#224; travers des affirmations de droit &#187;&lt;/i&gt;. Ce sont des &#171; droits &#224; &#187;, dont Foucault dresse une liste qui n'est la exhaustive : &lt;i&gt;&#171; Le &#8220;droit&#8221; &#224; la vie, au corps, &#224; la sant&#233;, au bonheur, le &#8220;droit&#8221; par-del&#224; toutes les oppressions ou &#8221;ali&#233;nations&#8221;&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Volont&#233; de savoir (1976),Tel Gallimard, p. 191.&#034; id=&#034;nh88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; mesure que le biopouvoir appara&#238;t comme une forme d'existence et d'exercice du pouvoir pastoral et du gouvernement, ce sont eux viennent au premier plan comme cibles politiques. Il faut revenir sur les principales &#233;tapes de cette &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1978 : Foucault, d'un m&#234;me mouvement prend acte de la fin du monopole de la r&#233;volution, constate que cette fin n'implique aucune revalorisation du r&#233;formisme et souligne que les nouvelles luttes contre le pouvoir au quotidien visent le pouvoir pastoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dits et &#233;crits, t. 3, p. 547 sq.&#034; id=&#034;nh89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1979 : Foucault montre comment la rationalit&#233; politique &lt;i&gt;&#171; s'est d'abord enracin&#233;e dans l'id&#233;e de pouvoir pastoral, puis dans celle de raison d'&#201;tat &#187;, souligne que &#171; l'individualisation et la totalisation en sont des effets in&#233;vitables &#187;&lt;/i&gt;, et conclut : &#171; &lt;i&gt;La lib&#233;ration ne peut venir que de l'attaque non pas de l'un ou de l'autre de ces effets, mais des racines m&#234;mes de la rationalit&#233; politique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Omnes et singulatim : vers une critique de la raison politique &#187;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982 : Ce sont essentiellement les formes individualisantes du pouvoir qui sont donn&#233;es pour cibles. Quelle est la forme de gouvernement que vise aujourd'hui les r&#233;sistances ? Foucault la d&#233;signe comme &#171; &lt;i&gt;le gouvernement par l'individualisation&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 227.&#034; id=&#034;nh91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles participent des luttes qui &#171; &lt;i&gt;combattent tout ce qui lie l'individu &#224; lui-m&#234;me et assure ainsi sa soumission aux autres&lt;/i&gt;... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie &#171; gouverner &#187; et &#171; &#234;tre gouvern&#233; &#187; ? C'est autour de cette double question que s'organise progressivement la r&#233;flexion de Foucault. C'est en fonction des r&#233;ponses qu'elles admettent que se distribuent ses prises de position, particuli&#232;rement face &#224; la perspective, puis &#224; la pratique du gouvernement &#171; de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des textes de Foucault, l'existence m&#234;me d'un acteur ou d'un sujet des r&#233;sistances s'est dispers&#233;e. La &#171; part &#187; de pl&#232;be s'est r&#233;solue dans les individus et leur part de libert&#233;. Peu &#224; peu, l'identit&#233; de l'auteur des r&#233;sistances s'est dissous comme se sont dispers&#233;es, semble-t-il, les cibles de leur multiplication. Alors se dessine une politique de la s&#233;dition permanente et de subversion sans fin : l'ind&#233;fini de la lutte, la d&#233;stabilisation apparemment sans fin des m&#233;canismes de pouvoir, les victoires provisoirement sanctionn&#233;es par des r&#233;formes. Comme si la perspective d'une r&#233;volution devait reculer sans cesse au point de dispara&#238;tre... Pourtant, Foucault ne se borne pas &#224; opter sans la prescrire pour une politique de la s&#233;dition qui exclurait toute politique de la r&#233;volution. Sa pens&#233;e est plus complexe et plus h&#233;sitante. Et il y a plus &#224; apprendre de ses h&#233;sitations que de ses simplifications, de sa complexit&#233; que de sa l&#233;gende.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution n'est pas assur&#233;ment d&#233;sirable, si le soul&#232;vement n'est pas toujours soutenable, si les r&#233;formes ne sont pas pr&#233;sentables et si les r&#233;sistances sont vou&#233;es &#224; se d&#233;ployer sans cesse et sans fin - la politique ne saurait &#234;tre qu'une politique de l'insoumission toujours recommenc&#233;e. Faut-il le d&#233;plorer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique qui s'interdit de prescrire des r&#233;formes, mais se f&#233;licite de celles que la critique et la r&#233;volte parviennent &#224; arracher ; une politique qui trace les contours d'une r&#233;volution possible et d&#233;sirable, mais ne cesse de se demander si elle est vraiment d&#233;sirable, sans jamais la pr&#233;coniser ; une politique qui d&#233;place ou refuse la ligne partage classique entre r&#233;forme et r&#233;volution sans proposer de nouvel horizon ; une politique qui analyse et, le cas &#233;ch&#233;ant, soutient les r&#233;sistances qui lac&#232;rent l'exercice quotidien du pouvoir et les soul&#232;vements qui d&#233;chirent l'histoire de la domination, mais sans leur proposer de cibles - une telle politique en m&#233;rite-t-elle encore le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il l'imputer aux d&#233;placements impos&#233;s par l'exercice de la philosophie ou aux d&#233;couragements cons&#233;cutifs aux m&#233;andres de la politique ? Il est vrai que, du moins dans les propos et &#233;crits publics de Michel Foucault, la tentation d'une option politique s'efface au b&#233;n&#233;fice d'un renforcement de l'attitude &#233;thique qui lui donnait son sens. En-de&#231;&#224; de l'histoire et de la politique ? La politique comme &#233;thique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, &lt;i&gt;QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Didier Eribon, &lt;i&gt;Michel Foucault&lt;/i&gt;, Le Livre de poche, Flammarion, 1989.Troisi&#232;me partie : &#171; Militant et professeur au Coll&#232;ge de France &#187;.et, surtout, de David Macey, &lt;i&gt;Michel Foucault&lt;/i&gt;, Gallimard, 1994, chapitres Xi et XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qui &#234;tes-vous professeur Foucault &#187;, entretien avec P Carus, septembre 1967,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 618.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, entretien avec I. Lindung, mars 1968, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 655.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, art. cit., , p. 658.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault r&#233;pond &#224; Sartre &#187;, entretien avec J.P. Elkabach,, mars 1968, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p.-668&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Inacceptable, intol&#233;rable. Ces vocables pars&#232;ment les &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt; : t 2, p. 177, 205, 208, 223, 419 ; t.3, p.7-9 ; t 4, 79, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Conversation avec Michel Foucault &#187;, publi&#233;e en avril 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; le 8 f&#233;vrier 1971 &#224; la suite d'un manifeste sign&#233; par Jean-Marie Domenach, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; &#224; &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur vingt prisons&lt;/i&gt;, 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Je per&#231;ois l'intol&#233;rable &#187;, entretien publi&#233; en juillet 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 204&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Par-del&#224; le Bien et le Mal &#187;, entretien, &lt;i&gt;Actuel&lt;/i&gt;, , novembre 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 315.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Est-il donc important de penser ? &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Un probl&#232;me m'int&#233;resse depuis longtemps... &#187;, 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 207.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face, in R. Knobelpiess, &lt;i&gt;QHS : Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, 1980, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le monde est un grand asile &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 443.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, conf&#233;rence donn&#233;e le 27 avril 1978 &#224; Tokyo , &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 543.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 348.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, art. cit., t. 3, p. 360.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde du 20 mai 1978 &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 31-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Est-t-il donc important de penser ? &#187;, 1981, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Th&#233;atrum philosophicum &#187;, , article dans &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt;, novembre 1970, 1970, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#192; propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1984,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 612.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187; , entretien avec Jacques Ranci&#232;re, &lt;i&gt;Les R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt;, N&#176;4, hiver, 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 426.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187;, art. cit., p. 426..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Sexualit&#233; et politique &#187;, 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 529-530.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le savoir comme crime &#187;, avril 1976,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 85-86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Introduction par Michel Foucault &#187;, 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 433.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, Extrait du cours du 5 janvier 1983, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 682.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, art. cit., p. 687. Soulign&#233; par moi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 9 Mai 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 279-280.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoir et corps &#187;, entretien de juin 1975, &lt;i&gt;Quel corps ?,&lt;/i&gt; septembre-octobre 1975, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 758.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, juin 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; et les formes juridiques &#187;, (mai 1973), &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 643.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, 27 avril 1978 &#224; Tokyo, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 551.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Michel Foucault et le zen : s&#233;jour dans un temple zen &#187;, Japon, ao&#251;t-septembre 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 623.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, avril 1978 &#224; Tokyo, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547-548. Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune des brebis du troupeau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune des brebis du troupeau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herv&#233; Malagola, &#171; Foucault en Iran &#187;, in Michel Foucault, &lt;i&gt;Les jeux de la v&#233;rit&#233; et du pouvoir&lt;/i&gt;, op. cit, pp. 151-162.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soul&#232;vement (index) : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 130, 749 &#171; Une interview de Michel Foucault par Stephen Riggins &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#192; propos de la prison d'Attica &#187;, 1974, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 744.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 748.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vivre autrement le temps &#187;, 30 avril-6 mai 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 790.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Inutile de se soulever ? &#187;, 11-12 mai 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 790-791.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe Roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 268-269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, &lt;i&gt;QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault qui la mentionne (&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187; (Sur &lt;i&gt;L' Arch&#233;ologie du Savoir&lt;/i&gt; ), 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 151) conna&#238;t la position de Nietzsche sur la pl&#232;be et sur son r&#244;le, mais il n'en tient pas compte dans ses propres analyses&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 334.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enqu&#234;te sur les prisons : brisons les barreaux du silence &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2, 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la prison d'Attica &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 303.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 306.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 334.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, art. cit., t.2 p. 336. Foucault revient sur ces visages de la pl&#232;be dans son d&#233;bat avec les maos sur la justice populaire. &#171; Sur la justice populaire. D&#233;bat avec les maos &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 350-360. Analyse en partie rectifi&#233;e dans &#171; A propos de l'enfermement p&#233;nitentiaire &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 437-438 et &#171; Interview de Michel Foucault &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 663-664&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Omnes et singulatim &#187;, 1981, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 160.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'intellectuel et les pouvoirs &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 750.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H. L&#233;vy, mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, entretien avec Jacques Ranci&#232;re,&lt;i&gt; Les r&#233;voltes logique,&lt;/i&gt; hiver 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 422.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;5. &#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, art. cit.,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3 p. 421- 422.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le jeu de Michel Foucault &#187;, juillet 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 310-311&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits,&lt;/i&gt; t. 4, p. 237,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 242.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 727.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1983, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 386.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, art. cit., t. 4, p. 386.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vous &#234;tes dangereux &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 524.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview de Michel Foucault &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 694.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Domination : (absent de l'index) : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 243, 589, 711, 720-721, 727, 728.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 728.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 589.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720-721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit., t. 4, p. 710-711 (soulign&#233; par moi). Voir &#233;galement... &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit, p. 727.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem.&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Volont&#233; de savoir&lt;/i&gt; (1976),Tel Gallimard, p. 191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Omnes et singulatim : vers une critique de la raison politique &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pouvoir et r&#233;bellions : relire Foucault</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Pouvoir-et-rebellions-relire-Foucault.html</link>
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		<dc:date>2024-08-24T09:41:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Spire</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;bellion, insoumission</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Compte-rendu d'une conf&#233;rence d'Henri Maler&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Michel-Foucault-+.html" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Rebellion-insoumission-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;bellion, insoumission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L121xH150/foucault-7cc77.jpg?1726251026' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu d'une conf&#233;rence d'Henri Maler, r&#233;dig&#233; par Arnaud Spire et publi&#233; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/-/-/le-pouvoir-du-point-de-vue-du-rebelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans L'Humanit&#233;&lt;/a&gt; le 18 d&#233;cembre 1997 sous le titre &#171; Le pouvoir du point de vue du rebelle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Henri Maler a-t-il chang&#233; de terrain ? Lui qui a publi&#233; &#171; Cong&#233;dier l'utopie &#187; (l'utopie selon Karl Marx), chez l'Harmattan en 1994, et &#171; Convoiter l'impossible &#187;, chez Albin Michel en 1995, tourne son regard critique vers Michel Foucault. &#171; Pouvoir et r&#233;bellions : relire Foucault &#187;, tel &#233;tait le th&#232;me annonc&#233; de la rencontre philosophique organis&#233;e le premier jeudi de d&#233;cembre par Espace Regards et Espaces Marx. Changement de terrain, ou bien plut&#244;t continuit&#233; d'une recherche sur le rapport entre pouvoir et libert&#233;, et plus largement entre politique et philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e, le vif du sujet : m&#233;pris&#233; par les marxistes, en son temps, Foucault est menac&#233; aujourd'hui d'un double ensevelissement. D'abord par la b&#234;tise arrogante d'un certain nombre de philosophes qui tiennent, selon Henri Maler, le haut du pav&#233; et le bas de la pens&#233;e. Ensuite par la prolif&#233;ration de commentaires qui, pour des raisons diverses, n&#233;gligent la dimension politique de sa pens&#233;e. Comme il le fit pour la pr&#233;sence de l'utopie dans la pens&#233;e de Marx, le philosophe, &#171; passeur &#187; de grand talent, expose le Foucault qu'il aime et dont la pens&#233;e lui para&#238;t extr&#234;mement f&#233;conde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le diagnostic du pr&#233;sent&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier point. Foucault propose une posture critique tout &#224; fait singuli&#232;re : le diagnostic du pr&#233;sent. A une philosophie qui pr&#233;tend l&#233;gif&#233;rer, il oppose une philosophie qui diagnostique. Henri Maler stigmatise ici le fondamentalisme philosophique avec lequel Foucault a essay&#233; de rompre, &#224; l'int&#233;rieur duquel il place un marxisme perp&#233;tuellement attach&#233; &#224; affirmer sa souverainet&#233; dans tous les domaines et son mat&#233;rialisme qui se contente de r&#233;citer sa propre litanie. La philosophie qui diagnostique n'est plus une discipline mais une activit&#233; philosophique dont la cible est le pr&#233;sent. Proche d'un journalisme radical, &#224; mi-chemin entre philosophie et histoire, Michel Foucault la d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un ensemble de fragments philosophiques sur les chantiers de l'histoire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une philosophie qui probl&#233;matise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me point. A une philosophie qui proph&#233;tise, Foucault oppose une philosophie qui probl&#233;matise. Alors que la posture proph&#233;tique est grosse d'effets de domination &#8211; n'est-ce pas au nom d'un certain messianisme que les marxistes ont longtemps pris en otage le pr&#233;sent au nom de la promesse d'un avenir d&#233;termin&#233; -, la philosophie doit s'efforcer de secouer les &#233;vidences inh&#233;rentes aux relations entre savoir et pouvoir dans lesquelles nous sommes enserr&#233;s. Il s'agit de poser des probl&#232;mes &#224; la politique &#8211; cette d&#233;marche jalonne toute l'&#339;uvre &#8211; m&#234;me si la politique a &#233;t&#233; un petit peu sourde aux probl&#232;mes pos&#233;s par Foucault. Par exemple, dans l'&#171; Histoire de la folie &#187; (Gallimard, 1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un intellectuel qui sp&#233;cifie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point. Aux intellectuels qui universalisent, Michel Foucault oppose l'intellectuel qui sp&#233;cifie. Aujourd'hui encore, pr&#233;cise Henri Maler, l'intellectuel universel se porte trop bien. Beaucoup confondent leur r&#244;le d'intellectuel avec celui de citoyen, s'arrogeant le droit au nom d'une science ou d'une philosophie de dire ce qu'ils pensent de la mort de lady Di, des camps de concentration ou des publicit&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision. L'intellectuel sp&#233;cifique n'est pas, pour l'auteur de &#171; les Mots et les Choses &#187; (Gallimard, 1966), celui qui commet des expertises au service des dominants. Il est au contraire celui qui, dans un domaine d&#233;termin&#233; du savoir, essaie de conduire une politique de la v&#233;rit&#233;, de d&#233;gager, dans l'action, une solution avec ceux qui sont concern&#233;s par ce domaine d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La petite monnaie du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette triple posture critique appara&#238;t d'embl&#233;e comme une posture rebelle au r&#244;le traditionnel de l'intellectuel dans la cit&#233;. Henri Maler d&#233;veloppe ensuite la fa&#231;on dont cette posture critique a conduit le philosophe Michel Foucault, lorsqu'il analyse les rapports de pouvoir, &#224; une m&#233;thode strat&#233;gique qui est loin d'avoir &#233;puis&#233; sa f&#233;condit&#233;. Au mod&#232;le du droit, le philosophe pr&#233;f&#232;re le mod&#232;le de la guerre et des rapports de force. A la perspective dialectique, il pr&#233;f&#232;re la perspective analytique&#8230; C'est ainsi que le professeur au Coll&#232;ge de France s'est livr&#233; &#224; une enqu&#234;te g&#233;n&#233;alogique sur le fonctionnement du pouvoir. Son aspect essentiel ne se situe pas dans son aspect r&#233;pressif, mais dans ce qu'il produit comme rapports entre les hommes. Dans son &#171; Histoire de la sexualit&#233; &#187; (Gallimard, tome 1 1976, tome 2 1984), il note qu'il suffit de dire que le pouvoir la r&#233;prime pour que cela ait d&#233;j&#224; un petit parfum de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir ne se d&#233;tient pas, il s'exerce. Il en d&#233;coule une critique de toute la philosophie politique classique qui se donne pour fondement la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir. Alors qu'en r&#233;alit&#233;, mille micro-pouvoirs existent dans la soci&#233;t&#233;, transitant par les individus qui la composent&#8230; Ainsi, Henri Maler pointe la contradiction interne et &#244; combien f&#233;conde de l'&#339;uvre de Michel Foucault. Pour comprendre les rapports de pouvoir, il faut d'abord analyser les r&#233;sistances, adopter le point de vue des r&#233;bellions, et ensuite seulement saisir le pouvoir dans sa multiplicit&#233; et non pas dans son unit&#233;. La critique des marxismes de ce si&#232;cle, qui ont trop souvent fait l'impasse d'une analyse sp&#233;cifique des rapports de pouvoir, appara&#238;t ici en toute clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la parution de &#171; Dits et Ecrits &#187;, en 4 volumes, &#171; l'Humanit&#233; &#187; a publi&#233; une double page le 21 octobre 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Spire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;loge de la r&#233;bellion</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Eloge-de-la-rebellion.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://henri-maler.fr/Eloge-de-la-rebellion.html</guid>
		<dc:date>1995-11-01T10:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;bellion, insoumission</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une intervention, publi&#233;e dans un num&#233;ro sp&#233;cial des &lt;i&gt;Temps Modernes&lt;/i&gt; de mars-avril-mai 1996 &#224; l'occasion de l'anniversaire de ses 50 ans. R&#233;dig&#233;e dans la froidure sociale des premiers jours de novembre 1995, avant l'&#233;v&#233;nement &#8211; le mouvement de novembre et d&#233;cembre de cette ann&#233;e-l&#224; - qui promettait de changer le climat.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Rebellion-insoumission-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;bellion, insoumission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L94xH150/arton5-66fc8.jpg?1726250900' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette intervention a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e dans la froidure sociale des premiers jours de novembre 1995, avant l'&#233;v&#233;nement &#8211; le mouvement de novembre et d&#233;cembre de cette ann&#233;e-l&#224; - qui promettait de changer le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est parue dans un num&#233;ro sp&#233;cial des &lt;i&gt;Temps Modernes&lt;/i&gt; de mars-avril-mai 1996, d&#233;di&#233; &#224; l'engagement, &#224; l'occasion des 50 ans de cette revue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Temps Modernes, n&#176;587, mars-avril-mai 1996, pp. 292-302. Cette version a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement des r&#233;gimes stalinis&#233;s engloutissait alors toute esp&#233;rance sous leurs gravats. Les &#171; petits ma&#238;tres &#187; en r&#233;signation auxquels cette contribution fait r&#233;f&#233;rence ne m&#233;ritaient pas d'&#234;tre nomm&#233;s : ils &#233;taient connus de tous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que l'on songe seulement et au prestige de la Fondation Saint Simon. Et &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de trente ans plus tard, certains s&#233;vissent encore. Mais ils ont &#233;t&#233; partiellement supplant&#233;s par des rebelles r&#233;actionnaires, m&#233;diatiquement consacr&#233;s comme des briseurs de &#171; tabous &#187;. .&#171; Tabous &#187; en effet se dit d&#233;sormais de tout ce que l'on veut d&#233;truire pour, de l'avenir &#233;mancip&#233;, faire pr&#233;ventivement table rase. On prend alors la mesure, dans une conjoncture nouvelle, de l'ampleur du retournement historique dont l'&#233;loge qui suit &#233;tait d&#233;j&#224; le t&#233;moin et auquel il tentait, avec les maigres moyens de l'&#233;criture, de r&#233;sister. Peut-&#234;tre cet &#233;loge peut-il encore r&#233;sonner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;loge de la r&#233;bellion&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Ce qui suscita notre r&#233;volte, notre horreur, se trouve &#224; nouveau l&#224;, r&#233;parti, intact et subordonn&#233;, pr&#234;t &#224; l'attaque, &#224; la mort. Seule la forme de la riposte restera &#224; d&#233;couvrir ainsi que les motifs lumineux qui la v&#234;tiront de couleurs impulsives. &#187;&lt;/i&gt; Ren&#233; Char&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Char, &#171; Heureuse la magie... &#187; (1951), Recherche de la base au sommet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les ap&#244;tres du progr&#232;s &#233;crivaient jadis une histoire permissive : au nom de l'avenir promis, ils s'accrochaient &#224; la barre de chaque pr&#233;sent qui passe. Les clercs du d&#233;senchantement &#226;nonnent d&#233;sormais une histoire dissuasive : au nom du pass&#233; sinistr&#233;, ils ont mis l'avenir en cale s&#232;che. Des historiens se transforment en notaires du fait accompli. Des philosophes continuent d'estimer que pour transformer le monde il suffit de changer notre interpr&#233;tation de celui-ci. Dress&#233;s sur leurs ergots, les petits ma&#238;tres du moment affectent de croire que si le monde &#233;touffe, c'est parce qu'il a aval&#233; quelques concepts de travers. Les nouvelles figures de la belle &#226;me prolif&#232;rent. Elles aussi ont les mains sales ; mais ce sont des mains t&#226;ch&#233;es d'encre. Pour pr&#233;server l'innocence de leurs r&#233;ponses, les bien-intentionn&#233;s pr&#233;f&#232;rent penser que les questions sont ind&#233;centes, &#224; commencer par celle-ci : &#171; Que faire ? &#187; La crainte que des r&#233;ponses trop simples ne fourvoient &#224; nouveau les serments de v&#233;rit&#233; dissuade de renouveler cette interrogation sous une forme radicale. Complexit&#233; du r&#233;el, exigences du consensus, urgences du pr&#233;sent : les arguments se coalisent quand il s'agit de t&#233;taniser tout d&#233;sir de radicaliser nos refus et nos esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Complexit&#233; ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; contretemps du diagnostic de Marcuse, l'effacement des anciennes lignes de front a laiss&#233; &#233;merger un monde unidimensionnel, mais complexe : ainsi vont la r&#233;alit&#233; et les apparences. Nous ne croyons plus ni aux grands r&#233;cits ni aux grands partages. L'histoire, dit-on, ne s'ordonne plus autour du fil directeur des affrontements de classes ; la g&#233;ographie, croit-on, ne partage plus les pays oppresseurs et les nations opprim&#233;es. Dans l'oc&#233;an de nos perplexit&#233;s, les m&#233;andres de l'histoire m&#234;lent leurs eaux et les politiques m&#233;tissent leurs options. La simplicit&#233; des affrontements s'est disloqu&#233;e ; la complexit&#233; du r&#233;el s'est impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;conciliation pr&#233;matur&#233;e avec le r&#233;el se pr&#233;valait jusqu'alors de sa rationalit&#233; ; d&#233;sormais les esprits jadis pacifi&#233;s par la rationalit&#233; du r&#233;el sont relay&#233;s par les esprits complices de sa complexit&#233;. Autour d'elle s'affairent ses g&#233;n&#233;ralistes et prolif&#232;rent ses sp&#233;cialistes ; les premiers en font la th&#233;orie et abandonnent aux seconds le soin de s'en occuper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le strat&#232;ge qui g&#233;opolitise entre l'O.N.U. et l'OTAN aper&#231;oit, entre deux rang&#233;es de missiles, une t&#226;che de dictature sans visage ou de massacre sans loi, t&#233;l&#233;phone pour prendre les ordres qu'il a lui-m&#234;me donn&#233;s, et envoie ses fantassins et ses infirmiers. Ne pouvant rien &#224; tous ces d&#233;sordres, appliquons leur les th&#233;ories du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diplomate qui d&#233;plie la carte du monde, chausse les lunettes indispensables &#224; son regard plan&#233;taire, pointe du doigt une zone de conflits o&#249; se concentrent les rapports de forces qui font les petites et les grandes barbaries : les va-t-en-guerre du compromis ont rendez-vous avec les va-t-en-guerre de l'extermination. Ne pouvant rien &#224; ces d&#233;sordres, essayons d'en &#234;tre les temporisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expert qui conseille en F.M.I., ouvre son courrier de statistiques et comptabilise les d&#233;ficits, caresse du doigt les courbes de la mis&#232;re et de l'humiliation, appelle sa secr&#233;taire et gourmande, en connaisseur, des gouvernements insuffisamment dociles. Ne pouvant rien &#224; ses d&#233;sordres, feignons d'en &#234;tre les gu&#233;risseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;minences cardinales &#224; leurs modestes sous-traitants, le politique, l'&#233;conomique et le militaire pullulent d'intellectuels engag&#233;s dans les d&#233;dales de la complexit&#233;. Replions-nous, pour quelques temps derri&#232;re nos fronti&#232;res. Que voyons-nous ? Les visages familiers de la comp&#233;tence, courtiers et courtisans de la noblesse d'Etat qui multiplient pour elle leur capacit&#233; d'expertise : des protecteurs du savoir qui ne s'entendent qu'avec les d&#233;tenteurs de pouvoir. Se mobilisent-ils sur quelque noble question sociale ? Sous couvert de complexit&#233;, l'agitation des experts pr&#233;tend se substituer &#224; la mobilisation des acteurs. Se disent-ils de gauche ? Il s'en trouve toujours pour mettre en musique cette forme d&#233;risoire de la r&#233;sistance : &#171; les experts parlent aux experts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir de la complexit&#233; supporte mal que l'action sch&#233;matise. Mais &#224; la pointe de toute d&#233;cision, il n'existe que l'alternative entre un &#171; oui &#187; ou un &#171; non &#187; - entre le &#171; pour &#187; et le &#171; contre &#187;, dangereusement mais n&#233;cessairement simplifi&#233;s. La d&#233;cision est toujours en guerre, et partage le monde en deux camps. &#192; chacun sa version du partage : telle est l'&#233;thique minimale de la d&#233;mocratie. &#192; chacun son camp : telle est la morale contraignante de l'action. Car, &#224; la pointe de la d&#233;cision, les motifs se taisent : ce dont il n'est plus temps de parler, il faut le faire. On comprend que la complexit&#233; ratiocinante se m&#233;fie de la simplicit&#233; militante : les d&#233;tours de la connaissance semblent menac&#233;s par les raccourcis de l'action. Et comme le courage d'agir ne se laisse pas d&#233;duire du d&#233;sir de comprendre, l'intellectuel complexe engrange des raisons pendant que les saisons passent, et d&#233;l&#232;gue &#224; d'autres les risques de l'intervention. Du m&#234;me coup, le parti de la complexit&#233;, quand il s'agit de ces risques, se confond ais&#233;ment avec le parti de la diplomatie et de l'&#233;narchie : autant dire, en g&#233;n&#233;ral, de la gestion de l'&#233;tat de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-il en aller autrement ? On peut en douter. Les passeurs de certitudes, confiants dans une histoire qui avait dans le prol&#233;tariat d&#233;pos&#233; l'universalit&#233; de l'&#233;mancipation et dans la t&#234;te de l'intellectuel la repr&#233;sentation de cette universalit&#233;, sont d&#233;chus. L'autoroute de l'histoire a perdu ses auto-stoppeurs : l'intellectuel proph&#233;tique survit encore, mais r&#233;duit au r&#244;le d'impr&#233;cateur charg&#233; de mimer la transgression. Les passagers du labyrinthe, livr&#233;s &#224; une histoire qui a dispers&#233; toutes ses esp&#233;rances et multipli&#233; tous ses caprices, lui ont succ&#233;d&#233;. Ils empruntent d&#233;sormais d'ombreuses routes en lacet. L'intellectuel sp&#233;cifique, invit&#233; par Foucault et Deleuze &#224; sortir de sa tani&#232;re, n'est tol&#233;r&#233; qu'&#224; condition de rester enferm&#233; dans le r&#244;le de sp&#233;cialiste du moindre mal : chirurgien des &#233;gratignures et prescripteur de placebos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, de nouvelles formes de l'intellectualit&#233; couvrent tout le champ social et traversent toutes les sph&#232;res d'activit&#233;. Elles donnent des chances nouvelles &#224; des formes nouvelles d'intellectuels sp&#233;cifiques : des sp&#233;cialistes au long cours, sans doute, mais d&#233;cid&#233;s &#224; &#233;clairer la simplicit&#233; des choix, et non des cumulards pr&#233;pos&#233;s &#224; ressasser la complexit&#233; des choses ; des acteurs des savoirs domin&#233;s et non des actionnaires du savoir dominant ; des embrayeurs de dissidence et non des rouages du consensus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Consensus ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les proph&#232;tes de la rupture ont &#233;t&#233; licenci&#233;s par les professionnels de la suture. Ceux-ci forment une cohorte impressionnante : moralistes de la connivence qui badigeonnent les vertus et juristes de la d&#233;cence qui se tiennent pour des moralistes, historiens de la normalit&#233; qui se portent garant de la n&#244;tre et philosophes de la politique qui affectent de croire que le statu quo deviendrait respirable si l'on pouvait en amender les justifications. &#192; les croire, l'intransigeance devrait s'effacer devant la comp&#233;tence et la radicalit&#233; des refus irr&#233;ductibles abdiquer au b&#233;n&#233;fice de l'efficacit&#233; des progr&#232;s insensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; entendre ces consentants, &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt;, ce serait subordonner la r&#233;plique &#224; la supplique : t&#233;moigner de sa souffrance, avant de savoir se taire pour laisser aux interpr&#232;tes le temps d'accomplir leur travail. La discussion, rabattue sur la transaction ou la n&#233;gociation, devrait &#233;touffer l'altercation : l'irruption, dans l'ordre polic&#233; du langage, d'une parole qui se fait conna&#238;tre non pour nouer un dialogue, mais pour d&#233;faire un consensus ; non pour exhiber des plaies devant les yeux des gu&#233;risseurs professionnels ou pour obtenir r&#233;paration aupr&#232;s des pr&#233;pos&#233;s de l'ordre, mais pour imposer ce que cette parole l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; entendre ces p&#233;nitents, &lt;i&gt;agir&lt;/i&gt;, ce serait subordonner la protestation &#224; la proposition : m&#233;nager pour am&#233;nager. L'action politique, mais confisqu&#233;e par ses professionnels et r&#233;duite &#224; l'impuissance, devrait effacer la s&#233;dition : l'irruption, face &#224; la machinerie de la domination, d'une action qui s'expose, non pour t&#233;moigner d'un malaise, mais pour d&#233;faire une fatalit&#233; ; non pour reconduire les actes ritualis&#233;s par l'ordre social, mais pour en subvertir les plus subtils agencements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subvertir, car transiger d'embl&#233;e, c'est renoncer d'avance : &lt;i&gt;&#171; Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. M. Foucault, &#171; Pr&#233;face &#187;, in R. Knobelspiesse, Q.H.S. : quartier de haute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Des critiques et des refus, des voix et des actes : des altercations qui ne se confondent pas avec leur simulacre t&#233;l&#233;vis&#233; ; des s&#233;ditions que n'intimident pas les raisonneurs comp&#233;tents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel peut &#234;tre le sens de ces engagements ? Aux utopies r&#233;put&#233;es totalitaires qui &#233;touffent la r&#233;alit&#233; qu'elles pr&#233;tendent embrasser, la prudence recommande, nous dit-on, de pr&#233;f&#233;rer les actions humanitaires et les politiques fragmentaires. Mais les politiques fragmentaires caressent les plaies qu'elles d&#233;sesp&#232;rent de gu&#233;rir et les actions humanitaires gu&#233;rissent des blessures que les politiques engendrent ou laissent suppurer : l'histoire catastrophique suit alors son cours sans d&#233;semparer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions humanitaires m&#233;ritent d'autant moins les sarcasmes, qu'elles connaissent g&#233;n&#233;ralement leurs limites : condamn&#233;es &#224; d&#233;l&#233;guer les solutions &#224; ceux qui s'emploient &#224; les rendre impossibles ou &#224; apporter leur caution &#224; des politiques impuissantes ou massacrantes qui ont besoin d'un alibi. Pourtant, entre les promesses de la gestion &#224; courte vue et les esp&#233;rances de l'utopie &#224; longue port&#233;e, l'action humanitaire semble &#234;tre d&#233;sormais la seule politique morale. Dans les guerres de notre temps, elle ne conna&#238;t pour l'essentiel que les victimes ; mais, justement attentive &#224; l'&#233;quivalence des douleurs, elle ne dispense pas d'interroger la hi&#233;rarchie des causes. Dans les mis&#232;res de notre monde, elle vient au secours des plus pressantes ; mais, justement mobilis&#233;e aupr&#232;s de vies qui n'attendent pas, elle n'est qu'une politique par d&#233;faut &#224; laquelle toute politique fait d&#233;faut. Les urgences de l'humanitaire d&#233;fient les patiences de la politique. Ce d&#233;fi interdit de confondre l'action humanitaire et l'id&#233;ologie humanitaire : la premi&#232;re appelle une politique qui la radicalise ; la seconde se d&#233;fausse - de pr&#233;f&#233;rence sur les professionnels de l'affliction soutenus par les sponsors de la compassion - de toute politique radicale : sous cette forme, l'urgence humanitaire est mari&#233;e, de gr&#233; ou de force, &#224; la prudence - quand ce n'est pas &#224; l'ind&#233;cence - politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques fragmentaires ont provisoirement triomph&#233; de toute alternative r&#233;volutionnaire. &#192; l'&#233;chelle internationale, elles dispensent leurs arbitrages, diplomatiques ou arm&#233;s, au b&#233;n&#233;fice des vainqueurs. Dans le cadre national, elles multiplient les ajustements : quelques bavures &#224; &#233;ponger et quelques urgences &#224; affronter. Les pourfendeurs d'exclusion sociale dissimulent l'exploitation dont cette exclusion n'est que l'ultime et dramatique cons&#233;quence ; les r&#233;ducteurs de fracture sociale tentent de pl&#226;trer la division en classes dont la fracture n'est que la crevasse la plus b&#233;ante. Au nom de la coh&#233;sion sociale, la politique se dissout dans la police&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Au sens o&#249; l'entendait Foucault, au sens o&#249; l'entend Jacques Ranci&#232;re (La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'alternative se r&#233;sout en alternance, le passage de droite &#224; gauche devient une vari&#233;t&#233; du stationnement altern&#233;. Au nom de l'urgence, la m&#233;taphore m&#233;dicale envahit le discours politique, comme si la politique n'&#233;tait jamais qu'une forme de la m&#233;decine : au nom de l'urgence, convoquer la r&#233;forme ; au nom de l'urgence r&#233;voquer les utopies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Urgences ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les urgences du pr&#233;sent invitent, d'abord, &#224; s'en remettre &#224; des r&#233;formes. Faut-il le craindre ? Les lamentations sur la nocivit&#233; de la r&#233;forme (car elle serait r&#233;cup&#233;r&#233;e) ou sur l'impossibilit&#233; de la r&#233;forme (car nous serions pi&#233;g&#233;s) ne sauraient tenir lieu de critique des r&#233;formes, et encore moins du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;forme peut avoir pour adversaire le r&#233;formisme lui-m&#234;me. Car ce n'est pas seulement son intention r&#233;formatrice qui le d&#233;finit, mais l'unit&#233; d'une vis&#233;e et d'une m&#233;thode : le traitement des sympt&#244;mes par des r&#233;formes octroy&#233;es, au lieu de l'&#233;radication des causes par des victoires obtenues. Les faiseurs ont supplant&#233; les r&#234;veurs. Mais qu'ont-ils faits depuis vingt ans ? Le r&#233;alisme a cong&#233;di&#233; les utopies. Mais pour quelle r&#233;alit&#233; ? Il suffit d'ouvrir les yeux ... &#192; en juger par les services qu'ils ont rendus &#224; l'urgence et &#224; la r&#233;forme, les efficaces sont loin d'avoir le monopole de l'efficacit&#233;. Les m&#233;decines douces (de gauche), dispens&#233;es &#224; leurs b&#233;n&#233;ficiaires sans leur participation et les traitements de chocs (de droite), impos&#233;s &#224; des r&#233;fractaires qui n'auraient pas l'intelligence de leur situation sont les seules vari&#233;t&#233;s tol&#233;r&#233;es de &#171; la r&#233;forme &#187;, d&#233;sormais index&#233;e de pr&#233;f&#233;rence sur la r&#233;gression. Sans doute, entre le lib&#233;ralisme social et le socialisme lib&#233;ral, la diff&#233;rence est-elle encore sensible ; mais le contenu est solidaire de la m&#233;thode : c'est &#224; la radicalit&#233; des combats auxquels les r&#233;formes, mais index&#233;es sur le progr&#232;s, peuvent donner un objectif ou une issue provisoire que celles-ci doivent leur sens. C'est pourquoi la gauche au pouvoir doit moins &#234;tre jug&#233;e sur les r&#233;sultats qu'elle n'a pas atteints que sur les combats qu'elle n'a pas men&#233;s, au nom de la d&#233;mobilisation sociale qu'elle a elle-m&#234;me entretenue. Elle se pr&#233;pare &#224; r&#233;cidiver, pr&#234;te, une fois encore, &#224; d&#233;noncer comme utopie son r&#233;alisme de la veille. Pourtant, la radicalit&#233; est moins impuissante qu'on ne le dit : il suffit de comparer les transformations sociales qu'elle a favoris&#233;es (et les reculs sociaux qu'elle a permis de contenir) aux effets d'une efficacit&#233; technocratique qui ne cesse de confondre l'urgence des solutions qu'elle ass&#232;ne et l'urgence des besoins sociaux &#224; satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les urgences du pr&#233;sent invitent, selon la m&#234;me logique, &#224; diff&#233;rer les utopies d'avenir. Faut-il s'en plaindre ? Les lamentations sur l'impuissance de l'utopie (car elle d&#233;tournerait des combats pr&#233;sents) ou sur la perversit&#233; de l'utopie (car ses r&#234;ves se transformeraient en cauchemars) ne sauraient avoir le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie est le revers indispensable de l'urgence. Sous la chape des besoins urgents grondent des aspirations utopiques. &lt;i&gt;Utopie ?&lt;/i&gt; Et pourquoi pas ? L'utopie ne figure pas, en surface, sur la carte des soci&#233;t&#233;s existantes. Mais elle est log&#233;e, en profondeur, au c&#339;ur des virtualit&#233;s du pr&#233;sent. Ses adresses sont multiples. N'en retenons qu'une seule : dans les soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es, le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, la mis&#232;re et l'ins&#233;curit&#233; de l'existence tracent d'un trait &#233;pais le cercle de l'urgence et fixent les cibles des combats qu'elle commande : la r&#233;duction du temps de travail et l'obtention d'un revenu social garanti. Ces objectifs sont &#224; la fois urgents et concr&#232;tement utopiques, puisqu'ils tracent, mais en pointill&#233;s, les contours d'une civilisation o&#249; la satisfaction des besoins ne serait plus enti&#232;rement conditionn&#233;e par le travail n&#233;cessaire et o&#249; le d&#233;ploiement de l'activit&#233; humaine ne serait plus enti&#232;rement d&#233;vor&#233; par le travail contraint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance au pr&#233;sent sinistr&#233; pointe en direction d'un avenir lib&#233;r&#233;. Sous les d&#233;chets de l'ordre se tiennent des gisements d'utopie. &lt;i&gt;Dialectique &lt;/i&gt; ? Et pourquoi pas ? La dialectique, pour peu qu'on la repense, ne se confond pas avec les caricatures qui ont justifi&#233; son discr&#233;dit. Depuis Fourier au moins, nous savons que les mis&#232;res civilis&#233;es sont les formes destructrices de potentialit&#233;s &#233;mancipatrices. Ainsi le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; accomplissent &#224; leur intol&#233;rable fa&#231;on la r&#233;duction du temps de travail et la redistribution de l'activit&#233; humaine, comme le RMI et l'assistance sont les figures grima&#231;antes et mis&#233;rables de la satisfaction des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les domaines, l'action au pr&#233;sent permet de d&#233;tecter des possibilit&#233;s lat&#233;rales et des virtualit&#233;s contrari&#233;es ; elle invite &#224; projeter et &#224; inventer les formes de leur accomplissement - &#224; esquisser les contours d'une autre civilisation : une soci&#233;t&#233; o&#249; le libre d&#233;veloppement de chacun serait la condition du libre d&#233;veloppement de tous. &lt;i&gt;Communisme &lt;/i&gt; ? Et pourquoi pas ? Laissons la peur du mot, si l'on peut garder la chose : l'id&#233;al, mais branch&#233; sur le r&#233;el, d'une soci&#233;t&#233; o&#249; l'affairement d&#233;sordonn&#233; de quelques-uns ne serait pas la condition du d&#233;veloppement mutil&#233; de tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la vitalit&#233; affirmative de l'esp&#233;rance ne peut &#234;tre que le revers de la virulence n&#233;gative de la r&#233;bellion. Encore l'engagement n'est-il pas le bon mot ou le bon concept pour d&#233;signer cette r&#233;bellion, car celle-ci se mesure &#224; des engagements qui lui toujours ant&#233;rieurs : les engagements de l'intol&#233;rable. Ce sont eux qui invitent &#224; transformer en maxime la confidence de Ren&#233; Char : &lt;i&gt;&#171; Afin que le mal demeure sans rel&#232;ve, j'ai &#233;touff&#233; ses engagements&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Ren&#233; Char, &#171; Vivre avec de tels hommes &#187;, Seuls demeurent (1938-1944), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce refus radical qui engage. Mais cet engagement - si l'on tient malgr&#233; tout &#224; garder le mot - n'est pas le choix path&#233;tique d'un sujet qui s'interroge sur le visage de sa libert&#233; sans emploi et de son malheur sans fond. Il n'est pas cette expiation de la libert&#233; ou cette promesse de bonheur qui, grosses de tous les d&#233;couragements et de tous les reniements, s'offrent &#224; ceux qui croient vivre en &#233;tat d'apesanteur sociale. Cet engagement n'est pas la troisi&#232;me mal&#233;diction qui, &#224; la sueur du front laborieux et &#224; la douleur de l'enfantement, ajouterait les mis&#232;res de l'action politique. Cet engagement n'est pas le devoir emphatique d'un sujet qui serait invit&#233; &#224; rembourser une dette originaire ou &#224; recouvrer sa souverainet&#233; perdue. Il n'est pas, enfin, une traite tir&#233;e sur un avenir certifi&#233; : enracin&#233;e dans l'oppression qu'elle tente de conjurer, la r&#233;bellion se tient &#224; la verticale d'une histoire d&#233;sastreuse qu'elle tente de prendre &#224; revers, plut&#244;t qu'&#224; l'horizontale d'une histoire promise dont on esp&#232;re d&#233;livrer le sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;pilogue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que serait l'engagement sans emportement ? Un tourment d'intellectuel livr&#233; en p&#226;ture &#224; ses pairs et ses comp&#232;res ; un sujet de dissertation qui, litt&#233;ralement, n'engage &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il faut de tout pour faire un monde :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des fonctionnaires du diagnostic et des experts de l'expertise, des sp&#233;cialistes de la complexit&#233; et des laboureurs de la sp&#233;cialit&#233;, des chantres de la modestie et des a&#232;des de la grandeur, des faiseurs de faisabilit&#233; et des diseurs de dicibilit&#233; : des efficaces de la gestion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des professionnels du fondement et des b&#226;tisseurs d'&#233;chafaudage, des ripolineurs de fa&#231;ades et des compositeurs de vertus, des jardiniers de l'&#234;tre et des promoteurs du vide, des philosophes du post et des moralistes du kitsch : des esth&#232;tes du consensus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des m&#233;morialistes sans m&#233;moire et des devins sans id&#233;al, des notaires de l'histoire et des fossoyeurs de l'avenir, des tenanciers d'archives et des d&#233;positaires de secrets, des t&#233;moins diplomates et des vice versa : des historiens du pr&#233;sent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des journalistes du terroir et des reporters des trottoirs, des &#233;ditorialistes du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; et des politologues d'Instituts, des leaders d'opinion et des cr&#233;ateurs de marketing, des go&#251;teurs de vins et des testeurs d'ivresse : des commentateurs d'actualit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des &#233;ducateurs d'&#233;ducateurs et des conseillers des conseillers, des d&#233;cideurs de d&#233;cisions et des ex&#233;cuteurs de basses-&#339;uvres, des fabricants de neuroleptiques et des animateurs de t&#233;l&#233;vision : des extr&#233;mistes de l'onction ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des guichetiers de l'aum&#244;ne et des pr&#233;pos&#233;s de la compassion, des journaliers du r&#233;alisme et des saisonniers de la rigueur, des d&#233;put&#233;s de droite et des d&#233;put&#233;s de gauche : des actionnaires de l'action ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; des gros plans t&#233;l&#233;vis&#233;s et des arri&#232;re-plans anonymes, des habitants des beaux quartiers et des musulmans des banlieues, des souris des villes et des rats des champs, des tuyaux et des plombiers... et l'in&#233;vitable raton-laveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais rien n'interdit de pr&#233;f&#233;rer,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; aux responsables efficaces et aux fondateurs prolixes, Marx et Fourier ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; aux historiens notari&#233;s et aux commentateurs patent&#233;s, Walter Benjamin ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; aux rebouteux dipl&#244;m&#233;s et aux repr&#233;sentants attitr&#233;s, le sous-commandant Marcos ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; aux contrastes imaginaires et aux noces consensuelles : les ruptures franches et les complots s&#233;ditieux, foment&#233;s par les d&#233;tecteurs de catastrophes et les prospecteurs d'utopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler (novembre 1995)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. Ce texte &#224; &#233;t&#233; repris par le &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/philo/hmaler/textes/rebellion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de L'Homme Moderne&lt;/a&gt;, puis par &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/eloge-r%C3%A9bellion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de Contretemps&lt;/a&gt;. Merci !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Temps Modernes&lt;/i&gt;, n&#176;587, mars-avril-mai 1996, pp. 292-302. Cette version a &#233;t&#233; &#224; peine revue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que l'on songe seulement et au prestige de la Fondation Saint Simon. Et &#224; la gloire rencontr&#233;e par Fran&#231;ois Furet, gr&#226;ce &#224; son livre d'enterrement&lt;i&gt; Le Pass&#233; d'une illusion. Essai sur l'id&#233;e communiste au XXe si&#232;cle&lt;/i&gt; (&#233;ditions Robert Laffont et &#201;ditions Calmann-L&#233;vy, Paris, 1995). Ouvrage auquel r&#233;pondait un livre (&#233;puis&#233;) que j'ai r&#233;dig&#233; avec Denis Berger : &lt;i&gt;Une certaine id&#233;e du communisme. R&#233;pliques &#224; Fran&#231;ois Furet&lt;/i&gt; (&#233;dition du F&#233;lin, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Char, &#171; Heureuse la magie... &#187; (1951), &lt;i&gt;Recherche de la base au sommet&lt;/i&gt;, Pl&#233;iade, p. 652.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. M. Foucault, &#171; Pr&#233;face &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; R. Knobelspiesse, &lt;i&gt;Q.H.S. : quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Stock, 1980, dans &lt;i&gt;Dits et Ecrits&lt;/i&gt;, t. 4 p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Au sens o&#249; l'entendait Foucault, au sens o&#249; l'entend Jacques Ranci&#232;re (&lt;i&gt;La m&#233;sentente&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Ren&#233; Char, &#171; Vivre avec de tels hommes &#187;, &lt;i&gt;Seuls demeurent&lt;/i&gt; (1938-1944), Pl&#233;iade, p. 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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