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	<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Convoiter l'impossible</title>
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		<title>Michel Foucault : une politique de l'insoumission</title>
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		<dc:date>2024-10-09T20:42:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;bellion, insoumission</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Michel-Foucault-+.html" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Rebellion-insoumission-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;bellion, insoumission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L149xH150/foucault_une_politique-1e695.jpg?1728506538' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avertissement. L'article ci-dessous est une &#233;bauche, r&#233;dig&#233;e en 1997, de l'un des chapitres d'un ouvrage que je voulais consacrer &#224; la pens&#233;e de Michel Foucault. Ce projet a &#233;t&#233; laiss&#233; &#224; l'abandon (en raison de la part prise, jusqu'en 2015, parmi mes activit&#233;s, par l'animation de l'association Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;bauche r&#233;unit de tr&#232;s abondantes citations qu'une r&#233;daction d&#233;finitive aurait r&#233;sum&#233;es. Ces mat&#233;riaux sont presque exclusivement puis&#233;s dans la collection des &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, publi&#233;s par les &#233;ditions Gallimard, parce que ces textes comportent plus que d'autres des prises de position ouvertement politiques. Ils devaient &#234;tre compl&#233;t&#233;s par d'autres r&#233;f&#233;rences (et par l'apport d'ouvrages consacr&#233;s &#224; Michel Foucault). Cette &#233;bauche, enfin, n'a subi que des modifications de forme destin&#233;es &#224; le rendre (&#224; peu pr&#232;s) lisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectif : suivre les m&#233;andres et les apories d'une pens&#233;e en laissant provisoirement les objections en retrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre l'intol&#233;rable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des opinions politiques, Foucault, comme n'importe qui, en eut sans doute : de fort diverses et de tr&#232;s variables. Pour int&#233;ressante qu'elle soit, cette question de biographie ne nous int&#233;resse pas ici. Foucault ne s'exprime jamais publiquement sur ses choix partisans ou &#233;lectoraux. Cette r&#233;serve est moins l'effet d'une ind&#233;termination personnelle que d'une abstention r&#233;fl&#233;chie. Voudrions nous savoir comment il se situe ? Il refuse de se situer. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De philosophie politique, Foucault n'en expose aucune : ce qu'il entend par philosophie et ce qu'il comprend de la politique le lui interdisent. Le projet d'une philosophie politique doit &#234;tre abandonn&#233;e aux professionnels du fondement ultime de l'ordre politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des engagement politiques, Foucault en eu de nombreux, plus ou moins intenses. Des parti-pris et des actions que retracent ses biographes, tous guid&#233;s par ce qu'il jugeait intol&#233;rable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Didier Eribon, Michel Foucault, Le Livre de poche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous y reviendrons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de strat&#233;gie politique, Foucault n'en pr&#233;conise gu&#232;re : quand on refuse d'&#234;tre proph&#232;te, on ne s'improvise pas strat&#232;ge. Pourtant, le relev&#233; cartographique du champ de bataille permet mettre &#224; l'&#233;preuve des options possibles. Mais, pour qui s'en tient &#224; son parcours proprement th&#233;orique, il faut reconna&#238;tre que Foucault n'est gu&#232;re prodigue quand il s'agit de disposer des balises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs disposent au moins d'un point de d&#233;part. Avant 1970, Foucault indique quelle critique il mobilise et quelle politique il refuse. Il critique des pr&#233;suppos&#233;s philosophiques de la gauche fran&#231;aise et r&#233;cuse toute politique fond&#233;e sur ces pr&#233;suppos&#233;s ou nimb&#233;e de cette philosophie : en un mot l'humanisme moderne. Sous le terme d'humanisme, ce qu'il a en vue, c'est notamment l'id&#233;e selon laquelle &#171; la fin du politique est de &lt;i&gt;produire du bonheur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui &#234;tes-vous professeur Foucault &#187;, entretien avec P Carus, septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui demande-t-on, par quel mouvement, il se sent &#171; &lt;i&gt;le plus attir&#233; en tant que structuraliste&lt;/i&gt; &#187;, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas si l'on peut directement r&#233;pondre ainsi. Disons seulement que le structuralisme doit s'&#233;loigner de toute attitude politique qui peut &#234;tre reli&#233; aux vieilles valeurs lib&#233;rales et humanistes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, entretien avec I. Lindung, mars 1968, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'insister : &lt;i&gt;&#171; Je crois (&#8230;) que le structuralisme doit pouvoir donner &#224; toute action politique un instrument politique un instrument analytique qui est sans doute indispensable, La politique n'est pas n&#233;cessairement livr&#233; &#224; l'ignorance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, art. cit., , p. 658.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, contre l'humanisme et en r&#233;ponse &#224; Sartre : &lt;i&gt;&#171; (&#8230;) nous refusons ces politiques de la docte ignorance qui &#233;taient celle je crois de ce que l'on appelait l'engagement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault r&#233;pond &#224; Sartre &#187;, entretien avec J.P. Elkabach,, mars 1968, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;/i&gt; &#187; . &#171; On &#187; ? Sartre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, c'est en de&#231;&#224; de ses principaux ouvrages (mais non sans liens avec eux) que Foucault expose, au fil des textes r&#233;unis dans ses &lt;i&gt;Dit et &#233;crits&lt;/i&gt;, une politique de l'insoumission qui prend pour cible l&lt;i&gt;'intol&#233;rable&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inacceptable, intol&#233;rable. Ces vocables pars&#232;ment les Dits et &#233;crits : t 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette politique fait office de fondement de ces actions et prises de positions militantes &#8211; ses engagements -que l'on n&#233;gligera ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais refuser l'intol&#233;rable, ce n'est pas prescrire des rem&#232;des. C'est, du c&#244;t&#233; de la th&#233;orie, probl&#233;matiser le sens du conflit et du c&#244;t&#233; de la pratique l' intensifier.. Face &#224; l'intol&#233;rable, les prescriptions menacent d'&#234;tre superficielles et les proph&#233;ties illusoires. Une politique de la r&#233;volte invite &#224; respecter la singularit&#233; qui s'insurge et &#224; d&#233;couvrir la complexit&#233; de l'affrontement. Voil&#224; pourquoi Foucault se m&#233;fie des programmes et se d&#233;fie des solutions, au point m&#234;me de s'interdire de proposer des r&#233;formes. N'est-ce pas cependant au b&#233;n&#233;fice d'une nouvelle politique de la r&#233;forme ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Une politique de la r&#233;forme ? La r&#233;forme est-elle souhaitable ?&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Foucault affirme conjointement que le refus de proposer des r&#233;formes est motiv&#233; par une saine m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du pouvoir et que la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des r&#233;formes est inspir&#233;e par une critique fauss&#233;e du r&#233;formisme. La critique de Foucault est une critique &#224; double foyer : une critique du r&#233;formisme comme pratique critique et, selon sa propre expression une &#171; critique du r&#233;formisme comme pratique politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une critique du r&#233;formisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault critique dans le r&#233;formisme une vis&#233;e et une m&#233;thode. La vis&#233;e est celle du traitement des sympt&#244;mes. La m&#233;thode est celle des r&#233;formes octroy&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme comme vis&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme, en fin de compte, est un traitement des sympt&#244;mes : il s'agit de gommer les cons&#233;quences tout en faisant valoir le syst&#232;me auquel on appartient, m&#234;me si cela veut dire qu'on doit le dissimuler&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conversation avec Michel Foucault &#187;, publi&#233;e en avril 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;. Voil&#224; pourquoi le Groupe d'information sur les prisons (GIP)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; le 8 f&#233;vrier 1971 &#224; la suite d'un manifeste sign&#233; par Jean-Marie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tournera d&#233;lib&#233;r&#233;ment le dos &#224; toute forme de r&#233;formisme. Ainsi, les enqu&#234;tes qui prolongent les intol&#233;rances &#224; l'intol&#233;rable - les &lt;i&gt;&#171; enqu&#234;tes-intol&#233;rance&lt;/i&gt; &#187; comme celles sur les prisons - &#171; &lt;i&gt;ne sont pas destin&#233;es &#224; am&#233;liorer, &#224; adoucir, &#224; rendre plus supportable un pouvoir oppressif&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; &#224; Enqu&#234;te sur vingt prisons, 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 195.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit de donner la parole aux d&#233;tenus. En cons&#233;quence : &lt;i&gt;&#171; Notre propos n'est pas de faire &#339;uvre de sociologue ni de r&#233;formisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je per&#231;ois l'intol&#233;rable &#187;, entretien publi&#233; en juillet 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que Foucault distingue des vari&#233;t&#233;s solidaires d'am&#233;nagement : l'humanisme et le r&#233;formisme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour simplifier, l'humanisme consiste &#224; vouloir changer le syst&#232;me id&#233;ologique sans toucher &#224; l'institution ; le r&#233;formisme &#224; changer l'institution sans toucher le syst&#232;me id&#233;ologique. L'action r&#233;volutionnaire se d&#233;finit au contraire comme un &#233;branlement simultan&#233; de la conscience et de l'institution ; ce qui suppose qu'on s'attaque aux rapports de pouvoir dont elles sont l'instrument, l'armature, l'armure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par-del&#224; le Bien et le Mal &#187;, entretien, Actuel, , novembre 1971, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux vis&#233;es de l'humanisme et du r&#233;formisme s'opposent les luttes radicales :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes, les prisonniers, les soldats du contingent, les malades des h&#244;pitaux, les homosexuelles ont entam&#233; en ce moment une lutte sp&#233;cifique contre la forme particuli&#232;re de pouvoir, de contrainte, de contr&#244;le qui s'exerce sur eux. De telles luttes font partie actuellement du mouvement r&#233;volutionnaire, &#224; condition qu'elles soient radicales, sans compromis ni r&#233;formisme, sans tentative pour am&#233;nager le m&#234;me pouvoir avec tout au plus un changement de titulaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, 1972, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 315.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; La critique des objectifs fait corps avec une critique des m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le r&#233;formisme comme m&#233;thode&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault conteste dans le r&#233;formisme la politique des r&#233;formes prescrites et des r&#233;formes octroy&#233;es. Aux r&#233;formes prescrites, Foucault oppose les transformations impos&#233;es. C'est le rapport entre critique et transformation qui doit &#234;tre red&#233;fini :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme, ce n'est jamais que le r&#233;sultat d'un processus dans lequel il y a conflit, affrontement, lutte r&#233;sistance... Se dire d'entr&#233;e de jeu : quel est donc la r&#233;forme que je vais pouvoir faire ? Ce n'est pas pour l'intellectuel, je crois un objectif &#224; poursuivre. Son r&#244;le, puisque pr&#233;cis&#233;ment il travaille dans l'ordre de la pens&#233;e, c'est de voir jusqu'o&#249; la lib&#233;ration de la pens&#233;e peut arriver &#224; rendre ces transformations assez urgentes pour qu'on ait envie de les faire, et assez difficiles &#224; faire pour qu'elles s'inscrivent profond&#233;ment dans le r&#233;el. Il s'agit de rendre les conflits plus visibles, de les rendre plus essentiels que de simples affrontements d'int&#233;r&#234;ts ou de simples blocages institutionnels. De ces conflits, de ces affrontements doit sortir un nouveau rapport de forces dont le profil provisoire sera une r&#233;forme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Est-il donc important de penser ? &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 181.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si des r&#233;formes doivent &#234;tre obtenues, elles ne doivent pas avoir pour pr&#233;alables des propositions positives d'un th&#233;oricien, mais sur la contestation de ceux qui sont directement concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me p&#233;nal, en vigueur depuis le Code p&#233;nal de 1810, doit &#234;tre transform&#233;, d&#233;clare Foucault. &lt;i&gt;&#171; Maintenant je crois qu'il faut toute une r&#233;forme du code, une r&#233;forme en profondeur. Nous avons besoin d'un nouveau Beccaria, d'un nouveau Bertin, Je n'ai pas du tout la pr&#233;tention d'&#234;tre un nouveau Beccaria ou Bertin, car ce n'est pas &#224; un th&#233;oricien de faire la r&#233;forme des &#201;tats. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors comment r&#233;former ? : &lt;i&gt;&#171; Ceux-l&#224; m&#234;mes sur qui p&#232;se cette justice sans doute injuste, c'est &#224; ceux-l&#224; m&#234;mes de prendre en main la r&#233;forme et la refonte de la justice&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un probl&#232;me m'int&#233;resse depuis longtemps... &#187;, 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la radicalit&#233; de la contestation d&#233;pend la profondeur des transformations :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Depuis dix bonnes ann&#233;es, s'est instaur&#233; en France - mais dans d'autres pays aussi un d&#233;bat &#224; voix multiples. Certains s'en impatientent : ils aimeraient que l'institution propose d'elle-m&#234;me, et au milieu du silence des profanes, sa propre r&#233;forme. Il est bon qu'il n'en soit pas ainsi. Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face, in R. Knobelpiess, QHS : Quartier de haute s&#233;curit&#233;, 1980, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux r&#233;formes octroy&#233;es, Foucault oppose les victoires obtenues. Le r&#233;formisme selon Foucault ne consiste pas, &#224; proprement parler, dans l'obtention de r&#233;formes, mais dans la m&#233;thode de lutte adopt&#233;e pour les obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on oppose &#224; Foucault que les prisonniers en r&#233;volte d&#233;posaient des revendications strictement mat&#233;rielles qui ne remettaient pas en question l'institution p&#233;nitentiaire elle-m&#234;me, il r&#233;plique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Il faut faire attention. Souvent, on nous dit, c'est du r&#233;formisme. Mais en fait le r&#233;formisme se d&#233;finit par la mani&#232;re dont on obtient ce que l'on veut, ou on cherche &#224; l'obtenir. &#192; partir du moment o&#249; on l'impose par la force, par la lutte, par la lutte collective, par l'affrontement politique, ce n'est pas une r&#233;forme, c'est une victoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le monde est un grand asile &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 443.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est cette critique du r&#233;formisme qui court en filigrane de l'&#233;loge des luttes contre le quotidien des jeux de pouvoir. Car, dans ces luttes, &lt;i&gt;&#171; il s'agit non plus d'affrontements &#224; l'int&#233;rieur des jeux, mais de r&#233;sistances aux jeux et de refus du jeu lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, conf&#233;rence donn&#233;e le 27 avril (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;Dans les luttes dont je viens de parler&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;il ne s'agit pas du tout de r&#233;formisme, puisque le r&#233;formisme a pour r&#244;le de stabiliser un syst&#232;me de pouvoir au bout d'un certain nombre de changements, alors que dans toutes ces luttes, il s'agit de la d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir, d'une d&#233;stabilisation apparemment sans fin&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on, doit-on, passer du stade de la critique au stade de la proposition ? &#171; &lt;i&gt;Ma position, c'est qu'on n'a pas &#224; proposer. Du moment qu'on &#171; &#8220;propose&#8221; &#187;, on propose un vocabulaire, une id&#233;ologie, qui ne peuvent avoir que des effets de domination&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, 1977, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 348.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans le m&#234;me article o&#249; il dispense la critique de formuler des propositions, Foucault invite la critique &#224; s'avancer sur ce terrain. Pourquoi Foucault a-t-il accept&#233; de r&#233;pondre &#224; des questions relatives &#224; la r&#233;forme du droit p&#233;nal ? &#171; &lt;i&gt;Finalement je suis un peu irrit&#233; par une attitude, qui d'ailleurs a &#233;t&#233; la mienne longtemps et &#224; laquelle je ne souscris plus actuellement, qui consiste &#224; dire :&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nous notre probl&#232;me, c'est de d&#233;noncer et de critiquer ; qu'ils se d&#233;brouillent avec leur l&#233;gislation et leur r&#233;formes. Cela ne me para&#238;t pas une attitude juste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, art. cit., t. 3, p. 360.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, &#171; &lt;i&gt;Il ne faut surtout pas que la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;forme serve de chantage pour r&#233;duire et stopper l'exercice de la critique. Il ne faut en aucun cas &#233;couter ceux qui vous disent : &#8220;Ne critiquez pas, vous qui n'&#234;tes pas capables de faire une r&#233;forme &#8221;. Ce sont l&#224; des propos de cabinets minist&#233;riels&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde du 20 mai 1978 &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 31-32.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plut&#244;t, il faut refuser le partage en deux temps, entre critique et r&#233;forme ainsi que le partage des t&#226;ches entre le critique radical et le r&#233;formateur prudent :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; [..].il n'y a pas un temps pour la critique et un temps pour la r&#233;forme, il n'y a pas ceux qui ont &#224; faire la critique et ceux qui ont &#224; transformer le r&#233;el, ceux qui sont enferm&#233;s dans une radicalit&#233; inaccessible et ceux qui sont bien oblig&#233;s de faire des concessions au r&#233;el. En fait je crois que dans le travail de transformation profonde ne peut se faire que dans l'air libre et toujours agit&#233; d'une critique permanente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Est-t-il donc important de penser ? &#187;, 1981, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 181.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le voit : la critique du r&#233;formisme ne se confond pas avec le refus de r&#233;formes. Foucault affirme conjointement que le refus de proposer isol&#233;ment des r&#233;formes est motiv&#233; par une saine m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du pouvoir et que la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des r&#233;formes peut &#234;tre inspir&#233;e par une critique fauss&#233;e du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une politique de la r&#233;forme ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault esquisse ainsi une politique de la r&#233;forme qui r&#233;cuse des argument en d&#233;faveur des r&#233;formes. La critique du r&#233;formisme ne se fonde ni sur l'impossibilit&#233;, ni sur la nocivit&#233; des r&#233;formes : impossibilit&#233; de la r&#233;forme car nous serions pi&#233;g&#233;s, nocivit&#233; de la r&#233;forme car elle serait r&#233;cup&#233;r&#233;e. La r&#233;forme est toujours possible et souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Impossibilit&#233; des r&#233;formes ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances ne sont pas n&#233;cessairement pi&#233;g&#233;es par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#232;s qu'il y a un rapport de pouvoir, il y a une possibilit&#233; de r&#233;sistance. Nous ne sommes jamais pi&#233;g&#233;s par le pouvoir : on peut toujours en modifier l'emprise, dans des conditions d&#233;termin&#233;es et selon une strat&#233;gie d&#233;termin&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ou encore : &lt;i&gt;&#171; Je n'effectue pas mes analyses pour dire : voil&#224; comment sont les choses, vous &#234;tes pi&#233;g&#233;s. Je ne dis ces choses que dans la mesure o&#249; cela permet de les transformer&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Th&#233;atrum philosophicum &#187;, , article dans Critique, novembre 1970, 1970, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le travail qu'on a &#224; faire, c'est un travail de probl&#233;matisation et de perp&#233;tuelle reprobl&#233;matisation. Ce qui bloque la pens&#233;e, c'est d'admettre implicitement ou explicitement une forme de reprobl&#233;matisation, et de chercher une solution qui puisse se substituer &#224; celle qu'on accepte. Or, si le travail de la pens&#233;e a un sens - diff&#233;rent de celui qui consiste &#224; r&#233;former les institutions et les codes -, c'est de reprendre &#224; la racine la fa&#231;on dont les hommes probl&#233;matisent leur comportement (leur activit&#233; sexuelle, leur pratique punitive, leur attitude &#224; l'&#233;gard de la folie, etc.). Il arrive que les gens prennent cet effort de reprobl&#233;matisation comme un &#8220; antir&#233;formisme &#8221;, reposant sur un pessimisme du genre &#171; rien ne changera &#187;. C'est tout le contraire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 612.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et ce changement ne d&#233;savoue nullement l'obtention de r&#233;formes, au nom des effets nocifs qu'elles auraient sur la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Nocivit&#233; des r&#233;formes ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du r&#233;formisme n'a pas pour contrepartie l'adoption d'un certain gauchisme. Au contraire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut distinguer la critique du r&#233;formisme comme pratique politique de la critique d'une pratique politique par le soup&#231;on qu'elle peut donner lieu &#224; une r&#233;forme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187; , entretien avec Jacques Ranci&#232;re, Les R&#233;voltes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il faut d&#233;jouer la double phobie de la r&#233;forme et de la r&#233;cup&#233;ration, solidaires de certaines ivresses dialectiques. La critique du r&#233;formisme ne doit pas &#234;tre confondue avec la phobie de la r&#233;forme, &lt;i&gt;&#171; fr&#233;quente&lt;/i&gt; - d&#233;clare Foucault - &lt;i&gt;dans les groupes d'extr&#234;me-gauche &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phobie de la r&#233;forme repose sur la phobie de la r&#233;cup&#233;ration : c'est, en fait &lt;i&gt;&#171; une phobie de la r&#233;plique r&#233;formiste chez l'adversaire &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187;, art. cit., p. 426..&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette double phobie des r&#233;formes et de la r&#233;cup&#233;ration explique la &lt;i&gt;&#171; propension &#224; l'&#233;chec &#187;&lt;/i&gt; des &#171; &lt;i&gt;pr&#233;tendus partis d'extr&#234;me-gauche&lt;/i&gt; &#187; : &lt;i&gt;&#171; D&#232;s que quelque chose r&#233;ussit et se r&#233;alise, ils s'&#233;crient que c'est r&#233;cup&#233;r&#233; par le syst&#232;me &#233;tabli ! Bref, ils se mettent dans la position de n'&#234;tre jamais r&#233;cup&#233;r&#233;s, autrement dit, il est toujours n&#233;cessaires qu'ils subissent un &#233;chec &#187;&lt;/i&gt;. &#192; cette posture, Foucault oppose la volont&#233; de r&#233;ussir dans &lt;i&gt;&#171; la lutte contre le pouvoir quotidien &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sexualit&#233; et politique &#187;, 1978, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 529-530.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de &lt;i&gt;&#171; d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir&lt;/i&gt; &#187; s'inscrit-elle pour autant dans la perspective d'une r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Une politique de la r&#233;volution ? La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ?&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la l&#233;gende, Foucault n'a jamais pr&#233;tendu que les r&#233;sistances contre les micro-pouvoirs &#233;taient destin&#233;es &#224; se substituer aux luttes contre l'exploitation et contre la domination. Tout au plus a-t-il soutenu que les premi&#232;res &#233;taient appel&#233;es &#224; devenir dominantes. Il n'a jamais soutenu que les gu&#233;rillas ponctuelles contre les rapports de pouvoir devaient se substituer &#224; la perspective strat&#233;gique de leur g&#233;n&#233;ralisation. Tout au plus - mais c'est d&#233;j&#224; beaucoup - exclut-t-il qu'une telle strat&#233;gie puisse &#234;tre confi&#233;e, pour &#234;tre pens&#233;e et mise en &#339;uvre, &#224; un quelconque &#233;tat-major. Foucault n'abandonne pas la perspective d'une r&#233;volution. Tout au plus incite-t-il, sans l'avoir fait lui-m&#234;me - et peut &#234;tre sans l'avoir cru possible - &#224; repenser son concept et son contenu. Car si la r&#233;volution est possible, est-elle d&#233;sirable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Critique de la r&#233;volution : La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait, constate Foucault en avril 1976, que dans les pays europ&#233;ens la r&#233;volution n'est plus d&#233;sir&#233;e par les masses, et que le stalinisme a puissamment contribu&#233; &#224; son discr&#233;dit. Mais si Foucault commence par constater que la r&#233;volution a cess&#233; d'&#234;tre d&#233;sirable, c'est pour assigner comme t&#226;che &#224; l'intellectuel de la rendre d&#233;sirable &#224; nouveau : &#171; &lt;i&gt;&#192; mon avis, le r&#244;le de l'intellectuel aujourd'hui doit &#234;tre de r&#233;tablir pour l'image de la r&#233;volution le m&#234;me taux de d&#233;sirabilit&#233; que celui qui existait au XIXe si&#232;cle (...) de restituer &#224; la r&#233;volution autant de charmes qu'elle en avait au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le savoir comme crime &#187;, avril 1976, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 85-86.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Resterait alors &#224; savoir comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Relancer la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, un an plus tard, en mars 1977, Foucault avoue ne plus savoir si la r&#233;volution est d&#233;sirable : la t&#226;che de l'intellectuel n'est donc plus de la rendre d&#233;sirable, mais de savoir si elle l'est. &#171; &lt;i&gt;D&#233;sirez-vous la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &#187;, lui demande-t-on. R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas de r&#233;ponse&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Mais je crois, si vous voulez, que faire de la politique autrement que politicienne, c'est essayer de savoir avec le plus d'honn&#234;tet&#233; possible si la r&#233;volution est d&#233;sirable. C'est explorer cette terrible taupini&#232;re o&#249; la politique risque de dispara&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les processus qui ont &#171; &lt;i&gt;ramen&#233; au c&#339;ur des pr&#233;occupations contemporaines la question des Lumi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, figure particuli&#232;rement &#171; &lt;i&gt;l'histoire m&#234;me d'une &#8220;r&#233;volution &#187; dont l'espoir avait &#233;t&#233;, depuis la fin du XVIIIe si&#232;cle, port&#233; par tout un rationalisme auquel on est en droit de se demander quelles part il a pu avoir dans les effets de despotisme o&#249; cet espoir s'est &#233;gar&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Introduction par Michel Foucault &#187;, 1978, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 433.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suppose un retour sur les Lumi&#232;res qui incite &#224; revenir &#224; la fa&#231;on dont Kant avait abord&#233; la question. Pour Kant lui-m&#234;me la question &#171; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ? &#187; d&#233;pend de cette autre question que lui posait l'actualit&#233; &#171; Qu'est-ce que c'est que la r&#233;volution &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ces deux questions : &#8220; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ? Qu'est-ce que la R&#233;volution ?&#8221; sont les deux formes sous lesquelles Kant a pos&#233; la question de sa propre actualit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, Extrait du cours du 5 janvier 1983, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce sont ces deux questions dont Foucault souligne l'insistance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les deux questions &#171; &#8220; Qu'est-ce que l'Aufkl&#228;rung ?&#8221; et &#8220;Que faire de la volont&#233; de r&#233;volution ?&#8221; &#187; d&#233;finissent &#224; elles seules le champ d'interrogation philosophique qui porte sur ce que nous sommes dans &lt;strong&gt;notre actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, art. cit., p. 687. Soulign&#233; par moi.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Que faire de la volont&#233; de r&#233;volution ? Faut-il la soutenir ou la dissuader ? Faut-il relancer la r&#233;volution ou renoncer &#224; la r&#233;volution ? .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault, on le voit, loin de commencer par exclure toute perspective r&#233;volutionnaire, accepte, au moins provisoirement, d'en pr&#233;server l'horizon. Mais sous certaines conditions, inspir&#233;es par le bilan de la r&#233;volution russe et confort&#233;es par l'analytique du pouvoir. Si la R&#233;volution est d&#233;sirable, c'est &#224; la condition de ne pas rester chevill&#233;e &#224; l'&#201;tat, mise &#224; l'abri d'une philosophie de l'histoire ; &#224; condition de ne pas &#234;tre suspendue &#224; une programme et comprise comme un itin&#233;raire qui balise tous les conflits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, Le Nouvel Observateur, 9 Mai 1977, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;volution souhaitable est une r&#233;volution qui ne se concentre pas sur la seule prise du pouvoir d'&#201;tat. Telle est au premier chef la le&#231;on de la r&#233;volution russe quand elle est tir&#233;e, en 1975, &#224; partir de l'analytique du pouvoir :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne pr&#233;tends pas du tout que l'appareil d'&#233;tat ne soit pas important, mais il me semble que parmi toutes les conditions qu'on doit r&#233;unir pour ne pas recommencer l'exp&#233;rience sovi&#233;tique, pour que le processus r&#233;volutionnaire ne s'ensable pas, l'une des premi&#232;re chose &#224; comprendre, c'est que le pouvoir n'est pas localis&#233; dans l'appareil d'&#233;tat et que rien ne sera chang&#233; dans la soci&#233;t&#233; si les m&#233;canismes de pouvoir qui fonctionnent en dehors des appareils d'&#233;tat, au-dessous d'eux, &#224; c&#244;t&#233; d'eux, &#224; un niveau beaucoup plus infime, quotidien, ne sont pas modifi&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoir et corps &#187;, entretien de juin 1975, Quel corps ?, septembre-octobre&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En effet, souligne Foucault, dans un texte que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, on peut &#171; &lt;i&gt;parfaitement concevoir des r&#233;volutions qui laissent intactes, pour l'essentiel, les relations de pouvoir qui avaient permis &#224; l'Etat de fonctionner&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, juin 1976, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 151.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l&#224; cette le&#231;on :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les r&#233;volutionnaires authentiques, s'emparer du pouvoir signifie s'emparer d'un tr&#233;sor qui se trouve dans les mains d'une classe, pour la livrer &#224; une autre classe, en l'occurrence au prol&#233;tariat. Je crois que c'est ainsi qu'on con&#231;oit la r&#233;volution et la prise du pouvoir. Observez alors l'Union sovi&#233;tique. Nous avons l&#224; un r&#233;gime o&#249; les relations de pouvoir dans la famille, dans la sexualit&#233;, dans les usines, dans les &#233;coles restent les m&#234;mes. Le probl&#232;me est de savoir si nous pouvons, dans le r&#233;gime actuel, transformer &#224; des niveaux microscopiques - &#224; l'&#233;cole, dans la famille - les relations de pouvoir, de telle sorte que, quand il y aura une r&#233;volution politico-&#233;conomique, nous ne nous trouvions pas, apr&#232;s, les m&#234;mes relations de pouvoir que nous trouvons maintenant. C'est le probl&#232;me de la r&#233;volution culturelle en Chine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La v&#233;rit&#233; et les formes juridiques &#187;, (mai 1973), Dits et &#233;crits, t. 2, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Pourtant, comme nous l'avons relev&#233;, &#224; peine Foucault vient-il de tracer &#224; grands traits les conditions d'une r&#233;volution d&#233;sirable, que la question est relanc&#233;e. Non plus : comment rendre la r&#233;volution d&#233;sirable ou quelle r&#233;volution serait d&#233;sirable. Mais, une fois encore, la r&#233;volution est-elle seulement d&#233;sirable ? N'est-il pas pr&#233;f&#233;rable d'y renoncer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Renoncer &#224; la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;sirez-vous la r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &#187;, demande-t-on &#224; Foucault. Celui-ci commence par r&#233;pondre en soulignant l'enjeu de la question :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[...] sur ce versant de l'histoire, o&#249; la r&#233;volution doit revenir et n'est pas encore venue, nous posons la m&#234;me question : &#171; &#8220; Qui sommes-nous, nous qui sommes en trop, en ce temps ou ne passe pas ce qui devrait se passer ? &#8220;. Toute la pens&#233;e moderne, comme toute la politique, a &#233;t&#233; command&#233;e par la question de la r&#233;volution. (...) Si la politique existe depuis le XIXe si&#232;cle, c'est parce qu'il y a eu la R&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question de notre actualit&#233; co&#239;ncide jusqu'&#224; un certain point avec la question de la r&#233;volution, car politique et r&#233;volution menacent de dispara&#238;tre conjointement, comme on l'a d&#233;j&#224; signal&#233; : &lt;i&gt;&#171; Faire de la politique autrement que politicienne, c'est essayer de savoir avec le plus d'honn&#234;tet&#233; possible si la r&#233;volution est d&#233;sirable. C'est explorer cette terrible taupini&#232;re o&#249; la politique risque de dispara&#238;tre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 3, p. 267.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Resterait alors &#224; savoir de quelle disparition il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition du monopole de la r&#233;volution ? Telle est l'hypoth&#232;se que Foucault &#233;met en avril 1978 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Assiste-t-on, en cette fin du XXe si&#232;cle, &#224; quelque chose qui serait la fin de l'&#226;ge de la r&#233;volution ? Ce genre de proph&#233;tie, ce genre de condamnation me para&#238;t un peu d&#233;risoire. Nous sommes peut-&#234;tre en train de vivre la fin d'une p&#233;riode historique qui, depuis 1789-1793, a &#233;t&#233;, au moins pour l'Occident, domin&#233;e par le monopole de la r&#233;volution, avec tous les effets de despotisme conjoints, que cela pouvait impliquer, sans que pour autant cette disparition du monopole de la r&#233;volution signifie une revalorisation du r&#233;formisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, 27 avril 1978 &#224; Tokyo, Dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour Foucault, on l'a vu, les luttes n'ont pas pour r&#244;le de revaloriser le r&#233;formisme : elles ont pour enjeu et pour effet une &#171; &lt;i&gt;d&#233;stabilisation des m&#233;canismes de pouvoir, d'une d&#233;stabilisation apparemment sans fin.&lt;/i&gt; &#187; Mais la signification de ces luttes ne peut plus &#234;tre d&#233;gag&#233;e en fonction de la perspective de la R&#233;volution. L'enjeu des r&#233;sistances est &#171; &lt;i&gt;tout &#224; fait diff&#233;rent de celui que visent les luttes r&#233;volutionnaires et qui m&#233;ritent au moins autant que celles-ci d'&#234;tre qu'on les prenne consid&#233;ration&lt;/i&gt; &#187;. Alors que sous le nom de R&#233;volution depuis le XIXe si&#232;cle, &#171; &lt;i&gt;ce que vient les partis et les mouvements qu'on appelle r&#233;volutionnaires, c'est essentiellement ce qui concerne le pouvoir &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art cit., Dits et &#233;crits, t. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition d'un monopole ou disparition tout court ? Foucault prend acte de la disparition de l'id&#233;e de r&#233;volution. &#192; une question portant sur l'avenir de l'eurocommunisme, il r&#233;pond : &#171; la question importante ne se pose pas quant &#224; son avenir, mais quant &#224; l'avenir et au th&#232;me de la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis 1789, l'Europe a chang&#233; en fonction de l'id&#233;e de r&#233;volution. L'histoire europ&#233;enne a &#233;t&#233; domin&#233;e par cette id&#233;e. C'est exactement cette id&#233;e-l&#224; qui est en train de dispara&#238;tre en ce moment &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Michel Foucault et le zen : s&#233;jour dans un temple zen &#187;, Japon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend alors que l'enjeu s'est sans doute d&#233;finitivement d&#233;plac&#233; : &#171; Ces luttes d&#233;centr&#233;es par rapport aux principes, aux primats, aux privil&#232;ges de la r&#233;volution ne sont pas pour autant des ph&#233;nom&#232;nes de circonstances, qui ne seraient li&#233;es qu'&#224; des conjoncture particuli&#232;re. Elles visent une r&#233;alit&#233; historique qui existe d'une mani&#232;re qui n'est peut-&#234;tre pas apparente mais est extr&#234;mement solide dans la soci&#233;t&#233; occidentale depuis des si&#232;cles et des si&#232;cles. Il me semble que ces luttes visent une des structures mal connues, mais essentielles de nos soci&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, avril 1978 &#224; Tokyo, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence le pouvoir pastoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de la r&#233;volution, semble-t-il, s'est effac&#233;e : les r&#233;sistances s&#233;ditieuses contre les &#171; disciplines &#187;, contre la soci&#233;t&#233; de normalisation, contre le biopouvoir ont, semble-t-il, trouv&#233; leur cible, et l'option politique de Foucault son fondement : contemporaine de l'inflexion th&#233;orique qui, succ&#233;dant &#224; &lt;i&gt;La Volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;, conduit Foucault &#224; analyser la &#171; gouvernementalit&#233; &#187;, cette inflexion politique incite Foucault &#224; reporter la perspective de la r&#233;volution sur les r&#233;sistances (ou le soul&#232;vement) contre la gouvernementalit&#233; : une politique de la s&#233;dition contre la rationalit&#233; politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la question de la r&#233;volution est relanc&#233;e par le soul&#232;vement des Iraniens contre le chah. Si la r&#233;volution n'est pas d&#233;sirable, le soul&#232;vement est-il soutenable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#201;loge du soul&#232;vement : Le soul&#232;vement est-il soutenable ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'ao&#251;t 1978, Foucault se met &#224; l'&#233;tude de l'Iran o&#249; il effectue un premier voyage en septembre, bient&#244;t suivi d'un second en novembre. De ces voyages, rendront compte plusieurs articles, tr&#232;s controvers&#233;s. Pourtant, si l'issue de l'&#233;v&#233;nement semble d&#233;mentir la lucidit&#233; de l'analyse, celle-ci ne d&#233;roge jamais aux exigences de la rigueur philosophique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herv&#233; Malagola, &#171; Foucault en Iran &#187;, in Michel Foucault, Les jeux de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais surtout, la singularit&#233; du soul&#232;vement iranien donne &#224; Foucault l'occasion de r&#233;fl&#233;chir &#224; la diff&#233;rence sp&#233;cifique entre r&#233;volution et soul&#232;vement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soul&#232;vement (index) : Dits et &#233;crits, t. 3, p. 130, 749 &#171; Une interview de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault reprend ici le fil d'une r&#233;flexion sur l'importance des &#171; soul&#232;vements populaires &#187; qui, avant la R&#233;volution fran&#231;aise, associaient la pl&#232;be marginalis&#233;e et s&#233;ditieuse, avant que, au cours du XIXe si&#232;cle, le syndicalisme ouvrier ne doive, &#171; &lt;i&gt;afin de se faire reconna&#238;tre, se dissocier de tous les groupes s&#233;ditieux&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de la prison d'Attica &#187;, 1974, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 534.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle analyse ouvrait la voie &#224; une opposition entre soul&#232;vement et r&#233;volution. Mais cette opposition devient explicite &#224; l'occasion du soul&#232;vement des Iraniens contre le chah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La singularit&#233; de ce soul&#232;vement ne permet pas de le penser dans les termes classiques d'une r&#233;volution : on n'y reconna&#238;t ni la dynamique des contradictions, des luttes de classes ou grands affrontement sociaux, ni la dynamique politique imprim&#233;e par une force politique dirigeante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 744.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette singularit&#233; ne peut s'expliquer seulement par les difficult&#233;s &#233;conomiques : &#171; L'&#226;me du soul&#232;vement &#187; est surtout la volont&#233; de se changer soi-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#192; la limite, toute difficult&#233; &#233;conomique &#233;tant donn&#233;e, reste encore &#224; savoir pourquoi il y a des gens qui se l&#232;vent et qui disent : &#231;a ne va plus. En se soulevant, les Iraniens disaient - et c'est peut-&#234;tre cela l'&#226;me du soul&#232;vement : il nous faut changer, bien s&#251;r, ce r&#233;gime et nous d&#233;barrasser de cet homme, il nous faut changer ce personnel corrompu, il nous faut changer tout dans le pays, l'organisation politique, le syst&#232;me &#233;conomique, la politique &#233;trang&#232;re. Mais surtout, il nous faut changer nous-m&#234;mes. Il faut que notre mani&#232;re d'&#234;tre, notre rapport aux autres, &#224; l'&#233;ternit&#233;, &#224; Dieu, etc., soient compl&#232;tement chang&#233;, et il n'y aura de r&#233;volution r&#233;elle qu'&#224; la condition de ce changement radical dans notre exp&#233;rience. Je crois que c'est l&#224; o&#249; l'islam a jou&#233; un r&#244;le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 3, p. 748.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre soul&#232;vement et r&#233;volution prend alors un nouveau relief que Foucault rel&#232;ve &#224; l'occasion de la mort de Maurice Clavel qui intervient dans le contexte du soul&#232;vement iranien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;chappe &#224; l'histoire, c'est l'instant, la fracture, le d&#233;chirement, l'interruption (...). La r&#233;volution s'organise selon toute une &#233;conomie int&#233;rieure du temps : des conditions, des promesses, des n&#233;cessit&#233;s ; elle loge donc dans l'histoire, y fait son lit et finalement s'y couche. Le soul&#232;vement, lui, coupant le temps, dresse les hommes &#224; la verticale de leur terre et de leur humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vivre autrement le temps &#187;, 30 avril-6 mai 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse est confirm&#233;e et d&#233;velopp&#233;e, avec cette pr&#233;cision d&#233;cisive : les soul&#232;vements ont &#233;t&#233;, en quelque sorte, &#171; colonis&#233;s &#187; par la perspective de la r&#233;volution. Une r&#233;volution vraiment d&#233;sirable ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les soul&#232;vements appartiennent &#224; l'histoire. Mais d'une certaine mani&#232;re lui &#233;chappe (...) Parce qu'il est ainsi &#171; hors d'histoire et dans l'histoire, parce que chacun y joue &#224; la vie, &#224; la mort, on comprend pourquoi les soul&#232;vements ont pu trouver si facilement dans les formes religieuses leur expression et leur dramaturgie (...) Vint l'&#226;ge de la &#171; &#8220; r&#233;volution&#8221; &#187;. Depuis deux si&#232;cle, celle-ci a surplomb&#233; l'histoire, organis&#233; notre perception du temps, polaris&#233; les espoirs. Elle a constitu&#233; un gigantesque effort pour acclimater le soul&#232;vement &#224; l'int&#233;rieur d'une histoire rationnelle et ma&#238;trisable : elle lui a donn&#233; une l&#233;gitimit&#233;, elle a fait le tri de ses bonnes et de ses mauvaises formes, elle a d&#233;fini les lois de son d&#233;roulement ; elle lui a fix&#233; des conditions pr&#233;alables, des objectifs et des mani&#232;res de s'achever. On a m&#234;me d&#233;fini la profession de r&#233;volutionnaire. En rapatriant ainsi le soul&#232;vement, on a pr&#233;tendu le faire appara&#238;tre dans sa v&#233;rit&#233; et l'amener jusqu'&#224; son terme r&#233;el. Certains diront que le soul&#232;vement s'est trouv&#233; colonis&#233; par la Realpolitik. D'autres qu'on lui a ouvert la dimension d'une histoire rationnelle. Je pr&#233;f&#232;re la question que Horkheimer posait autrefois, question na&#239;ve, et un peu fi&#233;vreuse : &#8220; Mais est-elle donc si d&#233;sirable, cette r&#233;volution ? &#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Inutile de se soulever ? &#187;, 11-12 mai 1979, Dits et &#233;crits, t. 3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement iranien relance donc, en 1979, les questions pos&#233;es en 1977 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je r&#234;ve de l'intellectuel destructeur des &#233;vidences et des universalit&#233;s, celui qui rep&#232;re et indique dans les inerties et les contraintes du pr&#233;sent les points de faiblesse, les ouvertures, les lignes de forces, celui qui sans cesse se d&#233;place, ne sait pas au juste o&#249; il sera et ce qu'il pensera demain, car il est trop attentif au pr&#233;sent ; celui qui contribue, l&#224; o&#249; il est de passage, &#224; poser la question de savoir si la r&#233;volution, &#231;a vaut la peine, et laquelle (je veux dire quelle r&#233;volution et quelle peine), &#233;tant entendu que seuls peuvent y r&#233;pondre ceux qui acceptent de risquer leur vie pour la faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe Roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, Le Nouvel Observateur, 17-21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les m&#234;mes questions demeurent : La r&#233;volution est-elle d&#233;sirable ? Quelle r&#233;volution est d&#233;sirable ? Vaut-il la peine et quelle peine de viser la r&#233;volution ? Ne nous h&#226;tons pas de conclure que laiss&#233;es en suspens par Foucault lui-m&#234;me, ces questions auraient disparu de notre actualit&#233; avec l'effondrement des communismes stalinis&#233;s. Il reste que Foucault laissera ces questions ouvertes, comme si elles devaient le rester &#224; jamais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, s'il existe une politique selon Foucault - puisque lui-m&#234;me se d&#233;fendait d'en pr&#233;coniser une - c'est une politique de la r&#233;volte : une politique de la s&#233;dition que Foucault lui-m&#234;me n'a cess&#233; de pratiquer : du soutien aux prisonniers &#224; celui des travailleurs polonais.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Une politique de l'insoumission ?&lt;/h2&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Il faut le redire : de la radicalit&#233; de la contestation d&#233;pend la profondeur des transformations. Et le redire encore : &#171; &lt;i&gt;Depuis dix bonnes ann&#233;es s'est instaur&#233; en France - mais dans d'autres pays aussi un d&#233;bat &#224; voix multiples. Certains s'en impatientent : ils aimeraient que l'institution propose d'elle-m&#234;me, et au milieu du silence des profanes, sa propre r&#233;forme. Il est bon qu'il n'en soit pas ainsi. Les transformations r&#233;elles et profondes naissent des critiques radicales, des refus qui s'affirment et des voix qui ne cassent pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les racines de l'insoumission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Foucault, du moins dans ses &#233;crits de 1971 &#224; 1976, l'acteur privil&#233;gi&#233; de cette r&#233;volte - de la politique de la s&#233;dition dont il constate l'existence et qu'il soutient &#224; l'occasion sans la prescrire - c'est la pl&#232;be - la pl&#232;be s&#233;ditieuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault qui la mentionne (&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187; (Sur L' (&#8230;)&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La pl&#232;be s&#233;ditieuse&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de la pl&#232;be est identifi&#233;e, avant qu'elle soit nomm&#233;e : &#171; &lt;i&gt;...au fond, ce dont le capitalisme a peur, &#224; tort ou &#224; raison, depuis 89, depuis 48, depuis 70, c'est de la s&#233;dition, de l'&#233;meute : les gars qui descendent dans la rue avec leurs couteaux et leurs fusils, qui sont pr&#234;ts &#224; l'action directe et violente&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, Dits et &#233;crits, t.2 p. 334.&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une chose nous a frapp&#233;s, si l'on &#233;voque l'histoire politique r&#233;cente. Personne ou presque ne parle plus de la manifestation des Alg&#233;riens du 17 octobre 1971. Ce jour-l&#224; et les jours suivants, des policiers ont tu&#233; dans la rue et jet&#233; dans la Seine pour les noyer environ deux cents Alg&#233;riens. En revanche, on parle toujours des neufs morts de Charonne o&#249; se termina, le 8 f&#233;vrier 1962, une manifestation contre l'O.A.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis cela signifie qu'il y a toujours un groupe humain, dont les limites varient, &#224; la merci de autres. Au XIXe si&#232;cle, on appelait ce groupe les classes dangereuses. Aujourd'hui, c'est encore la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a la population des bidonvilles, celle des banlieues surpeupl&#233;es, les immigr&#233;s et tous les marginaux, jeunes et adultes. Rien d'&#233;tonnant si on retrouve surtout ceux-l&#224; devant les cours de justice ou derri&#232;re les barreaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enqu&#234;te sur les prisons : brisons les barreaux du silence &#187;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est cette pl&#232;be - ou cette partie de la pl&#232;be - qui a &#233;t&#233; longtemps s&#233;par&#233;e du prol&#233;tariat. Avant la R&#233;volution fran&#231;aise, souligne Foucault, les &#171; soul&#232;vements populaires &#187; associaient la pl&#232;be marginalis&#233;e et s&#233;ditieuse. Mais, d&#233;plore Foucault, au cours du XIXe si&#232;cle, &#171; &lt;i&gt;le syndicalisme ouvrier... dut, afin de se faire reconna&#238;tre, se dissocier de tous les groupes &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;s&#233;ditieux &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et adopter une moralit&#233; qui &#171; eut valeur de contrat de mariage entre le prol&#233;tariat et la petite-bourgeoisie... de 1848 jusqu'&#224; Zola et Jaur&#232;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la prison d'Attica &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 534.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; l'occasion de l'intervention du G.I.P, Foucault croit pouvoir constater &lt;i&gt;&#171; une premi&#232;re retrouvaille, une r&#233;conciliation entre une partie du prol&#233;tariat et la partie non int&#233;gr&#233;e de la population marginale &#187;&lt;/i&gt; et un retour politique de la pl&#232;be : &#171; &lt;i&gt; [&#8230;] l'&#233;tonnant, c'est que les couches marginales violentes de la population pl&#233;b&#233;ienne reprennent leur conscience politique. Par exemple, ces bandes de jeunes, dans les banlieues dans certains quartiers de Paris, pour lesquels leur situation de d&#233;linquance et leur existence marginales prennent une signification politique &lt;/i&gt; &#187;. Et Foucault de donner des exemples de cette conscience li&#233;e &#224; &lt;i&gt;&#171; l'apparition de nouveaux pl&#233;b&#233;iens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 303.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes dans les prisons ont donc ce sens : &#171; Ce&lt;/i&gt; que les r&#233;voltes dans les prisons mettent en question, ce ne sont pas des d&#233;tails, avoir ou non la t&#233;l&#233;vision, ou l'autorisation de jouer au football, mais, au contraire, le statut de pl&#233;b&#233;ien marginal dans la soci&#233;t&#233; capitaliste. Le statut de paum&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 2, p. 306.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la pl&#232;be ? Foucault - qui souscrit &#224; l'analyse selon laquelle la logique productiviste de Marx le conduisait n&#233;cessairement &#224; se d&#233;sint&#233;resser du sous-prol&#233;tariat - s'efforce d'en tracer les contours. Il propose de comprendre le clivage entre le prol&#233;tariat et le sous-prol&#233;tariat, comme une coupure : &#171; [&#8230;]&lt;i&gt; il y a dans la masse globale de la pl&#232;be une coupure entre le prol&#233;tariat et la pl&#232;be non prol&#233;taris&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;une&lt;i&gt; &#171; coupure dont le capitalisme a besoin &lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, Dits et &#233;crits, t.2 p. 334.&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et d'appeler &#224; une nouvelle rencontre, pour que &#171; &lt;i&gt; il puisse y avoir entre un prol&#233;tariat qui n'a absolument pas l'id&#233;ologie de la pl&#232;be et une pl&#232;be qui n'a absolument pas les pratiques sociales du prol&#233;tariat, autre chose qu'une rencontre de conjoncture &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Table ronde &#187;, Esprit, mai-juin 1972, art. cit., t.2 p. 336. Foucault (&#8230;)&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la pl&#232;be ? L'&#233;volution de Foucault sur ce point est manifeste : &#224; une tentative d'identifier sa consistance sociale fait suite une rectification qui permet de la d&#233;signer comme un fait g&#233;n&#233;alogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective sociologique, Foucault propose de d&#233;signer comme pl&#232;be l'effet tout &#224; la fois conjugu&#233; et divis&#233; des rapports d'exploitation et des rapports de pouvoir. Dans une perspective analytique, Foucault se d&#233;gage de la tentation de substantifier la pl&#232;be par une analytique des effets de pouvoirs : il y a &#171; de la pl&#232;be &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de substantifier le pouvoir et la r&#233;sistance au pouvoir est une constante de l'analytique du pouvoir et des r&#233;sistances. Le pouvoir n'est pas substance : &#171; &lt;i&gt;Le pouvoir n'est pas substance. Il n'est pas non plus un myst&#233;rieux attribut dont il faudrait fouiller les origines. Le pouvoir n'est qu'un type particulier de relations entre individus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Omnes et singulatim &#187;, 1981, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 160.&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &#171; Le pouvoir, comment s'exerce-t-il ? &#187;, telle est la question. La poser plut&#244;t que toute autre, ce n'est en rien transformer le pouvoir en &#171; une substance myst&#233;rieuse &#187;, au contraire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 232.&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser de fa&#231;on plus explicite au pouvoir, ce n'&#233;tait pas du tout pour faire du pouvoir quelque chose comme une substance ou comme une fluide plus ou moins mal&#233;fique qui se r&#233;pandrait dans le corps social&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'intellectuel et les pouvoirs &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 750.&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance n'est pas substance : &#171; &lt;i&gt;[&#8230;] cette r&#233;sistance dont je parle n'est pas une substance. Elle n'est pas ant&#233;rieure au pouvoir qu'elle contre. Elle lui est coextensive et absolument contemporaine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H. L&#233;vy, mars 1977, Dits et &#233;crits, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la pl&#232;be non plus n'est pas une substance : &#171; &lt;i&gt;Prendre ce point de vue de la pl&#232;be (...) je ne pense pas que cela puisse se confondre avec un n&#233;opopulisme qui substantifierait la pl&#232;be ou un nouveau lib&#233;ralisme qui enchanterait les droits primitifs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, entretien avec Jacques Ranci&#232;re, Les r&#233;voltes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, donc, Foucault semble donner &#224; la pl&#232;be la consistance sociale d'un sujet. Mais Foucault se rectifie lui-m&#234;me : l'analytique du pouvoir qui interdit de substantifier le pouvoir et les r&#233;sistances interdit d'attribuer aux r&#233;sistances un sujet substantifi&#233; : la pl&#232;be est moins une cat&#233;gorie sociale que l'&#233;chapp&#233;e de tous les rapports de pouvoir : cible de l'exercice du pouvoir et foyer de sa contestation ; produit de ses techniques et faille de sa reproduction ; tout &#224; la fois point d'appui, point de focalisation, point de r&#233;sistance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut sans doute pas concevoir la &#171; pl&#232;be &#187; comme le fond permanent de l'histoire, l'objectif final de tous les assujettissements, le foyer jamais tout &#224; fait &#233;teint de toutes les r&#233;voltes. Il n'y a sans doute pas de r&#233;alit&#233; sociologique de la &#171; pl&#232;be &#187;. Mais il y a toujours quelque chose dans le corps social, dans les classes, dans les groupes, dans les individus eux-m&#234;mes qui &#233;chappe d'une certaine fa&#231;on aux relations de pouvoir ; quelque chose qui en est non point la mati&#232;re premi&#232;re plus ou moins docile ou r&#233;tive, mais qui est le mouvement centrifuge, l'&#233;nergie inverse, l'&#233;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La &#187; pl&#232;be n'existe sans doute pas, mais il y a &#171; de la &#187; pl&#232;be. Il y a de la pl&#232;be dans les corps, et dans les &#226;mes, il y en a dans les individus, il y en a dans la bourgeoisie, mais avec une extension, des formes, des &#233;nergies, des irr&#233;ductibilit&#233;s diverses. Cette part de pl&#232;be, c'est moins l'ext&#233;rieur par rapport aux relations de pouvoir, que leur limite, leur envers, leur contrecoup ; c'est ce qui r&#233;pond &#224; toute avanc&#233;e du pouvoir par un mouvement pour s'en d&#233;gager ; c'est donc ce qui motive tout nouveau d&#233;veloppement des r&#233;seaux de pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5. &#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t.3 p. 421- 422.&#034; id=&#034;nh68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette figure &#233;nigmatique, soul&#232;ve autant de questions qu'elle en r&#233;sout. Mais est-elle plus &#233;nigmatique que certaines images du prol&#233;tariat ? Pourtant, cette figure elle-m&#234;me semble se dissoudre : Foucault cesse bient&#244;t d'y faire r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'acteur ou du sujet des r&#233;sistances n'en demeure pas moins pos&#233;e. En effet, si l'on peut concevoir l'existence de strat&#233;gies sans strat&#232;ge ni sujet, du point de vue de la lutte, la question se pose diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rel&#232;ve J.-A. Miller, &lt;i&gt;&#171; La question : &#8220; Qui combat ? et contre qui&#8221; se pose n&#233;cessairement. Tu ne peux &#233;chapper ici &#224; la question du ou plut&#244;t des sujets (...) Enfin, qui sont pour toi les sujets qui s'opposent ? &#187;.&lt;/i&gt; R&#233;ponse de Foucault : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est qu'une hypoth&#232;se, mais je dirais : tout le monde &#224; tout le monde. Il n'y a pas, imm&#233;diatement donn&#233;s, de sujets dont l'un serait le prol&#233;tariat et l'autre la bourgeoisie. Qui lutte contre qui ? Nous luttons tous contre tous. Et il y a toujours quelque chose en nous qui lutte contre autre chose en nous &#187;&lt;/i&gt;. Et Miller d'en tirer la cons&#233;quence : &lt;i&gt;&#171; (...) en d&#233;finitive, l'&#233;l&#233;ment premier et dernier, ce sont les individus ? &#187;. &lt;/i&gt;Et Foucault de reprendre : &#171; &lt;i&gt;Oui, les individus, et m&#234;me les sous individus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le jeu de Michel Foucault &#187;, juillet 1977, Dits et &#233;crits, t. 3, p. 310-311&#034; id=&#034;nh69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dissolution du sujet ou de l'acteur des r&#233;sistance n'est pas encore parvenue &#224; son terme. mais, d&#232;s que les rapports de pouvoir sont pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finis par une action sur des actions possibles, circonscrivant une libert&#233; qu'ils fa&#231;onnent et sur laquelle ils prennent appui, l'effacement de la pl&#232;be dans le discours de Foucault ne laisse plus que l'image probl&#233;matique de la part de libert&#233; m&#233;nag&#233;e par les relations de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La libert&#233; insoumise&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'exercice du pouvoir se d&#233;finit moins comme une relation entre des partenaires ou des sujets que comme un mode d'action : &#171; un mode d'action de certains sur certains autres &#187;, &#171; une action sur l'action, sur des actions &#233;ventuelles, ou actuelles, futures ou pr&#233;sentes &#187;., &#171; un ensemble d'action sur des actions possibles &#187;. Dans la mesure o&#249; ce mode d'action ne prend pas pour cible le corps de l'autre, mais son action, il se distingue de la violence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 236-237.&#034; id=&#034;nh70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Destin&#233; &#224; &#171; conduire des conduites, le pouvoir est moins de l'ordre de l'affrontement que de l'ordre du gouvernement. D&#232;s lors, dans l'exercice du pouvoir ainsi caract&#233;ris&#233;, on &#171; inclut un &#233;l&#233;ment important : celui de la libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., Dits et &#233;crits, t. 4, p. 237,&#034; id=&#034;nh71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La relation de pouvoir et l'insoumission de la libert&#233; ne peuvent donc &#234;tre s&#233;par&#233;es. Le probl&#232;me central du pouvoir n'est pas celui de la &#171; servitude volontaire &#187; (...) : au c&#339;ur de la relation de pouvoir, la &#171; provoquant sans cesse, il y a la r&#233;tivit&#233; du vouloir et l'intransivit&#233; de la libert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 238.&#034; id=&#034;nh72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans la libert&#233; des sujets que s'enracine la possibilit&#233; des r&#233;sistances : &lt;strong&gt;&#171; s'il est vrai&lt;/strong&gt; que, au c&#339;ur des relations de pouvoir et comme condition permanente de leur existence, il y a une &#171; insoumission &#187; et des libert&#233;s essentiellement r&#233;tives, il n'y a pas de relations de pouvoir sans r&#233;sistance, sans &#233;chappatoire ou fuite, sans retournement &#233;ventuel ; toute relation de pouvoir implique donc, au moins de fa&#231;on virtuelle, une strat&#233;gie de lutte (...)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 242.&#034; id=&#034;nh73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;strong&gt; &#187; &#171; &lt;/strong&gt; Cela veut dire que, dans les relations de pouvoir, il y a forc&#233;ment possibilit&#233; de r&#233;sistance, car s'il n'y avait pas de possibilit&#233; de r&#233;sistance - de r&#233;sistance violente, de fuite, de ruse, de strat&#233;gies qui renversent la situation -, il n'y aurait pas du tout de relations de pouvoir. (...) s'il y a des relations de pouvoir &#224; travers tout le champ social, c'est parce qu'il y a de la libert&#233; partout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations de pouvoir ainsi entendues sont omnipr&#233;sentes et in&#233;vitables. Elles sont omnipr&#233;sentes : &lt;i&gt;(.. s'il y a des relations de pouvoir &#224; travers tout le champ social, c'est parce qu'il y a de la libert&#233; partout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles sont in&#233;vitables : &lt;i&gt;&#171; Vivre en soci&#233;t&#233;, c'est, de toute fa&#231;on, vivre de mani&#232;re qu'il soit possible d'agir sur les actions les uns des autres. Une soci&#233;t&#233; &#034;sans relations de pouvoir&#034; ne peut &#234;tre qu'une abstraction &#187;[&lt;/i&gt;[&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 239.]].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations de pouvoir ainsi entendues ne sont pas intrins&#232;quement mauvaises : &#171; Le pouvoir n'est pas le mal. Le pouvoir, c'est des jeux strat&#233;giques. On sait bien que le pouvoir n'est pas le mal ! Prenez par exemple les relations sexuelles ou amoureuses : exercer du pouvoir sur l'autre, dans une esp&#232;ce de jeu strat&#233;gique ouvert, o&#249; les choses pourront se renverser, ce n'est pas le mal ; cela fait partie aussi de l'amour, de la passion, du plaisir sexuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront alors les cibles de l'insoumission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les cibles de l'insoumission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'abolir les relations de pouvoir, mais d'en am&#233;nager l'exercice. Il s&#8216;agit d'en critiquer et d'en contrecarrer les dangers :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je ne cherche pas &#224; dire que tout est mauvais, mais que tout est &lt;i&gt;dangereux&lt;/i&gt; - ce qui n'est pas exactement la m&#234;me chose que ce qui est mauvais. Si tout est dangereux, alors nous avons toujours quelque chose &#224; faire. Donc ma position ne conduit pas &#224; l'apathie, mais au contraire &#224; un hypermilitantisme pessimiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1983, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 386.&#034; id=&#034;nh77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Foucault de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; Je crois que le choix &#233;thico-politique que nous devons faire tous les jours, c'est de d&#233;terminer quel est le principal danger. &#187;&lt;/i&gt;. Et, s'appuyant sur l'ouvrage de Robert Castel consacr&#233; &#224; l'histoire du mouvement antipsychiatrique - &lt;i&gt;La Gestion des risques&lt;/i&gt; - Foucault souligne que les dangers se sont d&#233;plac&#233;s des h&#244;pitaux psychiatriques aux nouvelles formes de soins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, art. cit., t. 4, p. 386.&#034; id=&#034;nh78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aucune solution n'est d&#233;finitive, les dangers se d&#233;placent avec chaque d&#233;placement du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O&#249; sont les dangers ? &#187;. Telle est la question que Foucault retourne contre les procureurs qui accusent d'irresponsabilit&#233; tous ceux qui avaient soutenu Knobelpiess&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vous &#234;tes dangereux &#187;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 524.&#034; id=&#034;nh79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune r&#233;forme de la punition, par exemple une r&#233;forme qui g&#233;n&#233;raliserait les amendes au lieu de multiplier les emprisonnement, n'est exempte de danger :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien n'est jamais stable. D&#232;s lors qu'il s'agit, &#224; l'int&#233;rieur d'une soci&#233;t&#233;, d'une institution de pouvoir, tout est dangereux. Il est quelque chose de p&#233;rilleux. En exer&#231;ant le pouvoir, ce n'est pas au mal qu'on touche mais &#224; une mati&#232;re dangereuse, c'est-&#224;-dire dont le m&#233;susage est toujours possible et peut avoir des cons&#233;quences n&#233;gatives plus ou moins graves&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview de Michel Foucault &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 694.&#034; id=&#034;nh80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces dangers, le plus important est sans nul doute celui de voir les rapports de pouvoir se transformer en rapports de domination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domination : (absent de l'index) : Dits et &#233;crits, t. 4, p. 243, 589, 711, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Contrecarrer la domination&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en effet distinguer &#171; &lt;i&gt;les relations de pouvoir comme jeux strat&#233;giques entre les libert&#233;s - jeux strat&#233;giques qui font que les uns essaient de d&#233;terminer la conduite des autres, &#224; quoi les autres r&#233;pondent en essayant de ne pas laisser d&#233;terminer leur conduite ou en essayant de d&#233;terminer en retour la conduite des autres - et les &#233;tats de domination, qui sont ce qu'on appelle d'ordinaire le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 728.&#034; id=&#034;nh82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre relations de pouvoir et rapports de domination est malais&#233;e. Elle pourtant est n&#233;cessaire, m&#234;me si elle menace cependant d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;un peu verbale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dits et &#233;crits, t. 4, p. 589.&#034; id=&#034;nh83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais &#224; la diff&#233;rence des relations de pouvoir qui sont mobiles et r&#233;versibles, les &#233;tats de dominations sont rigides et asym&#233;triques. Sans &#234;tre n&#233;cessairement annul&#233;, l'espace de la libert&#233; est notablement r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans de tr&#232;s nombreux cas, les relations de pouvoir sont fix&#233;es de telle sorte qu'elles sont perp&#233;tuellement asym&#233;triques et que la marge de libert&#233; est extr&#234;mement limit&#233;e. Pour prendre un exemple, sans doute tr&#232;s sch&#233;matique, dans la structure conjugale traditionnelle de la soci&#233;t&#233; du XVIIIe et du XIXe si&#232;cle, on ne peut pas dire qu'il n'y avait que le pouvoir de l'homme : la femme pouvait faire tout un tas de choses : le tromper, lui soutirer de l'argent, se refuser sexuellement. Elle subissait cependant un &#233;tat de domination, dans la mesure o&#249; tout cela n'&#233;tait finalement qu'un certain nombre de ruses qui n'arrivaient jamais &#224; renverser la situation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 720-721.&#034; id=&#034;nh84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Que faire face &#224; ces &#233;tats de domination ? Comment s'en affranchir quand ils existent ? Comment les &#233;viter quand ils menacent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, comment s'en affranchir ? Si les relations de pouvoir reposent sur la libert&#233; et appellent son exercice, les &#233;tats de domination suppose une lib&#233;ration. &lt;i&gt;&#171; L'exercice des pratiques de libert&#233; n'exige-t-elle pas un certain degr&#233; de lib&#233;ration ?&lt;/i&gt; &#187;, demande-t-on &#224; Foucault. &#171; &lt;i&gt;Oui, absolument&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond ce dernier avant de pr&#233;ciser que &#171; &lt;i&gt;la lib&#233;ration est parfois la condition politique et historique pour une pratique de la libert&#233;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit., t. 4, p. 710-711 (soulign&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, comment les &#233;viter ? Le pouvoir n'est pas le mal, comme le montre l'exemple des relations amoureuses, mentionn&#233; plus haut. Et Foucault de poursuivre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Prenons aussi quelque chose qui a &#233;t&#233; l'objet de critiques souvent justifi&#233;es : l'institution p&#233;dagogique. Je ne vois pas o&#249; est le mal dans la pratique de quelqu'un qui, dans un jeu de v&#233;rit&#233; donn&#233;, sachant plus qu'un autre, lui dit ce qu'il faut faire, lui apprend, lui transmet un savoir, lui communique des techniques ; le probl&#232;mes est plut&#244;t de savoir comment on va &#233;viter dans ces pratiques - o&#249; le pouvoir ne peut pas ne pas jouer et o&#249; il n'est pas mauvais en soi - les effets de domination qui vont faire qu'un gosse sera soumis &#224; l'autorit&#233; arbitraire et inutile d'un instituteur, un &#233;tudiant sous la coupe d'un professeur autoritaire, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit, p. 727.&#034; id=&#034;nh86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment les &#233;viter en effet ? R&#233;ponse de Foucault : &lt;i&gt;&#171; Je crois qu'il faut poser ce probl&#232;me en termes de r&#232;gles de droit, de techniques rationnelles de gouvernement et d'&lt;/i&gt;&#234;thos&lt;i&gt;, de pratique de soi et de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem..&#034; id=&#034;nh87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pratiques de libert&#233; sont donc &#224; la fois la garantie des jeux de pouvoirs contre les &#233;tats de domination, et la fin ultime de toute lib&#233;ration de ces &#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#234;me glissement affecte, au fil des textes, l'ensemble du r&#233;seau conceptuel du discours de Foucault. La distinction mieux &#233;tablie entre rapports de pouvoir et rapports de domination semble renvoyer &#224; des moments diff&#233;rents de constitution et d'action, ainsi que les r&#244;les respectifs d'une libert&#233; insoumise et d'une pl&#232;be s&#233;ditieuse. Et, du m&#234;me coup, les cibles des r&#233;sistances se dispersent sur toute la surface de la soci&#233;t&#233;, pour ne se concentrer, quand elles se concentrent, que sur le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mettre en question le gouvernement.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d&#233;signe chez Foucault, en dehors de l'usage commun qu'il pr&#233;serve in&#233;vitablement, le mode d'action propre &#224; l'exercice du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;placements successifs de l'analytique du pouvoir, les modifications incessantes de l'analyse des relations de pouvoir et des luttes qui s'inscrivent dans ces relations, ne sont pas sans effets sur les cibles que l'analytique semble en mesure non seulement de d&#233;crire, mais de d&#233;signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances prennent pour cibles le biopouvoir s'insurgent contre le pouvoir qui prend la vie pour objet Foucault, dans &lt;i&gt;La Volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt; le laissait d&#233;j&#224; entrevoir : &#171; Ce qui est revendiqu&#233; et sert d'objectif, c'est la vie &#187;. Et de pr&#233;ciser, dans un contexte politique o&#249; la question des droits de l'homme retrouve une nouvelle vigueur : &lt;i&gt;&#171; C'est la vie beaucoup plus que le droit qui devient l'enjeu des luttes politiques, m&#234;me si celles-ci se formulent &#224; travers des affirmations de droit &#187;&lt;/i&gt;. Ce sont des &#171; droits &#224; &#187;, dont Foucault dresse une liste qui n'est la exhaustive : &lt;i&gt;&#171; Le &#8220;droit&#8221; &#224; la vie, au corps, &#224; la sant&#233;, au bonheur, le &#8220;droit&#8221; par-del&#224; toutes les oppressions ou &#8221;ali&#233;nations&#8221;&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Volont&#233; de savoir (1976),Tel Gallimard, p. 191.&#034; id=&#034;nh88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; mesure que le biopouvoir appara&#238;t comme une forme d'existence et d'exercice du pouvoir pastoral et du gouvernement, ce sont eux viennent au premier plan comme cibles politiques. Il faut revenir sur les principales &#233;tapes de cette &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1978 : Foucault, d'un m&#234;me mouvement prend acte de la fin du monopole de la r&#233;volution, constate que cette fin n'implique aucune revalorisation du r&#233;formisme et souligne que les nouvelles luttes contre le pouvoir au quotidien visent le pouvoir pastoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dits et &#233;crits, t. 3, p. 547 sq.&#034; id=&#034;nh89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1979 : Foucault montre comment la rationalit&#233; politique &lt;i&gt;&#171; s'est d'abord enracin&#233;e dans l'id&#233;e de pouvoir pastoral, puis dans celle de raison d'&#201;tat &#187;, souligne que &#171; l'individualisation et la totalisation en sont des effets in&#233;vitables &#187;&lt;/i&gt;, et conclut : &#171; &lt;i&gt;La lib&#233;ration ne peut venir que de l'attaque non pas de l'un ou de l'autre de ces effets, mais des racines m&#234;mes de la rationalit&#233; politique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Omnes et singulatim : vers une critique de la raison politique &#187;, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982 : Ce sont essentiellement les formes individualisantes du pouvoir qui sont donn&#233;es pour cibles. Quelle est la forme de gouvernement que vise aujourd'hui les r&#233;sistances ? Foucault la d&#233;signe comme &#171; &lt;i&gt;le gouvernement par l'individualisation&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 227.&#034; id=&#034;nh91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles participent des luttes qui &#171; &lt;i&gt;combattent tout ce qui lie l'individu &#224; lui-m&#234;me et assure ainsi sa soumission aux autres&lt;/i&gt;... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie &#171; gouverner &#187; et &#171; &#234;tre gouvern&#233; &#187; ? C'est autour de cette double question que s'organise progressivement la r&#233;flexion de Foucault. C'est en fonction des r&#233;ponses qu'elles admettent que se distribuent ses prises de position, particuli&#232;rement face &#224; la perspective, puis &#224; la pratique du gouvernement &#171; de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des textes de Foucault, l'existence m&#234;me d'un acteur ou d'un sujet des r&#233;sistances s'est dispers&#233;e. La &#171; part &#187; de pl&#232;be s'est r&#233;solue dans les individus et leur part de libert&#233;. Peu &#224; peu, l'identit&#233; de l'auteur des r&#233;sistances s'est dissous comme se sont dispers&#233;es, semble-t-il, les cibles de leur multiplication. Alors se dessine une politique de la s&#233;dition permanente et de subversion sans fin : l'ind&#233;fini de la lutte, la d&#233;stabilisation apparemment sans fin des m&#233;canismes de pouvoir, les victoires provisoirement sanctionn&#233;es par des r&#233;formes. Comme si la perspective d'une r&#233;volution devait reculer sans cesse au point de dispara&#238;tre... Pourtant, Foucault ne se borne pas &#224; opter sans la prescrire pour une politique de la s&#233;dition qui exclurait toute politique de la r&#233;volution. Sa pens&#233;e est plus complexe et plus h&#233;sitante. Et il y a plus &#224; apprendre de ses h&#233;sitations que de ses simplifications, de sa complexit&#233; que de sa l&#233;gende.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution n'est pas assur&#233;ment d&#233;sirable, si le soul&#232;vement n'est pas toujours soutenable, si les r&#233;formes ne sont pas pr&#233;sentables et si les r&#233;sistances sont vou&#233;es &#224; se d&#233;ployer sans cesse et sans fin - la politique ne saurait &#234;tre qu'une politique de l'insoumission toujours recommenc&#233;e. Faut-il le d&#233;plorer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique qui s'interdit de prescrire des r&#233;formes, mais se f&#233;licite de celles que la critique et la r&#233;volte parviennent &#224; arracher ; une politique qui trace les contours d'une r&#233;volution possible et d&#233;sirable, mais ne cesse de se demander si elle est vraiment d&#233;sirable, sans jamais la pr&#233;coniser ; une politique qui d&#233;place ou refuse la ligne partage classique entre r&#233;forme et r&#233;volution sans proposer de nouvel horizon ; une politique qui analyse et, le cas &#233;ch&#233;ant, soutient les r&#233;sistances qui lac&#232;rent l'exercice quotidien du pouvoir et les soul&#232;vements qui d&#233;chirent l'histoire de la domination, mais sans leur proposer de cibles - une telle politique en m&#233;rite-t-elle encore le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il l'imputer aux d&#233;placements impos&#233;s par l'exercice de la philosophie ou aux d&#233;couragements cons&#233;cutifs aux m&#233;andres de la politique ? Il est vrai que, du moins dans les propos et &#233;crits publics de Michel Foucault, la tentation d'une option politique s'efface au b&#233;n&#233;fice d'un renforcement de l'attitude &#233;thique qui lui donnait son sens. En-de&#231;&#224; de l'histoire et de la politique ? La politique comme &#233;thique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, &lt;i&gt;QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, Dits et &#233;crits, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Didier Eribon, &lt;i&gt;Michel Foucault&lt;/i&gt;, Le Livre de poche, Flammarion, 1989.Troisi&#232;me partie : &#171; Militant et professeur au Coll&#232;ge de France &#187;.et, surtout, de David Macey, &lt;i&gt;Michel Foucault&lt;/i&gt;, Gallimard, 1994, chapitres Xi et XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qui &#234;tes-vous professeur Foucault &#187;, entretien avec P Carus, septembre 1967,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 618.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, entretien avec I. Lindung, mars 1968, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 655.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview avec Michel Foucault &#187;, art. cit., , p. 658.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault r&#233;pond &#224; Sartre &#187;, entretien avec J.P. Elkabach,, mars 1968, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p.-668&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Inacceptable, intol&#233;rable. Ces vocables pars&#232;ment les &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt; : t 2, p. 177, 205, 208, 223, 419 ; t.3, p.7-9 ; t 4, 79, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Conversation avec Michel Foucault &#187;, publi&#233;e en avril 1971, Dits et &#233;crits, t. 2, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; le 8 f&#233;vrier 1971 &#224; la suite d'un manifeste sign&#233; par Jean-Marie Domenach, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; &#224; &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur vingt prisons&lt;/i&gt;, 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Je per&#231;ois l'intol&#233;rable &#187;, entretien publi&#233; en juillet 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 204&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Par-del&#224; le Bien et le Mal &#187;, entretien, &lt;i&gt;Actuel&lt;/i&gt;, , novembre 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 315.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Est-il donc important de penser ? &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Un probl&#232;me m'int&#233;resse depuis longtemps... &#187;, 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 207.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face, in R. Knobelpiess, &lt;i&gt;QHS : Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, 1980, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le monde est un grand asile &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 443.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, conf&#233;rence donn&#233;e le 27 avril 1978 &#224; Tokyo , &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 543.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 348.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enferment, psychiatrie, prison &#187;, art. cit., t. 3, p. 360.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde du 20 mai 1978 &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 31-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Est-t-il donc important de penser ? &#187;, 1981, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Th&#233;atrum philosophicum &#187;, , article dans &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt;, novembre 1970, 1970, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#192; propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1984,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 612.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187; , entretien avec Jacques Ranci&#232;re, &lt;i&gt;Les R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt;, N&#176;4, hiver, 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 426.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gies &#187;, art. cit., p. 426..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Sexualit&#233; et politique &#187;, 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 529-530.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le savoir comme crime &#187;, avril 1976,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 85-86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Introduction par Michel Foucault &#187;, 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 433.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, Extrait du cours du 5 janvier 1983, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 682.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce que les lumi&#232;res &#187;, art. cit., p. 687. Soulign&#233; par moi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 9 Mai 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 279-280.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoir et corps &#187;, entretien de juin 1975, &lt;i&gt;Quel corps ?,&lt;/i&gt; septembre-octobre 1975, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 758.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, juin 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; et les formes juridiques &#187;, (mai 1973), &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 643.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, 27 avril 1978 &#224; Tokyo, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, art cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 551.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Michel Foucault et le zen : s&#233;jour dans un temple zen &#187;, Japon, ao&#251;t-septembre 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 623.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La philosophie analytique de la politique &#187;, avril 1978 &#224; Tokyo, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547-548. Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune des brebis du troupeau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pouvoir pastoral, selon Foucault, prend en charge le troupeau et chacune des brebis du troupeau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herv&#233; Malagola, &#171; Foucault en Iran &#187;, in Michel Foucault, &lt;i&gt;Les jeux de la v&#233;rit&#233; et du pouvoir&lt;/i&gt;, op. cit, pp. 151-162.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soul&#232;vement (index) : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 130, 749 &#171; Une interview de Michel Foucault par Stephen Riggins &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#192; propos de la prison d'Attica &#187;, 1974, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 744.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'esprit d'un monde sans esprit &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 748.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vivre autrement le temps &#187;, 30 avril-6 mai 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 790.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Inutile de se soulever ? &#187;, 11-12 mai 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 790-791.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe Roi &#187;, entretien avec B.-H L&#233;vy, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 17-21 mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 268-269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; in R. Knobelpiesse, &lt;i&gt;QHS, Quartier de haute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault qui la mentionne (&#171; Entretien avec Michel Foucault &#187; (Sur &lt;i&gt;L' Arch&#233;ologie du Savoir&lt;/i&gt; ), 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 151) conna&#238;t la position de Nietzsche sur la pl&#232;be et sur son r&#244;le, mais il n'en tient pas compte dans ses propres analyses&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 334.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Enqu&#234;te sur les prisons : brisons les barreaux du silence &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2, 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la prison d'Attica &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 534.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 303.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 306.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2 p. 334.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Table ronde &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai-juin 1972, art. cit., t.2 p. 336. Foucault revient sur ces visages de la pl&#232;be dans son d&#233;bat avec les maos sur la justice populaire. &#171; Sur la justice populaire. D&#233;bat avec les maos &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 350-360. Analyse en partie rectifi&#233;e dans &#171; A propos de l'enfermement p&#233;nitentiaire &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 437-438 et &#171; Interview de Michel Foucault &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 663-664&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Omnes et singulatim &#187;, 1981, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 160.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'intellectuel et les pouvoirs &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 750.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Non au sexe roi &#187;, entretien avec B.-H. L&#233;vy, mars 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, entretien avec Jacques Ranci&#232;re,&lt;i&gt; Les r&#233;voltes logique,&lt;/i&gt; hiver 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 422.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;5. &#171; Pouvoirs et strat&#233;gie &#187;, art. cit.,&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3 p. 421- 422.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le jeu de Michel Foucault &#187;, juillet 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 310-311&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits,&lt;/i&gt; t. 4, p. 237,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, art. cit., p. 242.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi comme pratique de la libert&#233; &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 727.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, 1983, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 386.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A propos de la g&#233;n&#233;alogie de l'&#233;thique &#187;, art. cit., t. 4, p. 386.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vous &#234;tes dangereux &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 524.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview de Michel Foucault &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 694.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Domination : (absent de l'index) : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 243, 589, 711, 720-721, 727, 728.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 728.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 589.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, 1984, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 720-721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit., t. 4, p. 710-711 (soulign&#233; par moi). Voir &#233;galement... &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'&#233;thique du souci de soi... &#187;, art. cit, p. 727.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem.&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Volont&#233; de savoir&lt;/i&gt; (1976),Tel Gallimard, p. 191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 547 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Omnes et singulatim : vers une critique de la raison politique &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sujet et le pouvoir &#187;, 1982, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pouvoir et r&#233;bellions : relire Foucault</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Pouvoir-et-rebellions-relire-Foucault.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Spire</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;bellion, insoumission</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Compte-rendu d'une conf&#233;rence d'Henri Maler&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Rebellion-insoumission-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;bellion, insoumission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L121xH150/foucault-7cc77.jpg?1726251026' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu d'une conf&#233;rence d'Henri Maler, r&#233;dig&#233; par Arnaud Spire et publi&#233; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/-/-/le-pouvoir-du-point-de-vue-du-rebelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans L'Humanit&#233;&lt;/a&gt; le 18 d&#233;cembre 1997 sous le titre &#171; Le pouvoir du point de vue du rebelle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Henri Maler a-t-il chang&#233; de terrain ? Lui qui a publi&#233; &#171; Cong&#233;dier l'utopie &#187; (l'utopie selon Karl Marx), chez l'Harmattan en 1994, et &#171; Convoiter l'impossible &#187;, chez Albin Michel en 1995, tourne son regard critique vers Michel Foucault. &#171; Pouvoir et r&#233;bellions : relire Foucault &#187;, tel &#233;tait le th&#232;me annonc&#233; de la rencontre philosophique organis&#233;e le premier jeudi de d&#233;cembre par Espace Regards et Espaces Marx. Changement de terrain, ou bien plut&#244;t continuit&#233; d'une recherche sur le rapport entre pouvoir et libert&#233;, et plus largement entre politique et philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e, le vif du sujet : m&#233;pris&#233; par les marxistes, en son temps, Foucault est menac&#233; aujourd'hui d'un double ensevelissement. D'abord par la b&#234;tise arrogante d'un certain nombre de philosophes qui tiennent, selon Henri Maler, le haut du pav&#233; et le bas de la pens&#233;e. Ensuite par la prolif&#233;ration de commentaires qui, pour des raisons diverses, n&#233;gligent la dimension politique de sa pens&#233;e. Comme il le fit pour la pr&#233;sence de l'utopie dans la pens&#233;e de Marx, le philosophe, &#171; passeur &#187; de grand talent, expose le Foucault qu'il aime et dont la pens&#233;e lui para&#238;t extr&#234;mement f&#233;conde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le diagnostic du pr&#233;sent&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier point. Foucault propose une posture critique tout &#224; fait singuli&#232;re : le diagnostic du pr&#233;sent. A une philosophie qui pr&#233;tend l&#233;gif&#233;rer, il oppose une philosophie qui diagnostique. Henri Maler stigmatise ici le fondamentalisme philosophique avec lequel Foucault a essay&#233; de rompre, &#224; l'int&#233;rieur duquel il place un marxisme perp&#233;tuellement attach&#233; &#224; affirmer sa souverainet&#233; dans tous les domaines et son mat&#233;rialisme qui se contente de r&#233;citer sa propre litanie. La philosophie qui diagnostique n'est plus une discipline mais une activit&#233; philosophique dont la cible est le pr&#233;sent. Proche d'un journalisme radical, &#224; mi-chemin entre philosophie et histoire, Michel Foucault la d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un ensemble de fragments philosophiques sur les chantiers de l'histoire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une philosophie qui probl&#233;matise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me point. A une philosophie qui proph&#233;tise, Foucault oppose une philosophie qui probl&#233;matise. Alors que la posture proph&#233;tique est grosse d'effets de domination &#8211; n'est-ce pas au nom d'un certain messianisme que les marxistes ont longtemps pris en otage le pr&#233;sent au nom de la promesse d'un avenir d&#233;termin&#233; -, la philosophie doit s'efforcer de secouer les &#233;vidences inh&#233;rentes aux relations entre savoir et pouvoir dans lesquelles nous sommes enserr&#233;s. Il s'agit de poser des probl&#232;mes &#224; la politique &#8211; cette d&#233;marche jalonne toute l'&#339;uvre &#8211; m&#234;me si la politique a &#233;t&#233; un petit peu sourde aux probl&#232;mes pos&#233;s par Foucault. Par exemple, dans l'&#171; Histoire de la folie &#187; (Gallimard, 1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un intellectuel qui sp&#233;cifie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point. Aux intellectuels qui universalisent, Michel Foucault oppose l'intellectuel qui sp&#233;cifie. Aujourd'hui encore, pr&#233;cise Henri Maler, l'intellectuel universel se porte trop bien. Beaucoup confondent leur r&#244;le d'intellectuel avec celui de citoyen, s'arrogeant le droit au nom d'une science ou d'une philosophie de dire ce qu'ils pensent de la mort de lady Di, des camps de concentration ou des publicit&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision. L'intellectuel sp&#233;cifique n'est pas, pour l'auteur de &#171; les Mots et les Choses &#187; (Gallimard, 1966), celui qui commet des expertises au service des dominants. Il est au contraire celui qui, dans un domaine d&#233;termin&#233; du savoir, essaie de conduire une politique de la v&#233;rit&#233;, de d&#233;gager, dans l'action, une solution avec ceux qui sont concern&#233;s par ce domaine d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La petite monnaie du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette triple posture critique appara&#238;t d'embl&#233;e comme une posture rebelle au r&#244;le traditionnel de l'intellectuel dans la cit&#233;. Henri Maler d&#233;veloppe ensuite la fa&#231;on dont cette posture critique a conduit le philosophe Michel Foucault, lorsqu'il analyse les rapports de pouvoir, &#224; une m&#233;thode strat&#233;gique qui est loin d'avoir &#233;puis&#233; sa f&#233;condit&#233;. Au mod&#232;le du droit, le philosophe pr&#233;f&#232;re le mod&#232;le de la guerre et des rapports de force. A la perspective dialectique, il pr&#233;f&#232;re la perspective analytique&#8230; C'est ainsi que le professeur au Coll&#232;ge de France s'est livr&#233; &#224; une enqu&#234;te g&#233;n&#233;alogique sur le fonctionnement du pouvoir. Son aspect essentiel ne se situe pas dans son aspect r&#233;pressif, mais dans ce qu'il produit comme rapports entre les hommes. Dans son &#171; Histoire de la sexualit&#233; &#187; (Gallimard, tome 1 1976, tome 2 1984), il note qu'il suffit de dire que le pouvoir la r&#233;prime pour que cela ait d&#233;j&#224; un petit parfum de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir ne se d&#233;tient pas, il s'exerce. Il en d&#233;coule une critique de toute la philosophie politique classique qui se donne pour fondement la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir. Alors qu'en r&#233;alit&#233;, mille micro-pouvoirs existent dans la soci&#233;t&#233;, transitant par les individus qui la composent&#8230; Ainsi, Henri Maler pointe la contradiction interne et &#244; combien f&#233;conde de l'&#339;uvre de Michel Foucault. Pour comprendre les rapports de pouvoir, il faut d'abord analyser les r&#233;sistances, adopter le point de vue des r&#233;bellions, et ensuite seulement saisir le pouvoir dans sa multiplicit&#233; et non pas dans son unit&#233;. La critique des marxismes de ce si&#232;cle, qui ont trop souvent fait l'impasse d'une analyse sp&#233;cifique des rapports de pouvoir, appara&#238;t ici en toute clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la parution de &#171; Dits et Ecrits &#187;, en 4 volumes, &#171; l'Humanit&#233; &#187; a publi&#233; une double page le 21 octobre 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Spire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Foucault et Marx : une confrontation inactuelle ?</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Foucault-et-Marx-une-confrontation-inactuelle.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; quoi bon parler de Marx ? D'ailleurs, &#171; Marx, pour moi, &#231;a n'existe pas &#187;, d&#233;clare Foucault.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Karl-Marx-+.html" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L150xH86/marx_et_foucault-3c32e.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Communication au colloque &#171; Foucault vu d'Est, Foucault vu d'Ouest &#187;, tenu &#224; Sofia (Bulgarie) en Juin 1993. Publi&#233;e dans &lt;i&gt;Michel Foucault : les jeux de la v&#233;rit&#233; et du pouvoir&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Nancy, septembre 1994.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; quoi bon parler de Marx ? D'ailleurs, &lt;i&gt;&#171; Marx, pour moi, &#231;a n'existe pas. Je veux dire cette esp&#232;ce d'entit&#233; qu'on a construite autour d'un nom propre, et qui se r&#233;f&#232;re tant&#244;t &#224; un certain individu, tant&#244;t &#224; la totalit&#233; de ce qu'il a &#233;crit, tant&#244;t &#224; un immense processus historique qui d&#233;rive de lui&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, revue H&#233;rodote n&#176;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Comment ne pas souscrire &#224; ce propos ? Et ne pas ajouter aussit&#244;t, une fois encore avec sa caution, que Foucault non plus n'existe pas ? Aussit&#244;t annonc&#233;, mon propos menace de se d&#233;rober...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici dispens&#233;s, en tout cas, des exercices jadis impos&#233;s par l'existence d'orthodoxies parfois d&#233;risoires et souvent meurtri&#232;res : je ne me demanderai pas si Foucault et Marx sont compatibles ou incompatibles. Je me bornerai &#224; examiner ce que la critique de Marx par Foucault peut nous apprendre sur la pens&#233;e de Marx et de Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la critique de Marx par Foucault est d'autant plus insaisissable que Marx dans Foucault fait l'objet de critiques indirectes qui le visent &#224; travers les divers marxismes et de critiques obliques qui l'int&#232;grent ou le discutent sans le nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de Marx par Foucault se d&#233;robe derri&#232;res ses variations - que je ne chercherai pas &#224; parcourir - et derri&#232;re ses vari&#233;t&#233;s - entre lesquelles il convient de choisir. Foucault n'a jamais dissimul&#233; son aversion pour toutes les vari&#233;t&#233;s de marxisme orthodoxe, acad&#233;miques ou &#233;tatiques, et ses r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard de toutes les vari&#233;t&#233;s de marxisme critique. Pourtant ces critiques indirectes ne nous int&#233;ressent pas ici, bien qu'elles puissent &#234;tre riches d'enseignement, si l'on admet avec Foucault qu'un auteur n'est pas propri&#233;taire de son texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Marx lui-m&#234;me ? A d&#233;faut d'&#234;tre identifiable, encore faudrait-il qu'il soit localisable dans le discours de Foucault. Or Marx, dans ce discours, est, en g&#233;n&#233;ral aux abonn&#233;s absents. Il fait l'objet de discussions et d'appropriations obliques, qui proc&#232;dent g&#233;n&#233;ralement par allusions plut&#244;t que par r&#233;f&#233;rences, par mise en &#339;uvre ou mise &#224; l'&#233;cart silencieuses, plut&#244;t que par d&#233;bat ou par combat. Aussi les appropriations seront-elles effectu&#233;es sans partenaire et les discussions esquiss&#233;es sans adversaire, &#224; charge pour les commentateurs, pr&#233;cis&#233;ment, de r&#233;tablir les notes en bas de page volontairement effac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisserai de c&#244;t&#233; ces critiques lat&#233;rales qui nous entraineraient trop loin pour ne m'int&#233;resser qu'&#224; des critiques frontales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en retiendrai deux : deux critiques &#171; &#224; coups de marteau &#187;, pour reprendre l'expression de Nietzsche , prises aux deux p&#244;les de la th&#233;orie : arch&#233;ologie du savoir et g&#233;n&#233;alogie du pouvoir. &#192; un p&#244;le, Foucault critique le mariage de l'anthropologie et de la dialectique. &#192; l'autre p&#244;le, il critique le mariage de l'&#201;tat et de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Arch&#233;ologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier coup de marteau : Dans &lt;i&gt;Les Mots et les Choses&lt;/i&gt;, Foucault critique donc &lt;i&gt;&#171; les promesses m&#234;l&#233;es de la dialectique et de l'anthropologie &#187;,&lt;/i&gt; qui culminent chez Marx dans une &lt;i&gt;&#171; utopie d'ach&#232;vement &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Mots et les Choses, &#233;ditions Gallimard, 1966, pp.273-275.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suivant le fil de cette critique, pour la prendre en charge et la radicaliser, je dirai que la pens&#233;e de Marx est initialement domin&#233;e par la tentative, et en permanence marqu&#233;e par la tentation, de se livrer une promesse utopique : l'essence humaine (tel est le versant anthropologique), par le truchement de la n&#233;cessaire n&#233;gation de l'ali&#233;nation de cette essence (tel est le versant dialectique), est promise &#224; son effectuation. Et force est de constater que cette utopie promise soumet la pens&#233;e de Marx, du moins dans ses premiers &#233;crits, &#224; un implacable encha&#238;nement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je reprends ici les termes m&#234;mes de mon article : &#171; Avec Marx, malgr&#233; Marx : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elle promet l'ad&#233;quation de l'existence humaine &#224; son essence, l'&#233;mancipation humaine doit &#234;tre &lt;i&gt;totale &lt;/i&gt; : c'est-&#224;-dire tout &#224; la fois &lt;i&gt;compl&#232;te&lt;/i&gt; (surmontant la totalit&#233; des ali&#233;nations),&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;universelle&lt;/i&gt; (surmontant l'ali&#233;nation de la totalit&#233; des hommes) et &lt;i&gt;int&#233;grale&lt;/i&gt; (surmontant la totalit&#233; des ali&#233;nations de chaque individu) : la r&#233;alisation de l'homme total en chaque individu singulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que cette &#233;mancipation est la r&#233;alisation historique de l'essence humaine, elle ne peut &#234;tre &lt;i&gt;qu'ultime&lt;/i&gt; : l'ach&#232;vement d'une &#233;mancipation totale ne laisse aucune t&#226;che d'&#233;mancipation devant elle. Parce que l'unit&#233; de l'essence et de l'existence en constitue l'effectivit&#233;, l' &#233;mancipation, pour &#234;tre achev&#233;e, doit &#234;tre &lt;i&gt;parfaite&lt;/i&gt; : elle sera accomplie dans une soci&#233;t&#233; rendue &#224; l'immanence, &#224; l'omnipotence et &#224; la transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surmonter l'ali&#233;nation de l'essence humaine, parvenue &#224; son comble dans les formes d'existence du prol&#233;tariat suppose le retour &#224; l'unit&#233; de tout ce qui est s&#233;par&#233;, le d&#233;passement des oppositions par leur r&#233;conciliation, la pr&#233;sence de l'essence dans l'existence : &lt;i&gt;une parfaite immanence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour des forces ali&#233;n&#233;es &#224; leurs sujets cr&#233;ateurs et le d&#233;passement de toutes les scissions qui font des hommes des &#234;tres domin&#233;s par leurs propres cr&#233;ations impliquent que les hommes placent toutes les forces qui jusqu'alors les dominaient sous leur propre contr&#244;le : &lt;i&gt;une parfaite omnipotence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence immanente de l'essence dans l'existence, de la nature sociale de l'homme dans ses formes d'existence sociale, et la puissance omnipotente des hommes sur leurs relations permettent d'instaurer la lisibilit&#233; de l'essence dans l'existence : &lt;i&gt;une parfaite transparence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immanence, omnipotence, transparence : Marx reconduit ainsi les illusions des petites et des Grandes utopies. Tels seraient les points culminants d'une utopie r&#233;v&#233;l&#233;e, si la pens&#233;e de Marx pouvait &#234;tre enferm&#233;e dans cette premi&#232;re &#233;tape et rabattue sur les dimensions utopiques de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont mes raisons de souscrire - bien que jamais il ne soit all&#233; aussi loin - &#224; la critique de Foucault. Mais les coups de marteau destin&#233;s, selon Nietzsche, &#224; &lt;i&gt;&#171; forcer &#224; parler haut ce qui voudrait se taire &#187;&lt;/i&gt; menace de r&#233;duire au silence ce qui pourrait encore nous parler. Il convient alors mesurer, mais avec Foucault lui-m&#234;me, les d&#233;ficits de l'arch&#233;ologie du savoir si elle se replie sur elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne mentionnerai que pour m&#233;moire la tentative tr&#232;s discutable de lier la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions sont en effet pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Premi&#232;re question : &lt;i&gt;la critique arch&#233;ologique d'une utopie suffit-elle &#224; rendre compte de ses effets th&#233;oriques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la formule de Foucault : &#171; Le marxisme est dans la pens&#233;e du XIXe si&#232;cle comme poisson dans l'eau : c'est-&#224;-dire que partout ailleurs il cesse de respirer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Sartre qui pr&#233;sente le marxisme comme &#171; l'horizon ind&#233;passable de notre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; . Marx, semble-t-il, est enti&#232;rement enferm&#233; dans l'anthropologie et dans l'&#233;pist&#233;m&#232; du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction &#224; l'anthropologie est, on le pressent, essentiellement pol&#233;mique, et indirecte. En effet, la &#171; mutation &#233;pist&#233;mologique de l'histoire &#187;, encore inachev&#233;e aujourd'hui, &#224; laquelle souscrit Foucault, &lt;i&gt;&#171; ne date pas d'hier cependant, puisque &#187;,&lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-il, &#171; &lt;i&gt;on peut sans doute en faire remonter &#224; Marx le premier moment &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Arch&#233;ologie du Savoir, &#233;ditions Gallimard, mars 1969, p.21.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . L'anthropologie ne saurait inaugurer une telle mutation, et l'on doit logiquement en conclure que si Marx n'a cess&#233; de se d&#233;battre avec le dispositif initial de sa pens&#233;e, son &#339;uvre ne saurait &#234;tre enti&#232;rement enferm&#233;e dans ce dispositif, domin&#233; par la probl&#233;matique de la r&#233;alisation de l'essence humaine. Dans ces conditions, c'est moins l'anthropologie de Marx que les tentatives d' &lt;i&gt;&#171; anthropologiser Marx &#187;&lt;/i&gt; que Foucault d&#233;nonce : les tentatives de sauvetage de la souverainet&#233; du &lt;i&gt;sujet &#171; contre le d&#233;centrement op&#233;r&#233; par Marx - par l'analyse historique des rapports de production, des d&#233;terminations &#233;conomiques et la lutte des classes &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Arch&#233;ologie du Savoir, op.cit., p.22-23&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Marx, pr&#233;curseur ou fondateur, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le rabattement sur l'&#233;pist&#233;m&#232; ne saurait &#234;tre que critique, et temporaire. Foucault, dans &lt;i&gt;Les Mots et le Choses&lt;/i&gt; semble exclure tout exc&#233;dent th&#233;orique de l'&#339;uvre de Marx sur l'&#233;pist&#233;m&#232; qui l'engloutit dans le XIX&#232;me si&#232;cle : on vient de voir qu'il n'en est rien. Aussi Foucault, en partie &#224; rebours des &#233;nonc&#233;s-canon que l'on a rappel&#233;s, classera Marx (au m&#234;me titre que Freud) parmi ceux qu'il propose d'appeler &lt;i&gt;&#171; les fondateurs de discursivit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, qui ne sont pas seulement des auteurs de leur &#339;uvre &#187;, &lt;i&gt;mais &#171; ont produit quelque chose de plus : la possibilit&#233; et la r&#232;gle de formation d'autres textes &#187; et ont &#233;tabli une possibilit&#233; ind&#233;finie de discours &#187;&lt;/i&gt;. Marx ne serait alors que le fondateur des marxismes. Mais &#224; la diff&#233;rence da fondation d'une science, &lt;i&gt;&#171; l'instauration discursive est h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#224; ses transformations ult&#233;rieures&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle est, comme le note Raymond Bellour en commentant ce texte de Foucault, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : elle rend par cons&#233;quent possible le retour (divers retours) au texte &lt;i&gt; : &#171; au texte m&#234;me, au texte dans sa nudit&#233;, et, en m&#234;me temps, pourtant (...) &#224; ce qui est marqu&#233; en creux, en absence, en lacune dans le texte &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, Bulletin de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; ce titre, si le privil&#232;ge de l'&#339;uvre a &#233;t&#233; mis entre parenth&#232;ses, la parenth&#232;se peut n' &#234;tre que provisoire. Pourtant, rouvrir cette parenth&#232;se ne nous d&#233;couvre pas l'&#339;uvre dans sa v&#233;rit&#233;, mais un texte dans sa nudit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le d&#233;placement op&#233;r&#233; par la lecture de Foucault n'est pas r&#233;ductible aux formulations extr&#234;mes qui en font percevoir l'orientation et la n&#233;cessit&#233;. Contre le commentaire qui aurait en charge une v&#233;rit&#233; ultime et toujours d&#233;rob&#233;e de l'&#339;uvre, et &#224; l'&#233;cart de la critique interne qui en &#233;prouverait la coh&#233;rence (en cherchant dans Marx lui-m&#234;me des points d'appui pour en tenter le d&#233;passement), Foucault esquisse &lt;i&gt;une m&#233;thode qui permet d'apprendre &#224; lire&lt;/i&gt; : Marx bien s&#251;r, mais aussi Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arch&#233;ologie du savoir agit pr&#233;cis&#233;ment comme un filtre qui permet de partager le d&#233;p&#244;t historique et l'exc&#233;dent th&#233;orique. Marx n'est sans h&#233;ritage : aussi Foucault n'h&#233;site-t-il pas &#224; le capter pour en faire des usages partiels et circonscrits. Pourtant le texte de Marx ayant cess&#233; d'&#234;tre d&#233;finitivement assignable &#224; son si&#232;cle n'en devient alors que plus insaisissable, et en m&#234;me temps plus disponible, pour le pire, sans doute, mais aussi pour le meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reste alors une seconde question : &lt;i&gt;la critique arch&#233;ologique d'une utopie saurait-elle suffire &#224; rendre compte de ses effets pratiques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la critique arch&#233;ologique sugg&#232;re mais ne peut montrer, c'est comment une utopie d'ach&#232;vement - qui promet la r&#233;alisation de l'essence humaine - peut se retourner. Sommairement d&#233;crit ce retournement tient en quelques mots : de l'omnipotence des producteurs &#224; l'omnipotence de l'&#233;tat, de la transparence des relations sociales &#224; la surveillance par l'&#233;tat, de l'immanence de la soci&#233;t&#233; &#224; la transcendance de l'&#201;tat ; de la dictature du prol&#233;tariat &#224; la dictature sur le prol&#233;tariat. Or, le retournement de l'utopie n'est pas m&#233;caniquement inscrit dans le fait m&#234;me de l'utopie. Les promesses de la dialectique et de l'anthropologie peuvent bien n'&#234;tre pas tenues - parce qu'elles ne sont pas tenables : cela n'explique pas qu'elles se transforment - dialectiquement ? - en leur contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de Foucault, alors inachev&#233;e, doit remonter des effets &#224; la th&#233;orie et expliquer ce qui en elle, comme pens&#233;e ou impens&#233;, peut favoriser son destin. La critique arch&#233;ologique est prolong&#233;e par une critique g&#233;n&#233;alogique qui prend le relai. Selon la premi&#232;re critique la pens&#233;e de Marx semble riv&#233;e &#224; son socle et appartenir enti&#232;rement au XIXe si&#232;cle. Selon la seconde, la pens&#233;e de Marx se confond avec ses effets et est enti&#232;rement solidaire du XXe si&#232;cle : non plus cette fois comme innocente utopie, mais comme sinistre r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. G&#233;n&#233;alogie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second coup de marteau : Dans &lt;i&gt;La grande col&#232;re des faits&lt;/i&gt;, dix ans plus tard, Foucault d&#233;nonce dans la th&#233;orie de Marx une variante du mariage entre l'&#201;tat et la R&#233;volution qui fait appara&#238;tre le stalinisme comme &lt;i&gt;&#171; la v&#233;rit&#233; &#034;un peu&#034; d&#233;pouill&#233;e, c'est vrai, de tout un discours qui fut celui de Marx et d'autres peut-&#234;tre avant lui&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, dans Le Nouvel Observateur, n&#176; 652, 9-15 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de cette critique est et reste sans appel. Foucault r&#233;cuse avec une virulence justifi&#233;e les op&#233;rations qui permettent d'&#233;luder la question du Goulag en faisant mine de la poser : en particulier le rabattement th&#233;oriciste (qui en fait une erreur lisible &#224; partir des textes) et le rabattement historiciste (qui en fait un effet de conjoncture isolable &#224; partir de ses causes). Rabattements qui font appara&#238;tre le stalinisme (et ses massacres) comme le r&#233;sultat d'une affreuse erreur et/ou le r&#233;sultat de f&#226;cheuses circonstances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoir et strat&#233;gies - Entretien de Jacques Ranci&#232;re avec Michel Foucault (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Cons&#233;quence &#187; : &lt;i&gt;&#171; Plut&#244;t que de rechercher dans les textes ce qui pourrait condamner par avance le Goulag, il s'agit de se demander ce qui en eux l'a permis, ce qui continue &#224; le justifier, ce qui permet aujourd'hui d'en accepter toujours l'intol&#233;rable v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pouvoir et strat&#233;gies - Entretien de Jacques Ranci&#232;re avec Michel Foucault (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la conclusion de cette critique. Foucault soutient que de Marx au stalinisme &lt;i&gt;&#171; il n'y avait pas &#034;faute&#034; on &#233;tait rest&#233; dans le droit fil &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ceux qui cherchaient &#224; se sauver en opposant la vraie barbe de Marx au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Mais de quelle continuit&#233; s'agit-il ? Or Foucault retient, mais &#224; sa fa&#231;on, la critique des &#171; Ma&#238;tres penseurs &#187; propos&#233;e par Glucksman : la philosophie allemande a c&#233;l&#233;br&#233; le mariage de l'&#201;tat et de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; ce diagnostic qui englobe Marx : &lt;i&gt;&#171; Toute nos soumissions trouvent leurs principes dans cette double invite : faites vite la R&#233;volution, elle vous donnera l'&#201;tat dont vous avez besoin ; d&#233;p&#234;chez-vous de faire un &#201;tat, il vous prodiguera g&#233;n&#233;reusement les effets raisonnables de la r&#233;volution. Ayant &#224; penser la R&#233;volution, commencement et fin, les penseurs allemands l'ont chevill&#233;e &#224; l'&#201;tat et ils ont dessin&#233; l'Etat-R&#233;volution, avec toutes ses solutions finales&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, op.cit.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les faiblesses de cette critique qui nous d&#233;couvriront ce qui fait sa force : la perversion originelle de la th&#233;orie de Marx ne suffit pas &#224; &#233;clairer son destin, surtout si l'on n'&#233;tablit pas pr&#233;cis&#233;ment en quoi consiste l'&#233;tatisme qu'on lui impute&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rabattement th&#233;oricien n'est pas moindre quand on invoque une aberration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'un &#233;tatisme par exc&#232;s ou d'un &#233;tatisme par d&#233;faut ? La r&#233;volution est-elle chevill&#233;e &#224; l'&#201;tat comme &#224; un moyen condamn&#233; &#224; se retourner contre elle en raison d'un &#233;loge aveugle de l'&#201;tat ou en raison d'une critique borgne de cet Etat ? La premi&#232;re critique est difficilement tenable : on pourrait lui opposer cent textes qui d&#233;mentent l'existence d'un culte marxien de l'&#201;tat. Reste la seconde, qui met en &#233;vidence que les effets d'une pens&#233;e co&#239;ncident avec les effets de ses impens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d&#233;clare Foucault, &lt;i&gt;&#171; ...entre l'analyse du pouvoir dans l'&#233;tat bourgeois et la th&#232;se de son d&#233;p&#233;rissement futur, font d&#233;faut l'analyse, la critique, la d&#233;molition, le bouleversement des m&#233;canismes de pouvoir &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Crimes et ch&#226;timents en U.R.S.S. et ailleurs &#187;, Entretien avec K.S. Karol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la th&#232;se m&#234;me d'une destruction de l'appareil d'&#201;tat bourgeois est grev&#233;e par l'ignorance des pouvoirs qui le sous-tendent et menacent d'en reconduire tous les effets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault qui ne souscrit sans doute pas &#224; la th&#232;se d'un d&#233;p&#233;rissement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &#201;tatisme par d&#233;faut : telle serait la le&#231;on de l'analytique du pouvoir, qui, men&#233;e &#224; l'&#233;cart de Marx, permet de penser dans l'&#233;cart &#224; Marx et, sur ce point, contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la conception de Marx ne permet ni de pr&#233;venir ni de comprendre ces &lt;i&gt;&#171; formes pathologiques &#187;&lt;/i&gt; - ces deux &lt;i&gt;&#171; maladies du pouvoir &#187;&lt;/i&gt; que sont le fascisme et le stalinisme - parce qu'elle n&#233;glige la sp&#233;cificit&#233; des rapports de pouvoir et la mobilit&#233; des technologies de pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault le rappellera ainsi en 1982 que la question du pouvoir a valeur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes Marx n'a pas r&#233;duit l'existence du pouvoir &#224; l'&#201;tat. &#171; On ne trouve pas chez Marx lui- m&#234;me &#187;, d&#233;clare explicitement Foucault, &lt;i&gt;&#171; le sch&#233;matisme&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;qui consiste &#224; localiser le pouvoir dans l'appareil d'&#201;tat, et &#224; faire de l'appareil d'&#201;tat l'instrument privil&#233;gi&#233;, majeur, presque unique, du pouvoir d'une classe sur une autre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Michel Foucault, H&#233;rodote, d&#233;j&#224; cit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En particulier Marx n'a pas m&#233;connu les rapports de pouvoir imbriqu&#233;s dans les rapports de production, comme le rappelle &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, en faisant r&#233;f&#233;rence discr&#232;te, par une note en bas de page, aux analyses de Marx sur la discipline de fabrique dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surveiller et Punir, &#233;ditons Gallimard, 1975, pp.219 sq. dont note 1 p.222.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut reconna&#238;tre, et cependant n&#233;gliger... Or, &#224; en croire ceux qui souhaitent fabriquer leurs meilleures soupes dans de vieux pots, Foucault devrait et pourrait se loger comme un coucou dans la th&#233;orie de Marx. Pourtant, c'est quand Foucault semble au plus pr&#232;s de Marx qu'il en est le plus &#233;loign&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le souligne, dans un contexte diff&#233;rent mais proche du n&#244;tre, Etienne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute Foucault ne manque-t-il jamais de souligner que l'&#233;mergence des deux p&#244;les du biopouvoir - les disciplines qui permettent d'assujettir les corps et les r&#233;gulations qui permettent de contr&#244;ler les populations - est li&#233;e au d&#233;veloppement &#233;conomique du capitalisme et &#224; la centralisation politique de l'Etat. Pourtant la r&#233;f&#233;rence constante, mais allusive et faible, aux analyses marxiennes permet toujours de faire valoir, mais contre elles, la sp&#233;cificit&#233; des relations de pouvoirs et la relative autonomie des technologie de pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que dit Foucault de lui-m&#234;me, &#224; propos des disciplines, est sans doute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En premier lieu, la conception de Marx ne permet pas de penser &lt;i&gt;la sp&#233;cificit&#233; des rapports de pouvoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, &#224; trop insister sur le r&#244;le de l'&#201;tat, &lt;i&gt;&#171; on risque de manquer tous les m&#233;canismes et effets de pouvoir qui ne passent pas directement par l'appareil d'&#201;tat, qui souvent le supportent bien mieux, le reconduisent, lui donnent son maximum d'efficacit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Michel Foucault, revue d' H&#233;rodote, 1976, op.cit.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, &#224; trop r&#233;duire la fonction des rapports de pouvoir, on ignore ceci : &lt;i&gt;&#171; Le pouvoir n'a pas pour seule fonction de reproduire les rapports de production. Les r&#233;seaux de la domination et les circuits de l'exploitation interf&#232;rent, se recoupent et s'appuient, mais ils ne co&#239;ncident pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;idem&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, Foucault montre que le champ et les technologie de pouvoir ne peuvent &#234;tre analys&#233;s en en termes de d&#233;rivation &#224; partir des rapports de production ou &#224; partir de l'appareil d'Etat : ils doivent &#234;tre compris en termes d'imbrication des rapports de pouvoir (et de l'ensemble des autres relations) et de centralisation (ou d'&#233;tatisation par l'&#201;tat) de m&#233;canismes naissant et persistant en dehors de lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi que Foucault le rappelle dans &#171; Deux essais sur le sujet et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les rapports de production ne font plus office d'infrastructure, invitant &#224; &#233;tablir une causalit&#233; simple et lin&#233;aire qui placerait les rapports de pouvoir (et les types d'assujettissement) en position de d&#233;rivation ou de cons&#233;quence des autres rapports : les rapports de production eux-m&#234;mes sont pris dans le jeu de relations complexes et circulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'Etat ne fait plus office de simple superstructure dont la mat&#233;rialit&#233; se confondrait avec celle de ses appareils et dont la fonction d&#233;riverait exclusivement de la division de la soci&#233;t&#233; en classes. L'&#201;tat remplit une double fonction d'int&#233;gration des rapports de pouvoir - sur lequel Foucault fait porter tout le poids de son analyse - et de verrou des rapports de production - que Foucault mentionne, mais sans y insister&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; (...) si le d&#233;veloppement des grands appareils d'&#201;tat, comme institutions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais Marx n'a pas seulement n&#233;glig&#233; la sp&#233;cificit&#233; et l'extension des rapports de pouvoir : sa conception ne tient pas compte de &lt;i&gt;la relative autonomie des technologies de pouvoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de Foucault d&#233;ploie alors tout son potentiel : la mise &#224; jour de technologies &#224; la fois locales dans leur invention et leur mise en &#339;uvre, et g&#233;n&#233;rales dans leur d&#233;ploiement ; &#224; la fois sp&#233;cifiques et transf&#233;rables. C'est parce que les relations de pouvoirs forment une couche sp&#233;cifique que les technologies de pouvoir peuvent gagner en autonomie. Et c'est cette autonomie qui les rend transf&#233;rables. En d'autres termes, c'est dans la mesure o&#249; il ne se confond pas avec les autres relations (d'exploitation, de domination) que le pouvoir est tout &#224; la fois r&#233;sistant &#224; leur transformation (il peut demeurer sous-jacent &#224; des transformations &#233;conomiques et politiques) et mobile (transf&#233;rable dans d'autres contextes d'exploitation ou d'oppression). Ainsi le nazisme et le stalinisme &#171; ont utilis&#233; et &#233;tendu des m&#233;canismes d&#233;j&#224; pr&#233;sents dans la plupart des autres soci&#233;t&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187; in Un parcours philosophique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et transf&#233;r&#233; les disciplines qui s'exercent sur les corps et les r&#233;gulations qui s'exercent sur les populations : les deux p&#244;les du biopouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; C'est sans doute vrai que les Sovi&#233;tiques, s'ils ont modifi&#233; le r&#233;gime de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors que Marx a favoris&#233;, mais pas plus, l'&#233;mergence de ces maladies, en d&#233;sarmant ceux qui auraient voulu les combattre et en laissant ceux qui les ont propag&#233; le faire en son nom : abandonnant ceux qui voulaient les comprendre...&#224; la lecture de Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault a raison : le mariage forc&#233; de l'&#201;tat et de la R&#233;volution, chez Marx, n'est pas, mais dans les termes que l'on vient de tenter de pr&#233;ciser, innocent. Et en suivant le fil de cette critique, pour, une nouvelle fois, la prendre en charge et la radicaliser, on pourrait, me semble-t-il, pr&#233;senter ainsi l'&#233;tatisme par d&#233;faut de Marx. En critiquant, &#224; travers Hegel, l'&#201;tat moderne, Marx souligne que c'est dans le d&#233;chirement de la soci&#233;t&#233; civile que s'enracine la s&#233;paration de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat, et que toutes les tentatives de r&#233;sorber cette s&#233;paration sans abolir ce d&#233;chirement sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec : la multiplication de m&#233;diations reconduit les contradictions sans les r&#233;soudre. Cette critique porte en creux une critique de l'&#201;tat totalitaire : la suppression des m&#233;diations polarise les contradictions sans les abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Marx attend de la conqu&#234;te de l'&#201;tat et d'une destruction de son appareil la r&#233;alisation des conditions d'une transformation sociale, qui abolisse les contradictions elles-m&#234;mes. Mais R&#233;volution est &#224; ce point nou&#233;e &#224; l'Etat qu'elle menace de se condamner elle-m&#234;me : parce que il n&#233;glige de s'attaquer aux rapports de pouvoir qui soutiennent l'existence de l'&#201;tat et aux technologies de pouvoir qu'il centralise, le discours de Marx laisse le champ libre &#224; l'&#233;tatisme forcen&#233; que par ailleurs il pr&#233;tendait combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, non seulement l'abolition des anciens rapports de domination politique et les r&#233;formes des anciennes formes d'exploitation &#233;conomique n'emp&#234;chent pas de voir reconduire les technologies de pouvoir qui leur servaient de support, mais une R&#233;volution peut-&#234;tre l'occasion d'une intensification de leurs effets et de leur cumul avec ceux de nouvelles formes d'exploitation et de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que les tentatives de restauration d&#233;mocratique peuvent laisser ces transferts op&#233;rer, &#224; des degr&#233;s divers, en sens inverse, comme le montre la reconversion de la r&#233;gulation raciste fond&#233;e sur une guerre de classe en une r&#233;gulation raciste fond&#233;e sur la guerre des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que les pays r&#233;put&#233;s d&#233;mocratiques ne cessent de r&#233;inventer les quadrillages disciplinaires et les r&#233;gulations x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que nos soci&#233;t&#233;s peuvent donc avoir en commun pour qu'elles laissent prolif&#233;rer des strat&#233;gies et des technologies de pouvoir, omnipr&#233;sentes et r&#233;versibles, que les formes d&#233;mocratiques de l'&#201;tat parviennent &#224; peine &#224; temp&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont donc ces racines de la rationalit&#233; politique que Foucault invitait &#224; attaquer ? Ne se confondent-elles pas avec l'existence de ces rapports d'exploitation que Foucault mentionne sans s'y attarder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; ces questions - qui est aussi une r&#233;ponse &#224; ma question initiale : &#171; A quoi bon en parler ? &#187; - peut se d&#233;couvrir partiellement ...&#224; la lecture de Marx.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Maler&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, revue &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt; n&#176;1, janvier - mars 1976. Repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, tome 3, texte169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Mots et les Choses,&lt;/i&gt; &#233;ditions Gallimard, 1966, pp.273-275.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je reprends ici les termes m&#234;mes de mon article : &#171; Avec Marx, malgr&#233; Marx : Convoiter l'impossible &#187;, &lt;i&gt;Chim&#232;res&lt;/i&gt; N&#176;18, Hiver 1992-1993 &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Avec-Marx-malgre-Marx-convoiter-l-impossible-1993.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; ici m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne mentionnerai que pour m&#233;moire la tentative tr&#232;s discutable de lier la pens&#233;e de Marx &#224; celle de Ricardo, par le truchement de la th&#233;orie de la valeur-travail. Non seulement une telle critique r&#233;duit l'&#233;cart entre les deux versions de la th&#233;orie, mais surtout elle abolit la diff&#233;rence de leur vis&#233;e : le propos de Marx n'est pas d'&#233;laborer une nouvelle th&#233;orie &#233;conomique de la valeur, mais de proc&#233;der &#224; une critique des rapports de production capitalistes, c'est-&#224;-dire des rapports d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Sartre qui pr&#233;sente le marxisme comme &#171; l'horizon ind&#233;passable de notre temps &#187;, Foucault r&#233;plique, qu'il appartient enti&#232;rement &#224; la pens&#233;e du XIXe si&#232;cle. Aussi Foucault pourra-t-il - non sans injustice - affirmer : &lt;i&gt;&#171; La &lt;/i&gt;Critique de la Raison dialectique&lt;i&gt; est le path&#233;tique effort d'une homme du XIXe si&#232;cle pour penser le XXe si&#232;cle. En ce sens, Sartre est le dernier h&#233;g&#233;lien et je dirai m&#234;me le dernier marxiste &#187;&lt;/i&gt; (&#171; L'homme est-il mort ? &#187; (entretien avec C. Bonnefoy), &lt;i&gt;Arts et loisirs&lt;/i&gt;, 15 juin 1966. Repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, tome1, texte 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Arch&#233;ologie du Savoir&lt;/i&gt;, &#233;ditions Gallimard, mars 1969, p.21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Arch&#233;ologie du Savoir&lt;/i&gt;, op.cit., p.22-23&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle est, comme le note Raymond Bellour en commentant ce texte de Foucault, &lt;i&gt;&#171; en retrait et en surplomb &#187;&lt;/i&gt;, (Raymond Bellour, &#171; Vers la fiction &#187; in &lt;i&gt;Michel Foucault philosophe&lt;/i&gt;, Rencontre internationale de Paris, janvier 1988, Seuil, Paris, 1989, p.180).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie&lt;/i&gt;, s&#233;ance du 22 f&#233;vrier 1969, dans &lt;i&gt;Dits et &#201;crits&lt;/i&gt;, tome1, texte n&#176;69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, n&#176; 652, 9-15 mai 197&#232;7. Repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, tome 3, texte 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoir et strat&#233;gies - Entretien de Jacques Ranci&#232;re avec Michel Foucault &#187;, dans &lt;i&gt;R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt; N&#176;4, Hiver 1977, repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, tome 3, texte n&#176;218. Ou encore : &lt;i&gt;&#171; Le Goulag, toute une gauche &#187;&lt;/i&gt; [et je souligne ici : et non pas toute la gauche] &lt;i&gt;&#171; a voulu l'expliquer sinon comme les guerres par la th&#233;orie de l'histoire, du moins par l'histoire de la th&#233;orie. Massacres, oui ; mais c'&#233;tait une affreuse erreur &#187; (...) &#034;une faute de lecture &#187;&lt;/i&gt;. (...) &lt;i&gt;le stalinisme erreur a &#233;t&#233; un des principaux agents de ce retour au marxisme-v&#233;rit&#233;, auquel on a assist&#233; pendant les ann&#233;es 1960&lt;/i&gt; &#187; (&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pouvoir et strat&#233;gies - Entretien de Jacques Ranci&#232;re avec Michel Foucault &#187;, dans &lt;i&gt;R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt; n&#176;4 op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ceux qui cherchaient &#224; se sauver en opposant la vraie barbe de Marx au faux nez de Staline n'aim&#232;rent pas du tout &#187;. Mais on peut laisser un instant, avec Foucault, les adeptes d'un vrai Marx &#224; leur d&#233;plaisir sans exhiber le cr&#226;ne de Marx en le pr&#233;sentant comme celui de Staline enfant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le rabattement th&#233;oricien n'est pas moindre quand on invoque une aberration de la th&#233;orie pour &#233;tablir une perversion originelle que lorsque l'on s'abrite derri&#232;re la puret&#233; de la doctrine pour invoquer une perversion ult&#233;rieure : la logique de l'imputation, qu'elle plaide pour l'innocence ou la culpabilit&#233; est enti&#232;rement prise dans la logique judiciaire de l'aveu, tant que l'on &#233;tablit pas pr&#233;cis&#233;ment en quoi consiste l'&#233;tatisme de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Crimes et ch&#226;timents en U.R.S.S. et ailleurs &#187;, Entretien avec K.S. Karol, dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, n&#176;185, 26 janvier 1976. Repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, tome 3, texte n&#176;172.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault qui ne souscrit sans doute pas &#224; la th&#232;se d'un d&#233;p&#233;rissement possible, et a fortiori in&#233;vitable de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault le rappellera ainsi en 1982 que la question du pouvoir a valeur de test. Car elle n'est pas seulement une question th&#233;orique, &#171; mais quelque chose qui fait partie de notre exp&#233;rience &#187; (&#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187; (1982) in &lt;i&gt;Un parcours philosophique&lt;/i&gt; de H. Dreyfus et P.Rabonow (collection Folio, Gallimard) pp.297-321&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Michel Foucault, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Surveiller et Punir,&lt;/i&gt; &#233;ditons Gallimard, 1975, pp.219 sq. dont note 1 p.222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le souligne, dans un contexte diff&#233;rent mais proche du n&#244;tre, Etienne Balibar dans &#171; Foucault et Marx. L'enjeu du nominalisme &#187;, in &lt;i&gt;Michel Foucault philosophe&lt;/i&gt;, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce que dit Foucault de lui-m&#234;me, &#224; propos des disciplines, est sans doute vrai : &#171; Je montre sans cesse l'origine &#233;conomique ou politique de ces m&#233;thodes &#187;. Mais il prend soin de pr&#233;ciser que &lt;i&gt;&#171; tout en ne mettant pas le pouvoir partout, je pense &#233;galement qu'il y a une sp&#233;cificit&#233; de ces nouvelle techniques de dressage &#187;&lt;/i&gt;, qui forment &lt;i&gt;&#171; une sorte de couche sp&#233;cifique &#187;&lt;/i&gt; (&#171; Du Pouvoir &#187;, un entretien in&#233;dit avec Michel Foucault avec P. Boncenne, r&#233;alis&#233; 1978, paru dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 6 juillet 1984). Il en va de m&#234;me de l'autre p&#244;le du pouvoir - la r&#233;gulation des populations - et plus g&#233;n&#233;ralement de l'&#233;mergence du biopouvoir, directement connect&#233; au d&#233;veloppement du capitalisme : &lt;i&gt;&#171; Ce biopouvoir a &#233;t&#233;, &#224; n'en pas douter, un &#233;l&#233;ment indispensable au d&#233;veloppement du capitalisme ; celui-ci n'a pu &#234;tre assur&#233; qu'au prix de l'insertion contr&#244;l&#233;e des corps dans l'appareil de production et moyennant un ajustement des ph&#233;nom&#232;nes de population aux processus &#233;conomiques &#187;. Mais c'est pour pr&#233;ciser aussit&#244;t que le biopouvoir &#171; a exig&#233; davantage &#187; : notamment &#171; des m&#233;thodes de pouvoir susceptibles de majorer les forces, les aptitudes, la vie en g&#233;n&#233;ral, sans les rendre plus difficiles &#224; assujettir. La volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt;, 1976, p.185.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Michel Foucault, revue d' &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, 1976, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;idem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi que Foucault le rappelle dans &#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187; in H. Dreyfuss et P. Rabinow, &lt;i&gt;Un parcours philosophique&lt;/i&gt;, &#233;ditions Gallimard, 1984, p.310 et p. 318.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;(...) &lt;i&gt;si le d&#233;veloppement des grands appareils d'&#201;tat, comme institutions de pouvoir, a assur&#233; le maintien des rapports de production, les techniques de pouvoir ont, elles aussi, agi au niveau des processus &#233;conomique &#187;.&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt;, op. cit.,p.185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187; in &lt;i&gt;Un parcours philosophique&lt;/i&gt;, op.cit., pp.297-321.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est sans doute vrai que les Sovi&#233;tiques, s'ils ont modifi&#233; le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; et le r&#244;le de l'&#201;tat dans le contr&#244;le de la production ont tout simplement pour le reste transf&#233;r&#233; chez eux les techniques de gestion et du pouvoir mises au point dans l'Europe capitaliste du XIX&#232;me si&#232;cle &#187;&lt;/i&gt; (Entretien avec K.S. Karol, 1976, op.cit.). Voil&#224; pourquoi, &lt;i&gt;&#171; On a avec la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique l'exemple d'un appareil d'Etat qui a chang&#233; de mains et qui laisse les hi&#233;rarchies sociales, la vie de famille, la sexualit&#233;, le corps &#224; peu pr&#232;s comme ils &#233;taient dans une soci&#233;t&#233; de type capitaliste. Les m&#233;canismes de pouvoir qui jouent &#224; l'atelier entre l'ing&#233;nieur, le contrema&#238;tre et l'ouvrier, croyez-vous qu'ils sont tr&#232;s diff&#233;rents en Union sovi&#233;tique et ici ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(&lt;/i&gt;Entretien avec Michel Foucault, revue &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, 1976, op.cit.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Avez-vous lu Pierre Bourdieu ? &#187;</title>
		<link>https://henri-maler.fr/Avez-vous-lu-Pierre-Bourdieu.html</link>
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		<dc:date>2024-05-06T09:39:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bourdieu</dc:subject>
		<dc:subject>Entretiens</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien paru dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 1er f&#233;vrier 2002, quelques jours apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Pierre Bourdieu le 23 janvier 2002.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Pierre-Bourdieu-+.html" rel="tag"&gt;Pierre Bourdieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Entretiens-+.html" rel="tag"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L144xH150/pierre_bourdieu_2-2dca5.jpg?1726251035' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec paru &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/-/avez-vous-lu-pierre-bourdieu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 1er f&#233;vrier 2002&lt;/a&gt;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et reproduit sur le site d'Acrimed.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pierre Bourdieu est d&#233;c&#233;d&#233; le 22 janvier 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de pr&#233;face, une citation de Jacque Bouveresse&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette citation n'est pas parue dans L'Humanit&#233;, faute de place.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;S'il y a une chose encore plus difficile &#224; supporter que la disparition d'une des figures majeures de la pens&#233;e contemporaine et, pour certains d'entre nous, d'un ami tr&#232;s proche, c'est bien le rituel de c&#233;l&#233;bration auquel les m&#233;dias ont commenc&#233; &#224; se livrer quelques heures seulement apr&#232;s la mort de Pierre Bourdieu. Comme pr&#233;vu, il n'y manquait ni la part d'admiration obligatoire et conventionnelle, ni la fa&#231;on qu'a la presse de faire (un peu plus discr&#232;tement cette fois-ci, &#233;tant donn&#233; les circonstances) la le&#231;on aux intellectuels qu'elle n'aime pas, ni la dose de perfidie et de bassesse qui est jug&#233;e n&#233;cessaire pour donner une impression d'impartialit&#233; et d'objectivit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si Bourdieu pouvait se voir en premi&#232;re page d'un certain nombre de nos journaux, et en particulier du Monde, il ne manquerait pas de se rappeler la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; trait&#233; par eux dans les derni&#232;res ann&#233;es et de trouver dans ce qui se passe depuis quelques jours une confirmation exemplaire de tout ce qu'il a &#233;crit &#224; propos de l'&lt;/i&gt;&#034;amn&#233;sie journalistique&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pierre Bourdieu, celui qui d&#233;rangeait &#187;, par Jacques Bouveresse, Le Monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'hommage presque unanime rendu par les m&#233;dias &#224; Pierre Bourdieu ne contredit-elle pas son analyse du journalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;. Dans les premi&#232;res lignes du tr&#232;s beau texte qu'il a consacr&#233; &#224; Pierre Bourdieu, paru dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du Jeudi 31 janvier, Jacques Bouveresse dit l'essentiel en quelques mots. Le rituel m&#233;diatique cons&#233;cutif &#224; la mort de Pierre Bourdieu offre une v&#233;rification quasi-exp&#233;rimentale de son analyse de l'emprise du journalisme, en particulier sur la vie intellectuelle. Une m&#234;me rh&#233;torique sur le sociologue engag&#233; et - narcissisme m&#233;diatique oblige - particuli&#232;rement engag&#233; dans la &#171; critique de la corruption m&#233;diatique &#187; (pour reprendre une sottise entendue sur LCI&#8230;), a permis &#224; nombre de journalistes, mais pas tous, incapables de prendre la mesure de son &#339;uvre et de son action, de se tailler un Bourdieu &#224; leur mesure, parfois pour l'encenser, plus souvent pour l'esquinter. Quant &#224; nos majest&#233;s &#233;ditoriales - ce club des omnipr&#233;sents que l'on peut lire, entendre et voir partout et sur tout - elles remplissent leur office : Alain-G&#233;rard Slama (du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;) ou Alexandre Adler (du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;), Jacques Julliard ou Fran&#231;oise Giroud (du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;) ont d&#233;j&#224; prononc&#233; leur condamnation d&#233;finitive. D'autres suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;On a pourtant reproch&#233; &#224; Pierre Bourdieu - et pas seulement ce que vous venez de citer - sa virulence et son sch&#233;matisme dans sa critique des m&#233;dias&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;. Il s'est m&#234;me trouv&#233; un sociologue comme Cyril Lemieux pour faire de Bourdieu un h&#233;ritier de la critique de la &#171; presse pourrie &#187;, comme on disait dans l'entre-deux guerres ; un &#233;ditorialiste comme Laurent Joffrin pour d&#233;couvrir dans le travail de Pierre Bourdieu une variante du marxisme le plus vulgaire (c'est-&#224;-dire du marxisme tel que Laurent Joffrin le comprend&#8230;) ; et une tripot&#233;e de journalistes en vue pour d&#233;clarer qu'on ne trouve dans l'analyse de Bourdieu que des poncifs. Pourtant, s'ils avaient lu ses interventions avec plus d'attention qu'ils ne lisent une d&#233;p&#234;che d'agence sur le cours du Nasdaq, ils se seraient peut-&#234;tre priv&#233;s de l'audace de les rabattre sur ce qu'ils savent d&#233;j&#224; ou croient savoir. Des banalit&#233;s ? Supposons &#8230; L'analyse du journalisme doit commencer d'abord, pour reprendre hors de son contexte une formule de Michel Foucault, par &#171; rendre visible ce qui est visible &#187;. Et il n'en faut pas plus pour que les notables de la presse d&#233;tournent-ils les yeux quand, &#224; l'instar de Serge Halimi, on met en &#233;vidence l'existence d'un journalisme de connivence (v&#233;ritable soci&#233;t&#233; de renvois d'ascenseurs), d'un journalisme de r&#233;v&#233;rence (&#224; l'&#233;gard de tous les pouvoirs), d'un journalisme &#224; voix multiples mais qui parle (presque) toujours dans le m&#234;me sens : un journalisme h&#233;g&#233;monis&#233; par quelques dizaines de pr&#233;sentateurs et d'&#233;ditorialistes attitr&#233;s, flanqu&#233;s de commentateurs et d'&#233;ditorialistes associ&#233;s. On comprend que ces tenanciers de l'espace m&#233;diatique pr&#233;f&#232;rent se r&#233;fugier dans &#171; l'ignorance volontaire &#187; de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font, quitte &#224; d&#233;noncer dans l'analyse de Pierre Bourdieu une agression intol&#233;rable contre la totalit&#233; des journalistes &#8230; et dans la critique de l'entr&#233;e du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;en Bourse une atteinte insupportable &#224; l'ind&#233;pendance de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cet examen &#171; par le haut &#187; des sommets de la profession ne peut pas se pr&#233;senter comme un sociologie du journalisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;. Et c'est bien pourquoi la sociologie de Pierre Bourdieu invite surtout &#224; &#171; rendre visible ce qui est cach&#233; &#187;, en proposant une analyse complexe du champ journalistique - un champ de forces et de conflits - au sein duquel se distribuent et agissent des professionnels tr&#232;s divers : du soutier de l'information de la presse quotidienne r&#233;gionale aux grands reporters. Un champ domin&#233; par l'emprise de la t&#233;l&#233;vision et qui exerce &#224; son tour une emprise sur d'autres champs, en particulier ceux de la production culturelle. Il faut tout l'anti-intellectualisme latent de certains journalistes pour croire qu'il ne s'agit-l&#224; que de compliquer &#224; loisir le vocabulaire, alors qu'il s'agit de rendre compte d'un microcosme tr&#232;s diff&#233;renci&#233;, dont le fonctionnement rend parfois peu visibles les effets quotidiens des logiques commerciales et financi&#232;res auxquelles le journalisme est assujetti. Ainsi, il y a infiniment plus de sociologie du journalisme dans les quelques dizaines de pages de &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; que dans d'&#233;pais volumes qui se contentent d'ent&#233;riner la connaissance spontan&#233;e que la profession a d'elle-m&#234;me. D'autant que l'apport que la sociologie de Bourdieu peut apporter &#224; la compr&#233;hension du journalisme ne se limite pas aux quelques textes qu'il a &#233;crits sur le sujet ; eux-m&#234;mes ne s'&#233;clairent que par la totalit&#233; de son &#339;uvre. Ce n'est pas tout : press&#233;s d'en d&#233;coudre sans comprendre, nos ma&#238;tres-tanceurs pr&#233;f&#232;rent ignorer que la totalit&#233; de cette &#339;uvre a plus ou moins directement inspir&#233; de nombreux travaux sociologiques. Pour n'en citer que quelques-uns : les enqu&#234;tes d'Alain Accardo, Gilles Balbastre et quelques autres sur &lt;i&gt;Le journalisme au quotidien&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le journalisme pr&#233;caire &lt;/i&gt; ; les articles des &lt;i&gt;Actes de la Recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, ou la synth&#232;se orient&#233;e, mais ouverte aux apports les plus divers, d'Erik Neveu parue sous le titre &lt;i&gt;Sociologie du journalisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Voulez-vous dire qu'il y aurait en quelque sorte une volont&#233; de &#171; ne pas savoir &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;. Sans aucun doute. Alors que le journalisme d'investigation pr&#233;tend nous faire conna&#238;tre le dessous des cartes dans tous les milieux sociaux, les journalistes sont rarement invit&#233;s par leurs patrons &#224; enqu&#234;ter sur eux-m&#234;mes. Raison de plus pour ne pas abandonner l'analyse critique du journalisme et des m&#233;dias aux seuls journalistes. Pierre Bourdieu avait soutenu, d&#232;s 1996, la constitution de notre association et approuvait, sans y participer, son activit&#233;. De son c&#244;t&#233;, Acrimed a trouv&#233; dans l'&#339;uvre de Pierre Bourdieu une de ses sources d'inspiration. Une &#339;uvre qui m&#233;rite un d&#233;bat &#224; sa mesure : un d&#233;bat sans d&#233;f&#233;rence - ainsi qu'il le souhaitait lui-m&#234;me. Sans d&#233;f&#233;rence, mais non sans admiration, n'en d&#233;plaise &#224; nos majest&#233;s &#233;ditoriales. Foucault se r&#233;jouissait - je cite de m&#233;moire - d'avoir &#171; fait trembler sur leurs tiges quelques n&#233;nuphars qui flottent &#224; la surface de la pens&#233;e &#187;. Pierre Bourdieu, &#224; n'en pas douter, en a fait trembler quelques autres. Des n&#233;nuphars qui entretiennent souvent des rapports tr&#232;s intimes avec la vase&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Sur la couverture m&#233;diatique de la mort de Pierre Bourdieu, voir ici m&#234;me &#171; La mort de Pierre Bourdieu et l'emprise du journalisme &#187; &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/La-mort-de-Pierre-Bourdieu-et-l-emprise-du-journalisme-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(1&lt;/a&gt;), suivi de &#171; La mort de Pierre Bourdieu et l'emprise du journalisme &#187; &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/La-mort-de-Pierre-Bourdieu-et-l-emprise-du-journalisme-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(2)&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et reproduit &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/-/avez-vous-lu-pierre-bourdieu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site d'Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette citation n'est pas parue dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, faute de place.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pierre Bourdieu, celui qui d&#233;rangeait &#187;, par Jacques Bouveresse, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31 janvier 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos du cours de Michel Foucault sur L'Herm&#233;neutique du sujet </title>
		<link>https://henri-maler.fr/A-propos-du-cours-de-Michel-Foucault-sur-L-Hermeneutique-du-sujet.html</link>
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		<dc:date>2019-03-29T12:50:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>Lectures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;thique du soi et &#233;thique de l'insoumission.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Michel-Foucault-+.html" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Lectures-+.html" rel="tag"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/arton6-3d5a2.jpg?1726251035' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la sortie en librairie de &lt;i&gt;L'Herm&#233;neutique du sujet&lt;/i&gt;, le cours de Michel Foucault profess&#233; au Coll&#232;ge de France en 1981-1982, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 5 avril 2001 publiait &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/node/244402&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article&lt;/a&gt; dont voici la version initiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment, &#224; l'occasion de la sortie en librairie de &lt;i&gt;L'Herm&#233;neutique du sujet&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, L'Herm&#233;neutique du sujet : Cours au Coll&#232;ge de France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;sister &#224; la tentation de se laisser porter par notre curiosit&#233; pour l'&#233;thique de l'existence dans la Gr&#232;ce et la Rome anciennes ? Malaise, pourtant. Car l'occasion est contrari&#233;e par la conjoncture : SNCF et Danone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SNCF : gr&#232;ve d'avril contre les menaces de privatisation. Danone : gr&#232;ve, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Intensification du travail et privation de travail. &lt;i&gt;Management &lt;/i&gt;bavard et licenciements sans phrases. Les deux piliers de l'ordre capitaliste. &#171; Intol&#233;rables &#187;, comme dit Foucault et comme il l'aurait peut-&#234;tre dit. Que faire alors ? D&#233;tourner notre regard du pr&#233;sent ou oublier Foucault ? Foucault, comme la philosophie : inutile et incertain ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inutile et incertain ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun combat ne peut &#234;tre gagn&#233; gr&#226;ce au silence de la philosophie, m&#234;me si certaine philosophie, qui fait de c&#233;cit&#233; vertu, gagnerait parfois &#224; se taire. Comme cette pr&#233;tendue philosophie morale qui c&#233;l&#232;bre le retour du sujet souverain et de la libert&#233; imp&#233;riale : un sujet souverain qui r&#232;gnerait sur soi, m&#234;me quand son existence est mutil&#233;e ; une libert&#233; imp&#233;riale qui vagabonderait gaiement dans un monde dont les richesses sont des marchandises et les hommes des d&#233;chets. Ainsi r&#234;vent pourtant les z&#233;lateurs modernes du sujet investi par la morale (mais d&#233;lest&#233; de toute pesanteur sociale) et de la libert&#233; retranch&#233;e derri&#232;re le droit (mais r&#233;tr&#233;ci pour cause de grandeur europ&#233;enne). Foucault n'&#233;tait pas de ceux-l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; lui qui pourtant, en l'an I du r&#232;gne de Mitterrand Premier, enseignait au Coll&#232;ge de France, dans son cours sur &lt;i&gt;L'herm&#233;neutique du sujet, &lt;/i&gt;les transformations du souci de soi, de Socrate aux penseurs du Ier et IIe si&#232;cles apr&#232;s J&#233;sus-Christ. Du gouvernement de soi destin&#233; au gouvernement des autres, &#224; la culture de soi destin&#233;e &#224; la jouissance de soi, un m&#234;me th&#232;me persiste et se m&#233;tamorphose : la constitution du sujet par lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que nous importe aujourd'hui ce fragment d '&#171; histoire des modes de subjectivation &#187; ? Nous faudrait-il prendre grecs et romains de l'Antiquit&#233; pour mod&#232;les ? Foucault ne pr&#233;conise rien de tel, et pour cause : il ne les trouve &#171; pas fameux &#187;. L'exigence inconditionnelle du souci de soi, telle qu'elle se formule chez les sto&#239;ciens et les &#233;picuriens notamment, ne suscite aucun enthousiasme particulier : r&#233;serv&#233;e &#224; une &#171; &#233;lite &#187; qui vit aux d&#233;pens des esclaves, des femmes et de la pl&#232;be, elle ne pr&#233;tend pas &#224; l'universalit&#233;. Et les divers aspects de la morale grecque du plaisir nous valent cette conclusion : &lt;i&gt;&#171; Tout cela est franchement r&#233;pugnant. &#187;&lt;/i&gt; En quoi, alors, le d&#233;tour par l'Antiquit&#233; peut-il &#233;clairer notre pr&#233;sent et les luttes actuelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout si le diagnostic qu'en propose Foucault est approximatif&#8230; Que dit-il en effet, dans un autre texte paru la m&#234;me ann&#233;e ? Qu'aujourd'hui, des trois types de luttes que l'on peut en g&#233;n&#233;ral distinguer, &lt;i&gt;&#171; c'est la lutte contre les formes d'assujettissement &#8211; contre la soumission de la subjectivit&#233; &#8211; qui pr&#233;vaut de plus en plus, m&#234;me si les luttes contre la domination et l'exploitation n'ont pas disparu, bien au contraire &#187;&lt;/i&gt;. &#171; Bien au contraire &#187;, dit Foucault : il faut le souligner, &#224; l'intention de ceux qui voudraient l'oublier. Mais s'il est vrai, comme le d&#233;clare Foucault, que l'assujettissement entretient avec la domination et l'exploitation des rapports d'imbrication r&#233;ciproque, on devrait en conclure que le combat contre la soumission de la subjectivit&#233; n'est pas seulement un type de lutte, mais une composante essentielle&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de toutes les luttes. Avec cette pr&#233;cision et dans cette perspective, le d&#233;tour par les Grecs peut &#8211; pour penser les nouvelles formes de contestation - s'av&#233;rer n&#233;cessaire et prospectif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;cessaire et prospectif&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le trajet de Michel Foucault peut se comprendre ainsi : du sujet pris dans des relations de pouvoir au sujet constitu&#233; par la culture de soi (ou, si l'on veut, par le pouvoir qu'il exerce sur lui-m&#234;me). Produit et cible des relations de pouvoir, mati&#232;re et produit de sa propre activit&#233;, le sujet est la r&#233;sultante toujours pr&#233;caire et provisoire d'un double &#171; assujettissement &#187;, o&#249; le sens de ce mot varie avec le type de rapports auquel ce mot renvoie : les rapports de pouvoir et/ou le rapport &#224; soi. Menac&#233; quand il est pris dans les rapports de pouvoir que stabilisent des rapports de domination, l'individu-sujet n'est pas n&#233;cessairement affranchi quand il parvient &#224; se prendre pour objet d'une culture de soi. Sa libert&#233; n'est pas celle de la souveraine puissance qu'il exercerait sur ses choix et sur ses actes, mais le foyer, toujours menac&#233; de s'&#233;teindre, des r&#233;sistances qu'il oppose aux actions et aux forces qui tentent de le r&#233;duire &#224; l'impuissance. Notre probl&#232;me &#8211; que permet de penser la diff&#233;rence avec la Gr&#232;ce et la Rome antiques &#8211; serait celui-ci : &lt;i&gt;&#171; C'est peut-&#234;tre une t&#226;che urgente, fondamentale, politiquement indispensable, que de constituer une &#233;thique du soi, s'il est vrai apr&#232;s tout qu'il n'y pas d'autre point, premier et ultime, de r&#233;sistance au pouvoir politique que&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;dans le rapport de soi &#224; soi. &#187;&lt;/i&gt; Provocation unilat&#233;rale ? Sans doute, mais &#224; m&#233;diter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous, d'un m&#234;me mouvement, tend &#224; &#234;tre constitu&#233; comme sujet et tente de se constituer comme sujet. Mais cette universelle condition fait l'objet d'une r&#233;partition terriblement in&#233;gale : les domin&#233;s, les exploit&#233;s, les exclus, les gens-de-presque-rien et les gens-de-peu ne peuvent se constituer comme sujets sans heurter de front les machineries de la domination et de l'exploitation. Du sujet soumis au sujet construit, de la r&#233;sistance &#224; l'envahissement par les rapports de domination &#224; la lutte contre ces m&#234;mes rapports, aucune voie lin&#233;aire et triomphale, mais l'histoire souvent souterraine des refus minuscules, &#224; reprendre jour apr&#232;s jour, et l'histoire parfois explosive des combats d'&#233;mancipation. &lt;i&gt;&#171; R&#233;cup&#233;r&#233; par les rapports de pouvoir, par les relations de savoir, le rapport &#224; soi ne cesse de rena&#238;tre ailleurs et autrement &#187;&lt;/i&gt; (Gilles Deleuze) : c'est pourquoi l'&#233;thique du soi peut &#234;tre aussi une &#233;thique de la r&#233;volte et de l'insoumission. Et cette insoumission peut frayer le passage des luttes contre la soumission de la subjectivit&#233; &#224; l'invention de nouvelles formes de subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sister &#224; la domination, en effet, c'est lui opposer, comme point d'appui des r&#233;sistances et comme horizon d'appel &#224; leur g&#233;n&#233;ralisation, l'exigence de devenir &#8211; autant que faire se peut &#8211; sujet de sa propre existence : pouvoir donner une forme &#224; sa propre vie, durant toute sa dur&#233;e. Ainsi compris, le souci de soi n'implique ni l'exaltation de l'individualisme exclusif, retranch&#233; derri&#232;re la fronti&#232;re de la vie priv&#233;e, ni la promotion&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;du narcissisme possessif, qui se contemple dans le miroir tendu par les marchandises. Donner un style &#224; son existence ce n'est pas consommer les styles qui s'exposent dans les salons - de l'auto, du pr&#234;t-&#224;-porter, de la bijouterie &#8211; mais donner une forme &#224; son individualit&#233; et &#224; sa socialit&#233; : &#171; promouvoir de nouvelles formes de subjectivit&#233; &#187;, de nouvelles formes de constitution de notre &#234;tre-sujet, individuel et collectif &#8211; une nouvelle culture et de nouveaux modes de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cr&#233;er les conditions d'&#233;mergence d'une individualit&#233; et d'une socialit&#233; disponibles &#224; une v&#233;ritable &#233;thique de l'existence qui permettrait &#224; chacun de donner &#224; sa vie la forme qui lui convient ? La r&#233;ponse de Foucault n'est sans doute pas satisfaisante. Au moins a-t-il indiqu&#233; en pointill&#233;s le chemin &#224; parcourir et fait appara&#238;tre, au regard de cette exigence, toutes les formes de domination et d'exploitation pour ce qu'elles sont : &#171; intol&#233;rables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &lt;i&gt;L'Herm&#233;neutique du sujet &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Cours au Coll&#232;ge de France (1981-1982&lt;/i&gt;), Le Seuil, mars 2001&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SNCF : gr&#232;ve d'avril contre les menaces de privatisation. Danone : gr&#232;ve, appel au boycott, manifestations contre un plan de restructuration pr&#233;voit la suppression de pr&#232;s de 1.700 emplois dans la branche biscuit (LU) du groupe (note de 2015)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos du cours de Michel Foucault sur &#171; Les Anormaux &#187; </title>
		<link>https://henri-maler.fr/A-propos-du-cours-de-Michel-Foucault-sur-Les-Anormaux.html</link>
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		<dc:date>2015-11-09T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>Lectures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien publi&#233; &#224; l'occasion de la parution, en 1999, du cours de 1974-1975.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Michel-Foucault-+.html" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Lectures-+.html" rel="tag"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L150xH96/arton8-62e32.png?1726251035' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Jean-Paul Monferran publi&#233; le 15 avril 1999 dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233; &lt;/i&gt;sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/node/205552&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La m&#233;taphore du sauvageon &#187;&lt;/a&gt; (version int&#233;grale revue)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quel est selon toi l'int&#233;r&#234;t de ces &#171; anormaux &#187; dont les analyses minutieuses semblent porter sur un pass&#233; r&#233;volu ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, Les Anormaux. Cours au Coll&#232;ge de France 1974-1975), Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Foucault s'efforce montrer quel pouvoir (exerc&#233; au nom du savoir) et quel savoir (extrait par l'exercice du pouvoir) se sont conjugu&#233;s pour combattre les &#171; monstres humains &#187;, dresser &#171; les individus &#224; corriger &#187;, traquer les &#171; enfants masturbateurs &#187; ; quelles formes de pouvoir-savoir, qui pr&#233;tendaient en rendre compte et en venir &#224; bout, ont en m&#234;me temps suscit&#233;es ces figures qui, d'abord s&#233;par&#233;es, ont fini par se fondre dans la grande famille des &#171; anormaux &#187;. Ce faisant, Foucault pr&#233;cise son analyse de la &#171; soci&#233;t&#233; de normalisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces fragments d'une &#171; analytique du pouvoir &#187;, on peut faire un usage acad&#233;mique, exclusivement historien, et s'interroger uniquement sur leur validit&#233;. Mais ce serait oublier que Foucault prend pour point de d&#233;part des expertises m&#233;dico-l&#233;gales des ann&#233;es 1950 : des discours de v&#233;rit&#233; &#224; la fois risibles et redoutables, quand ils ne sont pas meurtriers. Aveux involontaires d'un pouvoir ridicule et grotesque, inf&#226;me et ubuesque. R&#233;v&#233;lateurs inqui&#233;tants ou intol&#233;rables d'une soci&#233;t&#233; aux prises avec ses &#171; anormaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Foucault, ici comme ailleurs est d'&#233;crire &#171; une histoire du pr&#233;sent &#187;, c'est-&#224;-dire de &#171; diagnostiquer ce qui se passe et ce que nous sommes &#187;. Sans doute, le contr&#244;le tatillon de la masturbation n'est-il plus la cible privil&#233;gi&#233;e de l'ing&#233;niosit&#233; des inventeurs de tactiques de pouvoir. Mais la transformation des cibles et des proc&#233;d&#233;s ne doit pas dissimuler un jeu complexe de diff&#233;rences et de similitudes. On comprend alors pourquoi Foucault souhaitait avoir &#171; non des lecteurs, mais des utilisateurs &#187;, non de simples &#233;rudits attach&#233;s &#224; le commenter, mais des praticiens de l'insubordination th&#233;orique et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelles pourraient &#234;tre alors les r&#233;sonances et les suites de ce cours de Foucault ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Foucault encore &#224; venir s'interrogerait sur les contradictions nouvelles qui traversent la soci&#233;t&#233; de normalisation et sur les redistributions des modalit&#233;s d'exercice du pouvoir qui sont aujourd'hui &#224; l'&#339;uvre. Un Foucault encore &#224; venir ne se satisferait pas des notions pr&#233;fabriqu&#233;es et d&#233;sormais famili&#232;res qui, sous l'effet d'une anxi&#233;t&#233; compr&#233;hensible, pr&#233;tendent r&#233;sumer la &#171; violence urbaine &#187; et &#171; l'incivilit&#233; des mineurs &#187; et composer une des figures qui a pris la succession de celle des &#171; anormaux &#187; : celle d'une &#171; jeunesse dangereuse &#187;, constitu&#233;e, indistinctement, de &#171; marginaux &#187;, de &#171; drogu&#233;s &#187; et de &#171; sauvageons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Foucault encore &#224; venir montrerait peut-&#234;tre que le &#171; drogu&#233; &#187; n'est pas &#8211; ou pas seulement - le r&#233;sultat naturel du joint qu'il tient entre ses l&#232;vres &#8211; mais que sa figure est une production des m&#233;canismes de contr&#244;le qui pr&#233;tendent &#339;uvrer pour sa sant&#233; ; et que le &#171; sauvageon &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon un terme choisi par Jean-Pierre Chev&#232;nement (qui l'a ult&#233;rieurement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'est pas une plante v&#233;n&#233;neuse qui prolif&#232;re dans les banlieues, mais que sa figure est une construction sociale qui, &#224; partir de violences sommairement diagnostiqu&#233;es, est ajust&#233;e aux pr&#233;tentions des institutions qui font cercle autour de lui pour tenter de le dresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait alors accueillir les exhortations path&#233;tiques au respect de l'ordre et de la loi et les tentatives de r&#233;pondre &#224; l'exigence d'une R&#233;publique sociale, par l'invocation d'une R&#233;publique disciplinaire, par un grand &#233;clat de rire. Un rire &#224; la Foucault. Mais un rire qui s'&#233;trangle avant de passer &#224; l'action, pour qu'&#224; des situations inacceptables, il ne soit pas r&#233;pondu par des mesures intol&#233;rables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, dans Le Monde Diplomatique de ce mois d'avril 1999, le remarquable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Intol&#233;rables &#187;, comme l'aurait sans doute dit Foucault.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &lt;i&gt;Les Anormaux. Cours au Coll&#232;ge de France 1974-1975)&lt;/i&gt;, Le Seuil, mars 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon un terme choisi par Jean-Pierre Chev&#232;nement (qui l'a ult&#233;rieurement &lt;a href=&#034;http://www.chevenement.fr/Sauvageon-versus-racaille_a277.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;oppos&#233; &#224; &#171; racaille &#187;&lt;/a&gt; comme un vocable de gauche &#224; un vocable de droite).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, dans &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de ce mois d'avril 1999, le remarquable article de Lo&#239;c Wacquant &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1999/04/WACQUANT/2911&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ce vent punitif qui vient d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de La Mis&#232;re du Monde : Politique de la sociologie (1)</title>
		<link>https://henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-1.html</link>
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		<dc:date>2015-09-14T07:07:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bourdieu</dc:subject>
		<dc:subject>Lectures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Premi&#232;re partie : &#171; Comprendre &#187;. Pour &#171; convertir le malaise social en sympt&#244;mes lisibles, susceptibles d'&#234;tre trait&#233;s politiquement &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Lectures-+.html" rel="tag"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/arton22-87ad3.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle devait &#234;tre un savoir d'expert r&#233;serv&#233; aux experts &#187;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(P. Bourdieu, &lt;i&gt;Questions de Sociologie&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt; sont l'occasion, dans leur &#171; Post-scriptum &#187; respectif, d'une &#171; prise de position normative &#187;, gouvern&#233;e, en chaque cas, par &#171; l'urgence &#187; : urgence d'interpeller les intellectuels pour que, en &#171; ces temps de restauration &#187;, ils d&#233;fendent l'autonomie de leur pratique ; urgence d'en appeler aux politiques pour que, en ces temps de menace sur &#171; le bon fonctionnement des institutions d&#233;mocratiques &#187;, ils &#233;largissent leur vision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Post-Scriptum &#187; : Les R&#232;gles de l'Art pp.459-472 et La Mis&#232;re du Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a compris&lt;i&gt;, La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt;, par-del&#224; le tableau des formes sociales de la mis&#232;re (dont la richesse et la complexit&#233; invitent &#224; des lectures et &#224; des discussions multiples)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suivant ainsi l'objectif de ce num&#233;ro de Futur Ant&#233;rieur, on s'interrogera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; constitue avant tout un acte politique, dont le sens et la port&#233;e d&#233;pendent de la d&#233;marche scientifique mise en &#339;uvre : s'expose ainsi une &lt;i&gt;politique de la sociologie&lt;/i&gt;, indissolublement th&#233;orique et pratique, qui vise &#224; &#171; &lt;i&gt;convertir le malaise social en sympt&#244;mes lisibles, susceptibles d'&#234;tre trait&#233;s politiquement&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.173.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Comprendre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bourdieu revendique une unit&#233; toujours &#224; refaire de la recherche th&#233;orique et de l'enqu&#234;te empirique : qu'il s'agisse de la sociologie elle-m&#234;me, de l'anthropologie qu'elle vise ou des d&#233;bats philosophiques qu'elle &#233;claire, la &#171; grande th&#233;orie &#187; ne vaut, &#224; ses yeux, que par sa confrontation avec des objets empiriques. Dans cet esprit, Bourdieu se d&#233;fie des g&#233;n&#233;ralit&#233;s m&#233;thodologiques : il invite la sociologie &#224; r&#233;fl&#233;chir sur elle-m&#234;me dans le cours de son exercice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la critique du th&#233;oricisme et du m&#233;thodologisme, cf. notamment la mise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, en prenant pour objet la mis&#232;re du monde, Bourdieu et ses collaborateurs devaient n&#233;cessairement mettre &#224; l'&#233;preuve th&#233;orie et m&#233;thode, infl&#233;chir le cours de la recherche et en modifier de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, avec les mis&#232;res telles qu'elles sont subjectivement v&#233;cues, c'est-&#224;-dire comme souffrances, les auteurs abordent un objet paradoxal pour la sociologie puisqu'il s'agit de formes individuelles d'objectivit&#233;s sociales. De l&#224; une enqu&#234;te qui &#171; transgresse &#224; peu pr&#232;s tous les pr&#233;ceptes de la routine m&#233;thodologique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.174.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, l'objet empirique de la recherche - la souffrance - suppose qu'on laisse et fasse parler ceux qui la vivent, et que la partie r&#233;put&#233;e la plus individuelle du langage - la parole - puisse faire l'objet d'une sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une sociologie de la parole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner la parole au peuple. Le pr&#233;cepte serait bon s'il ne servait g&#233;n&#233;ralement la l&#233;gitimation de ces d&#233;tenteurs de la parole l&#233;gitime qui font parler le peuple dans leur langage en affectant de lui donner la parole, et c&#233;l&#232;brent la prise de parole, pour l&#233;gitimer ses repr&#233;sentants, qui ne manquent jamais de la prendre &#224; leur tour et de la confisquer &#224; leur profit : comme le montre l'autocons&#233;cration des prestataires de discours et des mandataires du peuple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette confiscation-usurpation par les d&#233;l&#233;gu&#233;s et les porte-paroles qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il ne suffit pas de d&#233;noncer ces captures, et de laisser parler pour faire parler : de brancher le magn&#233;tophone comme on ouvre un robinet. Une parole ne parle qu'&lt;i&gt;&#224; condition de cr&#233;er une situation qui la fasse entendre et de proposer une interpr&#233;tation qui la fasse comprendre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce difficile pari ne pouvait &#234;tre tenu qu'&#224; la condition que les r&#233;sultats des recherches ant&#233;rieures soient r&#233;investis dans la m&#233;thode d'une recherche nouvelle : que les premi&#232;res v&#233;rifient leur f&#233;condit&#233; &#224; l'occasion de la seconde. C'est ainsi que seule une sociologie inform&#233;e de la violence symbolique et de ses effets pouvait tenter de faire vivre une parole qui n'y soit pas directement soumise, du moins dans la situation d'enqu&#234;te, et que seule une information sociologique sur l'espace des positions sociales pouvait faire parler l'espace des prises de position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tablir la communication, il convenait tout d'abord de&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;r&#233;duire la distance&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;C'est ainsi que Bourdieu tente de pr&#233;ciser&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;dans le chapitre o&#249; il livre les cl&#233;s de l'enqu&#234;te - &#171; Comprendre &#187; (pp.903 sq.) -, les conditions d'une enqu&#234;te r&#233;fl&#233;chie dont la r&#233;flexivit&#233; s'exerce sur la relation sociale d'enqu&#234;te, et permette d'&#233;tablir les conditions d'une communication non violente, qui neutralise la violence symbolique : de l&#224; l'importance accord&#233;e &#224; la familiarit&#233; entre l'enqu&#234;teur et l'enqu&#234;t&#233;. On peut esp&#233;rer alors que chaque discours &#171; livre les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; sa propre explication &#187; (p.909).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette explication n'est pas enti&#232;rement d&#233;livr&#233;e par la parole qui la livre : aussi chaque entretien est-il pr&#233;c&#233;d&#233; d'un expos&#233; qui en pr&#233;cise les conditions d'intelligibilit&#233;. Mais surtout, cette explication, prisonni&#232;re de son propre point de vue, ne prend tout son sens qu'&#224; condition d'&#234;tre r&#233;inscrite dans &#171; L'espace des points de vue &#187; (pp.9-11), que l'on ne peut atteindre que par la &#171; reconstruction du jeu dans son ensemble &#187; ; cette reconstruction permet de rem&#233;dier aux effets pol&#233;miques des objectivations partielles auxquelles se livrent les divers agents sociaux et de restituer la part de v&#233;rit&#233; qu'elles comportent, en &#233;chappant aux pi&#232;ges du relativisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur &#171; la reconstruction du jeu dans son ensemble &#187; et de &#171; l'espace des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi la composition de l'ouvrage participe-t-elle de la m&#233;thode : composition d&#233;lib&#233;r&#233;e qui confronte dans l'espace des points de vue, les points de vue qui partagent un m&#234;me espace, et qui met en regard et place en alternance la repr&#233;sentation des agents et les repr&#233;sentations consacr&#233;es (m&#233;diatiques et politique). Ainsi prennent tout leur sens les effets de voisinage dans un m&#234;me quartier (ou la confrontation des points de vue des &#233;l&#232;ves et des enseignants), et n'en deviennent que plus sensibles les contradictions d'agents sociaux &#171; que leur trajectoire, autant que leur position, incline &#224; une vision d&#233;chir&#233;e et divis&#233;e contre elles m&#234;me &#187;, entre compr&#233;hension et condamnation (p.10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se d&#233;ploie une sociologie de la parole : qui laisse parler et fait comprendre. Et ce qui parle alors, c'est la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une sociologie de la souffrance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociologie de la mis&#232;re se d&#233;ploie en surmontant les obstacles qu'elle rencontre dans les discours qui la dissimulent en l'exposant. Aussi, l'ouvrage s'emploie-t-il &#224; &lt;i&gt;d&#233;faire les repr&#233;sentations des &#171; malaises &#187; et &#224; les reconstruire comme mis&#232;res sp&#233;cifiques&lt;/i&gt; : contre la vision m&#233;diatique et contre la vision politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux interventions de Patrick Champagne contribuent &#224; d&#233;faire les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La premi&#232;re, pr&#233;pos&#233;e &#224; la fabrication des &#233;v&#233;nements et &#224; la stigmatisation de leurs acteurs pr&#233;pare la seconde, prise en otage par les rapports d'experts et les enqu&#234;tes d'opinion qu'elle sollicite. Ce faisant, la vision m&#233;diatique et la vision politique non seulement occultent, mais contribuent &#224; produire la souffrance qu'elles &#233;voquent : paroles sur la souffrance qui privent la souffrance de parole, et la reconduisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On mesure alors l'enjeu de &#171; l'analyse critique des repr&#233;sentations &#187; : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'enqu&#234;te sociologique, au contraire, reconduit la souffrance &#224; ses v&#233;ritables fondements en reconstruisant ses vari&#233;t&#233;s &#224; travers des discours singuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sociologies plurielles. - &lt;/strong&gt;L'explication des mis&#232;res les ordonne, mais souplement, selon leurs causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette explication pr&#234;te une attention particuli&#232;re aux &lt;i&gt;effets de position - &lt;/i&gt;aux mis&#232;res de position qui r&#233;sultent moins d'une condition mis&#233;rable prise en elle-m&#234;me que du rapport des agents sociaux entre eux. Pourtant la distinction&lt;i&gt; &lt;/i&gt;entre une mis&#232;re de condition (la grande mis&#232;re) et une mis&#232;re de position (la petite mis&#232;re) n'invite pas &#224; relativiser la premi&#232;re au b&#233;n&#233;fice de la seconde : tous souffrants. Elle met au contraire en &#233;vidence comment la seconde s'enracine dans la premi&#232;re, en particulier quand il est question de la mis&#232;re de position de ceux qui ont en charge la mis&#232;re de condition : la mis&#232;re de &#171; ces cat&#233;gories particuli&#232;rement expos&#233;e &#224; la petite mis&#232;re que sont toutes les professions qui ont pour mission de traiter la grande mis&#232;re ou d'en parler, avec toutes les distorsions li&#233;es &#224; la particularit&#233; de leur point de vue &#187; (p.11). Or l'un des principaux fondements des formes de cette petite mis&#232;re r&#233;side, selon Bourdieu, dans &#171; La d&#233;mission de l'Etat &#187; (pp.219-228, particuli&#232;rement p.222 et p.223) qui aggrave les conditions d'activit&#233; de ceux qui ont pour charge, &#224; des niveaux divers, de relayer les fonctions de cet Etat. Ainsi deviennent plus aigu&#235;s toutes les formes de &#171; double contrainte &#187; auxquelles sont soumis les agents plac&#233;s entre les exigences de l'institution qu'ils repr&#233;sentent et les destinataires de leur activit&#233;, comme on peut le percevoir aussi bien du c&#244;t&#233; des agents de l'ordre que du c&#244;t&#233; des travailleurs sociaux ou des agents du syst&#232;me &#233;ducatif. &lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Mais ces formes de mis&#232;re ne prennent tout leur sens qu'&#224; &#234;tre confront&#233;es avec d'autres, en particulier, avec les mis&#232;res qui proc&#232;dent d'&lt;i&gt;effets de lieux&lt;/i&gt; - c'est-&#224;-dire, pour l'essentiel, les effets de l'espace social r&#233;ifi&#233; dans l'espace physique : on a compris que la mis&#232;re des banlieues fait ici l'objet d'une enqu&#234;te, confort&#233;e par celle des ghettos am&#233;ricains, qui en comprend les tensions sous une forme qui n'a plus rien d'anecdotique. Or, englobant et d&#233;bordant les effets d'espace, les mis&#232;res proc&#232;dent &#233;galement des &lt;i&gt;effets de d&#233;clins&lt;/i&gt;, o&#249; se croisent les trajectoires collectives et les trajectoires individuelles : d&#233;clin collectif de la classe ouvri&#232;re traditionnelle et de la paysannerie, et &#171; fin d'un monde &#187; qui provoque le d&#233;sarroi des mandataires (militants syndicalistes et militants politiques) ; multiplication des positions pr&#233;caires dans le travail et d&#233;clins individuels dus au ch&#244;mage : de l'&#233;quilibre &#224; la chute et &#224; la clochardisation des ouvriers, des &#171; carri&#232;res bris&#233;es &#187; de cadres au vies perdues des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets parcourus jusque-l&#224; sont reconduits et renforc&#233;s par&lt;i&gt; les effets de l'exclusion scolaire&lt;/i&gt; : du c&#244;t&#233; des &#233;l&#232;ves, pris en otage dans une institution qui ne diff&#232;re leur exclusion sociale qu'en enfermant l'exclusion scolaire dans ses murs ; du c&#244;t&#233; des enseignants, bouc-&#233;missaires d'une politique d&#233;magogique qui produit culpabilisation et d&#233;moralisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#233;galement La Distinction. pp.147 sq.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et les souffrances qui en r&#233;sultent sont relay&#233;es, &#224; la crois&#233;e des verdicts scolaires et des anticipations familiales, par &lt;i&gt;les effets des contradictions de l'h&#233;ritage&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;&#192; c&#244;t&#233; des h&#233;ritiers sans histoire qui perp&#233;tuent l'h&#233;ritage ou l'accomplissent, les souffrances des h&#233;ritiers pris dans le d&#233;sir de parents et/ou sanctionn&#233;s par les verdicts de l'&#233;cole : souffrances de l'&#233;chec, quand les ambitions familiales sont d&#233;&#231;ues ; souffrances de la r&#233;ussite, quand les origines familiales menacent d'&#234;tre trahies ; souffrances du privil&#232;ge, enfin, quand les voies royales se r&#233;v&#232;lent &#234;tre des voies de garage. Enfin, l'&#233;vocation des &lt;i&gt;effets de la maladie et de la vieillesse&lt;/i&gt; ponctue par un point d'orgue, ce parcours complexe que jalonne des voix multiples et, &#224; travers elles, des voix innombrables. Or ce parcours, cependant, peut laisser insatisfait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Occasion de pr&#233;ciser, une bonne fois et pour toute la suite, que les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sociologie mutil&#233;e ? &lt;/strong&gt;-. Pr&#233;cis&#233;ment parce que l'ouvrage propose une &lt;i&gt;connaissance par les effets&lt;/i&gt;, qui remonte des formes de la mis&#232;re &#224; leurs causes, on mesure &lt;i&gt;certains d&#233;ficits, d&#233;j&#224; perceptibles dans les travaux ant&#233;rieurs, dont on peut se demander s'ils sont provisoires ou principiels.&lt;/i&gt; Les limites de la sociologie de la mis&#232;re, du moins telle qu'elle nous est propos&#233;e, ressortent alors des options qui font son m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* C'est parce qu'elle multiplie les perspectives sur les vari&#233;t&#233;s de la mis&#232;re sans tenter de les absorber, voire de les dissoudre, dans une th&#233;orie &lt;i&gt;globale&lt;/i&gt;, que la sociologie de Bourdieu permet de sp&#233;cifier les s&#233;ries causales. Mais est-ce une raison suffisante pour renoncer &#224; les inscrire dans une perspective historique&lt;i&gt; g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt; (qui permette de prendre la mesure des orientations et de la port&#233;e d'une mutation historique d'ensemble, dont les soubresauts de la crise &#233;conomique sont l'expression la plus visible) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;plorer, en particulier que l'enqu&#234;te &lt;i&gt;prenne les s&#233;ries causales en cours de route&lt;/i&gt; : au risque de donner l'impression, parfois, que toutes les causes s'&#233;quivalent, et, partant, toutes les souffrances, du moins quand il s'agit des rem&#232;des qu'elles exigent. C'est ainsi que l'ouvrage, bien qu'il montre que les s&#233;ries causales se croisent et s'enchev&#234;trent, ne propose au fond (et bien qu'il ne lui impute pas tous les effets), qu'un point d'ancrage qui explique comment les mis&#232;res se sont faites et peuvent &#234;tre d&#233;faites : le r&#244;le de l'Etat. Tout se passe alors comme si les racines les plus profondes de la mis&#232;re sociale &#233;taient non pas ignor&#233;es, mais provisoirement dissimul&#233;es. En raison de l'urgence politique qui imposerait de traiter les sympt&#244;mes les plus ostensibles ou en raison d'une prudence th&#233;orique qui imposerait de diff&#233;rer l'analyse maladies les plus enfouies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, on peut demeurer r&#233;serv&#233; devant une approche des mutations de la sph&#232;re du travail qui reste partielle faute de tenter d'en appr&#233;hender les racines et les effets &#224; longue port&#233;e (bien qu'elle enregistre les effets de d&#233;clin social et d'aggravation de certaines conditions de travail). Comme on peut rester perplexe devant une sociologie de la mis&#232;re qui s'arr&#234;te sur le seuil des rapports d'exploitation, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle les absorbe dans une analyse des rapports de domination. Comme on peut s'interroger sur l'absence d'une analyse &lt;i&gt;sp&#233;cifique&lt;/i&gt; des souffrances des femmes, en d&#233;pit de leur &#233;vocation, mais, en g&#233;n&#233;ral, comme formes f&#233;minines de souffrances plus g&#233;n&#233;rales : mis&#232;res de toutes natures simplement mises au f&#233;minin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec quelques exceptions, cf. notamment La Mis&#232;re du monde p.474-475.&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'il convient sans doute de renoncer &#224; une analyse des formes de l'exploitation qui ne les placerait &#224; la racine de toutes les formes de domination que dans la mesure o&#249; les secondes ne seraient que la &lt;i&gt;d&#233;rivation&lt;/i&gt; des premi&#232;res, comment peut-on comprendre les rapports de domination sans analyser leur &lt;i&gt;intrication&lt;/i&gt; avec les rapports d'exploitation et leur &lt;i&gt;sp&#233;cification&lt;/i&gt; par et dans les rapports sociaux de sexes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* C'est parce qu'elle explore les effets des formes de la domination, que la sociologie de la mis&#232;re ne se confond pas avec la sociologie de la pauvret&#233;. Mais peut-on franchir les limites de la sociologie de la pauvret&#233; sans le secours des approches f&#233;ministes et sans le concours de la sociologie du travail (et de toutes les souffrances qu'il d&#233;termine) ? Et peut-on franchir les limites de la sociologie de la mis&#232;re pour une critique de l'exploitation et de la domination sans franchir les fronti&#232;res de la sociologie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'on peut se demander si la sociologie de Bourdieu ne reste pas prisonni&#232;re, jusque dans sa critique de l'&#233;conomisme, d'une compr&#233;hension &#233;conomiste de la critique de l'&#233;conomie politique : quand elle conc&#232;de que l'&#233;conomie peut &#233;chapper aux prises de la sociologie ou du moins n'int&#233;resser la sociologie que comme un champ parmi d'autres. Comme on peut se demander, dans le m&#234;me esprit, si cette sociologie ne reste pas prisonni&#232;re d'une conception positiviste de l'histoire, qui place le principe du changement historique dans la rencontre al&#233;atoire de s&#233;ries causales ind&#233;pendantes et de crises sectorielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. notamment Homo Academicus pp.49, 227-228.&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant - telle est son ambivalence - c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que l'enqu&#234;te se pr&#233;sente comme une connaissance par les effets (qui remonte des formes de la mis&#232;re &#224; leurs causes, et du point de vue des mis&#233;rables aux racines de leur souffrance) qu'elle propose &lt;i&gt;une authentique conversion du regard sociologique&lt;/i&gt;. Celle-ci tire toutes les cons&#233;quences d'une le&#231;on dont l'individu empirique Bourdieu n'avait sans doute pas besoin, mais qui trouve ici une expression th&#233;orique : &lt;i&gt;les mis&#232;res ne peuvent &#234;tre comprises - et transform&#233;es - que si l'on prend ouvertement parti pour elles, c'est-&#224;-dire pour les individus qui les souffrent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Une sociologie de la singularit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociologie de Bourdieu, on le sait, se donne pour but de comprendre le social comme un ensemble de relations : c'est une sociologie en rupture avec l'individualisme m&#233;thodologique (qui reconstruit le social &#224; partir d'individus socialis&#233;s) et avec l'ethnom&#233;thodologie ph&#233;nom&#233;nologique (qui prend le risque de n&#233;gliger les effets des structures sociales sur le monde v&#233;cu des agents) ; du m&#234;me coup, c'est une sociologie en rupture avec les approches par l'interaction et l'intercompr&#233;hension&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le relationnisme, cf. R&#233;ponses pp.23-24, 72, Choses dites p.150. Sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces raisons suffisent aux pourfendeurs de moulins &#224; vent : la sociologie, quand, &#224; l'instar de celle de Bourdieu, elle se refuse non seulement &#224; d&#233;socialiser les individus, mais se propose de les inscrire dans des rapports sociaux qui ne r&#233;sultent pas imm&#233;diatement d'interactions individuelles, serait, par nature, incapable de comprendre l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duire ? &lt;/strong&gt;-. La plupart des critiques se r&#233;sument d'un mot : irr&#233;ductibilit&#233;. Destin&#233; &#224; disqualifier toute recherche sur les d&#233;terminants sociaux de l'individualit&#233; en la privant par avance de toute l&#233;gitimit&#233; &#233;thique, et &#224; servir un rituel de sauvegarde du territoire o&#249; s'exerce la souverainet&#233; du sujet (et de ses sp&#233;cialistes), l'argument se vide lui-m&#234;me de tout contenu en annon&#231;ant qu'il en est, par principe, affranchi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi prolif&#232;rent les essais qui c&#233;l&#232;brent les vertus de l' individualit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le meilleur des cas, on conc&#233;dera &#224; la sociologie le pouvoir d'analyser des conditionnements en ext&#233;riorit&#233;, laissant &#224; la psychologie, et de pr&#233;f&#233;rence &#224; la psychanalyse, le soin d'&#233;tablir les m&#233;diations n&#233;cessaires &#224; l'exploration de la personnalit&#233;, la philosophie se r&#233;servant le domaine de la singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces partages que Bourdieu met &#224; rude &#233;preuve : et, ce faisant, il fait &#339;uvre de philosophie. Mais en chassant sur les terres de l'analyse du v&#233;cu, que sous la forme de l'ethnom&#233;thodologie, la sociologie loue parfois - mais au prix fort - &#224; la ph&#233;nom&#233;nologie : et, ce faisant, il fait &#339;uvre de sociologie. Au point que ce n'est qu'en apparence un paradoxe de soutenir que &lt;i&gt;la sociologie de Bourdieu, en raison m&#234;me de sa pol&#233;mique obstin&#233;e contre les sociologies de l'individu et les philosophies du sujet, est une sociologie de la singularit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute n'est-ce pas sans provocation que la sociologie prend pour objet des domaines o&#249; semble s'exercer la souverainet&#233; individuelle : le go&#251;t, surtout quand il est bon, et la cr&#233;ation, surtout quand elle est originale, qui se pr&#233;valent de transcender absolument des causalit&#233;s plus obscures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec le go&#251;t, &#171; la sociologie est l&#224; sur le terrain par excellence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus g&#233;n&#233;ralement, l'&#233;lite, acad&#233;mique et politique, se reconna&#238;t aux m&#233;rites qu'elle s'attribue, dont le moindre n'est pas, &#224; ses propres yeux, de ne pouvoir &#234;tre comprise qu'&#224; partir des individus qui la composent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. La Noblesse d'Etat pp.451-452 : &#171; Toutes les aristocraties se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et les critiques, ordinairement complaisants quand l'immersion de l'individu dans les rapports sociaux est attribu&#233;e aux classes domin&#233;es, le sont beaucoup moins quand la belle individualit&#233; des producteurs intellectuels, savants et artistes, est renvoy&#233;e aux d&#233;terminations mises &#224; jour par la sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologie iconoclaste, du moins pour ces intellectuels et ces savants dont la condescendance ne se laisse jamais aussi bien mesurer que lorsqu'elle affiche, pour le d&#233;plorer, que - h&#233;las - pour les classes domin&#233;es, mais pour elles seules, le social est encore ce destin qui dissout toute singularit&#233;. Ce n'est donc pas le moindre m&#233;rite de &lt;i&gt;La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt; de rappeler que les domin&#233;s (et ceux qui le sont moins) sont des &#234;tres singuliers et que leur singularit&#233; peut &#234;tre sociologiquement comprise. Et cela jusque dans les replis les plus intimes, puisqu'il s'agit de leur souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette fin, il ne suffit pas d'exposer, une fois encore, comment le social trace les contours d'existences individuelles ou de r&#233;p&#233;ter que le poids des d&#233;terminations sociales cro&#238;t avec la mis&#232;re mat&#233;rielle de ceux qui la subissent, mais il convient encore de montrer que &lt;i&gt;l'intimit&#233; de la souffrance la plus singuli&#232;re est la singularisation d'objectivit&#233;s sociales&lt;/i&gt;. Ainsi, selon une expression que Bourdieu affectionne, il s'agit de n&#233;cessiter les individus pour les comprendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Comprendre pleinement la conduite de l'agent agissant dans un champ, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; (...) comment donner les moyens de comprendre les gens comme ils sont, sinon en offrant les instruments n&#233;cessaires pour les appr&#233;hender comme &lt;i&gt;n&#233;cessaires&lt;/i&gt;, pour les n&#233;cessiter, en les rapportant m&#233;thodiquement aux causes et aux raisons qu'ils ont d'&#234;tre ce qu'ils sont ? &#187; (p.7-8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;cessiter -. &lt;/strong&gt;La n&#233;cessit&#233; la plus anonyme permet d'approcher les formes les plus personnelles de la souffrance qui cessent d'&#234;tre comprises comme des accidents purement contingents attach&#233;s &#224; des singularit&#233;s ineffables : elles s'inscrivent &lt;i&gt;au c&#339;ur&lt;/i&gt; des d&#233;terminations sociales. Ainsi la rupture brutale des formes d'insertion est d&#233;j&#224; inscrite dans &#171; Un &#233;quilibre si fragile &#187; (pp.477-486) : &#171; Les &#233;v&#233;nements qui peuvent d&#233;terminer cette retomb&#233;e, perte de l'emploi, mort d'un proche, divorce, maladie, sont extr&#234;mement divers et, en apparence, tout &#224; fait contingents : mais avant de conclure &#224; la faillite de l'explication par les causes sociales, il faut observer que ces accidents, outre qu'ils sont plus probables dans certaines conditions d'existence, ne sont que des causes occasionnelles qui, agissant comme un d&#233;clic, d&#233;clenchent des effets eux aussi inscrits, &#224; l'&#233;tat potentiel, dans certaines conditions &#233;conomiques et sociales &#187; (p.477-478).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ce faisant, on laisse encore &#233;chapper l'intimit&#233; d'une souffrance qu'il ne suffit pas d'arracher &#224; la pure contingence, pour en rendre raison. Or, &#171; Le plus personnel est le plus impersonnel &#187;, ne cesse d'enseigner Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi au sujet de la Mis&#232;re du Monde : &#171; Cette enqu&#234;te se fonde sur l'id&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au point que, pour cette raison m&#234;me, l'expression du plus personnel peut rev&#234;tir une forme impersonnelle (p.523). En commen&#231;ant par d&#233;pouiller l'individu singulier des signes ext&#233;rieurs de sa singularit&#233;, la sociologie d&#233;fait les mirages d'une individualit&#233; en &#233;tat d'apesanteur sociale et invite &#224; la comprendre comme une personnification de positions et de trajectoires sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les personnes dans ce qu'elles ont de plus personnel sont, pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, aux objections que pourrait susciter des formulations aussi abruptes, il ne suffit pas de r&#233;pondre, comme le fait Bourdieu, qu'il ne s'agit pas de saisir pour lui-m&#234;me tel ou tel individu empirique : l'individu &#233;pist&#233;mique qu'il s'agit de reconstruire n'est pas r&#233;ductible au r&#244;le de porteur de sympt&#244;mes dont les racines sont enfouies dans l'&#233;paisseur d'une causalit&#233; anonyme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la distinction entre l'individu empirique et l'individu construit : Homo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tenue dans ces limites l'explication ne vaut pas encore compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comprendre&lt;/strong&gt;.- C'est &#224; ce point que la sociologie de Bourdieu prend &#224; contre-pied ses d&#233;tracteurs, pr&#233;cis&#233;ment parce que, dans &lt;i&gt;La Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt;, elle prend du recul par rapport &#224; ses r&#233;alisations pr&#233;c&#233;dentes. On ne peut, en effet, mettre seulement sur le compte du mode d'exposition adopt&#233;, les effets d'une m&#233;thode qui ne se borne pas &#224; donner tel entretien comme illustration et tel individu comme exemplification d'une position, d'une disposition et d'une prise de position impersonnelles. Pas plus qu'on ne peut attribuer seulement ces effets &#224; une technique d'entretien fond&#233;e sur une &#171; relation d'&#233;coute active et m&#233;thodique &#187;, qui &#171; associe la disponibilit&#233; totale &#224; l'&#233;gard de la personne interrog&#233;e, la soumission &#224; la singularit&#233; de son histoire particuli&#232;re &#187; et &#171; la construction m&#233;thodique, forte de de la connaissance des conditions objectives, communes &#224; toute une cat&#233;gorie &#187; (p.906). C'est le mode d'explication lui-m&#234;me qui est en question. Peut-&#234;tre Bourdieu r&#233;cuserait-il cette interpr&#233;tation, mais tout se passe ici de sorte que la n&#233;cessit&#233; dont il s'agit de cr&#233;diter les individus est bien &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; n&#233;cessit&#233;. Du m&#234;me coup, on peut esp&#233;rer atteindre une &lt;i&gt;compr&#233;hension explicative&lt;/i&gt; qui d&#233;passe l'alternative classique entre expliquer et comprendre (p.910).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle ambition ne suffirait sans doute pas &#224; &#233;carter le reproche de ceux qui professent &#234;tre experts dans l'analyse des d&#233;terminations individuelles (et psychologiques) de la souffrance, ou de ceux qui, oubliant qu'entre la mis&#232;re n&#233;vrotique et le malheur banal s'interpose la mis&#232;re sociale, s'empressent de d&#233;ployer le divan du psychanalyste devant ceux qui sont aux prises avec des tourments personnels. Or, sans multiplier les m&#233;diations arbitraires, ni conclure pr&#233;matur&#233;ment un mariage forc&#233;, Bourdieu donne &#224; entendre et &#224; comprendre comment l'exploration des d&#233;terminations sociales des souffrances les plus intimes permet de nouer une confrontation avec les le&#231;ons de la psychanalyse. En particulier (faut-il s'en &#233;tonner ?), les formes de souffrance que r&#233;v&#232;lent les contradictions de l'h&#233;ritage, parce qu'en elles se croisent les d&#233;terminations sociales et les d&#233;terminations psychiques de la filiation, soul&#232;vent les probl&#232;mes des relations avec la psychanalyse. Ceux-ci, bien s&#251;r, ne sont ici qu'&#233;voqu&#233;s, mais Bourdieu peut, au moins se d&#233;fendre &#224; juste titre de proposer, selon sa propre expression, un &#171; mode d'exploration de la subjectivit&#233; &#187; alternatif &#224; celui que propose la psychanalyse (p.717)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#233;galement Question de sociologie p.75.&#034; id=&#034;nh6-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, pr&#233;cis&#233;ment, arriv&#233;e &#224; ce point, la sociologie de Bourdieu peut-elle &#234;tre autre chose qu'une socio-analyse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Bourdieu, Spinoza devenu sociologue (ce qui n'est pas un mince m&#233;rite) nous propose, non de rire ou de pleurer, mais de comprendre (p.7) et de proc&#233;der avec lui &#224; un &#171; exercice spirituel &#187; (p.909) qui, &#224; l'&#233;gard des victimes de la mis&#232;re nous dispose &#224; &#171; une sorte d'&lt;i&gt;amour intellectuel&lt;/i&gt; : un regard qui consent &#224; la n&#233;cessit&#233; &#187;, comparable &#224; &#171; l'amour intellectuel de Dieu &#187; chez Spinoza (p.914) - il pratique la sociologie comme une &#171; connaissance du troisi&#232;me genre &#187;. Mais une &#171; connaissance du troisi&#232;me genre &#187; peut-elle s'arracher &#224; la contemplation et fonder une politique d'un genre nouveau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite : &lt;a href=&#034;http://www.henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;II.Transformer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;'Source&lt;/strong&gt; : Article paru dans &#171; Sociologies &#187; n&#176;19-20 de la revue &lt;i&gt;Futur ant&#233;rieur&lt;/i&gt;, 1993. Publi&#233; ici en deux parties : I. Comprendre, II. Transformer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Post-Scriptum &#187; :&lt;i&gt; Les R&#232;gles de l'Art&lt;/i&gt; pp.459-472 et &lt;i&gt;La Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt; pp.941-944. &#171; L'urgence &#187; : respectivement p.464 et p.228. Une &#171; prise de position normative &#187; : &lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art &lt;/i&gt;p.461&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Ouvrages cit&#233;s dans cet article (dans leur &#233;dition originale) - . &lt;i&gt;La Distinction&lt;/i&gt; (1979), &lt;i&gt;Le Sens pratique&lt;/i&gt; (1980), &lt;i&gt;Questions de Sociologie&lt;/i&gt; (1980), &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Ce que parler veut dire&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Homo Academicus&lt;/i&gt; (1984), &lt;i&gt;Choses dites&lt;/i&gt; (1987), &lt;i&gt;La Noblesse d'Etat&lt;/i&gt; (1989), &lt;i&gt;R&#233;ponses&lt;/i&gt; (1992), &lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art&lt;/i&gt; (1992) , &lt;i&gt;La Mis&#232;re de Monde&lt;/i&gt; (1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suivant ainsi l'objectif de ce num&#233;ro de &lt;i&gt;Futur Ant&#233;rieur&lt;/i&gt;, on s'interrogera surtout sur la m&#233;thode et la fonction de la sociologie mise en &#339;uvre : au risque de para&#238;tre n&#233;gliger les situations d'urgence qui font de cet ouvrage de science un ouvrage de conjoncture, et de mutiler les analyses concr&#232;tes qui en font la valeur et qu'aucun r&#233;sum&#233; ne parviendrait &#224; restituer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la critique du th&#233;oricisme et du m&#233;thodologisme, cf. notamment la mise au point de Lo&#239;c J.D. Wacquant dans &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.30-34. Sur les rapports entre th&#233;orie et empirie, cf. &lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; pp. 50-52, 53-55 et &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.88-89, 133-136, 151. Sur la routine et le sectarisme m&#233;thodologique, cf. &lt;i&gt;La Noblesse d'Etat &lt;/i&gt;note 2 p.10, ainsi que &lt;i&gt;La Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt; p. 903 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette confiscation-usurpation par les d&#233;l&#233;gu&#233;s et les porte-paroles qui parlent &#171; pour le peuple, c'est-&#224;-dire en sa faveur, mais aussi &#224; sa place &#187; (&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.28), cf., notamment &#171; La d&#233;l&#233;gation et le f&#233;tichisme politique &#187;, dans &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;pp.185-202 (et en particulier sur l'autocons&#233;cration des mandataires p.190) ainsi que &lt;i&gt;Homo Academicus &lt;/i&gt;pp. 247-250.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur &#171; la reconstruction du jeu dans son ensemble &#187; et de &#171; l'espace des points de vue &#187;, destin&#233;e &#224; comprendre et &#224; d&#233;passer les objectivations partielles, cf., notamment, &lt;i&gt;La Distinction.&lt;/i&gt; p.10-11,&lt;i&gt; Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.22,&lt;i&gt; Homo Academicus &lt;/i&gt;pp.13-14, &lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art &lt;/i&gt;p.271 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux interventions de Patrick Champagne contribuent &#224; d&#233;faire les constructions m&#233;diatiques et politiques des probl&#232;mes sociaux : &#171; La vision m&#233;diatique &#187; (pp.61-69) et &#171; La vision d'Etat &#187; (pp.261-269).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On mesure alors l'enjeu de &#171; l'analyse critique des repr&#233;sentations &#187; : &#171; ces constructions collectives font partie de la r&#233;alit&#233; qu'il s'agit de comprendre et dont elles sont pour une grande part responsables &#187; (p.219).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#233;galement &lt;i&gt;La Distinction.&lt;/i&gt; pp.147 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Occasion de pr&#233;ciser, une bonne fois et pour toute la suite, que les questions adress&#233;es &#224; Bourdieu et ses collaborateurs, sont les questions que nous nous posons, notamment parce que leur travail permet de mieux les poser. C'est assez dire l'int&#233;r&#234;t qu'il suscite et le respect qu'il inspire, sans qu'il soit n&#233;cessaire, pour conjurer les soup&#231;ons de d&#233;votion, de se donner comme maxime de critiquer sans m&#233;nagement, pour admirer sans flagornerie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec quelques exceptions, cf. notamment&lt;i&gt; La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt; p.474-475.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. notamment &lt;i&gt;Homo Academicus &lt;/i&gt;pp.49, 227-228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le relationnisme, cf. &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.23-24, 72, &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.150. Sur l'individualisme m&#233;thodologique, cf. &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p. 151, &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.23-24. Sur l'ethnom&#233;thodologie : &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;pp. 154-155. Sur les rapports entre interaction et structure des positions : &lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art &lt;/i&gt;p.260 note et p.288, &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.41-42, &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi prolif&#232;rent les essais qui c&#233;l&#232;brent les vertus de l' individualit&#233; empirique, mais &#233;vid&#233;e de toute &#233;paisseur sociale, ou du sujet &#233;thique, mais flottant dans les v&#234;tements trop larges d'un droit taill&#233; ind&#233;pendamment des individus socialis&#233;s et qui les font ressembler, dans certains discours, alternativement ou conjointement, &#224; des clowns ou &#224; des &#233;pouvantails. Bourdieu ironise &#224; juste titre sur &#171; ce culte du moi o&#249; la philosophie, souvent r&#233;duite &#224; une affirmation hautaine de la distinction du penseur, joue aussi sa partie &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;La Distinction.&lt;/i&gt; p.486) et sur les proph&#232;tes de &#034;la &lt;i&gt;r&#233;surrection&lt;/i&gt; de la personne, sauvagement crucifi&#233;es par les sciences de l'homme &#187; (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.154).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec le go&#251;t, &#171; la sociologie est l&#224; sur le terrain par excellence de la d&#233;n&#233;gation du social &#187;&lt;i&gt; La Distinction.&lt;/i&gt; p.9. idem p.596.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;La Noblesse d'Etat &lt;/i&gt;pp.451-452 : &#171; Toutes les aristocraties se d&#233;finissent elles-m&#234;mes comme au-del&#224; de toute d&#233;finition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Comprendre pleinement la conduite de l'agent agissant dans un champ, comprendre la n&#233;cessit&#233; sous laquelle il agit, c'est rendre n&#233;cessaire ce qui appara&#238;t d'abord comme contingent &#187;, d&#233;clare Bourdieu dans &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.171, en citant Francis Ponge et en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; l'article qu'il lui a consacr&#233; : &#171; N&#233;cessiter &#187;, in &lt;i&gt;Francis Ponge&lt;/i&gt;, Paris, L'Herne, juin, pp.434-437. Cf. &#233;galement &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.25-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi au sujet de la &lt;i&gt;Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt; : &#171; Cette enqu&#234;te se fonde sur l'id&#233;e que le plus personnel est le plus impersonnel, que nombre des drames les plus intimes, des malaises les plus profonds, des souffrances les plus singuli&#232;res que les hommes et les femmes peuvent &#233;prouver trouvent leur principe dans des contradictions objectives, inscrites dans les structures du march&#233; de l'emploi ou du logement, du syst&#232;me scolaire ou de la tradition successorales, et g&#233;n&#233;ratrice de double binds, de contraintes contradictoires &#187; (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;, p.173)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les personnes dans ce qu'elles ont de plus personnel sont, pour l'essentiel, la &lt;i&gt;personnification&lt;/i&gt; des exigences r&#233;ellement ou potentiellement inscrites dans la structure du champ ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la position occup&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de ce champ &#187; (&lt;i&gt;La Noblesse d'Etat,&lt;/i&gt; p.449). Autrement dit, le sociologue fait cf. &#171; la n&#233;cessit&#233; &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; la contingence &#187; (&lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.25, je souligne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la distinction entre l'individu empirique et l'individu construit&lt;i&gt; : Homo Academicus &lt;/i&gt;pp.11 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#233;galement &lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; p.75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de La Mis&#232;re du Monde : Politique de la sociologie (2)</title>
		<link>https://henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-2.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-2.html</guid>
		<dc:date>2015-09-14T07:07:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bourdieu</dc:subject>
		<dc:subject>Lectures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : Transformer. Quand Bourdieu nous propose, &lt;a href=&#034;http://www.henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme on l'a vu&lt;/a&gt;, non de rire ou de pleurer, mais de comprendre, la sociologie mise en &#339;uvre permet-elle de s'arracher &#224; la contemplation et de fonder une politique ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Pierre-Bourdieu-+.html" rel="tag"&gt;Pierre Bourdieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Lectures-+.html" rel="tag"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/arton21-847ce.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand Bourdieu nous propose, &lt;a href=&#034;http://www.henri-maler.fr/A-propos-de-La-Misere-du-Monde-Politique-de-la-sociologie-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme on l'a vu&lt;/a&gt;,, non de rire ou de pleurer, mais de comprendre, la sociologie mise en &#339;uvre permet-elle de s'arracher &#224; la contemplation et de fonder une politique ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrages cit&#233;s dans cet article (dans leur &#233;dition originale) - . La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Transformer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exercice de la sociologie, quand elle s'int&#233;resse &#224; la mis&#232;re, peut n'&#234;tre qu'une forme savante de la compassion, et, plus souvent qu'on ne le croit, les sociologues jusqu'&#224; ce jour n'ont fait que compatir au monde qu'il s'agit de transformer. Une telle sociologie, absorb&#233;e dans la contemplation de son objet, quand elle n'avoue pas son impuissance, proc&#232;de &#224; un nivellement de toutes les souffrances : position &#233;thique inattaquable, dans la mesure o&#249; c'est des individus qu'il s'agit, et o&#249; une r&#232;gle tacite d'universalit&#233; admet a priori une r&#232;gle explicite d'&#233;quivalence. Sans doute cette morale universelle de la compassion ou de la compassion universelle n'est-elle pas larmoyante. Mais d'o&#249; tient-on que la piti&#233; doit toujours avoir la larme &#224; l'&#339;il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologie vraie contre vaine morale : l'ouvrage de Bourdieu ne confond pas compr&#233;hension explicative et compassion r&#233;active, mais sans parvenir, malgr&#233; tout, &#224; dissiper toutes les &#233;quivoques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Retour &#224; la note 12...&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Entre deux m&#233;decines : clinique et politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de transformation que la sociologie peut esp&#233;rer produire d&#233;pendent de l'objet qu'elle rencontre et construit. Or le monde dont Bourdieu analyse la mis&#232;re est celui d'une &#233;poque de crise et de transition, qui renvoie la majorit&#233; des agents sociaux &#224; une impuissance int&#233;rioris&#233;e et la totalit&#233; des acteurs du champ politique &#224; des gesticulations d&#233;magogiques et technocratiques que Bourdieu diagnostique avec lucidit&#233;. Ainsi, la sociologie rencontre un champ social qui semble vid&#233; de tout potentiel de transformation ; et une sociologie qui ne renonce pas &#224; penser le changement social rencontre une conjoncture o&#249; le changement social est enlis&#233;. La d&#233;mystification, effet pratique attendue de la sociologie, menace de n'&#234;tre qu'un camp retranch&#233;. Le d&#233;senchantement du sociologue qui conna&#238;t le poids des inerties sociales et le d&#233;senchantement d'une soci&#233;t&#233; qui le subit se cumulent : l'impuissance du sociologue rencontre l'impuissance de la soci&#233;t&#233;. Que peut proposer alors le premier &#224; la seconde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un m&#234;me mouvement (qui, comme on dit, fait sens), le sociologue s'adresse aux domin&#233;s pour qu'ils se comprennent par le monde dans lequel ils vivent, et en appelle aux politiques pour qu'ils transforment le monde dans lequel vivent les domin&#233;s : clinique et politique - socio-analyse des victimes et socio-politique de l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Socio-analyse des victimes ? - &lt;/strong&gt;Aux victimes de la mis&#232;re, Bourdieu n'a, au fond, &#224; offrir que la connaissance de soi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'effet par soi lib&#233;rateur d'une connaissance qui l&#232;ve les effets de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ainsi qu'il d&#233;clare de &#171; l'efficacit&#233; du message sociologique &#187; qu' &#171; on ne peut tenir pour nul l'effet qu'il peut exercer en permettant &#224; ceux qui souffrent de d&#233;couvrir la possibilit&#233; d'imputer leur souffrance &#224; des causes sociales et de se sentir ainsi disculp&#233;s &#187; (p.944)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non pas enfermer les agents sociaux dans une &#171; nature &#187;, mais de &#171; leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans doute n'est-il pas totalement vain de se comprendre et de s'assumer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question de sociologie pp.42-43, R&#233;ponses pp.181-182.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et plus g&#233;n&#233;ralement de comprendre et d'accepter. Mais cet usage clinique de la sociologie est si limit&#233; qu'on ne peut &#233;viter de se demander si elle n'est pas l'effet d'une sociologie qui ne voit dans la souffrance que la souffrance, et &#171; ne voit dans la mis&#232;re que la mis&#232;re, sans y voir le c&#244;t&#233; r&#233;volutionnaire, subversif, qui renversera la soci&#233;t&#233; ancienne &#187; (Marx). On conc&#233;dera sans peine que ce c&#244;t&#233; n'est pas ais&#233;ment perceptible ; et cela d'autant moins que &#171; Les formes nouvelles que rev&#234;t l'action de l'Etat contribuent (...), avec l'affaiblissement du syndicalisme et des instances mobilisatrices &#224; la transformation du &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; (potentiellement) mobilis&#233; en un agr&#233;gat h&#233;t&#233;rog&#232;ne de &lt;i&gt;pauvres&lt;/i&gt; atomis&#233;s (...) &#187; (p.223) et que le discours proph&#233;tique, en la mati&#232;re, risque de produire plus d'aveuglement qu'il n'apporte de lumi&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il y a, quoiqu'en dise Marx, une philosophie de la mis&#232;re (...) Surtout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On admettra volontiers que la d&#233;tection d'un potentiel de subversion n'&#233;tait pas l'objet d&#233;clar&#233; de l'ouvrage ; et cela bien que ce potentiel soit, &#224; l'occasion, explicitement &#233;voqu&#233;, comme on peut le lire &#224; propos des luttes pour l'appropriation de l'espace ou des effets de l'exclusion scolaire sur les &#233;l&#232;ves (respectivement pp.164-167 et pp.598-599). On peut toutefois se demander si le sociologue qui, d&#251;ment averti de l'esprit du temps, nous invite sans cesse &#224; nous en d&#233;fier, ne c&#232;de pas &#224; cet esprit quand il produit un ouvrage qui vient &#224; point nomm&#233; nous instruire de l'ampleur des probl&#232;mes, mais sans pr&#233;ciser comment il serait possible d'y faire face sans d&#233;l&#233;guer leur r&#233;solution. Ainsi, aux possibilit&#233;s restreintes offertes aux victimes de la mis&#232;re font pendant les possibilit&#233;s ouvertes &#224; une action politique. Mais de qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Socio-politique de l'assistance ? &lt;/strong&gt;- &#171; Ce que le monde social a fait, le monde social peut, arm&#233; de ce savoir, le d&#233;faire &#187; (p.944). Aussi, &#224; rebours de ce qu'a produit &#171; la d&#233;mission de l'Etat &#187;, convient-il de &#171; refaire l'histoire &#187; et d' &#171; essayer d'ouvrir des possibilit&#233;s &#224; une action rationnelle visant &#224; d&#233;faire ou &#224; refaire ce que l'histoire a fait &#187; (p.226). Et l'urgence de la situation impose ce jugement : &#171; (...) toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilit&#233;s, si r&#233;duites soient-elles, qui sont offertes &#224; l'action, et que la science peut aider &#224; d&#233;couvrir, peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme coupable de non-assistance &#224; personne en danger &#187; (p.944).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; qui revient cette action ? Bourdieu souligne que &#171; (...) la d&#233;mission ou le retrait de l'Etat a d&#233;termin&#233; des effets inattendus (...) qui sont de nature &#224; menacer, &#224; terme, le bon fonctionnement des institutions d&#233;mocratiques, &lt;i&gt;si une politique r&#233;solue d'un Etat d&#233;cid&#233; &#224; prendre r&#233;ellement les moyens de ses intentions proclam&#233;es&lt;/i&gt; ne vient pas, de toute urgence, les contrecarrer &#187; (p.228-229, soulign&#233; par moi). Mais peut-on r&#233;ellement esp&#233;rer que l'Etat d&#233;fasse ce qu'il a fait ? Comment pourrait-on s'en remettre &#224; une administration dont la fonction est pr&#233;cis&#233;ment de rationaliser la domination ? Comment serait-il possible, surtout, de s'en remettre aux &#171; responsables politiques &#187; dont la surdit&#233;, sans doute moins r&#233;cente que Bourdieu ne le laisse entendre, a atteint la profondeur que nous lui connaissons en raison, notamment, des mutations du champ du pouvoir que Bourdieu analyse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. La Noblesse d'Etat, Quatri&#232;me partie.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sont elles qui ont contribu&#233; &#224; refermer sur elle-m&#234;me la noblesse d'Etat et &#224; produire cette fermeture du monde politique que Bourdieu d&#233;plore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.172 et MM p.941.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette fermeture est donc l'effet de positions qui gouvernent des prises de position : la conversion au n&#233;o-lib&#233;ralisme achev&#233;e par le ralliement des socialistes s'est traduite par une d&#233;mission de l'Etat et une d&#233;molition de l'id&#233;e de service public au nom d'un &#171; corps de lieux communs &#187; qui &#171; exprime tr&#232;s directement la vision et les int&#233;r&#234;ts de la grande noblesse d'Etat, issue de l'ENA et form&#233;e &#224; l'enseignement de Sciences P&#244; &#187; (p.220-221). Il serait &#233;tonnant que Bourdieu, si prompt &#224; d&#233;noncer les mauvais rem&#232;des pr&#233;conis&#233;s par de faux m&#233;decins, se borne &#224; enseigner que les malades ne peuvent atteindre que la connaissance des origines de leurs troubles, et doivent confier &#224; de tels mandataires politiques la t&#226;che leur prescrire les rem&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociologie menace alors de cultiver paradoxe et inconfort. Paradoxe d'une critique qui ne cesse de dire que l'administration ne peut penser autrement qu'elle ne le fait et en appellerait &#224; l'administration pour qu'elle pense autrement. Inconfort d'une position qui conna&#238;t l'enfermement du monde politique, et s'en remettrait &#224; des pratiques transformatrices qui proc&#232;dent d'un centre ext&#233;rieur aux administr&#233;s. Comment croire, &#224; lire Bourdieu lui-m&#234;me, que les tenailles d&#233;magogiques et technocratiques qui enferment l'action politique puissent &#234;tre ouvertes par les forces qui dans le champ politique entrent en concurrence pour y &#233;tablir leur domination ? S'il est vrai qu'&#171; Une politique r&#233;ellement d&#233;mocratique doit se donner les moyens d'&#233;chapper &#224; l'alternative de l'arrogance technocratique qui pr&#233;tend faire le bonheur des hommes malgr&#233; eux et de la d&#233;mission d&#233;magogique qui appelle telle quelle la sanction de la demande (...) &#187;, elle ne peut y parvenir qu'&#224; condition de se donner les moyens de rompre avec le champ du pouvoir qui gouverne cette alternative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et cette politique-l&#224;, que le mouvement ouvrier a historiquement manqu&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, si ce n'est par une neutralit&#233; axiologique hors de propos, pourquoi la sociologie de Bourdieu reste-t-elle si discr&#232;te sur les forces qui sont susceptibles de s'emparer de la science pour la mettre au service d'une assistance &#224; personne en danger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Entre deux positions : solitude et sollicitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le statut de la sociologie qui l'enferme dans une solitude dont elle ne pourrait sortir que par la sollicitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effets de position&lt;/strong&gt;.- Bourdieu excelle dans les exercices de lucidit&#233;. Aussi n'ignore-t-il pas que de la sociologie la mieux intentionn&#233;e et la mieux construite, on peut, en d&#233;pit des pr&#233;cautions qu'elle prend, faire de multiples usages. Les comptes peuvent &#234;tre rapidement r&#233;gl&#233;s (bien que la t&#226;che soit par principe infinie) avec les d&#233;magogues, les journalistes et les essayistes qui ne demandent assistance &#224; la science que dans la mesure o&#249; elle peut conforter des audiences, et pour le reste s'en tiennent &#224; une &#171; demande n&#233;gative &#187; co&#239;ncidant avec le refus de savoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;on sur la le&#231;on pp.29&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Laissons de c&#244;t&#233; les contresens av&#233;r&#233;s et int&#233;ress&#233;s : nul savoir ne peut s'en pr&#233;munir. Mais Bourdieu ne manque pas de dire que le m&#234;me savoir peut &#234;tre mis &#224; disposition de tentatives d'&#233;mancipation ou de tentatives de rationalisation, qu'il peut en &#234;tre fait un usage clinique ou un usage cynique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce double usage, cf. R&#233;ponses p.171, 182-183&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et le cynisme n'attend de la sociologie que des instruments de l&#233;gitimation ou de manipulation, et ne s'adresse &#224; elle qu'&#224; des fins de rationalisation (au double sens de ce terme) de la domination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;gitimation, manipulation, rationalisation : cf., Question de sociologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menac&#233;e par les sollicitations sociales en g&#233;n&#233;ral et par les injonctions politiques en particulier, et prise en tenaille, en ce dernier cas, entre la demande bureaucratique et la demande proph&#233;tique, la sociologie ne pourrait, selon Bourdieu, d&#233;fendre son statut de science qu'&#224; la condition de se soustraire &#224; toutes les demandes partielles : par la d&#233;fense farouche de son autonomie, fond&#233;e sur le constat tout &#224; la fois amer et rassurant de l'absence d'une demande et d'une base sociale qui soit garante et respectueuse de sa scientificit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour conjurer &#171; la menace de politisation &#187; (Le&#231;on sur la le&#231;on pp.26-27), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or non seulement les exigences de scientificit&#233; auxquelles elle se soumet ne permettent que partiellement &#224; la sociologie de se soustraire aux demandes sociales qu'elle r&#233;cuse (quand bien m&#234;me elle retourne sa m&#233;thode contre elle-m&#234;me et ne renonce pas &#224; cette sociologie de la sociologie que Bourdieu pratique abondamment), mais elle paie son autonomie d'une ind&#233;passable solitude. Elle d&#233;livre son message comme on lance une bouteille &#224; la mer, imprudemment destin&#233;e &#224; des responsables politiques qui campent aux abonn&#233;s absents et &#233;vasivement adress&#233;e &#224; des b&#233;n&#233;ficiaires impotents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solitude du sociologue : ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; le comprendre ne le peuvent pas, et ceux qui peuvent n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; le comprendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette solitude : Question de sociologie, pp.41-42&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ni &#171; les plus d&#233;munis scientifiquement &#187; (qui s'en d&#233;tournent pour &#171; trouver dans la d&#233;nonciation politique un substitut facile &#224; la critique scientifique &#187;), ni &#171; les d&#233;tenteurs d'un pouvoir temporel ou spirituel &#187; n'ont &#171; int&#233;r&#234;t &#224; l'existence d'une science autonome du monde social &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;on sur la le&#231;on p.25-26.&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Solitude de la sociologie : les domin&#233;s int&#233;ress&#233;s &#224; son discours ne peuvent l'entendre qu'&#224; des fins de compr&#233;hension de soi, et les dominants qui peuvent l'entendre ne peuvent le faire &#224; des fins de transformation de la r&#233;alit&#233;. Mais cette forteresse assi&#233;g&#233;e ne peut, sans complaisance, s'abandonner aux d&#233;lices de sa solitude. &#192; qui s'adressera-t-elle donc, hors du champ scientifique qui lui offre un march&#233; et des pairs - et d'un champ politique referm&#233; sur soi ? Si les r&#233;ponses &#224; cette question restent en suspens, peut-&#234;tre est-ce parce que la position que la sociologie de Bourdieu se d&#233;couvre se confond avec la position qu'elle s'assigne, et que la solitude de la sociologie r&#233;sulte d'effets de th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effets de th&#233;orie&lt;/strong&gt; - Le travail de Bourdieu est souvent pr&#233;c&#233;d&#233; d'une mauvaise r&#233;putation, qui lui attribue une sociologie de la r&#233;signation, &#224; laquelle, il le reconna&#238;t, il s'est expos&#233; par des &#171; formulations malheureuses &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.58.&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ne s'agit-il que de formulations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force d'enseigner que les domin&#233;s doivent se m&#233;fier des effets de l'int&#233;riorisation de leur domination, que la r&#233;sistance peut prendre des formes qui reconduisent la domination qu'elle d&#233;nonce, la le&#231;on du sociologue a valeur de dissuasion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que r&#233;sume &#171; l'antinomie de la domination &#187;, qui voue &#171; souvent &#187; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La rh&#233;torique qui, insidieusement, stigmatise sous les dehors de l'objectivit&#233;, les exc&#232;s de la juv&#233;nilit&#233; et les abus du ressentiment, mobilis&#233;s dans les mouvements de contestation, retourne les discours proph&#233;tiques en le&#231;ons d'inertie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la juv&#233;nilit&#233; : R&#233;ponses p.166. Sur le ressentiment : Le&#231;on sur la le&#231;on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or c'est dans la r&#233;sistance &#224; la domination que les mouvements de contestation &#233;prouvent leurs propres limites et peuvent d&#233;couvrir les moyens de leur d&#233;passement : une sociologie qui se fonderait sur cette possibilit&#233; d&#233;rogerait-elle &#224; son statut de science ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourdieu, qui aime citer Leibniz, selon lequel &#171; nous sommes automates dans les trois-quarts de nos actions &#187;, conviendrait sans doute que la question des &#171; marges de man&#339;uvre laiss&#233;es &#224; la libert&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; l'action politique &#187; (p.944) ne se r&#233;duit pas &#224; celle du pourcentage restant ou des marges statistiques conc&#233;d&#233;es &#224; l'automate social : le probl&#232;me est celui du potentiel d'autochangement (dont parlait Marx), ou de flexibilit&#233; de l'habitus. Que l'histoire incorpor&#233;e r&#233;duise la plasticit&#233; des conduites des acteurs sociaux (et, avec elle, les espoirs parfois d&#233;mesur&#233;s d'autochangement) n'autorise pas &#224; r&#233;duire la dynamique sociale, Bourdieu en conviendrait aussi, aux effets de changements morphologiques affectant les luttes qui se livrent au sein de chaque champ social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient alors de se garder des interpr&#233;tations abusives. Bourdieu esquisse une th&#233;orie du changement social qui ne voue pas le social &#224; une imparable immobilit&#233; : les divers champs qu'il explore et construit sont compris comme des champs de forces et des champs de luttes, et seule une pol&#233;mique simplificatrice peut y voir une n&#233;gation des espaces de possibilit&#233;. Ces champs n'entretiennent avec les champs magn&#233;tiques que des rapports d'analogie : Bourdieu ne songe pas un instant &#224; traiter les individus comme de la limaille imm&#233;diatement aimant&#233;e par les champs de forces dans lesquels ils sont pris. Ce sont des champs ouverts au jeu des acteurs. Aussi ces champs de forces ne sont-ils pas affect&#233;s d'une totale inertie : ce sont des champs de contradictions et de luttes, habit&#233;s par et ouverts sur une dynamique sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Champ, luttes et conflits : R&#233;ponses p.77-78, Le&#231;on sur la le&#231;on p.46-47. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et le jeu des acteurs n'est pas compromis par l'inertie de leur habitus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'habitus est un &#171; syst&#232;me de de dispositions, c'est-&#224;-dire de virtualit&#233;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La notion d'habitus permet de penser l'inscription du social dans l'individuel sans prendre l'individu, ni dans un conditionnement en ext&#233;riorit&#233;, ni dans un emprisonnement int&#233;rioris&#233;. C'est au contraire une notion qui permet &#224; la fois de d&#233;passer la cat&#233;gorie du sujet (dot&#233; d'une int&#233;riorit&#233; toute-puissante) et la cat&#233;gorie du comportement (pris dans une ext&#233;riorit&#233; d&#233;terminante). Ainsi, les individus pris dans les diff&#233;rents champs et dot&#233;s d'habitus sp&#233;cifiques, sont trait&#233;s comme des agents, par-del&#224; l'alternative entre sujet-auteur et sujet-porteur : entre individu et structures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'habitus et l'agent, et le d&#233;passement de l'alternative entre sujet et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le r&#244;le attribu&#233; &#224; des agents qui, en s'affrontant dans un champ donn&#233;, en d&#233;terminent la trajectoire permet de d&#233;tr&#244;ner l'auteur omnipotent et le porteur impotent de l'action sociale, reste &#224; pr&#233;ciser &lt;i&gt;quand et dans quelles conditions les agents deviennent acteurs et, en un sens qui ne doit plus rien aux philosophies de la conscience, sujets&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de fournir ces pr&#233;cisions, on s'expose &#224; laisser se creuser un gouffre, qu'aucune politique de l'&#233;mancipation ne parviendrait &#224; combler, entre les le&#231;ons scientifiques des sociologues et le sens pratique des acteurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Entre deux politiques : r&#233;alisme et utopie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourdieu est tent&#233; en permanence de renvoyer dos &#224; dos le conservatisme r&#233;aliste et le volontarisme utopique : cette (fausse) sym&#233;trie permet de d&#233;noncer dans l'aveuglement du second sa complicit&#233; (objective) avec le premier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre r&#233;alisme et utopisme : Question de sociologie pp.77-78,95, Ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Entre la politique qui se construit en stigmatisant des &#171; d&#233;viations &#187; et une sociologie qui se l&#233;gitime en risquant de semblables op&#233;rations, faut-il choisir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Bourdieu tente d'&#233;chapper &#224; l'alternative qu'il r&#233;cuse en tra&#231;ant les contours d'une &#171; utopie rationnelle &#187; : &#171; un utopisme sociologique, c'est-&#224;-dire r&#233;aliste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.169-170.&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alisme ? &lt;/strong&gt;- L'abdication de toute rationalit&#233; n'est sans doute pas le meilleur service que la science puisse rendre &#224; la transformation sociale. Aussi quand, dans l'&#339;uvre de Bourdieu, la critique de l'Ecole d&#233;bouche sur la prescription d'une p&#233;dagogie rationnelle, quand la critique de la soci&#233;t&#233; se conclut par une utopie rationnelle, quand la critique de la politique en appelle &#224; une politique rationnelle, l'adjectif ne sera jamais de trop. Mais &#224; qui s'adresse-t-il, si le sociologue r&#233;cuse par avance ses interlocuteurs ? For&#231;ons le trait : si l'utopisme sociologique est inaudible pour les responsables politiques, &#171; tr&#232;s peu probable parmi les intellectuels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponses p.170.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et inaccessible aux domin&#233;s, la sociologie se trouve alors dans la situation de la sociologie critique de l'Ecole de Francfort dont elle entendait pourtant se d&#233;marquer : son message s'adresse &#224; des acteurs sociaux qu'elle ne parvient &#224; identifier (quand elle y parvient) que pour mesurer la distance qui les s&#233;pare des exigences de la raison. Or, la voie existe, que la sociologie peut aider &#224; d&#233;couvrir, pour peu qu'elle se le propose, d'&lt;i&gt;une politique qui construise sa rationalit&#233; dans le cours de son d&#233;veloppement, parce qu'elle se fonderait sur la rationalit&#233;, sans doute partielle, toujours fragile, de ses acteurs&lt;/i&gt;. Bourdieu ne dit pas autre chose, mais il ne le dit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la renonciation &#224; l'universalit&#233;, au nom d'un relativisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, ne serait sans doute pas le meilleur service que la science pourrait rendre &#224; sa vocation &#233;mancipatrice. Et Bourdieu de montrer comment l'universel se construit &#224; travers les int&#233;r&#234;ts particuliers. Mais pourquoi cette universalit&#233; est-elle attach&#233;e de fa&#231;on si insistante (ou unilat&#233;rale) &#224; la vocation des intellectuels ? Afin de justifier son appel aux intellectuels pour qu'ils d&#233;fendent l'autonomie de leur champ - au nom d'un &#171; corporatisme de l'universel &#187; - Bourdieu place sur un m&#234;me plan toutes les forces qui compromettent cette autonomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous nous r&#233;f&#233;rons ici au &#171; Post-scriptum &#187; des R&#232;gles de l'Art, d&#233;j&#224; cit&#233;.&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nul, ici du moins, ne songera &#224; nier la puissance des forces de restauration qui menacent une autonomie ch&#232;rement conquise. Mais pourquoi s'en tenir aux partages d&#233;j&#224; institu&#233;s et aux luttes qui se livrent -, litt&#233;ralement, en champ clos - du c&#244;t&#233; des dominants ? Peut-on n&#233;gliger le surgissement de nouvelles figures de l'intellectualit&#233; et tenir pour secondaire le &#171; corporatisme de l'universel &#187; &#224; l'&#339;uvre dans certains mouvements sociaux ? Bourdieu ne dit pas autre chose, mais il ne le dit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors que la solitude de la sociologie n'est l'effet d'une certaine posture que parce qu'elle proc&#232;de d'un biais th&#233;orique : Bourdieu qui se m&#233;fie du biais intellectualiste quand il affecte la construction des objets de la sociologie est moins vigilant quand ce biais affecte ses le&#231;ons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le biais intellectualiste, cf., notamment, Choses dites p.113, R&#233;ponses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, si la science elle-m&#234;me &#233;tablit qu'elle ne d&#233;tient pas plus le monopole de l'universalit&#233; qu'elle ne d&#233;tient le monopole de la rationalit&#233;, l'affirmation hautaine de sa sup&#233;riorit&#233; et le culte solitaire de son ind&#233;pendance seraient en contradiction avec ses enseignements. On ne peut conc&#233;der d'une main ce que l'on reprend de l'autre. Si la science n'est pas la seule d&#233;positaire de la rationalit&#233; et de l'universalit&#233;, pourquoi en serait-t-elle l'ultime mesure et la seule garantie ? L'utopie, si elle existe ou peut exister, doit exister dans l'objet de la science qui entend en tracer les contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utopie&lt;/strong&gt;.- Bourdieu, pourtant, ne rabat pas totalement les tentatives de l'utopie sur les tentations de la magie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'&#233;quation utopie=magie, cf. notamment Le&#231;on sur la le&#231;on p.33-34.&#034; id=&#034;nh7-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : il reconna&#238;t les effets d'une &#171; certaine dose d'utopisme &#187; qui, pr&#233;sente dans les mouvements d'&#233;mancipation, &#171; peut m&#234;me contribuer &#224; cr&#233;er les conditions politiques d'une n&#233;gation pratique du constat r&#233;aliste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;on sur la le&#231;on p.20&#034; id=&#034;nh7-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que &#171; l'utopie (...) trouve sa justification scientifique (et, sans doute, politique) dans la d&#233;molition d'&#233;vidences qu'elle op&#232;re et qui contraint &#224; porter au jour les pr&#233;suppos&#233;s de l'ordre ordinaire (...) Le paradoxe utopique brise la doxa &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Distinction. pp.463-464. Mais le m&#234;me ouvrage stigmatise l'utopisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est, notamment, au nom des &#171; revendications &lt;i&gt;insoup&#231;onn&#233;es&lt;/i&gt; qui ont &#233;t&#233; port&#233;es sur la place publique par les mouvements &#233;cologiques, antiracistes ou f&#233;ministes (entre autres) (...) &#187; qu'il en appelle &#224; un &#233;largissement de la vision politique (p.942, c'est moi qui souligne). Mais du m&#234;me coup, les mouvements sociaux sont cr&#233;dit&#233;s d'un pouvoir de r&#233;v&#233;lation qui loin s'abaisser les ambitions de la science appelle au contraire &#224; en rehausser les exigences. Comment ne pas reconna&#238;tre alors que c'est le changement social lui-m&#234;me qui est habit&#233; d'une utopie rationnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La t&#226;che politique de la science sociale &#187; serait alors moins de &#034;travailler &#224; d&#233;finir un utopisme rationnel &#187; que d'y &#034;contribuer &#187;, en armant les agents sociaux qui sont directement impliqu&#233;s dans sa mise en mouvement, &#034;de la connaissance du probable pour faire advenir le possible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La t&#226;che politique de la science sociale est de se dresser &#224; la fois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Bourdieu est, sans nul doute engag&#233; dans cette t&#226;che quand il r&#233;cuse avec raison les reproches de fatalisme fond&#233; sur la confusion entre le certain et le probable et affirme son &#171; refus du sociologisme qui traite le probable comme un destin &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question de sociologie p.40 et Le&#231;on sur la le&#231;on p.20.&#034; id=&#034;nh7-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais si le probable n'abolit pas la possibilit&#233; - c'est-&#224;-dire l'utopie de bon aloi - comment Bourdieu pense-t-il le possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement pas selon le mod&#232;le de la cr&#233;ation pure - l'impr&#233;visible nouveaut&#233; d'un Bergson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Bourdieu lui-m&#234;me mentionne : Homo Academicus p.212.&#034; id=&#034;nh7-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certainement pas non plus selon le mod&#232;le de la pr&#233;formation germinale, qui r&#233;duit le possible &#224; l'accessible inscrit dans un patrimoine (ici social) de champs de forces h&#233;rit&#233;s et d'habitus contract&#233;s : le possible ne se laisse pas rabattre sur le probable, du moins si l'on entend par l&#224;, la plus forte probabilit&#233;. Le probable, en effet, se situe &#224; l'embranchement de deux vari&#233;t&#233;s du possible : le possible avalis&#233; qui se r&#233;duit &#224; l'accessible et le possible contrari&#233; qui s'ouvre &#224; l'&#233;ventualit&#233; ; le probable ouvre sur deux modalit&#233;s d'action : celle de la rationalisation du probable qui le reconduit et le renforce et celle du refus du probable qui l'infl&#233;chit ou le d&#233;joue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or pour contrecarrer le probable - pour introduire des &#171; &#233;l&#233;ments modificateurs &#187;, selon une expression que Bourdieu emprunte &#224; Auguste Comte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#231;on sur la le&#231;on p.20.&#034; id=&#034;nh7-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - il faut savoir et pouvoir s'appuyer sur les forces qui ne le rendent que probable : chez Bourdieu, les conditions de mise en mouvement de ces forces restent g&#233;n&#233;ralement opaques. Il faut, en outre, d&#233;terminer quelles sont ces possibilit&#233;s qui permettraient de d&#233;jouer le probable, et quels en sont les effets attendus : entre l'inflexion et la subversion du probable, l'&#233;ventail est large. Or chez Bourdieu le contenu, mais aussi le statut de la possibilit&#233; restent, en g&#233;n&#233;ral, ind&#233;termin&#233;s. Tant&#244;t il s'agit, semble-t-il, de la probabilit&#233; la plus faible, dont il s'agirait d'augmenter le chiffre. Tant&#244;t, et plus nettement, il s'agit de &#171; l'&#233;ventualit&#233; refus&#233;e &#187;, qui esquisse une alternative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que parler veut dire p.161.&#034; id=&#034;nh7-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il s'agit rarement d'une possibilit&#233; contrari&#233;e qu'il conviendrait de lib&#233;rer, f&#251;t-ce au prix d'une rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; Article paru dans &#171; Sociologies &#187; n&#176;19-20 de la revue &lt;i&gt;Futur ant&#233;rieur&lt;/i&gt;, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouvrages cit&#233;s dans cet article (dans leur &#233;dition originale) - . &lt;i&gt;La Distinction&lt;/i&gt; (1979), &lt;i&gt;Le Sens pratique&lt;/i&gt; (1980), &lt;i&gt;Questions de Sociologie&lt;/i&gt; (1980), &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Ce que parler veut dire&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Homo Academicus&lt;/i&gt; (1984), &lt;i&gt;Choses dites&lt;/i&gt; (1987), &lt;i&gt;La Noblesse d'Etat&lt;/i&gt; (1989), &lt;i&gt;R&#233;ponses&lt;/i&gt; (1992), &lt;i&gt;Les R&#232;gles de l'Art&lt;/i&gt; (1992) , &lt;i&gt;La Mis&#232;re de Monde&lt;/i&gt; (1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Retour &#224; la note 12...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'effet par soi lib&#233;rateur d'une connaissance qui l&#232;ve les effets de la m&#233;connaissance, c'est-&#224;-dire de la violence symbolique, cf. par exemple &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.20-21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Non pas enfermer les agents sociaux dans une &#171; nature &#187;, mais de &#171; leur offrir la &lt;i&gt;possibilit&#233;&lt;/i&gt; d'assumer leur habitus sans culpabilit&#233; ni souffrance &#187; &lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; p.428.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; pp.42-43, &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.181-182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Il y a, quoiqu'en dise Marx, une philosophie de la mis&#232;re (...) Surtout lorsqu'ils sont les adeptes d'une philosophie eschatologique de l'histoire, les sociologues se sentent socialement mandat&#233;s, et mandat&#233;s pour donner sens et raison, voire pour mettre de l'ordre et assigner des fins. Aussi ne sont-ils pas les mieux plac&#233;s pour comprendre la mis&#232;re des hommes sans qualit&#233;s sociales, qu'il s'agisse de la r&#233;signation tragique des vieillards abandonn&#233;s &#224; la mort sociale des h&#244;pitaux et des hospices, de la soumission silencieuse des ch&#244;meurs ou de la violence d&#233;sesp&#233;r&#233;e de ces adolescents qui cherchent dans l'action r&#233;duite &#224; l'infraction un moyen d'acc&#233;der &#224; une forme reconnue d'existence sociale &#187;&lt;i&gt; (Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;pp.51-53).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;La Noblesse d'Etat,&lt;/i&gt; Quatri&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.172 et &lt;i&gt;MM&lt;/i&gt; p.941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et cette politique-l&#224;, que le mouvement ouvrier a historiquement manqu&#233;e, doit, pierre &#224; pierre, &#234;tre reconstruite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;pp.29&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce double usage, cf. &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.171, 182-183&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;gitimation, manipulation, rationalisation : cf.,&lt;i&gt; Question de sociologie&lt;/i&gt; pp.26-27, Ce que parler veut dire pp.161, &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;pp.27-28, &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;pp.65-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour conjurer &#171; la menace de politisation &#187; (&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;pp.26-27), qu'il attribue aussi bien &#224; la demande proph&#233;tique (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.159-161) qu'&#224; la demande bureaucratique (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.208 sq.), Bourdieu s'en remet &#224; l'autonomie de la sociologie (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.pp.161, 171 et &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.32) dont la n&#233;cessit&#233;, mais aussi la possibilit&#233; seraient fond&#233;es sur l'absence de &#171; demande pour un discours scientifique en sciences sociales &#187; : la sociologie serait &#034;une science sociale sans base sociale &#187; (&lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.65-66, mais aussi &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;pp.31-32 et &lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt;, pp.47-49).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette solitude : &lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt;, pp.41-42&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.25-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que r&#233;sume &#171; l'antinomie de la domination &#187;, qui voue &#171; souvent &#187; les domin&#233;s &#224; l'alternative entre la collaboration &#224; leur exclusion et la collaboration avec les dominants : &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.59-60 (et Wacquant, &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.28).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la juv&#233;nilit&#233; : &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.166. Sur le ressentiment : &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.26, 28-29, &lt;i&gt;Homo Academicus &lt;/i&gt;p.222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Champ, luttes et conflits : &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.77-78, &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on p.46-47&lt;/i&gt;. Champ et agents : &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.82-84, &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.46-47,&lt;i&gt; La Noblesse d'Etat &lt;/i&gt;p.195&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'habitus est un &#171; syst&#232;me de de dispositions, c'est-&#224;-dire de virtualit&#233;s, de potentialit&#233;s &#187; (&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.108-110).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'habitus et l'agent, et le d&#233;passement de l'alternative entre sujet et structure : &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;19, 78. &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.95-97, p.114-115. Sur la r&#233;introduction de l'agent, non comme individu empirique mais comme individu construit : &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.61, &lt;i&gt;Homo Academicus &lt;/i&gt;p.36-37&lt;i&gt;, R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.82-83, 102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entre r&#233;alisme et utopisme :&lt;i&gt; Question de sociologie&lt;/i&gt; pp.77-78,95, &lt;i&gt;Ce que parler veut dire&lt;/i&gt; pp.161, &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;pp.169-170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.169-170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous nous r&#233;f&#233;rons ici au &#171; Post-scriptum &#187; des &lt;i&gt;R&#232;gles de l'Art&lt;/i&gt;, d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le biais intellectualiste, cf., notamment, &lt;i&gt;Choses dites &lt;/i&gt;p.113, &lt;i&gt;R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.49-50, &lt;i&gt;Ce que parler veut dire&lt;/i&gt; p.13, et, plus g&#233;n&#233;ralement &lt;i&gt;Le Sens pratique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'&#233;quation utopie=magie, cf. notamment &lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.33-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Distinction.&lt;/i&gt; pp.463-464. Mais le m&#234;me ouvrage stigmatise l'utopisme pratique des intellectuels p.428 et 596.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La t&#226;che politique de la science sociale est de se dresser &#224; la fois contre le volontarisme irresponsable et le scientisme fataliste, de travailler &#224; d&#233;finir un utopisme rationnel en usant de la connaissance du probable pour faire advenir le possible &#187;&lt;i&gt; (R&#233;ponses &lt;/i&gt;p.169-170). On peut confronter avec ces formulations ant&#233;rieures, apparemment moins pr&#233;cises et plus nuanc&#233;es : &#171; La science sociale &lt;i&gt;n'aurait pas trop mal rempli son contrat&lt;/i&gt; si elle pouvait se dresser &#224; la fois contre le volontarisme irresponsable et contre le scientisme fataliste : &lt;i&gt;si elle pouvait contribuer tant soi peu &#224; d&#233;finir&lt;/i&gt; l'utopisme rationnel capable de jouer de la connaissance du probable pour faire advenir le possible &#187; (&lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; pp.74-75).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Question de sociologie&lt;/i&gt; p.40&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que Bourdieu lui-m&#234;me mentionne :&lt;i&gt; Homo Academicus &lt;/i&gt;p.212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le&#231;on sur la le&#231;on &lt;/i&gt;p.20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ce que parler veut dire&lt;/i&gt; p.161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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		<title>De Foucault &#224; Marx. &#201;bauche de cartographie d'un champ de bataille</title>
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		<dc:date>2015-08-07T08:51:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Foucault n'a cess&#233; de penser &#224; l'&#233;cart du marxisme (et souvent contre lui) et dans l'&#233;cart &#224; Marx (et parfois avec lui). Pr&#233;lever quelques moments de son trajet (jusqu'en 1979) permet d'en restituer la relative coh&#233;rence et de circonscrire l'espace d'une confrontation.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L121xH150/arton26-975de.jpg?1726251035' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article, publi&#233; pour la premi&#232;re fois &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/foucault-marx-%C3%A9bauche-cartographie-champ-bataille&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de Contretemps&lt;/a&gt; le 9 juillet 2015, date de 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tr&#232;s partiellement r&#233;vis&#233; en 2015, cette contribution, pr&#233;par&#233;e &#224; la demande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais peut-&#234;tre n'a-t-il pas trop vieilli. Il se bornait alors &#224; planter quelques jalons pr&#233;paratoires &#224; un livre&#8230;qui n'a jamais vu le jour. Il ne tient compte ni des &#233;volutions du &#171; dernier Foucault &#187; (et en particulier des analyses qu'il a consacr&#233;es au n&#233;olib&#233;ralisme), ni des ouvrages sur Foucault et Marx parus depuis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment et entre autres : d'Isabelle Garo, Foucault, Deleuze, Althusser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est donc &#171; &#224; suivre &#187;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Foucault n'a cess&#233; de penser &#224; l'&#233;cart du marxisme (et souvent contre lui) et dans l'&#233;cart &#224; Marx (et parfois avec lui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;lever quelques moments de son trajet (jusqu'en 1979) permet d'en restituer la relative coh&#233;rence et de circonscrire l'espace d'une confrontation, &#224; condition de laisser provisoirement les objections en retrait, plut&#244;t que de laisser parler un marxisme ventriloque qui mesure tout savoir &#224; son orthodoxie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. &#192; l'&#233;cart du marxisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Foucault n'a jamais dissimul&#233; son aversion pour toutes les vari&#233;t&#233;s - acad&#233;miques ou &#233;tatiques - du marxisme orthodoxe et ses r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard de toutes les vari&#233;t&#233;s de marxisme critique. Mais ces refus et ces retraits - d'abord discrets, puis de plus en plus explicites apr&#232;s la parution de &lt;i&gt;Les Mots et les Choses&lt;/i&gt; - reposent sur une argumentation plus coh&#233;rente qu'il n'y para&#238;t de prime abord, m&#234;me si elle souffre d'embl&#233;e d'une faiblesse majeure : la tentation, &#224; quelques nuances pr&#232;s, d'amalgamer tous les marxismes au marxisme stalinis&#233; et de r&#233;duire leur diversit&#233; aux vari&#233;t&#233;s d'une seule et m&#234;me esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Foucault met d'abord en cause dans le marxisme ce sont le statut (scientifique) et la fonction (proph&#233;tique) du savoir auquel il pr&#233;tend. Sous ces deux aspects, cette pr&#233;tention au savoir est indissociable des techniques de pouvoir qui l'impose et des effets de pouvoir qu'elle produit. C''est pourquoi, de 1967 &#224; 1984, la critique du marxisme par Foucault se radicalise : de la critique d'une forme du savoir &#224; celle d'une forme de pouvoir/savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le marxisme comme savoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;D&#232;s 1967, la critique du marxisme dominant par Foucault est indissociable &#8211; par-del&#224; ses effets pol&#233;miques de conjoncture &#8211; de la critique de la philosophie consacr&#233;e : Foucault, au fond, traite le(s) marxisme(s) comme une forme de ce dogmatisme propre &#224; toute philosophie qui se pr&#233;sente comme une discipline. Autrement dit, la mise &#224; l'&#233;cart du marxisme-doctrine est indissociable de celle de la philosophie-discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie pr&#233;tend l&#233;gif&#233;rer en tout : tous les probl&#232;mes deviennent son probl&#232;me ; tous les objets sont ses objets ; tous les temps sont de son temps - &#233;ternel. C'est avec cette philosophie l&#233;gislatrice, juch&#233;e sur la hauteur qu'elle s'attribue, drap&#233;e dans la normativit&#233; qu'elle s'arroge, vautr&#233;e dans sa propre ex&#233;g&#232;se, que Foucault a voulu rompre : autant dire avec la philosophie qui se comprend et se pratique comme une discipline autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette philosophie souveraine, dans la version japonaise de sa r&#233;ponse &#224; Derrida, Foucault conteste, en 1972, trois &#171; postulats &#187; : qu'il existe un rapport fondamental de tout discours rationnel avec la philosophie si bien qu'il suffit de critiquer la philosophie implicite d'un discours pour &#234;tre quitte de tout examen de son contenu ; qu'il existe des &#171; fautes &#187; contre la philosophie qui ont valeur de condamnation ultime ; que &#171; la philosophie est en de&#231;&#224; et au-del&#224; de tout &#233;v&#233;nement &#187;. Et Foucault de conclure : &#171; c'est en leur nom que la philosophie se pr&#233;sente comme la critique universelle de tout savoir (premier postulat), sans analyse r&#233;elle du contenu et des formes de ce savoir ; comme injonction morale &#224; s'&#233;veiller &#224; sa propre lumi&#232;re (deuxi&#232;me postulat), comme perp&#233;tuelle r&#233;duplication d'elle-m&#234;me (troisi&#232;me postulat) dans un commentaire infini de ses propres textes et sans rapport &#224; aucune ext&#233;riorit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; R&#233;ponse &#224; Derrida &#187;, Paideia, n&#176; 11, 1er f&#233;vrier 1972, Dits et &#233;crits, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette philosophie souveraine est donc une philosophie recluse : quand elle pr&#233;tend d&#233;tenir la v&#233;rit&#233; de tous les discours et refuse de se soumettre &#224; d'autres discours que le sien, se condamne, quand elle n'en tire pas gloire, &#224; vivre retranch&#233;e et enroul&#233;e sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Foucault par cons&#233;quent, la philosophie a cess&#233; ou doit cesser de se concevoir comme une &lt;i&gt;discipline&lt;/i&gt;, r&#233;galienne et autarcique, reconnaissable exclusivement &#224; ses &#339;uvres et &#224; ses auteurs et d&#233;di&#233;e &#224; leur infini commentaire ; elle doit s'exercer comme une &lt;i&gt;activit&#233;&lt;/i&gt; : une activit&#233; multiforme et immanente qui s'exerce dans les diff&#233;rents champs du savoir, mais aussi une activit&#233; sp&#233;cifique et autonome, qui se donne pour objectif &lt;i&gt;non de l&#233;gif&#233;rer, mais de diagnostiquer&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me coup, la philosophie et, plus g&#233;n&#233;ralement, les intellectuels doivent renoncer &#224; la posture proph&#233;tique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Proph&#232;te &#187;, &#171; proph&#233;tie &#187;, &#171; proph&#233;tiser &#187; : ces vocables (et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le r&#244;le de proph&#232;te, le philosophe ou l'intellectuel pr&#233;tend &#224; la fois annoncer le futur au lieu de diagnostiquer le pr&#233;sent et l&#233;gif&#233;rer sur le pr&#233;sent au nom de ce futur. Une telle posture est incompatible avec l'activit&#233; th&#233;orico-politique du diagnostic. La philosophie doit avoir pour fonction de probl&#233;matiser le pr&#233;sent en fonction du pass&#233; et non de proph&#233;tiser l'avenir en jaugeant le pr&#233;sent : se proposer, &lt;i&gt;non de proph&#233;tiser, mais de probl&#233;matiser&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas reconna&#238;tre, dans cette critique de la philosophie, une critique qui englobe les marxismes dominants : le marxisme acad&#233;mique et universitaire, retranch&#233; derri&#232;re le commentaire de Marx ; le marxisme qui se pr&#233;vaut d'&#234;tre une science, la science de l'histoire, voire la science des sciences, mesurant tous les savoirs &#224; son autorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Foucault, c'est &#224; rebours de sa fonction v&#233;ritable &#8211; celle d'une contre-science &#8211; que le marxisme pr&#233;tend au statut de science et le surcroit d'autorit&#233; que les marxistes attendent de cette sacralisation t&#233;moigne d'une &#233;trange ins&#233;curit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, avec J.G. Merquior et S.P. Rouanet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle pr&#233;tention place le marxisme acad&#233;mique en contradiction avec lui-m&#234;me : pour se faire valoir comme science, le marxisme devrait renoncer au commentaire du fondateur, pour montrer &#171; au nom de cette science, en quoi Marx s'est tromp&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; De l'arch&#233;ologie &#224; la dynastique &#187; (entretien avec S. Hassium r&#233;alis&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme qui se donne, alternativement ou conjointement comme la science des sciences (le mat&#233;rialisme dialectique) et la science de l'histoire (le mat&#233;rialisme historique) reproduit les ambitions de la philosophie r&#233;galienne. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il se refuse &#224; suivre &#171; cette esp&#232;ce de philosophie qui tient ou veut tenir un discours de v&#233;rit&#233; sur n'importe quelle science &#187;, que Foucault prend ses distances avec le marxisme, notamment avec &#171; certaines formes de marxisme &#8220;r&#233;nov&#233;&#8221; &#187; dans lesquels croit d&#233;celer la tentation de s'&#233;riger en science : une &#171; tentation semblable &#187; &#224; celle du &#171; projet positiviste &#187;, celui de &#171; faire la loi en toute science &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, H&#233;rodote, n&#176;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est parce qu'il conteste la tendance de l'historicisme au XIXe si&#232;cle &#224; &#171; faire passer au compte de l'histoire le pouvoir l&#233;gislateur et critique de la philosophie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Sur les fa&#231;ons de lire l'histoire &#187; (entretien avec R. Bellour), Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Foucault, en r&#233;cusant cette sacralisation de l'histoire, refuse de recevoir le marxisme comme &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; science de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis : le marxisme qui se donne comme cette science de l'histoire reconduit les impasses de la philosophie autarcique : les tenants de cette pr&#233;tendue &#187; science - que Foucault d&#233;signe comme des marxistes &#171; mous &#187; - non seulement cumulent &#171; la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du mat&#233;riel historique &#187; et &#171; le respect infini pour le texte &#187;, mais surtout, prisonniers de leur acad&#233;misme et du commentaire de texte, ils se complaisent dans la pauvret&#233; de leurs analyses de l'histoire, si ce n'est dans leur ignorance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; De l'arch&#233;ologie &#224; la dynastique &#187;, mars 1973, Dits et &#233;crits, t. 2, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de Foucault, repli&#233; sur sa fonction l&#233;gislatrice, enferm&#233; dans l'ex&#233;g&#232;se, riv&#233;e &#224; des pr&#233;tentions scientifiques et proph&#233;tiques qui reproduisent la philosophie doctrinale avec laquelle il rivalise, le marxisme se dispense d'analyser la r&#233;alit&#233; historique. Comment ce marxisme pourrait-il contribuer au diagnostic du pr&#233;sent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, au marxisme prisonnier de ses &#171; habitudes mentales &#187; - histoire lin&#233;aire, analyse strictement causale, hi&#233;rarchie des d&#233;terminations &#8211; Foucault oppose occasionnellement un autre marxisme qu'il associe au nom de Marx et qui continue &#224; exister comme &#171; tentative pour d&#233;terminer en quelle conjoncture notre action se trouve aujourd'hui possible &#187; et donc de &#171; diagnostiquer les conditions de notre existence. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La philosophie structuraliste permet de diagnostiquer ce qu'est &#8220; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en demeure pas moins que le marxisme est, aux yeux de Foucault, g&#233;n&#233;ralement st&#233;rile. Et s'il en est ainsi, c'est que le marxisme dominant n'est pas seulement une forme de savoir dogmatique, mais une figure du savoir indissociable de ses effets de pouvoir : une figure du pouvoir/savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le marxisme comme pouvoir/savoir&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Deux textes de Foucault invitent particuli&#232;rement &#224; comprendre ainsi le marxisme : un cours au Coll&#232;ge de France de janvier 1976 et un entretien r&#233;alis&#233; au Japon en 1978, qui radicalise la critique par cette question : &#171; Comment se d&#233;barrasser du marxisme ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#8220; Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; &#8221;. Cours au Coll&#232;ge de France 1976, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet entretien, proposant de distinguer Marx et le marxisme, Foucault attribue &#224; ce dernier des effets de dess&#232;chement de l'imagination politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment les expliquer ? R&#233;ponse de Foucault : &#171; pour bien r&#233;fl&#233;chir l&#224;-dessus, il faut garder &#224; l'esprit que le marxisme n'est rien d'autre qu'une modalit&#233; de pouvoir dans un sens &#233;l&#233;mentaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les effets de st&#233;rilisation sont aussi des effets de domination. On comprend alors pourquoi la question qui se pose alors est radicale &#171; comment se d&#233;barrasser du marxisme ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;ficiences du marxisme dans ses capacit&#233;s d'analyse du pouvoir font corps avec l'inscription du marxisme dans les m&#233;canismes d'exercice du pourvoir. Et Foucault de pr&#233;ciser, apr&#232;s avoir d&#233;taill&#233; quelque peu son analyse : &#171; les trois aspects du marxisme, le marxisme en tant que discours scientifique, le marxisme en tant que proph&#233;tie et le marxisme en tant que philosophie d'Etat ou id&#233;ologie de classe, sont in&#233;vitablement li&#233;s intrins&#232;quement avec l'ensemble des rapports de pouvoir. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons, avec Foucault lui-m&#234;me, ces trois aspects, en se bornant ici &#224; les exposer pour ne pas d&#233;samorcer leur force d'interpellation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme comme science est une manifestation de pouvoir et en reconduit les effets. Foucault dans son cours du 7 janvier 1976, invite &#224; &#171; s'interroger sur l'ambition de pouvoir qu'emporte avec soi la pr&#233;tention &#224; &#234;tre une science &#187;. De l&#224; ces questions : &#171; Quels types de savoir voulez-vous disqualifier au moment o&#249; vous vous dites &#234;tre une science ? (&#8230;) Quelle avant-garde th&#233;orico-politique voulez-vous donc introniser pour la d&#233;tacher de toutes les formes massives, circulantes et discontinues de savoir ? &#187;. Et de l&#224; cette r&#233;plique &#224; ceux qui tentent d'&#233;tablir que le marxisme est une science : &#171; Je vous vois en train de lier le discours marxiste, et je vous vois affecter &#224; ceux qui tiennent ce discours des effets de pouvoir que l'Occident, depuis maintenant le Moyen-Age a affect&#233;s &#224; la science et a r&#233;serv&#233;s &#224; ceux qui tiennent un discours scientifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#8220; Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; &#8221;. Cours au Coll&#232;ge de France 1976, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du marxisme comme science est indissociable le marxisme comme proph&#233;tie. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le discours proph&#233;tique &#8211; des prescriptions aux propositions - produit des effets de domination : &#171; Du moment qu'on &#171; propose &#187;, on propose un vocabulaire, une id&#233;ologie, qui ne peuvent avoir que des effets de domination &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Enfermement, psychiatrie, prison &#187;, entretien, La Folie encercl&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi, &#171; le r&#244;le de l'intellectuel aujourd'hui n'est pas de faire la loi, de proposer des solutions, de proph&#233;tiser, car, dans cette fonction, il ne peut que contribuer au fonctionnement d'une situation de pouvoir d&#233;termin&#233;e qui doit, &#224; mon avis &#234;tre critiqu&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, entretien avec D. Trombadori, fin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une posture proph&#233;tique produit in&#233;vitablement un double effet de d&#233;possession des acteurs de l'histoire et de capture de la v&#233;rit&#233;. Tel est le sort du marxisme : &#171; ... le marxisme en tant que science... est une dynamique aux effets coercitifs &#224; propos d'une certaine v&#233;rit&#233;. Son discours est une science proph&#233;tique qui diffuse une force coercitive sur une certaine v&#233;rit&#233;, non seulement en direction du pass&#233;, mais vers l'avenir de l'humanit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Foucault de relever, dans le texte de Marx lui-m&#234;me, un &#171; jeu entre la formation d'une proph&#233;tie et la d&#233;finition d'une cible &#187; : les dangers de la premi&#232;res menacent de neutraliser la f&#233;condit&#233; de la seconde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au marxisme comme philosophie d'Etat, il est inutile de revenir sur ce qu'elle fut sous le r&#232;gne de Staline en URSS et alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela r&#233;sulte, une prise de position g&#233;n&#233;rale : &#171; Je ne suis ni un adversaire, ni un partisan du marxisme ; je le questionne sur ce qu'il a &#224; dire au sujet des exp&#233;riences qui posent des questions &#224; son sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Pol&#233;mique, politique et probl&#233;matisations &#187;, mai 1984 Dits et &#233;crits, t. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &#192; l'&#233;cart du marxisme, donc, mais quoi qu'il en dise ici, g&#233;n&#233;ralement contre lui. Pourtant, penser &#224; l'&#233;cart du marxisme ne signifie pas se tenir &#224; l'&#233;cart de Marx. Quel Marx et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Dans l'&#233;cart &#224; Marx&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se tenir &#224; l'&#233;cart du marxisme, c'est aussi se tenir &#224; l'&#233;cart de l'obligation de r&#233;f&#233;rence &#224; Marx ou, du moins, d'un certain type de r&#233;f&#233;rence &#224; Marx : &#171; Marx, pour moi, &#231;a n'existe pas. Je veux dire cette esp&#232;ce d'entit&#233; qu'on a construite autour d'un nom propre, et qui se r&#233;f&#232;re tant&#244;t &#224; un certain individu, tant&#244;t &#224; la totalit&#233; de ce qu'il a &#233;crit, tant&#244;t &#224; un immense processus historique qui d&#233;rive de lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, H&#233;rodote, n&#176; 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus d'accoler le nom de Marx &#224; des r&#233;alit&#233;s disparates et de se prononcer conjointement ou alternativement sur l'individu Marx, sur l'ensemble de ses textes et le processus historique associ&#233; &#224; son nom n'est pas une d&#233;robade. On ne peut se d&#233;barrasser du marxisme, du moins dans la version qu'en retient Foucault, sans se d&#233;barrasser du rapport &#224; Marx que suppose la r&#233;f&#233;rence &#224; cette entit&#233;. Ce Marx-l&#224; est d'embl&#233;e inscrit dans le d&#233;bat qui oppose le marxisme et l'antimarxisme et rel&#232;ve de l'assignation &#224; r&#233;sidence. Marxiste ou antimarxiste ? Foucault refuse pr&#233;cis&#233;ment la double sommation de d&#233;cliner ou d'assigner une identit&#233; &#8211; et de c&#233;der &#224; l'injonction d'&#233;tiquetage, qu'il s'agisse de l'&#233;tiquetage qui, au nom de Marx, enregistre ou r&#233;cuse le marxisme authentique ou qu'il s'agisse, plus simplement, de l'&#233;tiquetage en fonction de son rapport &#224; Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste cependant, en de&#231;&#224; de l' &#171; esp&#232;ce d'entit&#233; &#187; que d&#233;signe le nom de Marx, le texte qui porte son nom d'auteur. Or il ne suffit pas, selon Foucault, de dissocier Marx du marxisme pour se tenir &#224; l'&#233;cart du second&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Foucault laisse parfois entendre, dans quelques&#8211;uns de ses propos et par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut aussi refuser le privil&#232;ge accord&#233; &#224; l'&#339;uvre (et &#224; son auteur) parce qu'elle porterait en elle une v&#233;rit&#233; &#8211; sa propre v&#233;rit&#233; &#8211; qu'aurait pour charge de r&#233;v&#233;ler son commentaire : &#171; Faire fonctionner Marx comme un &#8220;auteur&#8221;, localisable dans une mine discursive unique et susceptible d'une analyse en termes d'originalit&#233; et de coh&#233;rence interne, c'est toujours possible. Apr&#232;s tout, on a bien le droit d'&#8220;acad&#233;miser&#8221; Marx. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, H&#233;rodote, n&#176; 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce Marx-l&#224;, pour Foucault n'existe pas : tenu &#224; l'&#233;cart, quand il n'est pas simplement mis au rencart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;faire du rapport &#224; Marx impliqu&#233; dans le marxisme, il convient donc d'&#233;viter de tomber &#171; dans le pi&#232;ge des solutions traditionnelles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde&#8230; &#187;, Dits et &#233;crits, t. 3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Foucault de renouveler son refus de soumettre le texte de Marx au travail du commentaire (charg&#233; de d&#233;voiler sans fin le texte-secret sous le texte-apparent) et, plus g&#233;n&#233;ralement de le soumettre &#224; l'&#233;preuve de la v&#233;rit&#233; : qu'il s'agisse de v&#233;rifier ou de r&#233;futer ses propositions ou de r&#233;tablir une v&#233;rit&#233; du texte qui serait charg&#233; de d&#233;noncer les erreurs de ses successeurs ou les trahisons de son accomplissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. ibidem&#034; id=&#034;nh8-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Foucault tente de soustraire aux formes classiques de l'alternative entre la critique interne et la critique externe : une critique interne qui, toujours menac&#233;e de reconduire les impasses du commentaire, aurait pour charge de d&#233;couvrir le vrai ou le bon Marx ; une critique externe qui, toujours menac&#233;e de reconduire les illusions du marxisme (ou de l'antimarxisme), aurait pour r&#244;le de valider ou d'invalider ses pr&#233;tentions scientifiques. C'est pourquoi la critique de Marx par Foucault n'est pas une critique par validation ou r&#233;futation d&#233;monstrative, destin&#233;e &#224; dresser l'inventaire du vrai et du faux ; c'est une critique par dissociation, qui tente de faire le m&#233;nage dans la boite &#224; outils et de distinguer ce qui est hors d'usage et ce qui peut encore servir. C'est donc &#224; condition faire porter le travail de dissociation sur le texte de Marx que l'on peut parvenir &#224; dissocier Marx du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si l'on renonce &#224; recourir aux formes traditionnelles de la critique, comment faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res confrontations explicites de Foucault avec le texte de Marx est particuli&#232;rement &#233;clairante. Alors que la r&#233;daction de &lt;i&gt;Les Mots et les Choses&lt;/i&gt; est largement entam&#233;e (une premi&#232;re r&#233;daction sera achev&#233;e &#224; la fin de 1964), Foucault pr&#233;sente au colloque de Royaumont sur Nietzsche, qui se tient du 4 au 8 juillet 1964, la communication intitul&#233;e &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, colloque de Royaumont, juillet 1964, Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Trois noms dont la succession sugg&#232;re une &#233;galit&#233; de traitement, mais dont le classement n'est pas chronologique : le texte de Foucault non seulement privil&#233;gie Nietzsche, mais d&#233;classe subtilement Marx. Apparemment, ce texte d'&#233;quilibriste se pr&#233;sente comme une tentative de dissocier Marx du marxisme, en opposant l'interpr&#233;tation infinie chez Marx et l'interpr&#233;tation finie chez ses successeurs : &#171; Une herm&#233;neutique qui se replie (...) sur une s&#233;miologie croit &#224; l'existence absolue des signes : elle abandonne la violence, l'inachev&#233;, l'infinit&#233; des interpr&#233;tations pour faire r&#233;gner la terreur de l'indice, et suspecter le langage. Nous reconnaissons les marxismes apr&#232;s Marx. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, op.cit., p. 574.&#034; id=&#034;nh8-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On pourrait croire alors que Foucault tente de sauver un vrai Marx du marxisme. En v&#233;rit&#233;, Foucault propose une tentative d'opposer Nietzsche &#224; Marx, en opposant la transvaluation &#224; la dialectique, conform&#233;ment &#224; ce que Deleuze enseigne : &#171; (...) le surhomme est dirig&#233; contre la conception dialectique de l'homme, et la transvaluation contre la conception dialectique de l'appropriation ou de la suppression de l'ali&#233;nation &#187;. Il appara&#238;t alors que Foucault propose, non un vrai Marx, mais un point de vue nietzsch&#233;en sur Marx : &#171; Il est certain qu'il y a, dans les techniques d'interpr&#233;tation de Nietzsche, quelque chose qui est radicalement diff&#233;rent, et qui fait qu'on ne peut pas, si vous voulez, l'inscrire dans les corps constitu&#233;s que repr&#233;sentent actuellement les Communistes d'une part et les Psychanalystes de l'autre. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, op.cit., p. 577.&#034; id=&#034;nh8-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est l'adoption de ce point de vue qui, parce qu'elle permet de se d&#233;gager de l'emprise de Marx, permet du m&#234;me coup de d&#233;solidariser Marx du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; la critique bruyante qui tient &#171; Marx &#187; sous sa f&#233;rule, Foucault pr&#233;f&#232;re une critique discr&#232;te, mais m&#233;thodique, dont il est indispensable, mais souvent malais&#233;, d'&#233;tablir les coordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de Marx dans Foucault est prise, en g&#233;n&#233;ral, dans des critiques lat&#233;rales : des critiques indirectes qui le visent &#224; travers les divers marxismes et des critiques obliques qui l'int&#232;grent ou le discutent sans le nommer, &#224; charge pour les commentateurs, pr&#233;cis&#233;ment, de r&#233;tablir les notes en bas de page volontairement effac&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Mais c'est &#224; contre-sens que l'on tente souvent de r&#233;tablir le nom de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Marx est inscrit sans nul doute dans le travail de Foucault, mais rarement localisable ; inscrit, mais g&#233;n&#233;ralement sur la liste des abonn&#233;s absents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, deux critiques frontales m&#233;ritent d'&#234;tre retenues : deux critiques &#171; &#224; coups de marteau &#187;, pour reprendre l'expression de Nietzsche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Nietzsche, Le cr&#233;puscule des idoles, Avant-propos.&#034; id=&#034;nh8-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, prises aux deux p&#244;les de la th&#233;orie : arch&#233;ologie du savoir et g&#233;n&#233;alogie du pouvoir. &#192; un p&#244;le, Foucault critique le mariage de l'anthropologie et de la dialectique. &#192; l'autre p&#244;le, il critique le mariage de l'Etat et de la R&#233;volution. Mais, en d&#233;pit de la violence des coups, un travail de d&#233;cantation s'effectue.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Je reprends ici, pour la modifier, une contribution ant&#233;rieure : &#171; Marx et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'&#339;uvre de Marx n'est pas referm&#233;e sur elle-m&#234;me : elle ne fait l'objet ni d'un d&#233;bat, ni d'un combat. Soustraite &#224; la tentation de la r&#233;futation, elle est prise dans le maillage critique tiss&#233; par l'arch&#233;ologie du savoir et la g&#233;n&#233;alogie du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le filtre arch&#233;ologique&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Premier coup de marteau : dans &lt;i&gt;Les Mots et les Choses&lt;/i&gt;, Foucault critique &#171; les promesses m&#234;l&#233;es de la dialectique et de l'anthropologie &#187;, qui culminent chez Marx dans une &#171; utopie d'ach&#232;vement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Les Mots et les Choses, Gallimard, 1966, pp. 262-275. Une critique interne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus exactement, sans &#234;tre nomm&#233;ment d&#233;sign&#233;, Marx est pris dans cette critique qui repose sur la th&#232;se tr&#232;s fragile d'une appartenance de la critique marxienne de l'&#233;conomie politique &#224; l'&#233;pist&#233;m&#232; du XIXe si&#232;cle, dont Ricardo et Marx serait les figures oppos&#233;es et jumelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les coups de marteau destin&#233;s, selon Nietzsche, &#224; &#171; forcer &#224; parler haut ce qui voudrait se taire &#187; menace de r&#233;duire au silence ce qui pourrait encore nous parler. Il convient alors mesurer, mais avec Foucault lui-m&#234;me, les d&#233;ficits de l'arch&#233;ologie du savoir si elle se replie sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, &lt;i&gt;la critique arch&#233;ologique d'une utopie ne suffit pas &#224; rendre compte de ses effets th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Ainsi,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;c'est moins l'anthropologie de Marx que les tentatives d' &#171; anthropologiser Marx &#187; que Foucault d&#233;nonce : les tentatives de sauvetage de la souverainet&#233; du sujet &#171; contre le d&#233;centrement op&#233;r&#233; par Marx - par l'analyse historique des rapports de production, des d&#233;terminations &#233;conomiques et la lutte des classes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. L'Arch&#233;ologie du Savoir, Gallimard, 1996, p.22-23.&#034; id=&#034;nh8-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;tendue, l'arch&#233;ologie du savoir invite donc &#224; dissocier les &#233;nonc&#233;s prisonniers du pass&#233; et ceux qui sont encore actifs : entre le domaine de l'&#233;conomie politique et le domaine du savoir historique (ou, comme on peut le voir, dans les rares r&#233;f&#233;rences de Foucault, le Livre I du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;18 Brumaire&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Sur les fa&#231;ons de lire l'histoire &#187; (entretien avec R. Bellour), Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Marx, pr&#233;curseur donc, voire fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault, en effet, classera Marx (au m&#234;me titre que Freud) parmi ceux qu'il propose d'appeler &#171; les fondateurs de discursivit&#233; &#187;, qui ne sont pas seulement des auteurs de leur &#339;uvre, mais &#171; ont produit quelque chose de plus : la possibilit&#233; et la r&#232;gle de formation d'autres textes &#187; et &#171; ont &#233;tabli une possibilit&#233; ind&#233;finie de discours &#187;. Marx ne serait alors que le fondateur des marxismes. Mais &#224; la diff&#233;rence de la fondation d'une science, &#171; l'instauration discursive est h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#224; ses transformations ult&#233;rieures &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Elle est, comme le note Raymond Bellour, &#171; en retrait et en surplomb &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : elle rend par cons&#233;quent possible le retour (divers retours) au texte : &#171; au texte m&#234;me, au texte dans sa nudit&#233;, et, en m&#234;me temps, pourtant (...) &#224; ce qui est marqu&#233; en creux, en absence, en lacune dans le texte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, Bulletin de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le privil&#232;ge de l'&#339;uvre a &#233;t&#233; mis entre parenth&#232;ses : les retours ne nous d&#233;couvrent pas une &#339;uvre dans sa v&#233;rit&#233;, mais un texte dans sa nudit&#233;, offert &#224; un travail de dissociation et de r&#233;implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arch&#233;ologie du savoir agit pr&#233;cis&#233;ment comme un filtre qui permet de partager le d&#233;p&#244;t historique et l'exc&#233;dent th&#233;orique. Sont alors rendues possibles des appropriations partielles. Ainsi en va-t-il de l'inscription de Marx dans la filiation de l'herm&#233;neutique moderne, dans l'histoire du savoir historique contemporain ou, comme on va le voir, dans les propositions de l'analytique du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx n'est pas sans h&#233;ritage : aussi Foucault n'h&#233;site-t-il pas &#224; capter une partie de cet h&#233;ritage pour en faire des usages circonscrits. Mais, si le texte de Marx n'est pas d&#233;finitivement assignable &#224; son si&#232;cle, il n'en devient alors que plus insaisissable, et en m&#234;me temps plus disponible pour le meilleur peut-&#234;tre, mais aussi pour le pire : son inscription dans l'exercice de nouvelle formes de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant - c'est une seconde &#233;vidence - la&lt;i&gt; critique arch&#233;ologique d'une utopie ne saurait suffire &#224; rendre compte de ses effets pratiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses de la dialectique et de l'anthropologie peuvent bien n'&#234;tre pas tenues - parce qu'elles ne sont pas tenables : cela n'explique pas comment elles ont pris part &#8211; si elles l'ont fait &#8211; aux d&#233;sastres du si&#232;cle. La critique de Foucault, alors inachev&#233;e, doit remonter des effets &#224; la th&#233;orie et expliquer ce qui en elle, comme pens&#233;e ou impens&#233;, peut favoriser son destin. La critique arch&#233;ologique est prolong&#233;e par une critique g&#233;n&#233;alogique qui prend le relais. Selon la premi&#232;re critique la pens&#233;e de Marx semble riv&#233;e &#224; son socle, et appartenir enti&#232;rement au XIXe si&#232;cle. Selon la seconde, la pens&#233;e de Marx se confond avec ses effets, et est enti&#232;rement solidaire du XXe si&#232;cle : non plus cette fois comme auteur d'une innocente utopie, mais comme pourvoyeur d'une sinistre r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'impose alors une nouvelle critique par dissociation qui fait jouer cette fois le filtre g&#233;n&#233;alogique et invite &#224; distinguer l'analytique du pouvoir et le discours de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le filtre g&#233;n&#233;alogique&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Second coup de marteau : dans &lt;i&gt;La grande col&#232;re des faits&lt;/i&gt;, dix ans plus tard, Foucault, dans un &#233;loge inconditionnel de l'essai d'Andr&#233; Glucksmann - &lt;i&gt;Les Ma&#238;tres penseurs&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; -&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; d&#233;nonce dans la th&#233;orie de Marx une variante du mariage entre l'&#201;tat et la R&#233;volution qui fait appara&#238;tre le stalinisme comme &#171; la v&#233;rit&#233; &#8220;un peu&#8221; d&#233;pouill&#233;e, c'est vrai, de tout un discours qui fut celui de Marx et d'autres peut-&#234;tre avant lui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, Le Nouvel Observateur, 9 Mai 1977 (Sur A. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault soutient que, de Marx au stalinisme, &#171; il n'y avait pas &#8220;faute&#8221; on &#233;tait rest&#233; dans le droit fil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. ibidem.&#034; id=&#034;nh8-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Mais de quelle continuit&#233; s'agit-il ? Foucault retient, mais &#224; sa fa&#231;on, la pitoyable critique propos&#233;e par Andr&#233; Glucksmann&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; : la philosophie allemande a c&#233;l&#233;br&#233; le mariage de l'&#201;tat et de la R&#233;volution. De l&#224; ce diagnostic qui englobe Marx : &#171; toute nos soumissions trouvent leurs principes dans cette double invite : faites vite la R&#233;volution, elle vous donnera l'&#201;tat dont vous avez besoin ; d&#233;p&#234;chez-vous de faire un &#201;tat, il vous prodiguera g&#233;n&#233;reusement les effets raisonnables de la r&#233;volution. Ayant &#224; penser la R&#233;volution, commencement et fin, les penseurs allemands l'ont chevill&#233;e &#224; l'&#201;tat et ils ont dessin&#233; l'&#201;tat-R&#233;volution, avec toutes ses solutions finales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, op.cit., p.280.&#034; id=&#034;nh8-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rabattue sur de tels &#233;nonc&#233;s, la critique g&#233;n&#233;alogique menace de tourner court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que &lt;i&gt;le proc&#232;s en filiation enjambe, du moins sous cette forme, l'histoire qu'il pr&#233;tend analyser.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, de Marx au stalinisme, est-on rest&#233; &#171; dans le droit fil &#187;, au point que &#171; ceux qui cherchaient &#224; se sauver en opposant la vraie barbe de Marx au faux nez de Staline n'aim&#232;rent pas du tout &#187;. Mais laisser un instant, avec Foucault, les adeptes d'un vrai Marx &#224; leur d&#233;plaisir n'impose pas d'exhiber le cr&#226;ne de Marx en le pr&#233;sentant comme celui de Staline enfant. En particulier, le pr&#233;tendu &#233;tatisme de Marx m&#233;riterait examen : s'agit-il d'un &#233;tatisme par exc&#232;s ou d'un &#233;tatisme par d&#233;faut ? La r&#233;volution est-elle chevill&#233;e &#224; l'Etat comme &#224; un moyen condamn&#233; &#224; se retourner contre elle en raison d'un &#233;loge aveugle de l'Etat ou en raison d'une critique borgne de cet &#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re critique est difficilement tenable : on pourrait lui opposer des dizaines de textes qui d&#233;mentent l'existence d'un culte marxien de l'Etat quel qu'il soit. Elle difficilement tenable surtout quand Marx soutient, sans lever toutes les &#233;quivoques, que la forme d'Etat &#224; laquelle est (ou doit-&#234;tre) chevill&#233;e la R&#233;volution est dessin&#233;e par la Commune de Paris. Mais, dans son &#233;loge du livre d'Andr&#233; Glucksmann, en attribuant le d&#233;sastre stalinien &#224; un pr&#233;tendu culte de l'&#201;tat par Marx lui-m&#234;me, met en question la perspective m&#234;me d'une r&#233;volution. Et deux ans plus tard, plut&#244;t que de la juger n&#233;cessaire, il se demandera si la r&#233;volution est &#171; d&#233;sirable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Inutile de se soulever &#187;, Le Monde, 11 mai 1979, Dits et &#233;crits, t.3, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, incitant ainsi, sans l'avoir fait lui-m&#234;me - et peut &#234;tre sans l'avoir cru possible - &#224; repenser son concept et son contenu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la seconde critique, qui met en &#233;vidence que les effets d'une pens&#233;e co&#239;ncident avec les effets de ses impens&#233;s. Certes Marx n'a pas r&#233;duit le pouvoir &#224; celui qu'exerce l'&#201;tat : &#171; on ne trouve pas chez Marx lui- m&#234;me &#187;, d&#233;clare explicitement Foucault, &#171; le sch&#233;matisme (...) qui consiste &#224; localiser le pouvoir dans l'appareil d'Etat, et &#224; faire de l'appareil d'Etat l'instrument privil&#233;gi&#233;, majeur, presqu'unique, du pouvoir d'une classe sur une autre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, H&#233;rodote, n&#176;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais on peut reconna&#238;tre, et cependant n&#233;gliger la sp&#233;cificit&#233; des rapports de pouvoir et la mobilit&#233; des technologies de pouvoir : &#171; ...entre l'analyse du pouvoir dans l'&#233;tat bourgeois et la th&#232;se de son d&#233;p&#233;rissement futur, font d&#233;faut l'analyse, la critique, la d&#233;molition, le bouleversement des m&#233;canismes de pouvoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Crimes et ch&#226;timents en U.R.S.S. et ailleurs &#187;, entretien avec K.S. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la th&#232;se m&#234;me d'une destruction de l'appareil d'&#201;tat bourgeois est grev&#233;e par l'ignorance des pouvoirs qui le sous-tendent et menacent d'en reconduire tous les effets. Ainsi, la R&#233;volution est &#224; ce point nou&#233;e &#224; l'&#201;tat qu'elle menace de se condamner elle-m&#234;me : c'est parce que il n&#233;glige de s'attaquer aux rapports de pouvoir qui soutiennent l'existence de l'&#201;tat et aux technologies de pouvoir qu'il centralise, que le discours de Marx laisse le champ libre &#224; l'&#233;tatisme forcen&#233; que par ailleurs il pr&#233;tendait combattre. &#201;tatisme par d&#233;faut : telle serait la le&#231;on de l'analytique du pouvoir qui, men&#233;e &#224; l'&#233;cart de Marx, permet de penser dans l'&#233;cart &#224; Marx et, sur ce point, contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant &#8211; c'est une seconde objection - &lt;i&gt;le discours de Marx sur la r&#233;volution n'&#233;puise pas sa contribution &#224; une analytique du pouvoir.&lt;/i&gt; Il suffit de mentionner ici quelques indices laiss&#233;s par Foucault lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la distance prise par Foucault avec les analyses marxistes, classiques ou critiques, dans &lt;i&gt;Surveiller et Punir&lt;/i&gt; ne va pas sans reconnaissance des proximit&#233;s : Marx n'a pas m&#233;connu les rapports de pouvoir imbriqu&#233;s dans les rapports de production, comme le rappelle &lt;i&gt;Surveiller et punir &lt;/i&gt;en 1976, en faisant r&#233;f&#233;rence discr&#232;te, par une note en bas de page, aux analyses de Marx sur la discipline de fabrique dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Surveiller et Punir, Gallimard, f&#233;vrier 1975, pp.219 sq. (note 1, p.222). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et comment ne pas lire dans &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; punitive&lt;/i&gt;, le cours au Coll&#232;ge de France dispens&#233; en 1972-1973&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. La Soci&#233;t&#233; punitive. Cours au Coll&#232;ge de France (1972-1973), &#233;ditions du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avant la parution de &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, les traces &#224; peine effac&#233;es de la critique marxienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me, mais d'un autre point de vue, dans &lt;i&gt;La volont&#233; de Savoir.&lt;/i&gt; Dans cet ouvrage, la critique du freudo-marxisme, dans &lt;i&gt;La Volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt;, se pr&#233;sente comme un champ de bataille dont le relev&#233; topologique a &#233;t&#233; rigoureusement et pr&#233;cis&#233;ment effectu&#233; par Etienne Balibar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Etienne Balibar, &#171; Foucault et Marx. L'enjeu du nominalisme &#187;, dans Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette critique ne peut pas &#234;tre tenue pour une critique de Marx. Par quelque bout que l'on prenne le texte de &lt;i&gt;La Volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt;, que l'on privil&#233;gie dans l'enchev&#234;trement freudo-marxiste, sa composante marxienne ou sa composante freudienne, que l'on choisisse dans la double entr&#233;e qu'il propose, la porte de l'analytique du pouvoir ou celle de la mise &#224; l'&#233;preuve de l'hypoth&#232;se r&#233;pressive sur la sexualit&#233;, Marx ne constitue pas une cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ce n'est pas &#224; Marx que Foucault impute l'hypoth&#232;se r&#233;pressive qui sous-tend les &#233;nonc&#233;s du freudo-marxisme. Marx, &#233;videmment, n'est pas concern&#233; par cette hypoth&#232;se r&#233;pressive pour autant qu'elle porte sur la sexualit&#233;. Ce n'est m&#234;me pas sa filiation l&#233;gitime ou &#224; sa d&#233;formation illicite que Foucault prend &#224; partie : ces querelles d'orthodoxie ne l''int&#233;ressent pas. En tout cas, c'est moins l'emplacement th&#233;orique du marxisme, que l'emplacement historique de la psychanalyse qui int&#233;resse Foucault dans sa contre-enqu&#234;te. Mieux : Foucault au terme de son enqu&#234;te, recourt ironiquement et allusivement &#224; Marx pour souligner l'indiff&#233;rence initiale de la bourgeoisie &#224; l'&#233;gard du corps et du sexe des prol&#233;taires et retourner contre ses h&#233;ritiers l'id&#233;e m&#234;me de sexualit&#233;s de classes, dont la sexualit&#233; bourgeoise est le foyer originaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. La volont&#233; de savoir, Gallimard, 1976 p. 167-168. Foucault cite en note un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce n'est pas du travail de Marx que Foucault prend le contrepied quand il propose des rep&#232;res pour un &#171; analytique du pouvoir &#187;, en d&#233;pit de certaines allusions qui semblent le viser. Ainsi, la mise en question d'une critique radicale du droit qui &#171; se fait encore sur fond du postulat que le droit doit par essence, et id&#233;alement, s'exercer selon un droit fondamental &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. La volont&#233; de savoir, op.cit., p.117.&#034; id=&#034;nh8-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne saurait en toute rigueur &#234;tre appliqu&#233;e &#224; Marx, critique s'il en f&#251;t des id&#233;alit&#233; juridiques : cette critique peut &#224; la rigueur viser Proudhon, sp&#233;cialiste d'une critique au nom du droit que Marx tourne en d&#233;rision ou les socialistes allemands de la fin du XIXe si&#232;cle. Mieux, si Marx n'est pas d&#233;sign&#233;, ce n'est pas pour mieux l'atteindre : si Marx est dissimul&#233; dans &lt;i&gt;La volont&#233; de Savoir&lt;/i&gt;, c'est parce que Foucault s'adosse aux travaux de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249;, en instruisant la critique du freudo-marxisme, il d&#233;coche indirectement des fl&#232;ches en direction du marxisme, Foucault pr&#233;tend trouver des appuis dans l'&#339;uvre de Marx, pour baliser et conforter les &#171; propositions &#187; de son analytique du pouvoir, comme le montre, un mois avant la parution de &lt;i&gt;La volont&#233; de Savoir &lt;/i&gt;(et alors que l'ouvrage est d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233;), une conf&#233;rence que Foucault prononce au Br&#233;sil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Les mailles du pouvoir &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; la facult&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conf&#233;rence, Foucault pr&#233;tend d&#233;couvrir dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt; les rudiments d'une analyse du pouvoir, car, dit-il, c'est &#171; &#233;videmment &#187; chez Marx que l'on peut trouver &#171; aussi &#187; les &#233;l&#233;ments d'une &#171; analyse du pouvoir en termes positifs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;7. &#171; Les mailles du pouvoir &#187; op.cit., p. 186. Dans cette conf&#233;rence, comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Foucault de s'appuyer sur Marx pour soutenir quatre propos de m&#233;thode, qui remettent en cause quatre postulats traditionnels de l'analyse du pouvoir. Au postulat de l'unit&#233; du pouvoir, Foucault oppose, &#224; l'instar Marx selon lui, la multiplicit&#233; des pouvoirs &#8211; &#171; la soci&#233;t&#233; est un archipel de pouvoirs diff&#233;rents &#187; -, ainsi que leur sp&#233;cificit&#233; et leur autonomie. Au postulat de leur d&#233;rivation &#224; partir de l'&#201;tat, Foucault oppose la priorit&#233; des pouvoirs locaux, - ces &#171; petites r&#233;gions de pouvoir &#187; &#224; partir desquelles, Marx l'aurait montr&#233;, &#171; a pu se former, petit &#224; petit, des grands appareils d'&#201;tat &#187;. Au postulat de fonction n&#233;gative du pouvoir, Foucault oppose la productivit&#233; de pouvoir que Marx aurait mise en &#233;vidence par ses &#171; superbes analyses de la discipline dans l'arm&#233;e et dans les ateliers &#187;. Enfin, &#224; l'approche juridique du pouvoir, Foucault oppose l'analyse technologique des proc&#233;d&#233;s de pouvoir, dont Marx aurait propos&#233; une &#171; esquisse &#187; dans le livre II du &lt;i&gt;Capita&lt;/i&gt;l.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Les mailles du pouvoir &#187;, op.cit., p. 186-189.&#034; id=&#034;nh8-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espace lib&#233;r&#233; et circonscrit par l'approche de Marx par Foucault, la confrontation peut alors devenir f&#233;conde. On se bornera ici &#224; l'&#233;voquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit &#224; Foucault la mise &#224; jour de technologies &#224; la fois locales dans leur invention et leur mise en &#339;uvre, et g&#233;n&#233;rales dans leur d&#233;ploiement ; &#224; la fois sp&#233;cifiques et transf&#233;rables. C'est parce que les relations de pouvoirs forment une couche sp&#233;cifique que les technologies de pouvoir peuvent gagner en autonomie. Et c'est cette autonomie qui les rend transf&#233;rables. En d'autres termes, c'est dans la mesure o&#249; il ne se confond pas avec les autres relations (d'exploitation, de domination) que le pouvoir est tout &#224; la fois r&#233;sistant &#224; leur transformation (il peut demeurer sous-jacent &#224; des transformations &#233;conomiques et politiques) et mobile (transf&#233;rable dans d'autres contextes d'exploitation ou d'oppression). Ainsi le nazisme et le stalinisme &#171; ont utilis&#233; et &#233;tendu des m&#233;canismes d&#233;j&#224; pr&#233;sents dans la plupart des autres soci&#233;t&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187;, in Un parcours philosophique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et transf&#233;r&#233; les disciplines qui s'exercent sur les corps et les r&#233;gulations qui s'exercent sur les populations : les deux p&#244;les du biopouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors que Marx ait abandonn&#233; ceux qui voulaient comprendre ces deux maladies du pouvoir et ne pas se laisser dissuader, f&#251;t-ce par Foucault lui-m&#234;me, de b&#226;tir un projet d'&#233;mancipation, de lui trouver quelques solides racines du c&#244;t&#233; de chez Marx... &#224; la lecture de Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault a raison : le mariage forc&#233; de l'&#201;tat et de la R&#233;volution, chez Marx, n'est pas, mais dans les termes que l'on vient de tenter de pr&#233;ciser, innocent. Non seulement l'abolition des anciens rapports de domination politique et les r&#233;formes des anciennes formes d'exploitation &#233;conomique n'emp&#234;chent pas de voir reconduire les technologies de pouvoir qui leur servaient de support, mais une R&#233;volution peut-&#234;tre l'occasion d'une intensification de leurs effets et de leur cumul avec ceux de nouvelles formes d'exploitation et de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que les tentatives de restauration d&#233;mocratique peuvent laisser ces transferts op&#233;rer, &#224; des degr&#233;s divers, en sens inverse, comme le montre la reconversion de la r&#233;gulation raciste fond&#233;e sur une guerre de classe en une r&#233;gulation raciste fond&#233;e sur la guerre des nations. Au point que les pays r&#233;put&#233;s d&#233;mocratiques ne cessent de r&#233;inventer les quadrillages disciplinaires et les r&#233;gulations x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que nos soci&#233;t&#233;s peuvent donc avoir en commun pour qu'elles laissent prolif&#233;rer des strat&#233;gies et des technologies de pouvoir, omnipr&#233;sentes et r&#233;versibles, que les formes d&#233;mocratiques de l'Etat parviennent &#224; peine &#224; temp&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont donc ces racines de la rationalit&#233; politique que Foucault invitait &#224; attaquer ? Ne se confondent-elles pas avec l'existence de ces rapports d'exploitation que Foucault mentionne sans s'y attarder ? Ne s'enracinent-elles pas dans des formes de domination structurelles, parfois irr&#233;ductibles au capitalisme (comme les rapports sociaux de genre), mais reproduites par sa logique ? Bref, peut-on se satisfaire d'une analyse relationnelle du pouvoir qui met en &#233;vidence des interactions, irr&#233;ductibles sans doute aux effets des positions de classe, mais incompr&#233;hensibles sans elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; ces questions peut se d&#233;couvrir partiellement ... &#224; la lecture de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tr&#232;s partiellement r&#233;vis&#233; en 2015, cette contribution, pr&#233;par&#233;e &#224; la demande de la r&#233;daction de la revue &lt;i&gt;Actuel Marx&lt;/i&gt; pour un num&#233;ro consacr&#233; &#224; &#171; Marx et Foucault &#187; (, &lt;i&gt;Actuel Marx&lt;/i&gt; n&#176;36, PUF, Second semestre 2004), n'a pas &#233;t&#233; publi&#233; alors pour des raisons qui me sont rest&#233;es inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment et entre autres : d'Isabelle Garo, Foucault, &lt;i&gt;Deleuze, Althusser &amp; Marx&lt;/i&gt; Editions Demopolis, 6 mai 2011 et de Jacques Bidet, &lt;i&gt;Foucault avec Marx&lt;/i&gt;, La Fabrique Editions, novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; R&#233;ponse &#224; Derrida &#187;, &lt;i&gt;Paideia&lt;/i&gt;, n&#176; 11, 1er f&#233;vrier 1972, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits,&lt;/i&gt; t. 2, p. 282-284. &#192; noter que le passage correspondant est absent de la version fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Proph&#232;te &#187;, &#171; proph&#233;tie &#187;, &#171; proph&#233;tiser &#187; : ces vocables (et les critiques correspondantes) reviennent avec insistance dans les dits et &#233;crits de Foucault apr&#232;s 1974&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, avec J.G. Merquior et S.P. Rouanet, 1971, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.2, p. 168-169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; De l'arch&#233;ologie &#224; la dynastique &#187; (entretien avec S. Hassium r&#233;alis&#233; &#224; Paris le 27 septembre 1972), &lt;i&gt;Umi&lt;/i&gt;, mars 1973, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 408-409.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176;1, janvier-mars 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Sur les fa&#231;ons de lire l'histoire &#187; (entretien avec R. Bellour), &lt;i&gt;Les lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, n&#176; 1187, 15-21 juin 1967, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 587-588, p. 598.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; De l'arch&#233;ologie &#224; la dynastique &#187;, mars 1973, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 407-408. Voir &#233;galement : &#171; Anti-Retro &#187; (entretien avec P. Bonotzer et S. Toubiana), &lt;i&gt;Cahiers du cin&#233;ma&lt;/i&gt;, n&#176; 251-252, juillet-ao&#251;t 1974, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 2, p. 659.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La philosophie structuraliste permet de diagnostiquer ce qu'est &#8220; aujourd'hui &#8221; &#187;, (entretien avec G. Fellous), &lt;i&gt;La Presse de Tunisie&lt;/i&gt;, 12 avril 1967, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 582-583.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#8220; Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; &#8221;. Cours au Coll&#232;ge de France 1976&lt;/i&gt;, Gallimard/Seuil, 1997, p. 11. &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3, p. 166-167 ; &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, entretien avec R. Yoshimoto, 25 avril 1978, &lt;i&gt;Umi&lt;/i&gt;, juillet 1978, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 595-618.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, op.cit., p. 599 et 600.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;.&#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, op.cit., p. 600. Foucault est plusieurs fois revenu sur certains de ces effets : des effets de recouvrement des probl&#232;mes, que le marxisme les ignore parce qu'ils &#233;chappent &#224; sa juridiction (comme les probl&#232;mes pos&#233;s par &lt;i&gt;l'Histoire de la Folie&lt;/i&gt;, par exemple) ou qu'il les absorbe parce qu'il pr&#233;tendre &#233;tendre sa juridiction sur eux (comme l'a produit une certaine exaltation de marxisme autour de mai 98).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, op.cit., p. 601.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#8220; Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; &#8221;. Cours au Coll&#232;ge de France 1976&lt;/i&gt;, Gallimard/Seuil, 1997, p. 11. &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3, p. 166-167&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Enfermement, psychiatrie, prison &#187;, entretien, &lt;i&gt;La Folie encercl&#233;e&lt;/i&gt;, octobre 1977, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 348.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Entretien avec Michel Foucault &#187;, entretien avec D. Trombadori, fin 1978, publi&#233; en 1980, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, op.cit., p. 600.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde : comment se d&#233;barrasser du marxisme &#187;, op.cit., p. 612.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Pol&#233;mique, politique et probl&#233;matisations &#187;, mai 1984&lt;i&gt; Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, po. 595.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176; 1, janvier-mars 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3. p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Foucault laisse parfois entendre, dans quelques&#8211;uns de ses propos et par quelques-unes de ses tentatives, qu'il peut &#234;tre satisfaisant et suffisant de dissocier Marx du marxisme Pourtant rien n'est plus &#233;tranger au style de la critique de Foucault que cette m&#233;thode de filtrage. &#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde &#8230; &#187;., &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 595-618.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176; 1, janvier-mars 1976, op.cit., p.39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La m&#233;thodologie pour la connaissance du monde&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p. 601.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt; ibidem&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, colloque de Royaumont, juillet 1964, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, pp. 564-579.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, op.cit., p. 574.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Nietzsche, Freud, Marx &#187;, op.cit., p. 577.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Mais c'est &#224; contre-sens que l'on tente souvent de r&#233;tablir le nom de Marx, l&#224; o&#249; il n'est pas nomm&#233;. Comme c'est aussi &#224; contre-sens que l'on croit parfois que l'absence du nom signalerait l'absence de la cible.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Nietzsche, &lt;i&gt;Le cr&#233;puscule des idoles&lt;/i&gt;, Avant-propos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Je reprends ici, pour la modifier, une contribution ant&#233;rieure : &#171; Marx et Foucault : Une confrontation inactuelle ? &#187;, dans Michel Foucault, Les jeux de la v&#233;rit&#233; et du pouvoir, Presses Universitaires de Nancy, 1994, 87-99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Les Mots et les Choses,&lt;/i&gt; Gallimard, 1966, pp. 262-275. Une critique interne de l'&#339;uvre de Marx permet de souscrire partiellement au diagnostic de Foucault : Henri Maler, &lt;i&gt;Convoiter l'impossible. L'utopie avec Marx, malgr&#233; Marx&lt;/i&gt;, Albin Michel, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;L'Arch&#233;ologie du Savoir&lt;/i&gt;, Gallimard, 1996, p.22-23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Sur les fa&#231;ons de lire l'histoire &#187; (entretien avec R. Bellour), &lt;i&gt;Les lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, n&#176; 1187, 15-21 juin 1967, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 587-588 ; &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176; 1, janvier-mars 1976, p. 38-39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Elle est, comme le note Raymond Bellour, &#171; en retrait et en surplomb &#187;, (Raymond Bellour, &#171; Vers la fiction &#187;, in &lt;i&gt;Michel Foucault philosophe&lt;/i&gt;, Rencontre internationale de Paris, janvier 1988, Seuil, Paris, 1989, p.180).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie&lt;/i&gt;, s&#233;ance du 22 f&#233;vrier 1969, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.1, p.804-805.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 9 Mai 1977 (Sur A. Glucksmann, &lt;i&gt;Les Ma&#238;tre penseurs&lt;/i&gt;, &#201;d. Bernard Grasset, mars 1977) dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3. p.278&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; La grande col&#232;re des faits &#187;, op.cit., p.280.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Inutile de se soulever &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 11 mai 1979, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3, p. 791.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Questions &#224; Michel Foucault sur la g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote&lt;/i&gt;, n&#176;1, janvier-mars 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 3, p.35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Crimes et ch&#226;timents en U.R.S.S. et ailleurs &#187;, entretien avec K.S. Karol, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 26 janvier 1976, dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t.3, p. 74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Surveiller et Punir&lt;/i&gt;, Gallimard, f&#233;vrier 1975, pp.219 sq. (note 1, p.222). Voir &#233;galement sur Marx, pp. 166, 171, 177 et sur les analyses inspir&#233;es par Marx : 29-30, 58, 78, 89, 141, 115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; punitive. Cours au Coll&#232;ge de France (1972-1973&lt;/i&gt;), &#233;ditions du Seuil, d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Etienne Balibar, &#171; Foucault et Marx. L'enjeu du nominalisme &#187;, dans &lt;i&gt;Michel Foucault philosophe&lt;/i&gt;, Des Travaux/Seuil, 1989, pp. 54-76, repris dans &lt;i&gt;La crainte des masses. Politique et philosophie, avant et apr&#232;s Marx&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 1997, pp. 281-303.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;La volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;, Gallimard, 1976 p. 167-168. Foucault cite en note un passage du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, LI, chap., 2 : &#171; Le capital affam&#233; de surtravail &#187; qui, sans doute, ne mentionne pas le corps et le sexe des prol&#233;taires, mais n'est pas le plus significatif &#224; ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &lt;i&gt;La volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;, op.cit., p.117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Les mailles du pouvoir &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; la facult&#233; de philosophie de l'universit&#233; de Bahia, 1er novembre 1976, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 4, pp. 182-201. Sur cette chronologie, voir &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, t. 1, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;7. &#171; Les mailles du pouvoir &#187; op.cit., p. 186. Dans cette conf&#233;rence, comme dans &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, Foucault se r&#233;f&#232;re au Livre II du &lt;i&gt;Capital. &lt;/i&gt;D&#233;sinvolture qui se joue des r&#233;f&#233;rences ? Pi&#232;ge intentionnel destin&#233; &#224; ceux qui les r&#233;v&#232;rent ? Confusion involontaire ? Les analyses que Foucault pr&#233;sente comme &#171; la source d'inspiration &#187; des siennes figurent dans le tome 2 du Livre I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Les mailles du pouvoir &#187;, op.cit., p. 186-189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. &#171; Deux essais sur le sujet et le pouvoir &#187;, in &lt;i&gt;Un parcours philosophique&lt;/i&gt;, op.cit. pp.297-321.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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		<title>La radicalit&#233; de Pierre Bourdieu </title>
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		<dc:date>2015-07-23T09:33:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bourdieu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; propos de &lt;i&gt;Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique.&lt;/i&gt; Textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Franck Poupeau et Thierry Diecepolo.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/-Bourdieu-Foucault-et-alii-.html" rel="directory"&gt;Bourdieu, Foucault et alii&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://henri-maler.fr/+-Pierre-Bourdieu-+.html" rel="tag"&gt;Pierre Bourdieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L86xH150/arton15-745ae.jpg?1726251035' class='spip_logo spip_logo_right' width='86' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos de &lt;i&gt;Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique.&lt;/i&gt; Textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Franck Poupeau et Thierry Discepolo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions Agone, f&#233;vrier 2002, 487 pages, 32,95 euros.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Article publi&#233; dans &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/09/MALER/9376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par les &#233;ditions Agone, qui viennent de le r&#233;imprimer apr&#232;s l'incendie qui a d&#233;truit tous leurs stocks, ce livre de Pierre Bourdieu, &#171; oubli&#233; &#187; par les grands m&#233;dias, restitue un parcours de quarante ann&#233;es d'interventions publiques et permet de mesurer la constance, la diversit&#233; et la coh&#233;rence d'un engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un engagement qui, n'en d&#233;plaise &#224; ceux qui pr&#233;f&#232;rent l'ignorer, n'a pas l'&#226;ge de sa visibilit&#233; m&#233;diatique : contemporain des premiers travaux du sociologue sur l'Alg&#233;rie (et contre le colonialisme), il n'a pas cess&#233; apr&#232;s cette date. Sans doute a-t-il connu des inflexions significatives, mais, m&#234;me dans ses versions officielles et institutionnelles - les propositions pour la r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur, par exemple -, il ne s'est jamais confondu avec une vision &#233;tatique de la soci&#233;t&#233; et de la politique. Sa radicalit&#233;, d&#233;mocratique et souvent libertaire, ne date pas de 1995, quand tous les ma&#238;tres tanceurs qui tr&#244;nent dans les m&#233;dias ont commenc&#233; &#224; se coaliser pour d&#233;plorer une radicalisation qu'ils mesuraient &#224; l'aune de leurs abdications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes choisis par Franck Poupeau et Thierry Discepolo mettent en &#233;vidence que, plus diverse qu'on ne le croit commun&#233;ment, la liste des fronts d'intervention de Pierre Bourdieu sociologue correspond &#224; peu pr&#232;s &#224; celle des &#233;crits de sa bibliographie. Ainsi, malgr&#233; la multiplication des cibles, l'engagement public de Pierre Bourdieu est toujours rest&#233;, pour l'essentiel, celui d'un &#171; intellectuel sp&#233;cifique &#187;, au sens o&#249; l'entendait Michel Foucault : hostile aux essayistes sp&#233;cialis&#233;s dans l'occupation des m&#233;dias dominants et aux experts sp&#233;cialis&#233;s dans la rationalisation de la domination ; soucieux de mettre une connaissance rigoureuse au service de transformations sociales effectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut alors v&#233;rifier la coh&#233;rence de cet engagement sp&#233;cifique, non pour lui d&#233;livrer d'embl&#233;e un certificat de validit&#233;, mais pour b&#233;n&#233;ficier de ses apports. Parce que toute sa sociologie d&#233;tourne de cette funeste illusion, le &#171; militantisme sociologique &#187; de Pierre Bourdieu n'a rien &#224; voir avec un quelconque scientisme doctrinaire qui pr&#234;terait &#224; la science le pouvoir exorbitant de transformer la soci&#233;t&#233; en la soumettant &#224; ses d&#233;crets. En revanche, Bourdieu enseigne qu'il faut conna&#238;tre les inerties sociales qui s'opposent &#224; la transformation de la soci&#233;t&#233; (et au r&#244;le que peut pr&#233;tendre y jouer la connaissance scientifique) si l'on veut vraiment la transformer et voir cette connaissance prendre la part modeste, mais parfois d&#233;cisive, qui peut lui revenir dans cette transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Bourdieu fut &#224; la fois un d&#233;fenseur farouche de l'autonomie du champ intellectuel et, plus tardivement, comme il le reconna&#238;t lui-m&#234;me, un d&#233;fenseur ardent de la transgression des limites de la biens&#233;ance acad&#233;mique qui pr&#233;tend pr&#233;server la puret&#233; de la connaissance en confinant ses acteurs dans l'enceinte du Savoir. C'est pourquoi, au nom de la m&#234;me exigence, Bourdieu, en d&#233;pit ou plut&#244;t &#224; cause de sa notori&#233;t&#233;, en appelait &#224; la constitution d'un intellectuel collectif propre &#224; d&#233;jouer l'individualisme narcissique de ceux qui se consacrent prioritairement aux m&#233;dias qui les consacrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment favoriser la circulation entre les savoirs militants et les contributions savantes, s'il est vrai - comme Pierre Bourdieu le savait fort bien - que les premiers portent, par et dans l'action, des connaissances qui ne sont pas de simples pr&#233;jug&#233;s ? Et quels rapports &#233;tablir entre l'investissement dans la recherche, voire l'engagement militant du chercheur en sa qualit&#233; de chercheur, et l'engagement militant dans les combats quotidiens, s'il est vrai que le militantisme scientifique bien fond&#233; ne se confond pas avec le carri&#233;risme acad&#233;mique bien compris ? Ces questions, parce qu'elles renvoient &#224; des tensions qui ne peuvent pas &#234;tre totalement r&#233;sorb&#233;es, restent ouvertes. Pierre Bourdieu, en s'effor&#231;ant de contribuer &#224; l'existence d'un mouvement social europ&#233;en, avait choisi de les affronter, sans rien renier des exigences que les textes r&#233;unis ici restituent pleinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions Agone, f&#233;vrier 2002, 487 pages, 32,95 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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